Archives mensuelles : mars 2011

Paléopportunisme

La paléodiète est à la mode aux USA, en France ça va peut-être venir.

Loren Cordain a en quelque sorte lancé le mouvement, suivi de près par Art de Vany, et Aajonus Vonderplanitz dans une veine paléo-crue qu’il a nommé lui-même primale, et depuis quelques années, le mouvement s’est beaucoup développé en partie grâce au net et à l’accélération de la diffusion de l’information : Mark Sisson, ou encore Robb Wolf ont écrit des ouvrages très intéressants concernant cette alimentation, et mettent à jour régulièrement leur site internet. Le mouvement primal s’inscrit dans la veine paléo mais n’en est pas strictement identique, les primal acceptant les produits laitiers (crus !) par exemple, et même une occasionnelle supplémentation.

Uniquement présents sur la paléosphère Kurt G. Harris tient l’excellent PaNu Blog, tandis que Stephan Guyenet s’inspire davantage de l’approche ethnologique chère à Weston A. Price. Paul Jaminet et sa femme eux, tentent de synthétiser un peu toutes ces différentes approches, quitte à autoriser d’autres aliments du néolithique.

En France, Seignalet était assez proche de cette tendance, bien qu’acceptant certains aliments du néolithique comme le riz et les pommes de terre. Gilles Delluc, dans une approche plus universitaire a fourni un excellent ouvrage. Thierry Souccar fit de même dans un ouvrage un peu déséquilibré, avec une partie trop importante consacrée à la vitamine C. Dukan parle de régime ancestral, mais j’ai peine à y voir une paléonutrition.

Et là y a quelques jours, je lis mon journal quotidien :

je mange bien

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 Ah mais oui, je suis d’accord, pour maigrir il faut manger comme nos ancêtres, c’est pas moi qui irait le contredire. Mais si on regarde dans le détail, le bon côtoie le moins bon. Premier paragraphe, rien à redire. Par contre…

« Il est frappant de constater que les hommes préhistoriques consommaient plus de vitamines et de minéraux. Pour la vitamine C le rapport est même de 90 aujourd’hui à 600 autrefois » estime le nutritionniste.

C’est franchement discutable. Je viens de finir la lecture enrichissante de Why We Get Fat par Gary Taubes, voyons ce que nous dit le bonhomme à ce sujet :

La vitamine C est la seule vitamine qui soit peu abondante dans le monde animal. Mais il semble que, certainement comme pour les vitamines B, plus on consomme de glucides, plus on a besoin de ces vitamines. On utilise les vitamines B pour métaboliser le glucose dans les cellules. Donc, plus on consomme de glucides, plus on brûle du glucose, plus on a besoin de vitamine B dans l’alimentation.

La vitamine C utilise le même mécanisme pour pénétrer dans les cellules (qui en ont besoin) que le glucose, donc plus haut sera le niveau de sucre sanguin, plus le glucose entrera dans les cellules, et donc moins de vitamine C peut passer. L’insuline inhibe aussi ce que l’on appelle l’absorption par les reins, ce qui veut dire que quand on mange des glucides, on excrète la vitamine C par l’urine plutôt que de la retenir dans le corps comme on devrait et l’utiliser en conséquence. Sans glucides dans l’alimentation, tout indique qu’on se procure la vitamine C nécessaire dans les produits animaux.

Cela a du sens vu sous une perspective évolutionniste aussi, des populations humaines qui ont vécu assez loin de l’Equateur pour voir de longs hivers, seraient morts en quelques mois ou années, pendant l’âge glaciaire par exemple, sans manger quelque chose qu’ils puissent chasser. L’idée qu’ils ont besoin de jus d’orange ou de légumes frais pour avoir leur apport journalier de vitamine C semble absurde. Cela expliquerait aussi pourquoi les chasseurs-cueilleurs qui ne mangent presque pas de glucides, et certainement pas de légumes verts ou de fruits ont continué à vivre.

Pour ce genre de peuples, on pense évidemment aux Inuits, mais également à la fraction traditionnelle des Masai qui continuent de préférer la viande et le lait de brebis (cru !) aux végétaux. Alors ça me fait de la peine, mais peut-être que Linus Pauling, grand scientifique du siècle dernier et grand défenseur de la cause « Vitamine C » n’avait peut-être pas si raison que ça. Dans le même ordre d’idée, peut-être que les marins qui se contentaient des produits de la pêche n’attrapaient pas autant le scorbut que ceux qui mangeaient les stocks de produits farineux (pain ?) engrangés dans les cales. Je me souviens que ce point était abordé dans Sugar Blues de Dufty.

Quoiqu’il en soit, je trouve dommage qu’un nutritionniste français défende cette cause perdue. Surtout s’il se réclame de la nutrition paléolithique, de ce point de vue les spécialistes anglo-saxons ont la fibre un peu plus scientifique.

Ensuite, relevons :

Pour cela il faut consommer beaucoup de fruits et de légumes, avoir toujours chez soi une grande corbeille de fruits par exemple pour ne jamais avoir faim », poursuit-il en vantant les mérites du gibier maigre, de la viande blanche et du poisson et en écartant des placards les produits sucrés, les corps gras. Car la quête du chasseur-cueilleur est déterminante à l’heure des commissions.

Carton rouge !

Je réinvoque à nouveau Gary Taubes sur Why We Get Fat. En fait la quasi-totalité des chercheurs en paléonutrition sont d’accord avec ça, il faut se mettre à la page monsieur Laurent Chevallier !

[contexte : ce qui suit est basé sur une étude de 2000 de Loren Cordain sur des peuples de chasseurs cueilleurs de notre époque, les plus proches de ceux d’antan]

La seconde leçon est à propos du contenu « graisses et protéines » de ces alimentations. Depuis ces cinquantes dernières années, on nous dit de suivre des alimentations pauvres en graisses, comme la pyramide des besoins alimentaires (USDA Food Guide Pyramid Counsels), et nous avons eu plus d’une occasion de faire ainsi. En moyenne, nous avons 15 % des calories provenant des protéines, 33% des graisses, et le reste, soit plus de la moitié, des glucides. Mais ces chasseurs-cueilleurs mangeaient assez différemment de nos ancêtres du paléolithique. Leur alimentation était riche voire très riche en protéines, comparé à aujourd’hui (de 19 à 35% des calories), et riche voire très riche en graisses (de 28 à 58 % des calories). Et quelques-unes de ces populations consommaient jusqu’à 80% de leurs calories en graisses, comme les Inuits, par exemple, avant qu’ils ne fassent du commerce avec les européens et ajoutent du sucre et de la farine dans leur alimentation.

Les chasseurs cueilleurs, comme ces chercheurs expliquaient, préféraient manger les animaux les plus gras qu’ils pouvaient chasser, et même les parties les plus grasses des animaux, dont les abats, la langue, la moëlle osseuse et mangeraient toute la graisse de l’animal. En d’autres mots ils préféraient la viande grasse et les abats à l’espèce de viande maigre qu’on achète au supermarché ou qu’on commande au restaurant.

Le même comportement est typique des carnivores. Les lions, par exemple, mangent les abats bien gras de leurs proies et laissent la viande maigre aux charognards.

Ce point ne fait pas vraiment discussion dans les milieux paléo. De même dans une France rurale pas si éloignée que ça, on mangeait tout de l’animal. Alors oui le gibier a une viande moins grasse, sur les membres par exemple. Mais tout indique que nos ancêtres ne se limitait pas à ces parties minces s’ils le pouvaient. De même, doit-on manger la grasse peau du poulet ? Le seul argument qu’on peut opposer et que les animaux élevés dans de mauvaises conditions à notre époque concentrent les toxines dans le gras. Ainsi il est préférable de soutenir la filière bio, et la viande provenant d’animaux nourris à l’herbe, dans nos verts pâturages, plutôt qu’aux céréales. A défaut de gibier, bien sûr, quoique les chasseurs pourraient s’organiser pour vendre de la viande de sanglier, en surpopulation à l’heure actuelle.

La seconde bêtise de ce passage concerne les fruits. Les légumes, c’est ok, mais les fruits, que dire…? Croire qu’on a les mêmes fruits qu’à l’époque paléolithique c’est se fourrer le doigt dans l’oeil. En quelques siècles, sinon millénaires, l’homme a carrément fait de l’ingénierie fruitière. Nos fruits actuels sont bien loins de ce qu’ils étaient. L’homme les a cultivés pour les rendre plus doux, plus riches en sucre (fructose…). Et surtout les fruits sont de saison, ils n’en mangeaient pas tout le temps ! Les fruits les plus proches des paléo-fruits sont les baies. Mûres, framboises, assez sauvages, et donc moins humanisées. Bon, une consommation modérée de nos fruits actuels (1 à 2 par jour) n’est pas nécessairement nuisible, mais il est intellectuellement malhonnête de les présenter comme les fer de lance de la nutrition ancestrale.

Une dernière pour la route :

-Ne jamais avoir faim. Séquencer les actes de nutrition plusieurs fois dans la journée.

-Réduire les portions. Au besoin en utilisant des assiettes plus petites.

Je serais moins catégorique, mais c’est très discutable. On n’est peut-être pas faits pour manger tout le temps, si on est réellement, et génétiquement à l’identique du chasseur-cueilleur d’antan, au contraire, nous sommes programmés pour connaitre la faim, avant de tomber sur une ou plusieurs proies pour la tribu. Ou trouver quelques arbres riches en noix. Un corps qui a faim, est potentiellement plus efficace pour la chasse qu’un corps repu et prêt à faire la sieste. L’homme est un omnivore, pas vraiment un herbivore, les herbivores mangent tout le temps il est vrai, mais leur corps est prévu pour ! Dans cet ordre d’idée, des gens ont commencé à traduire les principales idées de Martin Berkhan instigateur de l’IF, Intermittent Fasting, soit Jeûne Intermittent, qui est très paléo-compatible, si je puis dire. Quant à réduire les portions, c’est discutable aussi, quand on mange sainement, on mincit, et les portions se réduisent parce qu’on est rassasié plus vite, les hormones faisant mieux leur boulot.

Je n’ai pas lu son bouquin, sans doute doit-il dire des choses intéressantes, déjà je ne vois pas d’apologie des céréales ou des pommes de terre. Y a quand même quelques bons conseils, sauf que visiblement, au contraire des paléodiététiciens américains, ça manque d’explications concernant cette alimentation. Il manque un « pourquoi ». Autrement, ça reste un régime très mainstream, consensuel dans la mouvance « évitez les aliments gras, salés », donc marqué par ce que j’appelle le « dogme nutritionniste méditerranéen », mais au moins il ne fait pas les louanges des céréales complètes. Je ne sais pas non plus ce qu’il pense des huiles végétales. Dommage, ça manque dans notre bonne vieille France, un nutritionniste qui prendrait le relais des américains. Ca n’est pas qu’une manière de s’alimenter, c’est aussi un bon pan de la recherche actuelle, et une réflexion générale sur l’agriculture, l’élevage, sur nos racines, l’exercice physique…c’est un domaine très fécond et pertinent à la fois.

Addiction au sucre : mauvaises alternatives

Discutez avec les gens, vous verrez que beaucoup d’entre eux connaissent l’index glycémique (IG), et commencent à avoir une réaction tout à fait naturelle : il faut limiter le sucre dans l’alimentation.

Bon, pourquoi pas, c’est plutôt sain. Mais bon nombre de gens se dirigent naturellement une solution de substitution qui est pire. C’est le cas du sirop d’agave :

sirop d'agave, une mauvaise alternative au sucreUn exemple de sirop d’agave trouvable dans le commerce. Tout est fait pour rassurer, du logo AB représentant l’agriculture biologique, en passant par la photo de la plante (l’agave), et bien sûr le fameux sésame santé « Indice Glycémique Faible ». Alors c’est bon, je peux me jeter à corps perdu dans la consommation de ce produit ?

Certainement pas. Un peu de biochimie, revenons sur la structure moléculaire du sucre de table, nommé saccharose. C’est tout simplement un di-saccharide, formé par une molécule de fructose, et une molécule de glucose. L’IG du sucre de table sera tout simplement assuré grâce au glucose qui forme donc la moitié du sucre. En effet, le glucose passe directement dans le sang, fait monter l’insuline qui se charge de traiter au mieux cette source d’énergie :  dans les muscles (glycogène), ou tout simplement source d’énergie via le cycle de Krebs. Et s’il y a surplus calorique, le restant sera métabolisé en triglycérides à longue chaîne principalement (via acide palmitique). En très gros. Le métabolisme du glucose est complexe. Celui du fructose en revanche, l’est beaucoup moins. En fait il passe directement dans le foie pour être métabolisé en triglycérides. En fait, via des phénomènes complexes, parfois mal expliqués, le fructose est le seul sucre que l’on tient pour grandement impliqué dans la résistance à l’insuline (ou en français)

Le fructose, c’est donc le mal pourrait-on dire, du moins dans des proportions problématiques, que les américains atteignent allègrement avec du HFCS – High Fructose Corn Syrup – sur leurs aliments préparés . Et devinez de quoi est fait le sirop d’agave ? Je vous le donne en mille, quasi-exclusivement de fructose.

A retenir : on ne se gave pas d’agave ! A noter que les jus de fruits ont des effets identiques, sauf qu’on y fait pas gaffe…forcément, on en a encore en tête les fruits, et comme les fruits sont forcément bons pour la santé…

Un nouveau produit à base de stévia a fait son apparition y a quelques temps :

gluco-régul stéviaDiantre, encore un produit miracle ? Du point de vue biochimique, pourquoi pas, il n’y a pas de fructose. Par contre, attention à la « manipulation ». Ce produit n’est fait qu’à 4% de stévia. Le reste, c’est de la maltodextrine. Ou tout simplement constituée de polysaccharides, qui une fois proprement découpés par des enzymes dans les intestins, passent à l’état de glucose dans le sang, et assez rapidement. Donc ça fait monter l’insuline et tout le tralala. Mais alors, pourquoi vendre ce produit comme un produit santé ? Les diabétiques en premier lieu, et les résistants à l’insuline pas loin doivent éviter ce produit. Et surtout pourquoi considérer ce produit comme l’ami des diabétiques, alors que ce n’est clairement pas le cas ?

A retenir : si vous voulez de la stévia, prenez de la poudre de stévia pure ! Après, le goût est spécial (on est pas loin de la réglisse), on y accroche ou pas. A titre personnel, j’en utilise par exemple lorsque ma compagne prépare de délicieuses crêpes auxquelles je ne peux hélas résister (et je tords le coup à mes principes anti-farineux)

La 3ème alternative est le nutrasweet, autrement plus connu sous le nom d’aspartam. Sans trop rentrer dans la polémique, et la bataille d’études qui concluent à sa nocivité ou pas,  je ferais marcher mon cerveau : en avons-nous besoin ? Ce…machin (je ne peux pas dire aliment) était inconnu de nos ancêtres. Par principe de précaution, je me méfie d’une substance pour laquelle nous n’avons pas été programmés à métaboliser. Faites ce qui vous plait avec votre corps, mais ne vous plaignez pas ensuite. Il est vrai que le nombre d’études (probablement de court terme !) qui conclue à sa non nocivité n’aide pas à la décision.

Finalement, en restant vigilant sur les quantités, le miel est peut-être la meilleure des solutions, surtout le miel qui se fige vite, qui à ce que j’ai compris est moins riche en fructose. Le taux de sucre n’excède pas les 80%, c’est un aliment naturel lui, et surtout, pas encore raffiné, je vous renvoie à la page wikipedia. Déjà bien plus nutritif que le simple sucre et ses différents avatars !

Et si malgré des quantités limitées, vous avez tendance à en vouloir plus, hé bien, lisez le livre de Julia Ross, Libérez-vous des fringales : on ne guérit pas d’une addiction en fournissant à son corps la substance qui le tue à petit feu, mais en rétablissant la chimie du corps et du cerveau. Parce qu’après-tout le but c’est bien de se débarasser des envie de gluco-drogues, pas de trouver un compromis fatal pire que la drogue de base. De toute façon au final, on retiendra que la modération et la qualité naturelle de l’aliment évite bien des périls.

PS : je ne sais pas si le miel est plus naturel que le sirop d’agave, le premier est « fait-pattes » par les abeilles, tandis que le second nécessite une extraction humaine un poil plus technologique (filtrage et chauffage requis). De toute façon l’un comme l’autre ne peuvent et ne doivent pas constituer des aliments de base. D’où l’importance, toujours, de la modération.

Manga pour adultes

Voilà un titre bien racoleur, susceptible de me rapporter de la fréquentation, haha. Un article sur le régime Dukan , tellement à la mode, devrait aussi avoir le même effet. A tester un jour.

Légèrement trompeur, mais pas tant que ça.

Les manga, sont plutôt destinés à un public constitués d’enfants, ou d’adolescents. Les manga dits seinen s’adressent eux à un public de jeunes adultes. Mais peu d’auteurs ont une oeuvre résolument adulte. Et je ne parle évidemment pas d’oeuvres sexuelles au goût douteux ! Ce sont des oeuvres que je conseille à tout le monde, avec des thèmes universels, en fait l’origine de l’auteur ou le pays où se passent les événements ont peu d’importance.

Jirô Taniguchi est de ceux-là. Malheureusement, pas prophète en son pays, il semble avoir trouvé en France son public, plutôt fidèle. Il faut dire qu’il respecte peu les codes du manga, à savoir le trait léger et dynamique, malgré l’usage du noir, blanc et nuances de gris. En fait, on peut dire que c’est un auteur qui fait le lien entre les manga et la bédé franco-belge. D’autres iraient jusqu’à dire que son oeuvre n’a rien de manga dans l’esprit, si ce n’est l’origine de l’auteur. Et ils n’ont pas forcément tort.

C’est un auteur assez prolifique, et dont les ouvrages sont coûteux, rédhibitoire pour les jeunes désargentés. Voilà un bon moyen de sélectionner son public…enfin peu importe. J’ai commencé par lire l’anecdotique mais rafraichissant « Le Gourmet Solitaire ». Pas mal du tout, peut-être en deçà de ses deux chefs d’oeuvres.

Quartier Lointain : sortis en deux tomes chez Casterman, cette bédé (je n’ose plus vraiment dire manga) aborde des sujets divers comme la nostalgie, les remords des temps passés, les premières amourettes, la relation avec le père (récurrent chez Taniguchi). Le scénario est en fait assez captivant, parfois sur un ton léger ou humoristique, pas loin du fantastique ou même de la science-fiction.

jirô taniguchi

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« Et si un jour vous vous réveillez dans votre peau d’adolescent, à cette époque là, mais avec vos souvenirs d’adulte, vos capacités d’adulte, et en mémoire tout ce qui s’est passé après cette époque…changeriez-vous votre propre passé ? ». A partir de ces bases-là, le récit débute, et ne vous lâche pas jusqu’au dénouement. Sur un thème avoisinant, je ne connais que le film Un Jour sans Fin, avec Bill Murray, mais le propos de la bédé va bien plus loin.

Plus récemment, Le Sommet des Dieux, sortis en 4 volumes, en cours de réédition sous un format plus luxueux, va plus loin. Moins facile d’accès, plus métaphorique, contemplatif, c’est une oeuvre à plusieurs niveaux de lecture. Il y a les faits bruts, et l’interprétation personnelle. Comment cette oeuvre peut nous parler. Il n’est évidemment pas question que d’alpinisme. A mon sens les thèmes principaux sont le dépassement de soi, la transcendance, la passion, la ténacité, et plus généralement, le sens de la vie, ou celui que chacun choisit de donner à la sienne.

Les 3 premiers volumes de la réédition sont disponibles (le 4ème ne devrait pas tarder à paraitre) :

Jirô Taniguchi

Le premier volume de la réédition du Sommet des Dieux

Les représentations de la montagne, enfin, des montagnes sont absolument magnifiques. Ce voyage spirituel nous emmène dans les montagnes japonaises, françaises (Les Grandes Jorasses), ou même celles de l’Himalaya. On ne ressort pas indemne de cette lecture que je recommande chaudement. A défaut de l’acheter, il doit-être possible de la lire grâce aux médiathèques. Ne loupez pas cette lecture, on en ressort grandi. Et si spirituellement elle vous marque, vous en ressortirez Gandhi.

Reprendrez-vous un peu de Soleil Vert ?

/! Attention : cet article dévoile des éléments de l’intrigue du film Soleil Vert, si vous ne l’avez pas vu, alors faites-le avant de lire /!

Soleil Vert est un classique de la science-fiction, je parle évidemment du film des années 70 avec Charlton Heston en acteur principal. Si vous ne l’avez pas vu, vous pouvez rattraper votre erreur très prochainement, car sa sortie en blu-ray est programmée à la fin du mois en cours ! Une autre revue du film ici.

soleil vert en blu-rayA priori le blu-ray serait dézonné, donc pourrait marcher normalement sur vos platines ou consoles Playstation 3. Au pire il faudra attendre un peu, ou se contenter de l’actuelle version DVD. Je rappelle que le blu-ray n’est réellement utile qu’avec une télé LCD ou plasma qui va bien !

Pour parler du film en lui-même, et n’ayant pas lu le livre dont il est tiré, il reste tout à fait actuel, hormis quelques scènes qui trahissent le « bon goût » seventies, notamment l’intérieur de l’appartement où le personne joué par Charlton Heston va voler la confiture. La surpopulation (urbaine en tout cas), le manque de logements, le « problème » des personnes âgées, le réchauffement climatique, l’euthanasie, la publicité mensongère, la manipulation des masses, et l’accès à la nourriture. Rien que ça !

Je m’étais promis de ne pas parler d’alimentation sur un article consacré au cinéma, mais ainsi va la vie ! Le Soleil Vert est en fait issu d’une curieuse traduction, Soylent Green en anglais, Soylent étant la contraction de deux mots : Soya (soja) et Lentil (lentilles). Probablement qu’il y a eu un changement d’histoire entre le bouquin et le film. Et donc voilà que Soylent est transformé en Soleil. Bon, cela n’affecte pas grandement le sens du film, heureusement.

Le Soleil Vert est devenu la principale alimentation. Des infâmes morceaux de « nourriture » verte, dont on ne connait pas la composition. Tellement que les vieillards regrettent l’ancien temps, celui où ils avaient accès à la vraie nourriture.

Une autre scène, émouvante, celle de la confiture, qui arracherait des larmes à n’importe qui :

soleil vert confiturePlus tard à l’usine de Soleil Vert,  un Charlton Heston en bien mauvaise posture :

usineLes thèmes de ce film sont assez répandues, et des références vont se nicher un peu partout, comme ici, Les Simpsons, se sont fendus d’un excellent gag en ne cachant pas l’origine humaine du Soleil Vert :

soleil vert simpsons

On a là le comble de l’aliment transformé. Mais n’est-ce pas comparable aux farines animales qui ont fait scandale il y a quelques années ? Est-ce que le recyclage à tout prix n’est déjà pas utilisé par l’industrie agro-alimentaire ? Quand l’anticipation devient réalité…je ne suis pas certain que Richard Fleisher aurait pensé qu’on s’approcherait autant de son film. Surtout que l’on est encore dans les années 70, où l’industrie agro-alimentaire n’avait pas tout à fait pris le dessus sur la vraie nourriture. Il y a d’ailleurs à parier que peu de personnes prennent vraiment conscience de ce message. Combien vont frissonner devant la simple idée de manger du Soleil Vert, et se jettent illico vers une barre de céréales, en ne faisant pas le lien entre ce qu’ils mangent et le film ? Car ce n’est pas évidemment le cannibalisme qui est visé (pas seulement), mais bien l’industrialisation à outrance de la nourriture.

J’ai sans aucun doute une lecture orientée du film, en phase avec les thèmes de mon blog, mais quand même, je ne pense pas être totalement à côté de la plaque. Et vous, allez vous reprendre un peu de Soleil Vert avant de dormir…définitivement ?

Cholestérol : l’état de la recherche

Interview traduite du site Me and my diabete (traduction plus bas)

Avant cette interview, une récente étude vient de sortir : Non les statines ne permettent pas de diminuer les petites et denses particules de LDL ! Leur rôle s’amenuisant de jour, il semble évident que seul un rééquilibrage alimentaire puisse fonctionner dans le bon sens. Comme le dit Michel De Lorgeril, il faudrait peut-être réserver l’usage des statines pour les gens souffrant d’hypercholestérolémie familiale – maligne -, soit au cas par cas, et sous une extrême surveillance, les statines ayant un certain nombres d’effets indésirables.

molécule de cholestérol

Voici donc un bijou de vulgarisation scientifique concernant le cholestérol, et de manière plus large la santé et la nutrition : relativement prudent, sur les graisses saturées notamment, limite à se contredire un peu, même si je ne doute pas qu’il ait lu cette étude*, son rôle n’est pas celui d’alimenter la controverse, mais d’avancer petit à petit vers la vérité scientifique, quitte à ne pas trop se mouiller. On se rend compte tout de même que la réalité est complexe et qu’il est facile de sortir des âneries sur un tel sujet.

On y apprend sans surprises que les petites particules sont plus nocives que les grandes. Que si les grandes particules sont prédominantes, il n’y a pas lieu de s’inquiéter du LDL jusqu’à un taux de 150. Les HDL sont en principe bons (même s’il n’exclue pas une hypothétique existence de moutons noirs). Qu’à l’heure actuelle c’est plutôt la surconsommation de glucides qui est à l’origines de problèmes cardiovasculaires, dont le cholestérol prend partie (mais il est loin d’être seul). Mais ce serait réducteur de limiter l’interview à ça.

/!\ L’interview complète, c’est ici /!\

* édit du 21/05/2014 : Ronald Krauss est bien un des auteurs de l’étude, il la connait donc bien (!). Etude par ailleurs critiquée pour cause de manque d’indépendance (industrie laitière derrière ?)