Retour sur les erreurs des autres (pas les miennes)

Je continue la lecture de l’excellent bouquin de Carol Tavris et Elliot Aronson, cela me permet de dénicher des phrases symboliquement fortes, comme :

Toute révolution finit par enfiler les habits du tyran qu’elle a déposé

Barbara Tuchman

Carol Tavris Elliot Aronson

Les auteurs démontrent comment les grands assassins finissent par commanditer des meurtres au nom du « bien », ou faire le bonheur des gens malgré eux. Comment ils arrivent à vivre, en toute conscience, entre leurs idées utopiques et la réalité des faits. L’autojustification permet de rémédier à cette dissonance cognitive. La torture et le meurtre commencent par être justifiés…autojustifiés. Parce que soit-disant, la fin justifie les moyens. C’est juste faux, et c’est la grande excuse de tout les criminels. En cela, les communistes, nationaux-socialistes, fascistes, islamistes,  etc. tous porteurs d’un projet collectif « coûte que coûte » sont à mettre dans le même sac. Et se révèlent souvent pires que les prédécesseurs dont ils critiquaient la politique.

Voilà pourquoi je me méfie de tout les hommes politiques au discours violent (rappel : la violence est le dernier refuge de l’incompétence), de leur besoin perpététuel de lutte (à l’instar de certains syndicalistes). Je ne suis pas naïf, mais je crois bien qu’on ne résout pas les problèmes collectifs par la violence. A vrai dire…si tous ces gens-là essayaient de résoudre leurs propres problèmes (charité bien ordonnée commence par soi-même) avant de s’occuper des autres…

Autrement, ce livre nous met face à nous-même : tout le monde se sert de l’autojustification. Il est criant de vérité, j’en ai même eu honte, tellement cela me rappellait certains de mes propres comportements. Imaginez un seul instant que vous piquiez quelques ramettes de papier au bureau. Vous commencez par vous dire « c’est pas grave tout le monde le fait » ou « mon employeur le mérite » « mon employeur ne me paie pas assez, je compense ainsi »…on est déjà dans l’autojustification, pas du niveau des criminels, certes, mais le mécanisme est exactement le même !

De fait, ce livre me permet de me rendre compte de mes (nos) comportements nuisibles, et c’est en pleine conscience que je vais pouvoir cesser de recourir à l’autojustification dans ma vie. Cela commence par assumer ses erreurs et être responsable de ses actes et de…soi.

4 réflexions au sujet de « Retour sur les erreurs des autres (pas les miennes) »

  1. lelsadenoch

    Merci pour cette très jolie réflexion partagée. Même à moi qui ne suis pas pour la violence, cela me fait du bien d’entendre ces mots ! Bon article !

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    1. Sylvain Auteur de l’article

      Merci pour ton (tes) commentaire, ça fait plaisir. Parfois je me demande si ce que j’écris est « banal » ou pas, mais même les choses les plus simples doivent être rappelées !

      Répondre
  2. Renaud

    Je creuse un peu dans ton blog… le bouquin me semble pas mal, tu m’a donné envie de le lire. Cela dit, c’est un sujet qui ne m’est pas étranger, et en fait ce principe d’autojustification me semble encore bien plus profond. Nos idées, nos goûts et nos opinions, que l’on peut toujours justifier et expliquer, sont en fait totalement « spontanées ». Elles émergent de manière totalement irrationnelle d’un vécu, d’une histoire personnelle tant émotionnelle que d’exposition à des idées. Toutes nos explications, nos justifications, ne sont que des habillages a posteriori.

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  3. Ping : Ô miel, doux miel, qu’es-tu devenu ? | Clair et Lipide

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