Archives mensuelles : septembre 2010

La soif…d’alcool

Et voilà, wordpress me permet de classer un article dans 2 catégories à la fois, donc je le fais, je réalise l’improbable, un article en catégorie nutrition ET cinéma ! Ce sera juste un billet léger, promis. Lors d’une de mes soirées ciné-club, j’avais choisi de regarder La soif du mal, du phénomène Orson Welles. Plutôt bon, même si je continue de préférer La splendeur des Amberson.

Une scène amusante, m’a fait immédiatement tilt : la grande Marlene Dietrich fait remarquer à Orson Welles son embonpoint : « abus de sucreries ? ». « Non, c’est l’alcool » (souvenirs approximatifs). L’un comme l’autre sont deux addictions. Et là je me dis qu’à l’époque nous n’avions pas passé les années 60, il était admis que c’était trop de féculents, et trop de sucres qui faisaient grossir, pas les lipides.

Ce penchant pour l’alcool destructeur, est aussi le sujet principal du film Le poison (The lost week-end titre original)de Billy Wilder avec Ray Milland. Le personnage de Ray Milland est littéralement accro à la bouteille, et l’on passe petit à petit d’une comédie légère à un drame lorsqu’on le voit vivre son delirium tremens, ou même braquer une boutique. Jusqu’au final, assez inattendu. C’est tout de même un film multi-oscarisé, pas vraiment anecdotique hein (1945) !

Un Don Birnam bien triste

Mais j’y songe, cette photographie…ça me fait penser à un autre acteur, lui dévoré par l’alcool, mais pas que dans ses films. Humphrey Bogart, lui-même.

Un Rick Blaine bien triste

Casablanca a fait d’ailleurs l’objet d’une parodie animée, Carrotblanca :

Un Bugs Bunny bien triste

Et mon huile de poisson, elle est fraîche ?

Voici quelques temps que je n’avais pas de réponse à apporter concernant les huiles de poissons. OK, elles apportent les meilleures sources d’oméga-3. Mais d’un autre côté…ces huiles sont bourrées de polluants. La réponse m’est venue de la lecture du « pouvoir des protéines » des époux et docteurs Eades.

Assurez-vous que l’étiquette du flacon d’huile de poisson indique bien sans cholestérol. Le poisson a tendance à concentrer de nombreux polluants, y compris des métaux lourds et des BPC, dans leur gras, et l’huile de poisson provient de ce gras. Le procédé d’affinage visant à éliminer les polluants élimine également le cholestérol. Si l’étiquette indique sans cholestérol vous avez la garantie que l’huile ne contient aucun polluant.

Voilà une bonne nouvelle ! On peut donc encourager la supplémentation modérée en huile de poisson (2 à 3 gélules par jour), sans subir les effets des polluants ! En surfant sur le net, je tombe sur ça (cliquez sur l’image pour aller sur le site) :

Bon, ce n’est pas donné, mais quand on connait les effets bénéfiques des oméga-3 (les Eades parlent plutôt d’eicosanoïdes, mais à notre niveau on va plutôt simplifier pour comprendre !), ce serait dommage de s’en passer ! Quant au cholestérol, c’est amusant, c’est la première fois que je vais chercher un produit cholesterol-free alors que je considère que ce n’est pas un problème en général ! Mais là, c’est le témoin de l’absence de polluants. Enjoy !

Topo sur les oméga-3 (2nde partie)

Donc, nous voilà au coeur du sujet : les oméga-3 sont donc des lipides poly-insaturés. On dit « poly-insaturés » parce que dans la structure moléculaire de ces lipides, on s’attend à trouver plusieurs doubles liaisons entre les atomes. La belle affaire ! Cela induit quand même des différences fondamentales. Sur leurs propriétés physiques, et donc sur leurs effets sur l’homme.

On ne peut pas parler des oméga-3 sans faire référence aux oméga-6. On trouve les 2 types dans la nature. Certains aliments seront plus pourvus en oméga-3, d’autres en oméga-6. Originellement, la diète de l’homme devait être à un ratio de 1 pour 1, à savoir qu’il ingérait à peu près autant d’oméga-3 que d’oméga-6. C’est la thèse que défend brillamment Pierre Weill dans Tous gros demain :

Outre l’insuline sécrétée par un trop plein de glucides et qui favorise le stockage des graisses, la faiblesse des régimes occidentaux actuels en oméga-3 serait responsable de la hausse du surpoids actuellement constaté (depuis une bonne quarantaine d’années en fait). Qui plus est, le rapport oméga-3/oméga-6 interviendrait sur les maladies cardio-vasculaire. En effet les oméga-6 seraient des lipides pro-inflammatoires, tandis que les oméga-3 préviennent contre l’inflammation. Mais les oméga-6 sont aussi utiles…d’où l’idée d’un équilibre. Se préoccuper des oméga-3, où à l’inverse réduire les oméga-6 dans l’alimentation est bénéfique. Dès lors, où trouver des oméga-3 ?

La première source, celle qui dispose du type d’oméga-3 dont nous avons particulièrement besoin (EPA et DHA) sont les poissons gras. De préférence sauvage. On peut citer les maquereaux, les sardines, les anchois, les saumons, les thons blancs germons, etc. Quand on dit que ce sont de bons lipides, ce n’est pas parce que les autres sont mauvais, mais parce qu’ils contiennent des lipides dont nous manquons régulièrement. J’ai une tendresse particulière pour le foie de morue, gros pourvoyeur d’oméga-3 ainsi que de vitamine D…peut-être est-ce pour cela que l’usage de l’huile de foie de morue était si répandu ?

Certaines huiles végétales sont bien pourvues en oméga-3, je songe notamment à l’huile de colza, non raffinée de préférence. L’huile de caméline, ou de chanvre, bien que difficilement trouvables. L’huile de lin, la plus riche en oméga-3 a été autorisée en France l’année dernière. En effet, elle nécessite d’être utilisée très vite, car s’oxydant et se rancissant en quelques mois. Elle ne doit être utilisée que pour l’assaisonnement.

Si vous connaissez une ferme qui laisse les poules en toute liberté et se nourrissant…en liberté (ce qui exclue d’office les poules nourries au grain, aux céréales…hélas gage de mauvaise qualité, ce n’est pas le régime habituel des poules). Entre vers de terre et plantes diverses, la qualité nutritionnelle des oeufs monte en flèche (le goût aussi !), et sont plus riches en oméga-3. C’est une des raison du succès du régime crétois. Les poules se nourrissent apparemment de plantes riches en oméga-3, dont le fameux pourpier.

Une autre source d’oméga-3 est celle de la viande, dont l’animal (par exemple, le porc) a été nourri au lin. C’est une pratique ancestrale qui a été abandonnée, à tort. Mais que certains continuent de respecter, ou remettent au goût du jour, c’est le cas…du label Bleu-Blanc-Coeur

Ce label propose une liste de produits qui grandit chaque jour. Je suis déjà tombé sur leur jambon, moins salé que les autres, et peut-être meilleur au goût. Ils vendent aussi du poulet. On est certains que leurs produits sont plus équilibrés que les autres, et enrichies en oméga-3. De manière générale, je ne le dirais jamais assez, favorisez les viandes d’animaux nourris à l’herbe ! Boycottez les animaux nourris aux céréales, ça les nourrit mal, et la qualité de la viande s’en trouve réduite d’autant ! Et cette viande nous nourrit mal par ricochet…

Point de vue paléo-nutritionnel, nos ancêtres trouvaient un équilibre oméga-3/oméga-6 de 1 pour 1 dans les parties animales que nous ne mangeons plus trop à l’heure actuelle : cervelle, abats, moëlle, etc. Avec l’avènement des huiles végétales déséquilibrées en oméga-3 (huile de tournesol, d’arachide, de pépins de raisins, de carthame, etc.), et le changement d’alimentation des animaux, le régime occidental est donc devenu cruellement déséquilibré, surtout après la seconde guerre mondiale. Et ce changement…on le doit à la furia anti cholestérol qui proclamaient qu’il fallait éviter les graisses animales. Sauf qu’à les troquer par ces graisses végétales, c’est faire fausse route ! De même qu’on a promu des margarines riches en acides gras trans (et en oméga-6 !) pour éviter de manger du beurre. C’est un des plus gros scandales agro-alimentaires du siècle précédent.

Il y a également une controverse, à laquelle je n’ai pas de réponse. La plupart des nutritionnistes américains préfèrent la supplémentation en oméga-3 provenant des poissons gras, car riches en EPA et DHA (2 types d’oméga-3), et moins en ALA, l’acide gras précurseur de tout les oméga-3, et ils suspectent que l’être humain n’arriverait pas à synthétiser les ALA en EPA et DHA. A l’inverse, un gars comme Brian Peskin pense qu’il n’y a pas de raison que l’homme ne puisse pas convertir les ALA en EPA et DHA, et de surcroit les poissons sauvages seraient à éviter car chargés en plomb, mercure et autres métaux lourds pas très bons pour la santé.

Pour ma part, dans le doute, je varie mes sources d’oméga-3 !

Un excellent livre, traduit de l’anglais et adapté par le non moins excellent Michel De Lorgeril (qui à l’époque n’était pas encore devenu sceptique du cholestérol) et Patricia Salen, résume tout les bienfaits des oméga-3 que je n’ai hélas pas le courage de citer :

Et il a été réédité cette année…profitez-en !

Topo sur les oméga-3 (1ère partie)

Les oméga-3 sont à la mode…et à raison !

Bleu-Blanc-Coeur : un label sérieux garantissant des produits enrichis en oméga-3

Avant de parler plus spécifiquement des oméga-3 resituons-les vis à vis des autres nutriments. Il y a 3 sortes de nutriments.

– les protéines, ou encore protides, constitués par des acides aminés. Ces molécules, il y en a 22 différentes dans le monde animal (source : wikipedia), et une centaine au total. Elles servent à construire l’organisme, ce sont les briques du corps humain. Elles peuvent aussi servir de source d’énergie, dans une moindre mesure, en étant converties en glucose par exemple.

les glucides. Complexes, ou simples, on les reconnait à leur nom, se finissant bien souvent par le suffixe ose. Les sucres simples sont le galactose, le mannose, le fructose et le glucose. Ces deux derniers sont les plus courants. Les sucres complexes (par exemple, l’amidon) sont constitués par plusieurs molécules de sucres simples. Les enzymes du corps humain se débrouillant généralement assez bien pour les convertir en sucres simples (à l’exception, parfois, du lactose !). Contrairement aux protides, c’est une source d’énergie. Si le glucose peut-être converti en glycogène (un régal pour les muscles), les autres sucres simples sont convertis, à ma connaissance, en triglycérides par le foie. A éviter en trop grande quantité, donc, surtout le fructose, en grande quantité dans le sirop d’agave.

– Les graisses, les lipides. Ils sont formés par des acides gras. Il en existe de plusieurs sortes. Les acides gras trans, obtenus par hydrogénation, industriellement. Inutile de préciser, ils sont à éviter à tout prix. Nocifs, ils ne sont pas reconnus tels quels par le corps et sont susceptibles d’être reconnus comme facteur d’inflammation et donc des maladies cardiovasculaires. Les acides gras saturés, qui ont bien mauvaise presse. On les retrouve bien sûr dans les produits animaux (produits laitiers, viande, oeufs), mais aussi dans la noix de coco (et l’huile de coco !), l’huile de palme. C’est un sujet controversé, mais j’ai été convaincu par l’avis des sceptiques du cholestérol. Laissons-les de côté. On a également les acides gras mono-insaturés, dont l’acide oléique contenu dans l’huile d’olive, aussi appelé oméga-9 (à tort ?).  Les lipides dans le sang, se retrouvent sous forme d’acides gras libres, ou sous forme de triglycérides, à savoir 3 acides gras liés par une molécule nommée glycérol, disponible grâce aux glucides. Ah j’ai oublié dans ma précipitation…il y a les acides gras polyinsaturés, constitués par les oméga-3 et les oméga-6.

La suite au prochain numéro…

La taille ça compte !

Arrivé au boulot, je feuillète le 20minutes quotidien, pas un grand journal, mais il me suffit pour me tenir au courant des principaux événements, charge à moi ensuite de fouiller sur le net pour avoir une lecture plus critique. Ce matin, je lis donc qu’ils veulent mettre les foies au cholestérol.

L’article est mieux que ce que l’on lit habituellement. Je reprocherais 2 choses. La première c’est que même le mauvais cholestérol n’est pas le grand responsable des maladies cardio-vasculaires. Pointer le cholestérol comme coupable, c’est un peu regarder le doigt au lieu de regarder la lune. Ou même incriminer le thermomètre quand il fait chaud en été. Pour une démonstration de qualité, je vous renvoie aux ouvrages de Michel De Lorgeril. La seconde, c’est l’extrême simplification de la problématique. Ok, le cholestérol ne diffère que par la molécule qui le transporte…et qu’on nomme lipoprotéine. Concernant le cholestérol, il y a 2 grands groupes de lipoprotéines :

– Les HDL, ou LHD : lipoprotéines de haute densité
– les  LDL ou LBD : lipoprotéines de basse densité

Les premières, on le sait, elles sont bonnes pour l’organisme. Les secondes, ben…ça dépend. Effectivement, statistiquement, leur nombre est corrélé à la fréquence des maladies cardio-vasculaires. Sauf qu’on distingue plusieurs types de LHD, comme plusieurs types de LBD. En clair, ce qui différencie les LHD des LBD sont le circuit qu’elles prennent dans le sang, mais également leur taille et densité. Les LHD sont plus volumineuses. Et donc moins denses. Elles auraient donc moins tendance à se déposer sur les parois des artères, puisque plus légères. Les LBD sont plus petites et plus denses. On peut donc suspecter qu’elles interviennent dans l’athérosclérose. Sauf que…c’est là qu’il est intéressant de distinguer les types de LBD.

Et là c’est le drame. Tout les LBD ne sont pas égaux. Les sous-fractions de LBD plus grandes et moins denses sont « plus faciles à déloger » et ne présentent pas le même caractère athérogénique que les sous-fractions des LBD petites et denses. Il semblerait que ces sous-fractions soient associées à la fabrication des triglycérides d’une part, et à une alimentation riches en glucides d’autre part (qui elle même augmente les triglycérides dans le sang).

Etant donné que depuis quelques dizaines d’années on consomme de plus en plus de glucides, il est donc normal que le taux de LBD soit associé à un haut risque de maladies cardio-vasculaires. Mais une association n’est pas exactement causalité. Pour produire moins de LBD cholestérol, et surtout le LBD nocif, pensez à réduire vos pâtes, votre riz, votre pain, vos pommes de terres, et surtout votre consommation de sucre raffiné. Pour contrer les maladies cardio-vasculaires en général, ça reste quand même insuffisant, et pourrait faire l’objet d’un prochain article. Mais la question du cholestérol nocif peut-être évacuée ! Ouf !

Et désolé encore pour le titre racoleur !