Archives mensuelles : avril 2011

Le Rapport Campbell, un ouvrage controversé (III)

Suite de ces deux articles :

Denise Minger a créé une section spéciale China Study sur son blog.

J’ai choisi de traduire sa critique formelle, et débarrassée d’effets de style, sarcastiques ou humoristiques. J’ai donc travaillé sur la version pdf.

J’ai délibérément choisi de ne pas retravailler ses graphiques, ni d’ajouter ou traduire ses notes de bas de page – 129 quand même -, ceux qui veulent approfondir téléchargeront le document original.

La traduction a été autorisée par Denise Minger elle-même, je ne peux pas prendre le risque de traduire un texte et de me voir menacé de le retirer !

Voici donc les résultats de 5 semaines de travail (entre midi et deux notamment, quelques fois en soirée) !

*nouveau* : Critique du Rapport Campbell par Denise Minger (intégrale…en pdf)

Critique du Rapport Campbell par Denise Minger (version intégrale)

Enjoy !

Le Rapport Campbell, un ouvrage controversé (II)

Suite de cet article.

Denise Minger est une jeune et charmante bloggueuse de 23 ans, jugez donc :

rapport campbell

Denise Minger en personne

Elle tient le blog Raw Food SOS. Il semblerait qu’elle fut autrefois végétalienne (ou même…végan), très jeune. Récemment elle a viré de bord, et suit une alimentation omnivore crue (crudivorisme qui reste un héritage de sa période véganne). Sa bio est disponible dans sa section About. Elle s’inscrit tout à fait dans une démarche proche des recommandations nutritionnelles de la Weston A. Price Foundation, avec toujours ce côté crudivore mis en avant.

Inconsciemment, ou non, j’ai constaté que de nombreux ex-végans ou ex-végétariens changeaient d’alimentation depuis que la paléosphère ou WAPFsphère ont le vent en poupe : amplification d’internet ou pas, je n’en sais rien, mais il semble que pour rien au monde ces gens ne reviendront vers leur ancienne alimentation : c’est le cas de Daniel Vitalis qui explique sa transformation ici. Ou encore ce blog probablement collectif Let Them Eat Meat, tenu par des personnes qui tiennent à montrer en quoi les végans – plus que les (lacto)végétariens en fait – sont dans le faux, avec des arguments nutritionnels, moraux ou écologiques, dans la veine de Lierre Keith, auteur de The Vegetarian Myth qui fit tant couler d’encre. Le site BeyondVegetarianism (qui date de 1997 tout de même) se situe dans une veine moins controversée. Le fait est que le pas à franchir n’est pas énorme : de nombreux végétariens ont une alimentation saine et naturelle. De fait, il leur suffit d’accepter que l’on puisse manger de la viande d’animaux ayant vécu « humainement », et nourris de manière naturelle (herbe pour les vaches, surtout pas les grains !), sur des pâturages par exemple. L’éthique se transforme, mais ne disparait pas. Il est probable que de nombreux végans tiennent la Weston A. Price Foundation comme leurs pires ennemis. Pourtant, si l’on regarde bien, la différence est ténue, et ne tient qu’aux produits animaux. Les discours sur les aliments transformés, l’usage des pesticides, des OGM, sont communs, par exemple.

Et puis il y en a tant d’autres…cela m’a surpris au début. En y réfléchissant, cela me parait normal. C’est l’ère d’internet, où l’information (bonne comme mauvaise) n’a jamais aussi vite circulé.

Revenons à Denise. Un peu avant l’été 2010, elle se fend d’une série d’articles qui critiquent de manière très pertinente le Rapport Campbell. En clair, son site, peu en vue, devient vite l’attraction du moment.

Qu’a-t-elle fait pour ça ? En fait, elle a mis les mains dans le cambouis. Jeune diplômée, elle a donc en tête tout ce que sa formation a pu lui apporter. De plus, elle a certainement un côté, geek ou nerd, typique des passionnés (je ne fais pas exception à la règle, soit-dit en passant) qui vont au fond des choses. Là, elle a juste voulu en savoir plus sur cette Etude de Chine. Elle s’est donc plongée dans l’exploration des données statistiques brutes, se définissant comme une « data junkie » (junkie des données) selon ses propres termes.

Hé bien…c’est soufflant. Les commentaires de ses articles de juin 2010 stagnent (18, 8, 8 et 19) jusqu’à la parution des données erronées des Tuoli : 45  commentaires (Mysterious Drink Milkers).

Elle réunit tout ça en un premier long article, publié le 7 Juillet 2010 : 583 commentaires ! Enorme buzz, il semble que Denise convainc. Colin Campbell publie une première réponse à cette critique sur son site, et Denise répond illico le 16 Juillet, dans un article très long à nouveau. Campbell répond à nouveau, et là, elle publie un document (aussi disponible en pdf) exposant de manière plus formelle (exit son côté sarcastique) sa critique du Rapport Campbell.

Evidemment, j’ai lu ses articles, les commentaires, écumé le web vegan, et me fit ma propre idée. En fait, j’ai la sensation que Denise ait visé tellement juste, que ses critiques ont eu un impact assez fort. Pour ma part c’est la critique la plus censée que j’ai lu. Les réponses de Campbell m’ont déçu. Et pire encore, les réponses des bloggueurs anonymes, s’en prenant tantôt à l’âge de Denise, à sa « naïveté », à son manque d’expérience, et même à son statut de femme…charmant. D’autres réponses alambiquées existent aussi (dont une avec appel à l’autorité « je suis épidémiologiste et c’est pas comme ça que l’on procède »…sans expliquer réellement sur le fond), mais je n’y ai franchement pas vu de réelles contre argumentation aussi profonde. J’ai même lu une accusation comme quoi elle serait en fait un collectif (impossible qu’elle fasse ça tout seul, vous comprenez !)…ou carrément qu’elle serait payée par l’industrie de la viande…beaucoup de paranoïa.

Elle maitrise la logique, la science et a un certain bagage statistique, personne n’a su la remettre en cause. Et pour cause…elle est allée manipuler les données brutes. Et les chiffres qu’elle manipule sont justes. On a aussi accusé sa méthode…or c’est celle de Campbell : choix de variables à sa guise, corrélations univariées…elle démontre en quoi le travail de Campbell est soit incohérent, soit incomplet, soit myope, soit issu d’une vision trop étroite.

En fait si elle a tort, il faut réussir à le prouver. Et après avoir lu sa critique, c’est pas gagné tellement elle maitrise son sujet. Son étude n’en est pas une, c’est une critique…critique de l’Etude de Chine (Rapport Campbell, donc). Campbell part d’une hypothèse et se sert des données de la vaste Etude de Chine (pas le bouquin final donc), pour former une conclusion pro-végétalienne. Une théorie comme la sienne peut-être démontée en montrant les incohérences des données entre elles, les facteurs confondants,  les choix spécieux de l’auteur quand aux données sélectionnées, etc.

Il est probable que ce qui a gêné les partisans des thèses campbelliennes est de voir une jeune fille s’attaquer de manière aussi directe (« les mains dans le cambouis statistique » je vous dis !) à leur maître à penser. Et de voir qu’il a probablement tort. La dissonance cognitive  – souvenez-vous…les erreurs des autres – marche à fond. Colin Campbell a passé énormément de temps sur son Rapport, c’est un vénérable scientifique, il a l’âge d’être son grand-père, il a forcément raison, elle doit forcément se tromper quelque part. Bah, pas forcément non. Il a peut-être sous-estimé la force de frappe des gens passionnés par un sujet – ici la nutrition – et voulant faire progresser la vérité et la science. Le site vegan où elle a participé fut une époque, 30 Bananas a Day, a fourni une réponse collective (!). Il y a à boire, et à manger : évidemment on s’autocongratule, j’ai lu ces contre-critiques, et franchement…ils se demandent si elle a lu The China Study, on peut se demander s’ils ont compris le fonds de sa critique (qui n’est pas un étude en soi). Enfin bref, pour se faire son avis, il faut écouter les avis des deux camps oppposés. Denise répond à ses contradicteurs sur le site Give It To Me Raw.

En fait, il s’agit d’une version moderne de David contre Goliath.

david et goliath par rubens

David et Goliath par Rubens

Si je devais faire une conclusion de sa critique c’est : « Le Rapport Campbell ne prouve pas que les aliments de provenance animale causent les maladies. D’autres variables sont plus pertinentes, par exemple la farine de blé, et le succès des régimes végétariens s’expliquent par l’abandon de sucres raffinés, blé, huiles végétales, en témoignent les succès des régimes paléolithiques qui ne réduisent pas les produits animaux, bien au contraire ». Tout à coup, cela me semble plus lumineux que de se focaliser sur les aliments d’origine animale. Il faudra alors tester, comme elle le suggère dans sa conclusion, les alimentations végétaliennes complètes contre les alimentations omnivores sans sucre/blé/huiles végétales, histoire de faire apparaitre les potentiels soucis que peuvent causer une alimentation carnée. C’est…une autre paire de manche que de simples études épidémiologiques…

hypothèse végétarienne (SOTT.net), mauvaise science

Pas vraiment un long article, je complète juste l’article précédent par cet excellent lien trouvé de derrière les fagots

Par contre, j’avoue ne pas connaître qui est ce SOTT…je suis partagé, on dirait un site élitiste. Pas ésotérique, mais un peu…comment dire…prétentieux (« Le monde pour les gens qui pensent »). Pas de quoi crier au complot franc-maçonnique non plus, je perçois aussi quelques proximités avec un certain anarchisme.  Quoiqu’il en soit c’est un article traduit, un peu long, mais très bien documenté. Mais le ton n’est pas courtois : l’article parle de propagande, le premier commentaire aussi. On n’avance pas dans le débat en se traitant de tout les noms d’oiseaux : chacun d’entre eux va rester fermé à ce que dit l’autre, et restera enfermé dans ses propres certitudes.

Ensuite, je viens de trouver cette étude on ne peut plus officielle : Pourquoi la plupart des découvertes issues de la recherche publiée sont fausses. Voilà qui ajoute du grain (!) à moudre pour mon scepticisme habituel : évitons de nous emballer à chaque info publiée par lanutrition.fr. A tout hasard, les employés de bureau qui ont davantage de cancers colorectaux. Peut-être que les résultats sont confondus et que les employés de bureau mangent différemment des autres…il est vrai que la conclusion facile, attendue serait « être assis pendant la journée favorise les cancers colorectaux ». Ce n’est pas nécessairement juste. Il faudrait voir si à régime alimentaire identique, ce type de cancer est favorisé. Et ensuite comprendre si c’est la posture assise qui le favorise. Dans tout les cas il faudrait contrôler les variables.

J’ai bientôt fini la traduction de l’article (avec le post d’hier et celui-là on doit avoir une petite idée quand même), ça sera mis en ligne ce week-end.

Le Rapport Campbell, un ouvrage controversé (I)

Le Rapport Campbell…paru en anglais sous le titre « The China Study » c’est La bible nutritionnelle des végétariens. C’est une vaste étude dont les résultats ont été publiés assez récemment en fait (2005) :

The China Study

Acheter le Rapport Campbell sur Amazon

Je n’ai pas pu me procurer pour le moment l’ouvrage en question, je plaide coupable : j’ai fait de nombreux achats ce mois-ci et on m’a volé la carte bleue. Mais je vais réparer cette erreur ce mois-ci.

Ce faisant, je confesse avoir eu un comportement anti-scientifique : je suis allé directement voir les critiques plutôt que de lire en premier lieu le Rapport Campbell. En fait, en lisant les critiques élogieuses, j’avais l’impression de me trouver devant un travail gigantesque, mais comportant quelques sérieux défauts : les conclusions anti-omnivores ne me semblent pas cadrer clairement avec les quelques connaissances que j’ai en nutrition, et surtout des études (certes observationnelles, empiriques !) de Weston A. Price. Comme dans l’article sur la science, les statistiques et la nutrition, je pressentais quelques défaillances dans la méthode.

Bon, je ne pouvais rien prouver, mais il me semble bien qu’il y ait quelques peuples qui se nourrissent de viande ou de produits laitiers sans souffrir des maladies de civilisation. L’existence de certains peuples met carrément à mal les conclusions Campbelliennes. De même l’explorateur suédois Vilhjalmur Stefansson au siècle dernier a pu constater que la diète des inuits* était loin d’être aussi mauvaise pour la santé, en tout cas bien meilleure que les alimentations dites civilisées.

Les principales critiques émanent évidemment d’outre-atlantique. La toute première est en fait un débat cordial opposant T. Colin Campbell au paléodiéteur Loren Cordain : ce débat est disponible en .pdf ici :

Des critiques ont fusé quelques années plus tard, par exemple sous la plume acérée de Anthony Colpo :

Le blogueur de la fondation Weston A. Price, Chris Masterjohn n’est pas en reste ; ou plus généralement sur le site de la fondation.

Le point de vue de Michael Eades est toujours rafraichissant, même s’il ne fait qu’abonder dans le même sens.

J’aime encore mieux l’approche statistique, avec pleins de schémas et de graphiques de Ned Kock qui tient le blog Health Correlator. En utilisant les données brutes disponibles du Rapport Campbell il aboutit à des conclusions incompatibles avec celles du Rapport Campbell.

En fait, la meilleure critique que j’ai lue, et c’est assez unanime dans la « paléosphère », c’est celle d’une certaine…Denise Minger.

A suivre…

* encore une fois, l’alimentation des anciens inuits n’est pas optimale, ils souffrent de nombreux problèmes (au hasard, les saignements) c’était juste la meilleure adaptation à leur milieu, assez extrême. Notons juste qu’ils ne souffraient pas des maladies chroniques de civilisation, et qu’ils sont (étaient) à bien des égards en meilleure santé que nous.

PS : amis bidochards, amis viandards, si vous vous sentez peu armé nutritionnellement parlant pour « affronter » (pacifiquement !) des végétariens, vous pouvez évidemment piocher sur ces sites, ainsi que l’article de Cordain sur la preuve métabolique de l’adaptation humaine à une augmentation de la consommation de viande. Pour ma part ces débats n’ont que peu d’intérêt, je juge que chacun doit pouvoir manger ce qu’il désire, je suis absolument contre toute forme d’idéologie nutritionnelle, bien que mon coeur penche naturellement vers l’approche de Weston Price et ses descendants du net 2.0. Quelqu’un qui se mêle du contenu de votre assiette doit être remis à sa place. Le débat cordial et policé oui, les arguments « violents » et culpabilisateurs, non. Un peu de tolérance de part et d’autres ne fait pas de mal.

Une médecine à double-tranchant

Pour une fois…ce post concerne une catégorie Santé…autre que Nutrition. C’est un article assez personnel en fait. Ce que j’ai sur le cœur en somme.

J’ai trouvé ceci, qui m’a fait esquisser un sourire.

Une brève histoire de la médecine :

2000 av. J.-C. : – Tiens, mange cette racine.
1000 av. J.-C. : – Cette racine est païenne, prononce cette prière.
1850 apr. J.-C. : – Cette prière est superstition, bois cette potion.
1940 apr. J.-C. : – Cette potion est de l’huile de serpent, avale cette pilule.
1985 apr. J.-C. : – Cette pilule est inefficace, prends cet antibiotique.
2000 apr. J.-C. : – Cet antibiotique est artificiel. Tiens, prends cette racine.
(Auteur inconnu, source)

Si j’étais taquin j’aurais rajouté :

1995 apr. J.-C. :  – cet antibiotique sert à rien et les microbes sont immunisés, prend des statines.

En ce moment je ne porte pas trop la médecine dans mon cœur. Ou tout au moins les évolutions relativement récentes de celle-ci. Cela n’est que mon expérience, ça n’est pas non plus un coup de gueule suite à un drame personnel et les bons médecins existent toujours et font un boulot extraordinaire. Il y a toutefois la face cachée, la médecine médiocre.

Mieux vaut prévenir…

En 20 ans de problèmes de peau, aucun dermatologue (je dis bien AUCUN) n’a su trouver de réponse à mes soucis. Ah, bien sûr, traiter les symptômes, on sait faire, j’ai du toucher à je ne sais combien de produits tous plus ou moins chimiques. La solution était simple : elle émanait de l’alimentation. En tout cas chez moi. Au final, quel sont les moyens d’avoir une peau saine…?

– un savon doux, voire gras (on en revient toujours aux lipides en fait…!). Du Dove (© et ®) pour se laver le visage par exemple, pas parfait mais c’est ce que j’ai trouvé de « moins pire » et de relativement facile à trouver. Vu mon côté sédentaire, avec travail de bureau non salissant, je dois éviter les savons trop agressifs, du genre savon de Marseille.

– un tube de cicalfate d’Avène (™). Ca fait des miracles si si, ça nourrit la peau, et c’est naturel. C’est un produit sain parmi tant d’autres, et j’en abuse pas. Mais de temps en temps, si j’ai la peau un peu sèche ou avec quelques rougeurs…ben ça atténue les effets.

– l’alimentation. Evidemment. En gros, moins d’inflammation artérielle, causée par un ratio oméga3/oméga6 trop faible, trop de sucre sanguin, et probablement un réaction allergique due au gluten, principalement. Que ton aliment soit ton médicament de Hippocrate est donc juste, mais à l’inverse Que ton alimentation ne cause pas ta destruction me semble encore plus juste. Seignalet visait juste quand il parlait de 3ème médecine. En fait je crois plutôt que manger sainement rééquilibre la santé plutôt que ne l’améliore, ça reste juste une vue de l’esprit, et du pinaillage.

Et là ma peau me laisse tranquille alors que c’était un problème récurrent. Ce n’est que quand j’ai réglé ces soucis que j’ai connu le premier dermato à me dire que le problème vient en amont, et que la solution du tout-médicament n’en est pas une. Cela parait évident dit comme ça, et pourtant…!

De même, ma compagne et moi tentons une Fécondation In Vitro (FIV), car il semblerait bien que nous ne puissions avoir de bambins par les voies naturelles. Et là…stupeurs et consternations. Je ne saurais dire à quel point le parcours FIV est une sorte de parcours du combattant. Ma compagne, d’ordinaire assez fragile physiquement a assez mal vécu le processus jusqu’à la ponction d’ovocytes. En effet, on pourrait penser que l’on est suivi. Ca oui, régulièrement, elle allait faire des examens. Avec des médecins absents, qui vous font bien comprendre que derrière y a des gens qui patientent…la FIV, c’est une usine. Tant pis pour les éléments un peu plus fragiles, on fait de la quantité…pas de la qualité.

On pourrait presqu’en rigoler, sauf que la goutte d’eau qui fait déborder le vase a eu lieu…un dimanche vers la fin de l’été. En fait ma compagne a mal réagi à la ponction. Elle avait le ventre gonflé. Premier réflexe, venir à la clinique (dont je ne citerais pas le nom, bien évidemment), et là, le problème a été minimisé. Nous n’avons tout simplement pas été pris en charge. Parce que le médecin de garde n’était pas là. Parce que les infirmières amorphes étaient à l’ouest, difficile de répondre. Il a fallu attendre le lendemain pour qu’elle soit admise dans une chambre sous perfusion.

Elle y est restée une semaine. Le drame pouvait s’arrêter là, mais en fait pas du tout : le suivi alimentaire est égal à zéro. (riz, pain, gâteaux, le bonheur intestinal…) Ma compagne ayant eu par le passé des occlusions intestinales, cela lui a causé maints soucis, heureusement je lui ramenais des fruits et des légumes. Il a fallu qu’elle voit néanmoins un médecin spécialiste pour lui remettre les intestins en marche, ce qui au passage n’a pas facilité son rétablissement.

On n’a probablement pas eu de chance. Des médecins peu doués d’empathie ou de pédagogie ou de psychologie, pressés par le temps, peu à l’écoute du patient, hyper spécialisés et ayant du mal à voir les choses de manière globale…peut-être le quotidien ordinaire, mais quand cela atteint votre propre vie, croyez-moi que cela vous révolte vraiment. Le pire dans tout ça, c’est que lorsqu’on commence à pointer les problèmes que l’on rencontre, certains médecins reportent la faute…sur vous. Bah oui la bonne affaire, ça sent l’autojustification à plein nez, le médecin est forcément qualifié, c’est la faute au malade, il n’a qu’à mieux se conduire ou être plus raisonnable.

Alors les causes ? Je ne sais pas, je fais un timide constat à partir des mes diverses expériences (il n’y a pas non plus eu de réel drame), peut-être que le numérus clausus, la formation des médecins est à mettre en cause. C’est sûr, on a des têtes très bien faites, très pleines, mais j’ai souvent eu l’impression de parler à un mur pétri de certitudes (la formation en nutrition que reçoivent certains…ben c’est pas tout à fait ça…pour être poli). Pas d’autistes non plus, mais bon…le contact et le tact avec le patient, on dirait que ce sont des choses qui se perdent un peu. Souvent je préfère les vieux médecins qui ont su garder un côté humain que n’ont pas les jeunes. Peut-être qu’il faudrait moins axer la sélection en médecine sur les mathématiques, et un peu plus sur les profils psychologiques. Après tout, ces gens vont devenir médecins, pas astro-physiciens.

…que guérir

La médecine reste quand même indispensable : même si l’on adopte un mode de vie sain, on peut tomber malade, ou avoir un accident. Mais on peut, et on doit se passer d’elle dès qu’on peut : aucun médecin ne devrait vous connaitre autant que vous-même, sans vouloir paraphraser Socrate. Aller chez le médecin au moindre rhume, c’est « mal ». C’est dépenser l’argent de tout le monde via la sécurité sociale, pour un motif ridicule. Et sans doute prendre du temps aux patients réellement malades dans la file d’attente. Cette médecine de confort nous coûte cher, à mon avis. Un cancer, une leucémie en revanche…pas moyen de guérir sans médecine suivie.

Je dois avouer aussi que mon rhume ou même mes deux rhumes hivernaux sont devenus du passé. Voici deux ans que je touche du bois. Une vie plus saine vous éloigne durablement de quelques affections chroniques que l’on accepte avec fatalité. Cela ne veut pas dire non plus que ça immunise contre tout. Je développerais ce point ultérieurement.

Toutefois, notre société n’a jamais été autant médicalisée, et malgré l’espérance de vie en hausse, on n’a jamais autant souffert de maladies diverses, surtout celles de civilisation. Est-ce à dire qu’il y a une corrélation ? En fait, ce n’est bien sûr qu’un effet d’optique. La technologie a progressé, et donc la médecine aussi. Mais hélas, cette technologie a aussi été utilisée à mauvais escient, au niveau environnemental : stress, pollution, alimentation (souvenez-vous…les aliments transformés). On manque aussi sans doute de recul sur l’usage répété de certains médicaments, le scandale des statines étant encore relativement enseveli, mais celui du Médiator explose.

Bref…je vais reprendre quelques racines moi, et vous ?

Pensées sur l’hormèse

Si vous voulez briller en société lors de soirées mondaines, pensez à citer l’hormèse au détour d’une conversation.

L’hormèse est un concept, un phénomène assez fascinant, jugez donc.

On le redécouvre à l’heure actuelle dans les milieux scientifiques, à cause de l’actualité nucléaire du Japon. Il semblerait que de petites doses de radioactivité soit bénéfiques pour l’homme, tandis qu’il est inutile de préciser qu’en cas de fortes irradiations, c’est bien évidemment l’inverse.

Hier, je reçois dans mes flux RSS, une bonne nouvelle de lanutrition.fr. On sait depuis un moment qu’un à deux verres de vin rouge, était positif pour la santé, cette étude généralise à l’alcool en général. Et aussi que trop d’alcool est néfaste (pas besoin de sources).

Pour le vin rouge, l’explication n’était pas tant dû à l’alcool, qu’aux effets des polyphénols. Les polyphénols sont des super héros pour la santé ! Sauf que la réalité est plus complexe. Grâce au récent reportage de Marie-Monique Robin sur les pesticides et l’agriculture on sait que c’est le poison qui fait la dose. Soit…et bien, les polyphénols eux aussi n’échappent pas à cette règle hormétique selon Stephan Guyenet de Whole Health Source :

1er article – 2nd article :

Les polyphénols, dont on vante – à juste titre – les effets protecteurs s’avèrent des toxines à trop fortes doses. Rien n’est simple encore une fois ! En économie, on fait la différence entre le court-terme et le long-terme en les opposant. En statistiques c’est un peu le même type qu’entre données conjoncturelles et données structurelles.

Il semblerait donc, et c’est un constat assez partagé dans les milieux paléo américains, qu’en variant l’alimentation, on fasse aussi varier les sortes de poisons et toxines dans l’organisme de sorte qu’on en ait de toutes les sortes à de faibles niveaux et qu’elles soient bénignes…voire bénéfiques s’il y a un phénomène hormétique. Voilà un argument de plus pour une alimentation saine et variée.

Ce faisant je comprends mieux ma relation avec certains aliments.

Il est possible qu’un peu de miel chaque jour, et donc du « méchant fructose » soit positif sur ma santé. Mais le miel est un produit complexe difficile d’attribuer ces effets positifs au fructose. Peut-être même le sucre 100% fructose industriel et ultra raffiné (certifié garanti sans micronutriments) de Vivis (© et ®) à faibles doses peut-être bénéfique. Je ne sais pas si je tenterais le diable…

Quand je mange un peu de pain, un jour, mes symptômes pro-céliaques ne reviennent pas, voire ma digestion se déroule ponctuellement mieux. Si je mange du pain 2 jours de suite, ou que je ne mange que ça un jour, les lendemains sont difficiles. En passant, je n’ai pas la maladie céliaque*, mais après quelques tests  alimentaires personnels il y a quelques mois, je sais que je suis intolérant au gluten. Cela me cause une digestion difficile, entre autres. Mais je ne suis pas céliaque, parce que si je réintroduis un peu de gluten dans mon alimentation, cela passe inaperçu, alors que les vrais céliaques ont de graves problèmes. Là effectivement, c’est le poison qui fait la dose.

Même quelques huiles végétales riches en oméga6 peuvent avoir un effet hormétique, comme l’huile de carthame (cf wholehealthsource sur un récent article), d’ailleurs il semble qu’il faille l’interpréter différemment : l’huile de carthame apporterait des nutriments essentiels qui causerait à court terme une amélioration de la santé. L’excès d’oméga6, dû à cette huile, et notamment l’acide arachidonique, pourtant un acide gras essentiel, cause des effets à long terme, surtout en cas de déséquilibre avec la présence d’oméga3 anti-inflammatoires.

Pour faire le lien avec mon article sur la nutrition et la science, l’effet d’hormèse est un écueil de plus pour tirer des conclusions justes sur les effets d’un aliment ou d’un produit (ou d’un médicament) sur la santé. Cela ne simplifiera pas la science et la recherche scientifique…bien au contraire.

*bon en fait c’est maladie cœliaque, je ne connais pas le raccourci windows pour « œ », j’ai du faire un copier-coller depuis google).

Mise à jour : je me suis demandé après coup les vitamines et minéraux essentiels ont un effet hormétique : a priori oui, ils ont une dose optimale pour l’organisme, et les excès sont mal gérés par le corps, comme les hypervitaminôses. Sauf que c’est moins intéressant de le relever que pour les produits comme l’alcool, où l’on passe très vite d’une dose hormétique à une dose qui empoisonne, la frontière est bien mince, et l’alcool a un effet drogue. Les hypervitaminôses par exemple, il faut le vouloir, soit prendre des suppléments soit ne manger qu’un certain type d’aliments pendant une période…ce qui ne me semble pas « naturel » non plus.

D’autres produits santé-arnaque

J’ai peu le temps de faire de vrais articles de fond (traduction oblige…), par contre, pousser des coups de gueule, c’est possible. A l’instar des produits présentés sur mon article concernant les mauvaises alternatives au sucre de table, je continuerais toujours à vilipender ce genre de produits qui ont tout pour plaire mais qui sont en définitive pires que les produits censés le remplacer.

Mon regard s’est porté dernièrement sur ceci :

Cliquez pour visiter le site de Mélisens

Bon techniquement ce n’était pas la même marque. Mais le produit était quasiment le même. Reprenons les ingrédients :

Ingrédients : Pollen*, sucre de canne*, sirop de blé*, huile essentielle d’orange*.
*Ingrédients issus de l’Agriculture Biologique

Alléchant, non ? La caution bio, y est, la caution santé y est aussi. D’ailleurs, moi aussi, j’ai mangé un peu de pollen en ce début de printemps, je le soupçonne d’être à l’origine d’un regain de forme exceptionnel chez moi. Mais ce pollen était nature. Et certainement pas mélangé avec du sucre ou du sirop de blé…! Sur le produit que j’ai vu en magasin, le produit final était constitué de pollen…à hauteur de 50% à peine. L’autre moitié, si on excepte la petite fraction d’huile essentielle d’orange, est formée de sucre. Ridicule. On peut ensuite se targuer d’utiliser l’adjectif bio, mais l’objectif santé est raté. Pensez donc à vous renseigner sur le pollen que vous achetez, le seul pollen acceptable étant pur, sans sucre ajouté. Vous prenez donc quelques risques par internet, de bons apiculteurs doivent être disponibles pas loin de chez vous.

J’ai encore trouvé pire. L’incarnation du diable cette fois. Pire que le sirop d’agave. Oui, c’est possible.

fructose

Cliquez pour visiter le site de Vivis

Ouah. Ils ont osé. Le sucre 100 % fructose.

Le fructose est un sucre d’origine naturelle que l’on trouve en abondance dans les fruits et le miel. Peu connu du grand public, ce sucre possède pourtant des vertus nutritionnelles et gustatives incomparables.

Vivis vous invite à découvrir tous les secrets du fructose…

Mais oui c’est cela. La nature a bon dos. En plus d’être mensongers, ils sont aussi assassins. Pour un diabétique, il lui faudra éviter probablement glucose ET fructose. Sachant que le second est probablement pire. Et qu’il est métabolisé quasi-exactement comme l’alcool, c’est à dire en passant directement dans le foie pour être convertis en triglycérides. A force de focaliser sur l’indice glycémique…on fait n’importe quoi. Evitez à tout prix…encore une fois, aucun soucis pour ceux qui savent limiter leur consommation. Mais l’argument santé (à côté de la plaque) de ce produit fait sauter les barrières…donc on aurait tendance à en abuser. Méfiance donc sur ce genre de produits, privilégiez le miel si vous devez sucrer un aliment, mais toujours à petites doses.