Mangeurs de livres : à la chasse !

Note : cet article est paru initalement le 23 Novembre 2011 sous le titre Brèves et futures lectures, et édité le 31 Janvier 2016 pour l’ajout de l’ouvrage de Marylène Pathou-Mathis.

Mon planning actuel ne me laisse hélas que peu de temps pour écrire, je profite quand même d’une pause entre midi et deux. Je reste fasciné par les alimentations sauvages, notamment celles qui font un pied de nez aux nutritionnistes occidentaux. Par esprit de contradiction sans doute, et beaucoup de curiosité.

Gontran de Poncins

Kablouna de Gontran de Poncins

Cet ouvrage est celui d’un aristocrate français venu vivre chez les Inuits. Bon, je sais déjà un certain nombre de choses sur eux, notamment que leur diète ancestrale ne comportait pas de glucides, qu’ils ignoraient les caries, le cancer, et toutes les autres maladies de civilisation. Que leur énergie provient en grande partie des acides gras…animaux. Saturés et polyinsaturés (dont un excellent apport en oméga-3). Bon, visiblement, ce temps appartient au passé, mais il faut absolument garder en mémoire que leur alimentation a été autre chose que l’adoption de l’alimentation occidentale à base de sucre raffiné. Bon, ce livre ne doit pas uniquement parler de nutrition non plus, donc je garde l’esprit ouvert sur tout les aspects de ce récit.

Ortega y Gasset

Méditations sur la chasse : José Ortega y Gasset

Bon là clairement, c’est un ouvrage très controversé (un peu comme Good Calories, Good Calories de Gary Taubes). L’auteur est clairement de droite, conservatrice qui plus est. En lisant ce livre, je dois donc m’attendre clairement à signer un pacte avec le diable ! Je dois avouer qu’étant bien urbain depuis toujours, j’ai gardé un a priori négatif sur la chasse. Probablement incompréhension, coupure avec le milieu rural, envie d’une société plus « hygiéniste », que sais-je…et puis pas envie de faire du mal aux animaux.

Cela le fait brièvement penser à l’ouvrage de Lierre Keith (The Vegetarian Myth), d’où j’ai tiré ce tableau sur les différences entre homme, chien et mouton, au niveau du système digestif :

hommouton-newBon, cela ne clôt pas le débat, mais c’est assez imparable ! J’arrête là, on va croire que je suis un homme cruel qui va à la chasse tout les jours et qui crache son venin sur le végétarianisme ! Loin de là, je me méfie juste de tout dogme alimentaire (même concernant les glucides, faudra que je fasse une mise au point). Cela étant, les végétaliens survivent sans souci sans protéines animales, je suppose que cela concernait le fait qu’elles renferment la vitamine B12, et là effectivement, impossible de s’en passer. Mais comme d’habitude, on peut se supplémenter, bien que cela soit curieux d’être obligé de se supplémenter sans quoi on a de biens graves ennuis de santé…

Mangeurs de viande par Marylène Pathou-Mathis

Mangeurs de viande par Marylène Pathou-Mathis

Marylène Pathou-Mathis, directrice de recherche au CNRS et paléontologue, que l’on peut écouter ici par exemple, réunit les faits et preuves de notre consommation de viande, tant d’un point de vue culturel que nutritionnel. Elle s’attarde par exemple sur l’évolution de notre comportement de chasseur, surtout via les armes que nous utilisons. Il semble y avoir un avant et un après l’invention de l’arc.

On pourra poursuivre cette lecture par la lecture du spécialiste Craig Stanford, qui n’hésite pas à se référer à la période où nous n’étions pas encore des hommes dans The Hunting Apes.

hunting apes

Meat Eating and the origins of human behavior

Ce livre a été commenté dans cet article, Omnivorisme Contrarié.

On peut aussi lire Meat Eating and Human Evolution, plus proche de la période couverte par Marylène Pathou-Mathis :

craig-human

Globalement il est difficile que nous n’ayons jamais chassé les animaux. La théorie paléo-véganne a du mal à s’appuyer sur les faits, aussi bien en termes d’impact(s) physiologique(s) qu’écologique(s). Bien ou pas, cela ne nous renseigne pas sur la nécessité actuelle de continuer à manger des animaux. C’est un autre débat sur lequel la science ne peut donner son avis, et qui concerne l’éthique.

Une réflexion au sujet de « Mangeurs de livres : à la chasse ! »

  1. Ping : The Fat Of The Land par Vilhjalmur Stefansson – ebook (epub, azw3, mobi) | Clair et Lipide

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