Archives mensuelles : août 2010

Soy Story, le soja qui rend tôt fou

Je vais profiter de cet article pour vous parler de ce blog sympathique : Nutrition Et Santé. A rajouter sur votre lecteur de flux RSS (je recommande l’excellent Netvibes).

Ces deux articles sur le soja devraient calmer plus d’un végétarien (et les autres) sur cet aliment.

Donc on va éviter de faire de la redite, ces deux articles résumant bien ce que l’on sait autour du soja. Je retiens principalement que les asiatiques l’utilisent comme condiment, c’est à dire en faibles quantités, et que le soja est suspecté de maladies auto-immunes et d’être trop concentré en hormones féminines (oestrogènes, phyto-oestrogènes plus spécifiquement). A tel point que certains moines bouddhistes en privilégiaient la consommation (sous forme de tofu) pour atténuer leur libido ! Donc, si vous êtes un homme et tenez à votre fertilité…évitez à tout prix le soja !

A titre personnel, j’utilisais le lait de soja passé la vingtaine, car étant intolérant au lactose et donc au lait « traditionnel ». C’est une erreur réparée, mais je ne saurais jamais l’étendue des dégâts…et leur irréversibilité. Je ne suis pas un fervent défenseur des régimes végétariens, et encore moins végétaliens, mais utiliser le soja comme une source de protéines en remplacement de la viande animale, me parait abberrante. C’est le point de vue de Lierre Keith, dans son ouvrage The Vegetarian Myth.

La monoculture du soja affecterait aussi les sols (érosion), et la qualité nutritionnelle (et donc la santé !) des animaux qui en mangent. Sans compter que le but initial de ces cultures…étaient de fournir des ingrédients à l’industrie pharmaceutique. A venir un futur article sur ce bouquin intéressant, mais non dénué, hélas, de défauts.

Immobilier : comment une génération peut se sentir flouée

M. Friggit, Jacques de son prénom est un fonctionnaire qui sort les statistiques les plus parlantes en matière d’immobilier. Grâce à lui, on a un historique des prix pondérés par les revenus depuis 1965. Et ses graphiques sont éloquents, jugez donc :

Ce graphique tient compte de l’inflation, des revenus et de la saisonnalité (au printemps les prix sont traditionnellement plus hauts qu’en hiver, au vu de la reprise des ventes). Je suis assez frappé par l’augmentation générale des prix opérée depuis 1998 et surtout 2002. Oh certes il y a eu une hausse similaire au début des années 90 mais localisée sur Paris essentiellement. Et cette hausse est tellement ridicule par rapport à l’actuelle. C’est donc plus qu’un doublement des prix sur 10 ans que l’on constate. Le pavillon que vous convoitiez en 2000 vaut probablement 250 000 euros à l’heure actuelle, si l’on tient compte de l’inflation. Alors certes, les taux sont bas. Mais c’est loin de compenser cette quasi soudaine perte de pouvoir d’achat immobilier.

Que peut-on en conclure ? Que nous sommes dans une bulle immobilière, et qu’elle va prendre du temps à se dégonfler. Loin de fonctionner comme la bourse, l’immobilier a une forte inertie et ses variations se font plus lentement. Seulement cela a des répercussions sociales, pas seulement économiques. Une bulle immobilière va favoriser les insiders (ceux qui possèdent déjà un bien) au détriment des outsiders (les exclus de la propriété). Ainsi, en période de hausse des prix, il est bien vu d’acheter un studio, pour le revendre avec une plus-value 4 ans plus tard pour acheter un T3. Dans le même temps le propriétaire du T3 fait sa plus-value et achète un pavillon. Celui qui a son pavillon peut acheter du coup sa maison indépendante avec terrain.

Le problème c’est que dans le même temps, les prix ont surenchéris, rendant le pied à l’étrier encore plus inaccessible. Ainsi le moindre studio valable en grande ville de province se voit accessible aux environs de 70 000 euros. Avant, le studio valait plutôt…70 000 FF. On a gardé les mêmes prix. Mais pas la même unité monétaire…le marché est devenu déconnecté des revenus des primo-accédants. On leur confectionne des produits financiers artificiels et des mécanismes de prêts surréalistes pour soutenir la demande, et alimenter par le bas  cette pyramide : les pauvres paient la plus-value des un-peu-moins-pauvres et ainsi de suite jusqu’au haut de la pyramide.

On est loin de l’accession à l’immobilier des 30 glorieuses, bien plus méritocratique. De fait, et sans statistiques pour le prouver, je constate que la génération des 25/35 ans sera celle du recul du patrimoine immobilier : si les générations précédentes, et surtout la génération des Baby-Boomers aura su accéder à un patrimoine immobilier conséquent, il n’en sera pas de même pour l’actuelle, condamnée à surpayer des biens trop exigüs pour eux. On peut parler de « génération appart » ou « génération T3 », tant les BB ont accédé en masse à la propriété de vraies maisons. Il y a comme une sorte de déclassement social. Autour de moi (j’ai 30 ans), la plupart de mon entourage vit dans des maisons ou appartements systématiquement plus petits que ceux de leurs parents, à situation familiale équivalente. Y compris lorsqu’ils gagnent plus d’argent que leurs parents, ce qui est loin d’être systématiquement le cas en plus. J’en veux un peu à cette génération qui a pu à la fois :

– construire sa maison, et rembourser en monnaie de singe (inflation des années 70)
– être aux commandes du pays, profiter de la stabilité des 30 glorieuses, et donner au pays une situation précaire aux générations suivantes (dont la génération X, la suivante qui n’a pu accéder aux commandes et qui risque d’être barrée par la suivante)
– endetter l’Etat jusqu’au cou, et donc leurs propres enfants., qui devront faire avec.
– faire payer l’immo cher aux enfants des autres pour partir vivre dans le sud (exemple de parisiens 68tards), tout en se plaignant des difficultés de leurs propres enfants, ne faisant pas le lien entre l’avidité dont ils ont fait preuve, et l’ « avidité générationnelle » plutôt bien partagée.

Peut-être que les iphones, l’adsl, les trajets pas chers en avion, sont des pilules à avaler (je n’ose dire vaseline…) pour mieux accepter un immobilier devenu hors de prix. La facture est trop cher payée, étant entendu que la technologie avance plus vite que les désirs des gens. Beaucoup seraient prêts à sacrifier cette technologie parfois futile pour avoir accès à quelques mètres carrés supplémentaires, et ce, sans faire 100 km par jour pour aller travailler, ou être endetté sur 30 ans en annihilant toute possibilité d’épargne. Mais l’immobilier va baisser, lentement, après cette remontée provisoire (nommée Bull-trap par les spécialistes), et la génération d’après va pouvoir cueillir sans trop d’efforts les conneries des générations précédentes. Jusqu’au prochain cycle.

Un autre graphique :

Evidemment, j’ai accédé personnellement à la propriété très récemment. J’ai pu profiter de la temporaire baisse des prix, tout en cherchant un bien raisonnable par rapport à nos besoins. Peut-être le regretterais-je en cas de baisse des prix très soudaine, mais mon choix de vie n’est pas incohérent. Subsiste peut-être le regret de ne pouvoir accéder à un pavillon ou une maison comme mes propres parents ou beaux-parents (en fait personne de la tranche 55-65 ans ne vit en appartement), mais mon prêt ne cours que sur 15 ans, ce qui me laisse le temps d’améliorer ma situation plus tard. J’espère bien, cela dit que les prix redeviendront normaux, sinon, on va droit vers une société de la rente façon 19ème siècle, où il est difficile de vivre convenablement grâce aux revenus issus du travail. On ne peut le souhaiter à personne.

In a lonely place (Le Violent)

La filmographie d’Humphrey Bogart est parmi celle qui m’a initié aux « vieux films », sorti avant les années 60. Régulièrement, je visionne un de ses films, et je dis merci aux restaurations des pellicules, sans quoi nous n’aurions plus accès à ces films, et certainement pas en dvd, dans des versions très correctes. Enfin, à l’exception de ‘Beat The Devil’ (‘Plus fort que le diable’) pourtant réalisé par l’excellent John Huston. Soit je suis tombé sur une mauvaise édition, soit ce film n’a pas été correctement restauré. Du coup, difficile de réellement l’apprécier. Mais ‘African Queen’ (‘L’odyssée de l’African Queen’ en français), par le même John Huston, avec Katarina Hepburn, a également souffert, pour une autre raison, le film étant en couleur (technicolor), mais on est loin de Gone With The Wind (Autant en emporte le vent) pourtant plus vieux. Mystères et choix et des éditeurs…

Ce week-end, j’en ai profité pour visionner ‘In a lonely place’ (‘Le violent’ en français). Les deux acteurs principaux, y excellent. Tout d’abord Humphrey Bogart dans le rôle de Dixon Steele, un scénariste, un peu torturé, avec des pulsions qui l’amènent donc à être violent (d’où la traduction française), et Gloria Grahame, déjà aperçue dans La Vie est Belle de Frank Capra, dans le rôle de Laurel Gray.

Pour tout dire je crois que c’est un de mes films préférés de Humphrey Bogart, avec The Big Sleep, The Treasure of the Sierra Madre, ou encore Dark Passage. Son jeu est particulièrement juste, je retiendrais en particulier cette scène, où Dixon Steele (Humphrey) tente d’expliquer à un couple d’amis comment a pu être commis le meurtre dont il est accusé : les lumières visent les yeux de Dixon, ce qui le rend effrayant. Une scène à vous faire froid dans le dos.

L’autre intérêt du film réside dans sa critique de Hollywood et de son système. Cela rejoint en ça un autre grand film sorti cette année là, All About Eve. D’ailleurs Humphrey Bogart tiendra un rôle similaire dans un autre film de Mankiewicz, The Barefoot Contessa (La Comtesse aux pieds nus). Le côté tourmenté et violent en moins, bien sûr. La sagesse du vieux lion attendri par la belle Ava Gardner en plus en plus.