Addiction au sucre : mauvaises alternatives

Discutez avec les gens, vous verrez que beaucoup d’entre eux connaissent l’index glycémique (IG), et commencent à avoir une réaction tout à fait naturelle : il faut limiter le sucre dans l’alimentation.

Bon, pourquoi pas, c’est plutôt sain. Mais bon nombre de gens se dirigent naturellement une solution de substitution qui est pire. C’est le cas du sirop d’agave :

sirop d'agave, une mauvaise alternative au sucreUn exemple de sirop d’agave trouvable dans le commerce. Tout est fait pour rassurer, du logo AB représentant l’agriculture biologique, en passant par la photo de la plante (l’agave), et bien sûr le fameux sésame santé « Indice Glycémique Faible ». Alors c’est bon, je peux me jeter à corps perdu dans la consommation de ce produit ?

Certainement pas. Un peu de biochimie, revenons sur la structure moléculaire du sucre de table, nommé saccharose. C’est tout simplement un di-saccharide, formé par une molécule de fructose, et une molécule de glucose. L’IG du sucre de table sera tout simplement assuré grâce au glucose qui forme donc la moitié du sucre. En effet, le glucose passe directement dans le sang, fait monter l’insuline qui se charge de traiter au mieux cette source d’énergie :  dans les muscles (glycogène), ou tout simplement source d’énergie via le cycle de Krebs. Et s’il y a surplus calorique, le restant sera métabolisé en triglycérides à longue chaîne principalement (via acide palmitique). En très gros. Le métabolisme du glucose est complexe. Celui du fructose en revanche, l’est beaucoup moins. En fait il passe directement dans le foie pour être métabolisé en triglycérides. En fait, via des phénomènes complexes, parfois mal expliqués, le fructose est le seul sucre que l’on tient pour grandement impliqué dans la résistance à l’insuline (ou en français)

Le fructose, c’est donc le mal pourrait-on dire, du moins dans des proportions problématiques, que les américains atteignent allègrement avec du HFCS – High Fructose Corn Syrup – sur leurs aliments préparés . Et devinez de quoi est fait le sirop d’agave ? Je vous le donne en mille, quasi-exclusivement de fructose.

A retenir : on ne se gave pas d’agave ! A noter que les jus de fruits ont des effets identiques, sauf qu’on y fait pas gaffe…forcément, on en a encore en tête les fruits, et comme les fruits sont forcément bons pour la santé…

Un nouveau produit à base de stévia a fait son apparition y a quelques temps :

gluco-régul stéviaDiantre, encore un produit miracle ? Du point de vue biochimique, pourquoi pas, il n’y a pas de fructose. Par contre, attention à la « manipulation ». Ce produit n’est fait qu’à 4% de stévia. Le reste, c’est de la maltodextrine. Ou tout simplement constituée de polysaccharides, qui une fois proprement découpés par des enzymes dans les intestins, passent à l’état de glucose dans le sang, et assez rapidement. Donc ça fait monter l’insuline et tout le tralala. Mais alors, pourquoi vendre ce produit comme un produit santé ? Les diabétiques en premier lieu, et les résistants à l’insuline pas loin doivent éviter ce produit. Et surtout pourquoi considérer ce produit comme l’ami des diabétiques, alors que ce n’est clairement pas le cas ?

A retenir : si vous voulez de la stévia, prenez de la poudre de stévia pure ! Après, le goût est spécial (on est pas loin de la réglisse), on y accroche ou pas. A titre personnel, j’en utilise par exemple lorsque ma compagne prépare de délicieuses crêpes auxquelles je ne peux hélas résister (et je tords le coup à mes principes anti-farineux)

La 3ème alternative est le nutrasweet, autrement plus connu sous le nom d’aspartam. Sans trop rentrer dans la polémique, et la bataille d’études qui concluent à sa nocivité ou pas,  je ferais marcher mon cerveau : en avons-nous besoin ? Ce…machin (je ne peux pas dire aliment) était inconnu de nos ancêtres. Par principe de précaution, je me méfie d’une substance pour laquelle nous n’avons pas été programmés à métaboliser. Faites ce qui vous plait avec votre corps, mais ne vous plaignez pas ensuite. Il est vrai que le nombre d’études (probablement de court terme !) qui conclue à sa non nocivité n’aide pas à la décision.

Finalement, en restant vigilant sur les quantités, le miel est peut-être la meilleure des solutions, surtout le miel qui se fige vite, qui à ce que j’ai compris est moins riche en fructose. Le taux de sucre n’excède pas les 80%, c’est un aliment naturel lui, et surtout, pas encore raffiné, je vous renvoie à la page wikipedia. Déjà bien plus nutritif que le simple sucre et ses différents avatars !

Et si malgré des quantités limitées, vous avez tendance à en vouloir plus, hé bien, lisez le livre de Julia Ross, Libérez-vous des fringales : on ne guérit pas d’une addiction en fournissant à son corps la substance qui le tue à petit feu, mais en rétablissant la chimie du corps et du cerveau. Parce qu’après-tout le but c’est bien de se débarasser des envie de gluco-drogues, pas de trouver un compromis fatal pire que la drogue de base. De toute façon au final, on retiendra que la modération et la qualité naturelle de l’aliment évite bien des périls.

PS : je ne sais pas si le miel est plus naturel que le sirop d’agave, le premier est « fait-pattes » par les abeilles, tandis que le second nécessite une extraction humaine un poil plus technologique (filtrage et chauffage requis). De toute façon l’un comme l’autre ne peuvent et ne doivent pas constituer des aliments de base. D’où l’importance, toujours, de la modération.

6 réflexions au sujet de « Addiction au sucre : mauvaises alternatives »

  1. Toumar

    Pour la seconde partie, je voudrais étendre la réflexion aux produits qu’on trouve en grande surface: la manipulation est de plus en plus fréquente: quelle ne fut pas ma surprise d’entendre ma mère m’expliquer qu’elle a acheté des yoghouts à la stevia, et donc bons pour la santé (le lien est évident dans sa tête :p ). je regarde la composition du bouzin, et bien sûr, c’est archi sucré…seulement voila, il y a quelques % de stevia, apparemment ça suffit pour qu’il ne soit pas illégal de communiquer seulement là dessus…ça ne rend pas la pratique juste pour autant.

    Et comme toujours avec ces produits supposés miracle, elle m’explique ça en allant au frigo en chopper un second, bah vi c’est à la stevia « donc je peux en manger plus :) ».

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    1. Sylvain Auteur de l’article

      Je suis entièrement d’accord. Le public est mal informé, et on met en avant ce qui est bon, tout en cachant ce qui est potentiellement pire. J’irais jusqu’à dire que c’est criminel.

      C’est peut-être au consommateur à se rééduquer aussi et à préférer des produits frais aux produits transformés. On y vient quand même (succès des AMAP, filière bio qui marche bien, et je crois qu’on a atteint une limite concernant les produits fabriqués, on serait en train d’y revenir, je ne sais plus où j’ai lu ça).

      La sagesse nutritionnelle qui est de se reporter vers des aliments naturels, et disponibles facilement donne une bonne indication sur comment il faudrait manger. Est-ce que sans intervention de l’homme le miel est disponible en quantités énormes ? Je ne pense pas, on en trouve (les ours…), oui, et encore pas sous toutes les latitudes, mais pas autant qu’on a accès au sucre. On peut donc prendre un peu de miel, sans en abuser. Et comme par hasard c’est plus intéressant nutritivement. En ce moment, je mange une à trois cuillérées de pollen par jour. C’est pas mal, franchement.

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      1. Julien

        Oui, enfin … tout cela passe simplement par une réappropriation de ce qu’on mange. Et si les gens comprennent qu’il faut qu’ils cuisinent pour être certains de ce qu’il y a dans leur assiette. Pour revenir à l’article, pour ma part, je ne prends QUE du miel depuis maintenant un an (miel que j’achète chez des producteurs locaux lors de week end à la campagne). Je consomme environ 1 à 2Kg de miel par mois (cela me sert pour absolument tout : tartines, yahourt, etc …). Je ne me porte que mieux😀

      2. Sylvain Auteur de l’article

        1 à 2 kgs par mois ? Ca fait pas mal, je sais que ça ferait trop pour moi, mais comme je dis, la sensibilité aux glucides est individuelle.

  2. Julien

    Ouaip mais à coté, je fais une heure de sport par jour … donc, quand on mange quasiment pas de sucre (pas de pates ni de riz), finalement, le miel se consomme assez rapidement …

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    1. Sylvain Auteur de l’article

      C’est vrai qu’avec le sport on peut davantage se permettre. Toutefois, pense quand même au circuit métabolique du fructose. Peut-être (je dis bien…peut-être) que tu surcharges le foie. Ou pas. Le glucose du riz, des pâtes,…cause moins de soucis.

      edit : à la réflexion, le foie est un organe assez « souple », j’imagine qu’avec le sport il doit se remettre de ses émotions. Ce qui n’est probablement pas le cas chez les sédentaires (ou les sportifs du dimanche)

      Répondre

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