Le Rapport Campbell, un ouvrage controversé (I)

Le Rapport Campbell…paru en anglais sous le titre « The China Study » c’est La bible nutritionnelle des végétariens. C’est une vaste étude dont les résultats ont été publiés assez récemment en fait (2005) :

The China Study

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Je n’ai pas pu me procurer pour le moment l’ouvrage en question, je plaide coupable : j’ai fait de nombreux achats ce mois-ci et on m’a volé la carte bleue. Mais je vais réparer cette erreur ce mois-ci.

Ce faisant, je confesse avoir eu un comportement anti-scientifique : je suis allé directement voir les critiques plutôt que de lire en premier lieu le Rapport Campbell. En fait, en lisant les critiques élogieuses, j’avais l’impression de me trouver devant un travail gigantesque, mais comportant quelques sérieux défauts : les conclusions anti-omnivores ne me semblent pas cadrer clairement avec les quelques connaissances que j’ai en nutrition, et surtout des études (certes observationnelles, empiriques !) de Weston A. Price. Comme dans l’article sur la science, les statistiques et la nutrition, je pressentais quelques défaillances dans la méthode.

Bon, je ne pouvais rien prouver, mais il me semble bien qu’il y ait quelques peuples qui se nourrissent de viande ou de produits laitiers sans souffrir des maladies de civilisation. L’existence de certains peuples met carrément à mal les conclusions Campbelliennes. De même l’explorateur suédois Vilhjalmur Stefansson au siècle dernier a pu constater que la diète des inuits* était loin d’être aussi mauvaise pour la santé, en tout cas bien meilleure que les alimentations dites civilisées.

Les principales critiques émanent évidemment d’outre-atlantique. La toute première est en fait un débat cordial opposant T. Colin Campbell au paléodiéteur Loren Cordain : ce débat est disponible en .pdf ici :

Des critiques ont fusé quelques années plus tard, par exemple sous la plume acérée de Anthony Colpo :

Le blogueur de la fondation Weston A. Price, Chris Masterjohn n’est pas en reste ; ou plus généralement sur le site de la fondation.

Le point de vue de Michael Eades est toujours rafraichissant, même s’il ne fait qu’abonder dans le même sens.

J’aime encore mieux l’approche statistique, avec pleins de schémas et de graphiques de Ned Kock qui tient le blog Health Correlator. En utilisant les données brutes disponibles du Rapport Campbell il aboutit à des conclusions incompatibles avec celles du Rapport Campbell.

En fait, la meilleure critique que j’ai lue, et c’est assez unanime dans la « paléosphère », c’est celle d’une certaine…Denise Minger.

A suivre…

* encore une fois, l’alimentation des anciens inuits n’est pas optimale, ils souffrent de nombreux problèmes (au hasard, les saignements) c’était juste la meilleure adaptation à leur milieu, assez extrême. Notons juste qu’ils ne souffraient pas des maladies chroniques de civilisation, et qu’ils sont (étaient) à bien des égards en meilleure santé que nous.

PS : amis bidochards, amis viandards, si vous vous sentez peu armé nutritionnellement parlant pour « affronter » (pacifiquement !) des végétariens, vous pouvez évidemment piocher sur ces sites, ainsi que l’article de Cordain sur la preuve métabolique de l’adaptation humaine à une augmentation de la consommation de viande. Pour ma part ces débats n’ont que peu d’intérêt, je juge que chacun doit pouvoir manger ce qu’il désire, je suis absolument contre toute forme d’idéologie nutritionnelle, bien que mon coeur penche naturellement vers l’approche de Weston Price et ses descendants du net 2.0. Quelqu’un qui se mêle du contenu de votre assiette doit être remis à sa place. Le débat cordial et policé oui, les arguments « violents » et culpabilisateurs, non. Un peu de tolérance de part et d’autres ne fait pas de mal.

2 réflexions au sujet de « Le Rapport Campbell, un ouvrage controversé (I) »

  1. Toumar

    Je suis tout-à-fait d’accord avec ta conclusion, débattre ne sert souvent pas à grand chose, sauf lorsque tu le fais avec des personnes ouvertes d’esprit: je mange beaucoup de viande, mais les conversations que j’ai eu dans le passé ont modifié mes habitudes de consommateur, à savoir que j’ai réduit la viande rouge, je fais désormais attention à l’origine des oeufs que je consomme etc.

    Pour le reste, je ne saurais juger quel est le style de vie à préférer…j’ai toujours mangé de la viande mais je le fais de façon plus respectueuse de la condition animale depuis quelques années; ceci dit je ne compte pas me passer du plaisir d’une bonne tranche de jambon de Bayonne avec un melon frais cet été pour autant :p

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    1. Sylvain Auteur de l’article

      Et arrose le avec un bon porto, ou mieux, d’un Floc ou d’un Jurançon !
      Après, honnêtement, je ne sais pas si les études liant viande rouge et cancer sont fiables à 100%. Dans les faits je n’en mange pas souvent, ça sera plus souvent un magret de canard que du boeuf, et franchement pas tout le temps. J’ai plutôt augmenté celle de poisson (la conso), les sardines par exemple.
      Moi, si je réduis la consommation, c’est pour apporter plus de variété, car ne l’oublions pas, si tout est poison, alors autant diversifier les poisons pour réduire les chances de toxicité !

      Répondre

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