7 ans (de réflexions)

Le mois dernier, WordPress m’a rappelé qu’il y a 7 ans exactement, je créais Clair et Lipide. L’âge de raison ?

Les années ont passé, le blog s’est copieusement rempli, puis enrichi d’un compte Twitter ainsi que d’une page Facebook.

En mars dernier j’ai quitté discrètement Facebook. Il n’y a plus de page, mon compte ayant été désactivé. Sans prévenir il est vrai.

Je n’ai plus publié d’articles depuis Janvier dernier.

Il se trouve que cet étrange silence correspond à une période de remises en questions plus ou moins profondes. Depuis deux ans, un divorce, deux séparations en un peu plus d’un an, ainsi que plus récemment, le sentiment de passer trop de temps sur les réseaux sociaux, de négliger le réel, le contact, m’a tenu éloigné du blog au sens large. Autant le dire, une lassitude, la sensation de tourner en rond autour des mêmes sujets.

Il y aurait des articles à écrire, d’autres à toiletter, des projets plus denses à mener de front, mais je n’en suis plus capable aujourd’hui. Il faut savoir le reconnaitre. Même s’il m’a fallu être mis devant le fait accompli.

fermeture

Je continue d’alimenter tranquillement le compte Twitter (activité passive, et peu chronophage), pour le reste, rien ne bouge, le contenu restera disponible, sauf que rien n’est prévu pour alimenter le blog.

Je prends l’air, tout simplement.

Carpe diem

Quand l’alcool n’est plus bénéfique à petite dose

J’ai par le passé défendu le principe d’hormèse, appliqué à la consommation d’alcool, une première fois.

Mais également, une seconde fois, en tentant d’étayer l’article de 2011.

Porté par un élan indécrottablement romantique je persistais et donnais un point de vue ancestral, en tentant de prendre du recul sur une pratique qui n’est pas née d’hier.

Seulement, voilà, deux études parues en 2016 m’obligent à revoir ma position.

La première questionne les risques d’accidents cardiovasculaires immédiats (dans les jours et heures qui suivent) en cas de consommation d’alcool, y compris modérée. Et cette dernière n’est pas positive, bien que passé les premières 24 heures, un effet protecteur soit détecté.

Il s’agit bien d’épidémiologie, certes, mais ce résultat est confirmé par cette méta-analyse parue dans les mêmes eaux, s’intéressant à la mortalité en général. Les petits consommateurs réguliers d’alcools n’observent pas de bénéfice relatif à leur consommation, par rapport aux buveurs occasionnels ou aux abstinents. Autrement dit, au mieux, l’alcool à petite dose semble neutre, ce qui est tout de même une bonne nouvelle ! Le phénomène d’hormèse, la fameuse courbe en J (ou U), par contre ne se vérifie plus vraiment. La relation dose-effet est très probablement linéaire, une fois passé le seuil « modéré ».

Misère.

Pour lire les études citées et vous faire votre avis, me donner un détail intéressant qui m’aurait échappé, pensez à passer par sci-hub.io :

sci-hub

Le corbeau curieux…

Petite déception, mais du coup, je ne soutiendrai plus cette idée.

Si vous voulez boire, faites-le, n’en attendez pas de bénéfices de santé, sinon en termes de sociabilité, et préférez boire (modérément) à table, c’est à dire avec des aliments. On sait que boire l’estomac vide est pire. Un aspect qui n’est certes pas abordé par les études que je cite, et qui laisse peut-être (je dis bien peut-être) une marge, une fenêtre de tir pour un éventuel effet hormétique, comme le suggère la première étude. De quoi suspendre son jugement, ou peut-être pas. Pour ma part je serai dorénavant bien plus mesuré.

Voici, en attendant, une infographie en anglais – hélas – que je trouve très bien faite sur les effets globaux de l’alcool sur le corps.

how-alcohol-1

Cliquer pour avoir la version en grande résolution ! Provient du site Visual.ly                                            On notera que les effets bénéfiques en termes de santé sont identifiés mais à prendre avec des pincettes, et donc boire avec responsabilité

4 raisons qui expliquent que certains vegans se portent comme un charme (là où d’autres se ramassent lamentablement.)

Voici un article de Denise Minger sur les raisons possibles d’un échec d’un régime végan…co-traduit par bibi et la personne qui s’occupe de la page du Mythe Végétarien sur Facebook tout comme son blog que voici. Bonne lecture 🙂

Le mythe végétarien

Voici la traduction d’un article de Denise Minger publié originellement sur le site Authority Nutrition. À double tranchant, selon le point de vue que l’on adopte.

Les discussions qui gravitent autour des thèmes « le véganisme est il un régime sain pour les humains ? » ou « le véganisme est il une voie royale pour être carencé ! » font rage depuis des temps immémoriaux (ou tout au moins depuis la création de la possibilité de laisser des commentaires sur Facebook).

La controverse est régulièrement alimentée par des affirmations passionnées et sans nuance des deux camps adverses : d’un côté les végans au long cours qui attestent de leur bon état de santé, (ceux là même qui insistent sur le fait que ceux qui ne « réussissent pas » à tenir le régime doivent bien faire quelque chose de travers), et de l’autre, les ex-végans décrivant leur déclin rapide ou progressif (dans une certaine…

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Divagations carnistes

Je suis parfois psychorigide avec la langue française. Tenez, j’ai par exemple un problème avec les mots mal traduits, ou tout simplement les mots anglais pas traduits du tout par flemme et manque de recul sur sa propre langue.

Aujourd’hui, une autre pratique tend à me courir sur le haricot, et profondément : les néologismes à la noix. Je vais être bref, je vais en cibler un.

Carnisme.

Sur mon Firefox ça donne ça :

carnisme

On la lui fait pas à ce bon vieux correcteur orthographique !

On doit la création de ce néologisme à la psychologue Mélanie Joy, vraisemblablement au début des années 2000. Ce terme semble être repris dans les milieux où la cause animale prime, les vegans en première ligne. A mon sens, il est repris comme les internautes de Chartsinfrance parlent maladroitement d’ères pour nommer une période discographique relative à un artiste, ou comme les zététiques français tout fiers de traîner leurs guêtres dans l’interweb anglophone répandent l’usage du terme debunk dans l’interweb francophone : c’est à dire sans prise de recul, sans esprit critique sur le poids des mots, et la culture afférente – debunk est très connoté skeptic/zététique -.

Il est révélateur que le terme carnisme soit mal défini.

Le carnisme désigne une idéologie qui justifie la consommation de chair animale par les humains. Le terme est utilisé sous cette acception notamment par les partisans du véganisme. Avant sa réappropriation par le mouvement végan, le terme « carnisme » désignait le fait de consommer de la viande (indépendamment de l’idéologie associée), ou l’abus de viande1.

Le malaise est palpable en deux phrases :

  • idéologie revendiquée : pour la neutralité, et son acceptation dans le langage commun, on repassera, tout le monde n’est pas censé adhérer à une idéologie. Le jargon pour les jargonneux c’est très bien comme signe de ralliement dans un entre-soi, mais merci de ne pas polluer le débat avec les gens qui ne partagent pas cette idéologie.
  • définition floue, polysémique (ça encore, ça arrive dans la langue française), mais surtout avec un aspect péjoratif. Abus de viande. Dans quel contexte ? C’est pour stigmatiser qui ? Le chasseur aviné ? Le noble festoyant du moyen-âge et qui souffre de goutte ? Ou les inuits à la santé éclatante sont des carnistes alors ? Saperlipopette ! L’ambigüité entre les deux sens me met mal à l’aise. Aussi on quitte le rationnel pour le jugement. Et je ne suis pas trop d’accord.

Prenons un peu d’altitude : si j’observe les espèces à l’échelle globale, il n’y a que nourriture. Je sais bien que l’allégorie de la chaîne alimentaire fait déclencher moult sarcasmes en véganie, mais les faits sont là : on mange, et on sera mangé. Bactérie, animaux, champignons, plantes, vous en faites pas, votre sort est scellé. Dans ce grand festin qu’est la vie en elle-même les diverses espèces, par le truchement des mécanismes évolutifs bien connus, ont trouvé leur régime alimentaire à force d’adaptation à un milieu.

Ainsi on sait qu’une vache est plutôt herbivore, à quelques insectes et vers près.

Un singe est plutôt frugivore, à quelques tubercules et mammifères prêts : oui ils chassent. Ils ne semblent pourtant pas digérer la viande aussi bien que nous selon Jane Goodall. Selon une méthode personnelle, avec l’aide d’une centrifugeuse elle a pu constater que les excréments de chimpanzés contenaient des morceaux intacts d’animaux et d’insectes. Ce qui n’est pas le cas chez l’homme qui digère bien mieux la viande. Factuellement, j’entends.

Un lion sera entièrement carnivore. Faut-il un dessin, je ne pense pas. (Encore que si un spécialiste passe par là : mangent-ils la panse des animaux herbivores ?)

Je ne connais pas d’animal strictement vegan, même les pandas en mangent.

Les diètes des animaux sont très variables, et je n’ai fait que centrer sur les animaux : les végétaux aussi mangent des animaux, ou des produits animaux. En agriculture, les excréments (sous forme de fumier), le sang et les os des animaux font des miracles pour nourrir certaines espèces cultivées. Sans parler des plantes carnivores.

La consommation de végétaux et d’animaux (je passe le règne des protozoaires et des champignons pour aller plus vite) est ainsi commune, extrêmement banale, avec des variations extrêmes selon les espèces.

Donc, si l’on se limite à l’observation des faits, on pourra parler d’animal carnivore, omnivore, et pour les alimentations à grosse dominante végétales, on pourra dire herbivore ou frugivore, en gardant à l’esprit que les animaux n’ont pas de régime « pur », d’ailleurs il n’existe pas de pureté, point de vue rationnel, la pureté est une vue de l’esprit – humain. Les animaux mangent ce qui leur est adapté, point. Ce que leur instinct leur guide. Comme les enfants de vegans, ce qui m’a été rapporté, qui demandent de la viande ou du fromage quand ils sont chez des omnivores. Réalité cachée sous le tapis.

Dans cette optique, l’homme est donc un omnivore. Je veux bien discuter sur la part variable carnée qui serait bonne pour l’espérance de vie et la santé, pas de problème. Point de vue anatomie je ne suis pas sensible aux sophismes vegan (encore moins de Gary Y.). Nous avons d’ailleurs une anatomie digestive similaire à celui du cochon, pas celui du chimpanzé, ce qui explique que nous soyons plus omnivore que ce dernier (ou du bonobo). Sans même chercher une explication rationnelle – qui nécessiterait un nouvel article sur le sujet – l’anatomie humaine a ce mystère que des traits porcins se sont installés malgré notre proximité avec les chimpanzés.

Donc du coup, des gens qui parlent de « justifier la consommation de viande »…je justifie pas, j’observe les faits. J’aime la viande, j’en mange. Comme un cochon, animal lui aussi omnivore avec qui on partage énormément. Cela étant : pas n’importe comment, pas n’importe quand, pas n’importe laquelle, mais j’en mange. Il peut m’arriver d’avoir des périodes où cette part est réduite, de manière cyclique, comme si je suivais les saisons, en été les fruits éclipsent les autres aliments par exemple. Je n’adhère pas, pour des raisons mûrement réfléchies à la vision veganne et partisane de la nature.

Le mot carnisme participe de cette vision tronquée, pipée. La nature est neutre, elle n’est ni bonne, ni mauvaise. Tout être vivant est un aliment potentiel. Pour illustrer d’une manière cruelle ce manque de neutralité du terme, qui montre à quel point ce néologisme creux sert l’agenda d’idéologues vegans, il suffit de se pencher sur le terme qui est par construction, opposé. Végétalisme. Et c’est là que le bât blesse. Les définitions ne sont pas symétriques.

Le végétalisme concerne la diète des végétaliens et des végans. Il exclue toute consommation de produits animaux.

Le carnisme concerne la diète des…euh…des carnivores, des inuits donc – laissons tomber les baies d’été – ?

Non non. Que vous mangiez un steak par semaine, de la viande une fois l’an, ou que vous soyez en mode carnivore exclusif, vous voilà dans le rang des carnistes. Les habitants d’Okinawa, amateur de tofu en diable, île vantée telle une zone bleue s’alimentant de manière quasi végétarienne – à l’exception des fêtes – font de fabuleux carnistes.

C’est une imposture !

Le vrai mot à utiliser, d’un point de vue neutre (c’est à dire : observons les pratiques des animaux, des hommes, des espèces…), et dépassionné concernant l’homme, c’est omnivore : sans idéologie, sans justification, juste les faits. Parce que beaucoup d’entre nous, les hommes et les femmes sur toute la planète, mangeons de façon omnivore, malgré une diète à dominante végétale, ne pouvons être satisfaits par un tel néologisme, qui réduit la richesse de notre alimentation à la seule consommation de viande. Consommation de viande qui est par ailleurs anodine dans la nature, nature qui ne fait pas d’idéologie, si on se limite à l’observation des faits.

Ce mot a une teneur militante, politique. Certainement pas culturelle ou scientifique. Il en dit long sur celui qui l’utilise, plus sur ceux qui sont stigmatisés. Comme je disais sur Facebook :

carnisme2Ce n’est pas par méchanceté que je dis ça. C’est l’expression d’un ras-le bol de voir en permanence ce mot utilisé par des moutons vegans de panurge. C’est usant. Un travail similaire pourrait être fait pour spéciste et antispéciste, mais la tâche me semble plus ardue, quoique largement faisable. Toute pseudo-philosophie qui utilise des termes à sa convenance pour mieux maitriser le débat public, et ce de façon sournoise, mérite d’être brûlée sur la place publique. Coucou Aymeric !

La bataille idéologique et politique commence par le langage. Maitriser le langage donne une option sur la victoire. Ne vous laissez pas emberlificoter, ne rentrez pas dans le langage tricoté par votre interlocuteur : corrigez la personne qui dit carniste, employez omnivore. Systématiquement.

A ce rythme on pourra tout aussi bien parler de moldus pour décrire les omnivores non frappés par la lumière veganne ou la rejetant. – certains vegans me font d’ailleurs penser à des jeunes élèves de Poudlard, de vrais apprentis sorciers -. Les autres qui puent, les gadjo, les gaijin, les gabatchs. Bref, si vous avez encore un honneur ou un amour-propre, reprenez le dessus en parlant français.

Résumé : le mot carnisme est un terme construit selon une définition floue et mouvante selon l’objectif de la personne qui l’utilise, créant une ambigüité ainsi qu’une stigmatisation visant à se distinguer de l’autre. Une dissymétrie patente par rapport au mot végétalisme souligne insidieusement que le bien ou la normalité c’est manger exclusivement des végétaux et que les mangeurs de viande n’en font qu’à leur tête, que quelque chose ne tourne pas rond chez eux. Il conviendrait de les recadrer. Préférez le mot omnivore et bornez vous à restez factuel et non idéologique ou politique.

Je voulais faire court, j’ai été un peu verbeux. Désolé, ça devait sortir.

Edit : petit ajout de Facebook pour ceux qui auraient loupé le point principal de mon texte :

Si je procède de la même manière que Mélanie Joy pour d’autres aliments, cela donne :

Légumisme : justification de manger des légumes.
Féculentisme : justification de manger des féculents.
Fruitisme : justification de manger des fruits.
Végétalisme : justification de manger des végétaux. (Pas seulement hein)

Vous le voyez pas le problème ? Le problème est que la seule existence du mot carnisme insinue que manger de la viande n’est pas normal et devrait être traité à part des autres aliments. Ben non. C’est le dada des vegans et je marche pas dans la combine. Et comme je ne suis pas vegan, je ne suis pas tenu d’accepter un de leurs néologismes. Sinon c’est commencer à rentrer dans leur jeu, accepter leurs règles. Je ne veux pas.

Métro, Boulot…Bonheur !

Et un livre pour la plage !

Sabrina Debusquat tient solidement le blog Ça se saurait* depuis quelques années maintenant, en suivant une ligne de conduite fidèle à son personnage : une approche concrète de la santé doublé d’une certaine philosophie de la vie.

A première vue, le ton pourrait intéresser davantage les lectrices que les lecteurs,  il est vrai que culturellement, les hommes s’intéressent peu à la cosmétologie et aux produits de beauté. Par contre la santé, l’alimentation, tout le monde est concerné, à moins que vous ne soyez un de ces adolescents qui peuvent encore enquiller kebabs sur pizzas, et burgers sur chips en encaissant cette junk food comme une lettre à la poste. Sabrina, aussi n’hésite pas à sortir des chemins battus des blogs habituels.

Et ceci, notamment par la parution d’un livre auto-édité qui a le bonheur en une centaine de pages de résumer bien des aspects de son blog, sans que cela ne soit le but initial.

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Aussi il est possible d’acheter directement sur son site les versions électroniques selon l’usage que vous préférez.

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Sabrina écrit bien, la lecture du livre en est ainsi facilitée : on appréciera son humour, et sa tendance à l’auto-dérision, tout comme ses messages clairs, qui incitent à prendre soin de soi. Mais ce n’est pas non plus un livre de développement personnel en promettant la lune – tout en prenant du recul par rapport à certaines émotions, à certaines relations toxiques qui nous font tant de mal. Le très philosophe Don Miguel Ruiz est pas loin…bingo.

De ce point de vue, le ton est juste : Sabrina ne juge pas, et n’offre pas un cadre de nouvelles résolutions impossibles à tenir, tout comme elle ne vend pas de prêt à penser, ni d’idéologie « totale » clé en main. Son livre vous suggèrera d’ouvrir quelques fenêtres pour aérer votre vie. A condition de prendre la peine d’ouvrir une de ces fenêtres.

Malgré quelques passages plus ou moins convenus (sur la frénésie de consommation par exemple), c’est un livre très rafraichissant, et le sens critique dont Sabrina fait preuve fait plaisir à voir, tout en explorant des pistes d’amélioration de soi : en une dizaine de chapitres, vous ressortirez plus léger, et même allez mettre en application quelques-unes des astuces égrénées tout le long. Pour ma part ça sera les suggestions d’étirement du chapitre consacré, le 8ème, celui qui m’a le plus parlé et touché, sans doute pour des raisons personnelles : « Étirez-vous pour garder un corps agréable à vivre »**

Bonne lecture !

* anciennement Bio Pas Cher
** La méthode Mézières, citée est apparentée au rolfing que j’aborde ici ; je sais bien qu’il y a quelques zététiciens lecteurs qui sont prêts à descendre ce type de kinésithérapie en flammes à coup d’argumentum ad anecdotum, placebo et autres « PSEUDOSCIENCE §§§§ » « JE DEMANDE LES PREUVES VALIDÉES PAR LES PAIRS », mais tout comme le oil-pulling pour rétablir un microbiote buccal sain, ça a fonctionné chez moi au moment où j’en avais le plus besoin. Ça se saurait si ça marchait hein…

Certains des bénéfices du soleil ne sont pas liés à la vitamine D

Un lecteur au pseudo (prénom ?) de Bruce m’envoie la traduction de cet article très intéressant du Daily Mail.

COMMENT LE SOLEIL RÉDUIT L’HYPERTENSION ET VOUS REND PLUS MINCE

LES NOUVELLES RECHERCHES RÉVÈLENT QUE DES BÉNÉFICES NE SONT PAS LIÉS A LA VITAMINE D

 

  • MÊME COMPTE TENU DES RISQUES DE CANCER DE LA PEAU, LES CHERCHEURS DISENT QUE LE SOLEIL EST BON POUR LA SANTÉ
  • LES RECHERCHES INDIQUENT QU’IL NOUS PROTÈGE D’UN LARGE SPECTRE DE CAUSES DE MALADIES
  • SPÉCIFIQUEMENT, L’EXPOSITION AU SOLEIL INCITE NOS CORPS A PRODUIRE DE L’OXYDE NITRIQUE QUI PROTÈGE NOTRE SYSTÈME CARDIOVASCULAIRE

Par John Naish pour le Daily Mail

Les beaux jours arrivant, notre humeur s’allège et nous voilà saisi par l’envie de goûter aux rayons du soleil. Mais on continue de nous dire : les risques de cancer de la peau rendent cela potentiellement mortel.

Aujourd’hui cependant, les chercheurs découvrent les aspects positifs du bain de soleil. Même compte tenu des risques de cancer de la peau, ils disent qu’une bonne dose de soleil nous fait statistiquement vivre plus longtemps, en meilleure santé et plus heureux.

Les dernière recherches indiquent que la lumière du soleil nous protège d’un large spectre d’affections mortelles ou invalidantes comme l’obésité, l’infarctus, les attaques, l’asthme, divers scléroses et dégénérescences.

Le soleil a aussi montré qu’il stimulait la libido et l’humeur générale.

Ce n’est pas seulement une question de vitamine D, vitamine que notre peau fabrique à partir de la lumière du soleil. Cette vitamine D nous aide à construire des dents et des os sains et pourrait nous protéger du cancer de l’intestin.

Les nouvelles recherches indiquent que les rayons du soleil sont bénéfiques à bien d’autres titres.

Les chercheurs pensent que l’exposition au soleil incite notre corps à produire de l’oxyde nitrique, une substance chimique qui aide à protéger notre système cardiovasculaire et de la sérotonine, neurotransmetteur du bien-être.

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Le manque de soleil : aussi mauvais que fumer

Une piste majeure concernant les bénéfices du soleil est apparue lors d’une étude portant sur près de 30000 femmes suédoises pratiquant le bain de soleil et suivies pendant 20 ans.

En mars des chercheurs du mondialement connu Karolinska Institut en ont conclu que fuir le soleil était aussi néfaste que de fumer. L’étude, dans le Journal of Internal Medecine a trouvé que 1,5 pour cent des femmes qui rapportent avoir eu une haute exposition aux rayons UV (par le bain de soleil quotidien) sont mortes durant les deux décennies de l’étude contre 3 pour cent pour les femmes déclarant éviter les bains de soleil.

Les personnes pratiquant le bain de soleil, voient de façon significative leurs risques de mortalité par maladie cardiovasculaire diminuer.

Dr Pelle Lindqvist, l’épidémiologiste qui a dirigé l’étude dit que cette dernière a aussi mis en évidence ceci : les non-fumeurs qui ont évité de s’exposer au soleil ont eu une espérance de vie comparable à celle du groupe des fumeurs s’exposant au soleil. Ceci indique qu’éviter le soleil est un facteur de risque mortel d’ampleur comparable au tabagisme.

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Les personnes âgées en ont d’avantage besoin

Dr Richard Weller, maître de conférence en Dermatologie à l’Université d’Édimbourg l’an passé publiait un rapport dans le journal MATURITAS avertissant les personnes âgées qu’elles avaient besoin de davantage de soleil. «Les conseils de santé concernant l’exposition au soleil doivent être réétudiés » exhorta t il.

La population des gens âgés est particulièrement en manque de soleil, en témoigne de faibles taux sanguin de vitamine D et le manque d’activités de plein air.

Il ajoute qu’il y a une réduction des maladies cardiovasculaires et de mortalité toutes causes confondues en augmentant l’exposition au soleil.

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Il y a deux ans, l’équipe du Dr Weller a établit que l’exposition au soleil pouvait diminuer la pression sanguine et amoindrir les risques d’infarctus et d’attaque. Ce bénéfice n’est pas dû à la vitamine D. Il est dû au fait que lorsque notre peau est exposée au soleil, l’oxyde nitrique libéré dans nos vaisseaux abaisse à son tour la pression sanguine en rendant les vaisseaux plus dilatés.

Dr Weller a dit à Good Health (Note de Clair et Lipide : sans doute le site néozélandais de suppléments naturels)  : « Il apparaît aussi que la lumière du soleil affecte la manière dont nos gènes s’expriment. »

L’an passé des chercheurs de l’Université de Cambridge montrèrent que l’expression de 28 pour cent de notre matériel génétique variait d’une saison à l’autre.

Le soleil réduit l’inflammation

Les chercheurs de Cambridge rapportent dans le journal Nature que l’hiver nous augmentons l’activité des gènes de l’inflammation du système immunitaire afin de combattre les agents infectieux alors que l’été nous augmentons l’activité des gènes anti-inflammatoire. L’inflammation chronique est liée aux épidémies modernes d’attaques cardiaques, diabètes et cancers. Une telle inflammation résulte du fait que notre système immunitaire combat les agents infectieux. Mais ceci a un coût et les dommages aux tissus causés par une inflammation sur du long terme causent à son tour des maladies.

Les chercheurs de Cambridge indiquent que le soleil pourrait permettre à notre corps de contrer la réponse inflammatoire.

« Au même titre que l’oxyde nitrique et l’expression des gènes, je pense qu’il y a d’autres facteurs à découvrir. » déclare Dr Weller.

Il y a une corrélation entre plus de soleil et moins de maladies aussi diverses que la sclérose en plaques ou encore l’athérosclérose (quand les artères sont obturées par des substances graisseuses nommées athérome).

Cependant, le lien causal doit être trouvé.

Pourrait stopper la prise de gras

Les chercheurs sont en train de découvrir que le soleil peut même nous aider à rester mince et en bonne santé, selon les études des universités de Southampton et Édimbourg qui ont maintenu des souris sous un régime riche en graisses en les exposant à la lumière UV. Les résultats montre que les radiations UV suppriment le développement de l’obésité et les symptômes du diabète de type 2.

Ces bénéfices sont indépendants de la vitamine D rapportent les chercheurs dans le journal DIABETES en 2014. Ils pensent que les effets sont encore le résultat de l’oxyde nitrique dont la libération est accrue sous l’action du soleil. L’idée est que sans oxyde nitrique, l’insuline ne fonctionne pas convenablement laissant s’installer le diabète.

D’autres chercheurs, indiquent qu’être exposé abondamment à la lumière du soleil peut réduire les risques d’attaque.

Les épidémiologistes ont utilisé les données d’un satellite météo pour déterminer combien la lumière du soleil affectait individuellement une population de plus de 16000 personnes vivant à travers les États Unis, sur une période de 15 ans.

Nous tendons tous à nous sentir plus heureux quand il fait soleil et ce n’est pas seulement une question de moral. La recherche montre que la longueur d’onde principale de la lumière émise par le soleil stimule des récepteurs de notre rétine qui régule notre horloge interne qui à son tour régule les niveaux de mélatonine, l’hormone du sommeil que notre corps produit.

Les études dans un rapport de l’Université Suédoise de Uppsala le mois dernier dans le journal PLOS one montre qu’une perturbation des niveaux de mélatonine est corrélée à la dépression et aux maladies d’Alzheimer et Parkinson.

Peut améliorer la vue chez l’enfant

Le manque de soleil peut aussi avoir des effets physiques chez l’enfant.

Une étude par The Australian Research Council’s Centre Of Excellence In Vision Science en 2009 a trouvé que ceux qui passaient plus de temps en intérieur connaissaient de façon significative un accroissement de l’incidence de la myopie. Les chercheurs pensent que le neurotransmetteur dopamine est responsable de cela.

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Elle est connu pour inhiber la croissance excessive du globe oculaire qui cause la myopie. La lumière du soleil provoque une libération accrue de dopamine par la rétine.

Le soleil accroît la libido masculine selon l’étude australienne réalisé sur 2 299 hommes en 2010.

Des experts en hormone de l’Université de Gratz ont découvert que le taux de testostérone chez les hommes connaissait un pic au mois d’août, tombait pendant l’hiver atteignant son plus bas  niveau en mars.

Pourrait nous aider à vivre plus longtemps

Ces bénéfices pourraient-ils l’emporter sur les risques de développer un cancer de la peau ?

The Official NHS GUIDANCE dit que non : « Il n’y a pas de façon de bronzer dépourvue de risque pour la santé. » statut-il.

Il ajoute que nous devrions rester à l’ombre entre 11h et 15 h, nous couvrir de vêtements appropriés, porter des lunettes et utiliser de la crème solaire indice 15 au minimum.

Dr Weller reconnaît que les personnes vivant sous les climats les plus ensoleillées ont davantage de cancer de la peau car les radiations du soleil font muter l’ADN et génèrent des radicaux libres qui peuvent causer le développement du cancer.

Mais il rétorque que nous nous avons aucune preuve que le soleil raccourcit la vie.

En fait, les épidémiologistes suggèrent que les gens davantage exposés au soleil tendent à vivre plus longtemps même si ces populations sont d’avantage sujettes au cancer de la peau. Dr Weller est soutenu par Martin Feelisch, professeur de Médecine Expérimentale à l’Université de Southampton qui au aussi étudié le rôle du soleil sur notre santé. En particulier les effets du soleil qui stimulent la libération d’oxyde nitrique pour protéger notre système cardiovasculaire en abaissant la pression sanguine.

Pr Feelisch prévient qu’éviter le soleil ou l’usage excessif d’écran total pourrait constituer un nouveau risque de maladie cardiaque et davantage de personnes meurt de maladies cardiaques que de cancer de la peau.  « Nous pensons que les conseils de santé publiques dominés par les considérations concernant le cancer de la peau doivent être révisés avec attention. » rétorque-t-il.

«  Il est temps de regarder la balance des risques entre cancer de la peau et maladie cardiovasculaire. »

Ceci dit il ne recommande pas de passer trop d’heures à bronzer.

En attendant, Dr Lindqvist, l’auteur de la nouvelle étude déclare : «  Nous connaissons dans notre population 3 grands facteurs d’hygiène de vie qui menacent notre santé : tabagisme, surpoids et inactivité. Nous savons désormais qu’il en existe un quatrième : bannir l’exposition au soleil. »

Quand utiliser l’écran solaire.

Nous devrions être plus mesurés dans notre utilisation de l’écran solaire, celui ci bloquant les effets positifs du soleil. Si vous l’utilisez afin de passer votre temps au soleil ce n’est pas la bonne manière. Cependant, si vous vous trouvez coincé sur un bateau, contraint d’être exposé au soleil, il est probablement meilleur de mettre de la crème.

Fort de cette nouvelle appréciation scientifique, un équilibre devra être trouvé afin de pouvoir profiter sainement des bienfaits du soleil.

Le bien manger sur Netflix, Cooked

Qu’est-ce que Cooked ?

C’est cuit en anglais, ou parfois cuisiné, avec cette petite ambigüité qui résumerait malencontreusement la cuisine à la cuisson(1).

Cooked* est également un ouvrage du très célèbre Michael Pollan, paru en 2014, et que je n’ai toujours pas lu. Hélas…mais je corrige illico cette erreur.

Un an plus tard, quelques pontes de Netflix ont du aligner quelques pépètes. Michael est convaincu, et tourne ainsi quelques documentaires inspirés de son livre. Cette mini-série est ainsi disponible depuis Février 2016. Au niveau qualitatif, on se situe dans la même veine que Chef’s Table. Le petit côté scientifique en plus. On voyage encore plus…Maroc, USA, Inde, Amérique du sud, et même dans le bush australien ou subsistent quelques sociétés traditionnelles…

Quatre épisodes sont au menu, sur la thématique des 4 éléments :

1 : Le feu

Probablement le plus controversé, mettant à l’honneur, le barbecue. Cuisson et viande, un mélange ne plaisant pas aux crudivores. Peu importe, de l’explication de la réaction de Maillard, à l’intervention de Richard Wrangham (même, si je dois admettre que sa théorie a du plomb dans l’aile, notre cerveau ayant grossi avant l’avènement du feu). L’aspect sociétal de la cuisson de la viande est bien mis en valeur, l’anecdote d’un afro-américain est évocatrice : dès qu’il a été capable de cuire la viande on l’a considéré comme étant un adulte, même très jeune. On y voit même une végétarienne prenant plaisir à manger du porc de barbecue, porc par ailleurs élevé sur pâturage semble-t-il. Peu commun aux USA, mais les choses changent peu à peu.

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2 : L’eau

Le second épisode s’intéresse plus particulièrement à une technique de cuisson particulière, celles faisant appel à l’eau. Boullir, mijoter, tous ces plats qui prennent du temps…on y aborde également la transformation de la société, les femmes délaissant le rôle qui leur était dévolue par le passé, et la hausse des plats transformés. D’ailleurs on visite une usine de plats préparés en Inde, tout en constatant l’obésité grandissante. Michael Pollan n’interdit aucun aliment : si vous voulez manger une glace, préparez-là vous-même. Clair et concis, notre rapport à la nourriture a été bouleversé, nous sommes infiniment assistés et cette médaille a un revers ! C’est peut-être l’épisode le plus « cuisinier » de tous :

La saveur des plats mijotés dépend des réactions qui se produisent quand les ingrédients sont mélangés dans une substance liquide chaude. On bâtit la saveur du plat en puisant les arômes les plus riches et les plus profonds des ingrédients les plus humbles. Pour ces plats, le temps est essentiel. Dans un liquide qui mijote doucement les légumes et la viande échangent des molécules et des arômes, ce qui crée un résultat nouveau, souvent bien meilleur que les simples ingrédients de départ. L’eau véhicule la saveur tout comme la chaleur et permet de faire valoir les épices et autres assaisonnements présents. Avec suffisamment de temps, l’eau décompose les fibres les plus dures, végétales ou animales et les transforme en un liquide savoureux et nourrissant. Et la saveur nous indique instantanément où nous sommes dans la monde, d’un point de vue culinaire.

3 : L’air

Il y a en fait deux documentaires sur la fermentation. Celui-ci s’intéresse à la levée de la farine, grâce au levain, et à la fabrication du pain. Au Maroc, il existe encore des boulangers qui cuisent la farine des gens qui la leur confie. Ce sont les trous dans le pain qui font la saveur de celui-ci, un peu comme dans l’emmental d’ailleurs. D’autres problématiques sont soulevées quant à l’agriculture. La problématique du gluten est d’ailleurs minimisée : la nature des blés a peut-être changé, mais il faut reconnaitre que le pain à la levure est moins digeste que le pain au levain, et c’est celui-là qui donne ses lettres de noblesses à la boulangerie. Michael Pollan, bien documenté, rappelle les grandes heures de l’industrialisation de la farine et de sa fortification :

L’industrialisation n’est pas mauvaise en soi. Cela peut-être bien fait ou mal. Mais dans la volonté de faire baisser les prix, on en oublie pourquoi les choses étaient faites aussi méticuleusement avant. Dans le cas du pain, on a oublié l’importance d’une fermentation lente au levain. Le pain au levain n’est pas une catégorie de pain. C’était la façon traditionnelle de faire tous les pains de l’histoire jusqu’à il y a environ 100 ans. Le levain c’est la vraie recette du pain. On sent la différence, cela fait une heure qu’il repose et il a bien gonflé (NdeC&L : on le voit en train de travailler la pâte)

4 : La terre

La sacralisation de la fermentation se poursuit dans ce dernier épisode. Tout d’abord c’est la possibilité d’obtenir de l’alcool depuis des féculents. Au Pérou, ils arrivent ainsi à obtenir une sorte de bière à partir du manioc. Comment font-ils dès lors ? Ils mâchent la farine de manioc, et se servent de la ptyaline, une enzyme de la salive pour casser les sucres complexes en sucres simples. Ensuite la fermentation éthylique peut avoir lieu (merci saccharomyces cerevisiae). Cette pratique est connue également dans d’autres coins de la planète, comme le relève Patrick McGovern dans Uncorking The Past. Pour la bière et l’amidon des céréales, nous avons innové avec le maltage, nul besoin de mâcher. Nous aurions même inventé la bière avant de faire du pain. On y apprend également que les graines de cacao donnant ensuite du chocolat sont également fermentés. La partie fromagère, sur le « St Nectaire américain » est fabuleux : le contenant en bois dans lequel on y fait fermenter le lait joue un rôle non anecdotique…je n’en dis pas plus, après tout, je suis là pour donner envie, pas pour résumer 🙂

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L’image officielle sur Netflix

S’il y a un lien directeur c’est bien Michael Pollan. Tour à tour pédagogue, invité, cuisinier, il met toujours la main à la pâte et cuisine toujours lui-même, seul ou accompagné, devant nous, téléspectateurs. Tout comme Chef’s Table, les moyens sont énorme, la réalisation est au poil, ce n’est pas un bête documentaire de plus, on se couche moins bête après l’avoir visionné.


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