Archives mensuelles : octobre 2010

Retour sur les erreurs des autres (pas les miennes)

Je continue la lecture de l’excellent bouquin de Carol Tavris et Elliot Aronson, cela me permet de dénicher des phrases symboliquement fortes, comme :

Toute révolution finit par enfiler les habits du tyran qu’elle a déposé

Barbara Tuchman

Carol Tavris Elliot Aronson

Les auteurs démontrent comment les grands assassins finissent par commanditer des meurtres au nom du « bien », ou faire le bonheur des gens malgré eux. Comment ils arrivent à vivre, en toute conscience, entre leurs idées utopiques et la réalité des faits. L’autojustification permet de rémédier à cette dissonance cognitive. La torture et le meurtre commencent par être justifiés…autojustifiés. Parce que soit-disant, la fin justifie les moyens. C’est juste faux, et c’est la grande excuse de tout les criminels. En cela, les communistes, nationaux-socialistes, fascistes, islamistes,  etc. tous porteurs d’un projet collectif « coûte que coûte » sont à mettre dans le même sac. Et se révèlent souvent pires que les prédécesseurs dont ils critiquaient la politique.

Voilà pourquoi je me méfie de tout les hommes politiques au discours violent (rappel : la violence est le dernier refuge de l’incompétence), de leur besoin perpététuel de lutte (à l’instar de certains syndicalistes). Je ne suis pas naïf, mais je crois bien qu’on ne résout pas les problèmes collectifs par la violence. A vrai dire…si tous ces gens-là essayaient de résoudre leurs propres problèmes (charité bien ordonnée commence par soi-même) avant de s’occuper des autres…

Autrement, ce livre nous met face à nous-même : tout le monde se sert de l’autojustification. Il est criant de vérité, j’en ai même eu honte, tellement cela me rappellait certains de mes propres comportements. Imaginez un seul instant que vous piquiez quelques ramettes de papier au bureau. Vous commencez par vous dire « c’est pas grave tout le monde le fait » ou « mon employeur le mérite » « mon employeur ne me paie pas assez, je compense ainsi »…on est déjà dans l’autojustification, pas du niveau des criminels, certes, mais le mécanisme est exactement le même !

De fait, ce livre me permet de me rendre compte de mes (nos) comportements nuisibles, et c’est en pleine conscience que je vais pouvoir cesser de recourir à l’autojustification dans ma vie. Cela commence par assumer ses erreurs et être responsable de ses actes et de…soi.

La fin du chat

Voici un billet particulier, un ami qui avait un blog, est passé à autre chose. Mais ce texte est superbe,  émouvant, rempli de mélancolie, et je trouve dommage qu’il disparaisse du net. A vous de l’interpréter comme il vous semble.

 la fin du chat « Deux ans avaient passé. Mais deux années n’avaient pas suffi à me faire oublier sa rencontre, bien au contraire. Et pourtant… En deux ans, j’avais beaucoup changé: d’activité professionnelle, de fréquentations, de vie, d’occupations et de préoccupations… J’avais rencontré un tas de personnes. J’en ai aussi oublié beaucoup. Mais ne l’ai pas oublié, lui et ses mots… Aussi brève et fortuite que fût notre rencontre, elle ne cessait de me hanter depuis tout ce temps.
Deux années avaient passé lorsque je le revis pour la dernière fois.

Je le trouvais là, un soir à bout de force au détour d’une rue. La rue de notre première rencontre. Le chat n’était plus qu’une ombre de lui-même jadis. Le corps fatigué, amaigri et usé. Lorsque nos regards croisèrent, je compris qu’il n’en avait plus pour longtemps. Je présentais que notre rencontre n’était pas le fruit du hasard, aussi je l’invitais aussitôt à me suivre jusque chez moi. Il me suivit silencieusement. Une fois arrivé, il refusa d’un geste nourriture et boisson. Il se dirigea jusqu’au salon et se posta sur le rebord de la fenêtre. Tout en regardant la rue en contrebas, il attendit que je m’assis près de lui pour commencer à parler :

Tu observes mon allure émaciée, je maigris en effet un peu plus chaque jours. Ce monde n’est pas fait pour moi, tu le sais autant que moi. Mais si ce monde devait finir par me faire mourir, cela serait autrement, plus insidieusement. Dans le cas présent, si je suis ainsi, c’est justement pour ne pas mourir ici. Maintenant suis-moi.

Nous traversâmes la ville au crépuscule pour parvenir au quartier des docks. Ce fut ensuite un enchainement de ruelles, de contres-allées et de passages étroits, pour finir sur une échelle rouillée débouchant sur le toit d’un entrepôt qui surplombait les quais. En face de nous, plusieurs mètres en contrebas, se dressait la silhouette sombre d’un navire amarré. Sans le quitter des yeux le chat reprit :

Ce bateau lèvera l’ancre cette nuit. Il part vers l’endroit exact où je désire aller depuis toutes ces années. Comme partout ici, on ne peut embarquer sans autorisations. Comme partout ici, impossible de s’en approcher, les chiens montent la garde en bas. Il n’y que d’ici que je puis l’atteindre : prendre mon élan, sauter de ce toit et atterrir sur le pont. Il n’y qu’un seul moment pour tenter cela : le moment les chiens du quai ne pourront monter. C’est le moment du départ, où relevant ses passerelles, le navire se détachera du quai pour s’éloigner. Ce moment, c’est ce soir.

La distance nous séparant du navire me semblait impossible à atteindre. Quittant les yeux du navire pour se tourner vers moi, le chat continuait :

Voilà des années que toutes les nuits, je m’entraîne à sauter les toits de cette ville. Toutes ces nuits à tenter de toute mes forces à me rendre autant puissant que léger. Voilà pourquoi tu me vois ainsi. Voilà ce que j’ai enduré toutes ces années, isolé, affamé, épuisé, un seul but enflammant mon esprit. Voilà pourquoi je supportais cette ville maudite où les chiens règnent en maîtres.
Mais ce soir tout ceci sera terminé, quoiqu’il puisse arriver. Que mon saut se termine sur le pont du bateau ou dans les flots, mon corps voguera loin d’ici. Que mon saut brise mon corps usé, ou qu’il me laisse sauf, je serai de toute façon loin d’ici. Ainsi, ce soir j’aurai gagné: j’aurai tout donné pour cet ultime saut dans l’inconnu, vers ce que je désire, vers ce qui est une possibilité d’accomplissement. Ce soir je quitte ce monde à jamais. Seule la forme que prendra ma victoire reste à déterminer. Mais je m’en soucie assez peu à vrai dire.
Maintenant tu peux t’en aller, car ce que je vais faire ne regarde que moi et ne nécessite pas de témoin. Mon départ est fixé et le seul cadeau que tu pourrais me faire serait de garder ce souvenir en toi. Nous le savons, seul le geste est important, l’aboutissement est simple formalité aléatoire ne dépendant point de nous.

Le chat me tourna le dos, et termina :
Adieu donc, et ce pour la dernière fois … et crois, comme moi, que les choses peuvent vivre plusieurs fois. »

Ces livres qui nous changent

Nous avons tous des livres fétiches, des livres que vous rachèteriez si vous deviez les égarer. Des livres où vous n’êtes plus le même après leur lecture. Des livres où vous identifiez clairement un avant et un après. Une lecture peut tout aussi bien être une révélation, un déclic qui va transformer votre vie.

Je ne vais pas pouvoir énumérer tout ces livres ( L’intelligence émotionelle de Daniel Goleman en fait bien sûr partie), mais je vais juste aborder deux livres que je n’ai pas encore fini de lire, mais qui ont déjà des places de choix dans ma bibliothèque personnelle. Le premier, entamé à peine hier, est Voyage au-delà de mon cerveau du docteur Jill Bolte Taylor.

voyage au delà de mon cerveauL’expérience de Jill Bolte Taylor est fascinante, en tant que spécialiste du cerveau, elle a vécu un AVC, et cette expérience-là l’a plus enrichie que ses études. C’est une vraie leçon de vie. De Vie, avec un v majuscule.

Dans un registre plus social, l’ouvrage de Carol Tavris et Elliot Aronson illumine également. Initialement sorti dans les pays anglo-saxons, sous le titre Mistakes Were Made (but Not by Me): Why We Justify Foolish Beliefs, Bad Decisions and Hurtful Acts – donc : « Des erreurs ont été commises (mais pas moi) : pourquoi justifions-nous des croyances folles, de mauvaises décisions et des gestes blessants » -, il a rencontré un franc succès, tant le message porteur est fort, mais surtout bien vulgarisé : ici point de psychologie sociale ennuyeuse, mais un vrai ouvrage qui se dévore même pour les non-spécialistes.

Why We Justify Foolish Beliefs, Bad Decisions and Hurtful ActsEn avril de cette année, j’ai eu l’agréable surprise de voir qu’il a été édité en français. Le titre devient donc : Les erreurs des autres. L’autojustification, ses ressorts et ses méfaits. Nous y apprenons que l’autojustification est un phénomène naturel chez l’homme : il permet entre autres de minimiser des actes qui pourraient par exemple nous culpabiliser toute une vie. Mais elle a également des effets néfastes, heureusement, on y apprend comment s’en prémunir. Les auteurs en profitent également pour repréciser la notion de dissonnance cognitive, notion galvaudée et reprise par n’importe qui. L’exemple typique d’autojustification est la formule rhétorique utilisée par les hommes politiques pris la main dans le sac : « l’administration a commis des erreurs », sous-entendu « ce n’est pas moi, même si j’y travaille ». Alors qu’il est fondamentalement le chef de cette administration, donc le responsable. C’est à mon avis le point fort du livre, on devrait apprendre à être responsable de ses actes, les assumer. Le regret que j’ai est celui de la traduction, on perd une petite nuance : dans le titre initial, « des erreurs ont été commises », il y a une ambiguïté qui est ensuite tranchée par le « mais pas par moi ». C’est une ambiguïté qui entretient volontairement le flou, du même type que « l’administration a commis des erreurs ». De même l’aspect « croyances folles » est clairement absente, bien que présente dans le livre.

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Le pouvoir des vitamines (liposolubles)

Les vitamines, la supplémentation en vitamines je veux dire, c’est très bien. Je suis de ceux qui pensent que même une alimentation aux petits oignons ne protège hélas pas des carences, même en suivant une diète paléolithique (que je ne suis pas) on est loin de disposer des aliments de cette époque révolue. Donc là, examinons un produit, Juvamine Gold 22 :

(cliquez pour aller sur le site de Juvamine)

Le truc qui me dérange, c’est la présence des vitamines A, E, et D. Elles sont sans utilité, ne seront pas assimilées par l’organisme. Pourquoi ? Parce que ce sont des vitamines liposolubles, autrement dit, elles ont besoin d’être dans un milieu lipidique, avec du gras. Or, ces cachets de vitamines sont dépourvus de toute graisse, rendant ces vitamines inutiles. Bon, ça fait toujours vendre une vitamine de plus.

Je ne saurais trop conseiller de l’huile de foie de morue à la place. On y trouve toutes les vitamines hydrosolubles, les vitamines A, D, E et K. Une cuillère par jour seulement, après on court le risque d’hypervitaminose . Quoique pour la vitamine D, on en est assez loin vus nos habitudes de consommation…et la vitamine D, protège de l’hypervitaminose A apparemment :

Vitamin D is associated with reduced vitamin A toxicity
Interestingly, we observed that vitamin D appears to protectagainst retinol toxicity because the dose was significantlyhigher when vitamin A and vitamin D were combined. Althoughit has not been suggested that vitamin D protects against hypervitaminosisA, an antagonistic relation between retinol and vitamin D hasbeen observed in several experimental systems (2123).

Sinon, il y a des huiles de poisson en gélules qui contiennent de la vitamine D, mais comme je le disais dans mon article, attention aux polluants.

Ou tout simplement : mangez des poissons gras, en faisant attention à la cuisson (pas plus de 150° C). Privilégiez les sardines et maquereaux, les petits poissons concentrent moins les métaux lourds.

Développement personnel et ratatouille

Le « développement personnel » tout le monde en a entendu parler, c’est un fourre-tout où l’on retrouve des choses aussi variées que la PNL, la sophrologie, la psychologie, la sociologie, pour permettre de s’améliorer à titre individuel dans ce monde de brutes.

Pour parler de moi, on peut dire que ça m’a aidé. La sophrologie en premier lieu. En difficulté sur mon travail alors, j’ai consulté une sophrologue (qui se reconnaitra), et là…j’ai commencé à changer. Un peu comme certains insectes qui muent de temps en temps, j’ai fait ma mue. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à prendre conscience de mon corps, de mon alimentation, de mon rythme de vie. Que du positif. La sophrologie a apporté chez moi, une sorte de réveil corporel et spirituel. J’ai l’impression, sans faire dans l’illuminé, de m’être sorti d’une certaine léthargie.

C’est pour ça que j’en suis là, à blogger sur la nutrition. Mais ça n’est que la face émergente de mon état d’esprit. Un bouquin qui m’aura beaucoup appris, sur moi et les autres :

L'intelligence émotionnelle de Daniel GolemanL’intelligence émotionnelle, de Daniel Goleman (cliquer pour acheter sur amazon)

Daniel Goleman insiste beaucoup sur le rôle de l’amygdale dans les comportements. C’est également une mine d’informations qui éclaire d’un oeil nouveau nos propres comportements, celui des autres. Ce live, ainsi que sa suite, me donne une marche à suivre afin de m’améliorer, rester dans un état d’esprit positif, prendre la vie à la légère (mais pas trop).

Bon, le fait est que le développement personnel y est vu comme quelque chose à destination d’anciens hippies voire soixante-huitards, de femmes superstitieuses. Rien de plus faux. C’est d’abord destiné aux gens qui ne se reposent pas sur leurs lauriers et qui veulent aller de l’avant…le travail de toute une vie.

Rien qu’en sophrologie, on apprend à être à l’écoute de son corps, et bien des changements dans votre attitude peuvent surgir. Mais rien de bien compliqué, peut-être même que certain en font comme Monsieur Jourdain faisait de la prose. Il y a des gens qui se négligent eux-même, qui agressent leur corps en permanence (mauvaise alimentation, drogue, peu d’activités, etc.), qui sont à côté de leurs pompes. La sophrologie, peut, par exemple, les aider à se recentrer. Ce n’est pas exactement une psychothérapie, mais un suivi et une pratique régulière induisent déjà des changements chez une personne.

Je réfléchis à la prise en compte de certaines techniques pour aider les gens à mieux revoir leur alimentation…si je devais devenir nutritionniste ou diététicien. A suivre…

Bon, et la ratatouille dans tout ça ? On l’appelle vers chez moi, la samfaïna. C’est un excellent plat, on aurait tort de s’en priver, surtout en été.