Archives mensuelles : juin 2011

Que penser du lait…? (1)

…et des produits laitiers ?

Thierry Souccar se charge de répondre à cette question. En 2007, il sort ce brûlot, Lait, Mensonges et Propagande qui lui valut de la reconnaissance, mais aussi des ennuis de la communauté scientifique française. Le ton se veut ferme et hargneux sans pour être haineux. En effet, Souccar réunit un certain nombre d’études scientifiques qui mettent à mal l’idée du lait comme aliment santé par excellence.

laitsouccarUne prémisse de type paléolithique. Thierry Souccar semble assez en phase avec la paléodiète. Sa prémisse en est donc issue : le lait du sein de la femme est originellement l’aliment des enfants, ni plus, ni moins. Nous ne sommes pas faits pour boire ou manger des produits dont nous n’avons pas été en contacts durant des centaines de milliers d’années, voire des millions. En effet : la consommation régulière de lait de mammifères (vaches, chèvres, brebis…et autres) est récente dans l’histoire de l’humanité. On peut même la dater aux premiers temps du pastoralisme, soit…grosso modo en – 10 000 avant Jésus-Christ. Très grossièrement, peut-être que le pastoralisme précède de peu l’agriculture. Mais bon, en gros, ce sont les deux mamelles du néolithique, dont on convient son départ vers ces années-là (et c’est le paléolithique qui se fait la malle). Thierry Souccar embraie sur le même type d’analogie que l’on fait avec les céréales : on a fait sans pendant des millions d’années, notre corps doit en théorie fonctionner sans, et même fonctionner mieux. C’est la théorie du vieux patrimoine génétique que l’on se refile avec plus ou moins de succès depuis l’avènement de Cro-Magnon.

Partant de ce postulat, ce qui est au fond une intuition, Thierry Souccar va étayer sa thèse avec plusieurs études. Et de l’humour, car il en faut…à ce sujet, Thierry Souccar épingle avec bonheur cette brochure éditée par Lactalis, en 2006, à destination des enfants.

Ce livre est assez fascinant. On y apprend que la consommation de lait à grande échelle ne débute réellement qu’après la seconde guerre mondiale : c’est avec Pierre-Mendès France que les choses sérieuses commencent, et que le sujet devient politique. Vers cette période là on commença à distribuer du lait, gratuitement à chaque enfant, histoire d’inciter à la consommation. En fait, cette même consommation a explosé depuis. Et devinez-quoi ? Les problèmes sanitaires ont explosé depuis. Souccar s’attache ainsi à dénoncer l’excès de lait et produits laitiers, et leur liaison avec un certain nombre de problèmes de santé.

Une histoire de calcium pas toujours bien digérée. Le premier sujet clinquant, c’est forcément le calcium et les os. En fait, pour le dire crûment, Thierry Souccar démonte 2 idées liées :

  • Il faut beaucoup de calcium provenant des laitages pour se constituer une bonne densité osseuse qui ne peut que décroitre
  • C’est la densité osseuse qui prévient l’ostéoporose et les fractures

En clair, l’objectif visé (prévenir l’ostéoporose) est le bon, les moyens pour y parvenir sont inadaptés. Ce que Thierry Souccar nous apprend, c’est que les asiatiques se passent fort bien de lait et produits laitiers et semblent souffrir de manière moindre de l’ostéoporose. En fait, les statistiques montrent même l’inverse : l’ostéoporose et la consommation de produits laitiers sont positivement corrélés, de sorte que peut-être, plus vous consommez du lait, plus le risque de souffrir d’ostéoporose plus tard est élevé !

Pour expliquer ceci, Thierry Souccar en vient à vulgariser les mécanismes qui sous-tendent la formation du tissu osseux, et donc la formation de l’ostéoporose à cause des produits laitiers. En gros, tout se passe comme si l’abus de produits laitiers cause en premier lieu une surcroissance de la densité osseuse via une hormone elle-même surreprésentée dans le lait : l’IGF-1, l’Insulin-like Growth Factor. Si bien qu’au bout de quelques années de consommation effrénée, votre corps perds sa capacité à remodeler le tissu osseux au moment où il en aurait le plus besoin. Difficile d’expliquer le mécanisme mieux que l’auteur, sans le paraphraser, mais voici les quelques termes qu’il utilise : ostéoblastes, ostéoclastes, cellules souches, tissu osseux, densité osseuse…

Un indice : la sensibilité au lactose. La perte de la fabrication de la lactase à l’âge adulte vient apporter du moulin à sa thèse. Après tout, si l’on ne produit plus cette enzyme qui aide à digérer le lait…c’est que…l’on a plus besoin de lait (ou de produits laitiers). La majeure partie des peuples perdent cette enzyme, en fait, les exceptions sont les basques, et les européens du Nord. La France est sans doute coupée en deux, voire en trois, avec la partie nord, et la partie grand sud, et la partie sud-ouest (basque et voisins proches). La normalité serait de perdre la capacité de production de cette enzyme. En effet, tout semble suggérer que ceux qui ont gardé cette capacité sont issus de peuples ayant domestiqué assez tôt les ruminants et bénéficié de leurs mamelles. C’est juste pour le peuple basque au fort passé pastoral, mais également les peuples du nord de l’Europe. Toutefois, des peuples qui s’y sont mis sur le tard, dégustent les produits laitiers sous une forme appauvrie en lactose : beurre, fromages, etc. Pauvres Grecs, que feraient-ils sans feta ?

Le lait provoque le cancer et promeut sa croissance via la caséine et l’IGF-1. Si le lien entre caséine et tumeur semble remis en question (Thierry Souccar cite les études de…T. Colin Campbell, à peu près déminées par D. Minger), le rôle de l’IGF-1 est en revanche troublant. Car il faut savoir que l’IGF-1 est le « bras armé » de l’hormone de croissance. Il cite une polémique mêlant Monsanto pour savoir si l’IGF-1 passait dans le sang de l’homme : cela semble bel et bien le cas. Le cancer le plus mis en évidence, est celui de la prostate.

Autres suspicions : diabète, sclérose en plaques et syndrome X : comme si le dossier du lait n’était pas assez chargé, Thierry Souccar en rajoute avec de possibles liens entre ces maladies.

Et au final, est-ce un ou des produits diabolisés ? Le message final se veut plus rassurant. En clair, Souccar met en garde contre les recommandations officielles, qui estiment de 3 à 4 laitages par jour les besoins pour chaque individu. 3 à 4  laitages semblent être surestimés. Il recommande, de ne pas dépasser 1 à 2 laitages par jour, en suggérant qu’il est possible de s’en passer définitivement. Son message est donc plus nuancé que lors de la lecture des différents chapitres qui composent le livre. Après tout, il ne condamne que l’excès de laitages, pas la consommation raisonnée. Mais bien évidemment une telle charge contre un groupe d’aliments ne pouvait pas rester sans réponse.

La santé de vos enfants commence dans les intestins

Ce texte émouvant et plein de bon sens n’est pas de moi, je l’ai traduit directement du blog Healthy Guts.

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Toutes les maladies commencent dans les intestins – Hippocrate 460 à 360 avant JC

Beaucoup d’enfants et d’adultes ont des problèmes de digestions dont ils ne sont même pas conscients : coliques, ballonnements, flatulences, diarrhées, constipation, difficultés d’alimentation, troubles du sommeil, et bien d’autres maladies « chroniques » hélas acceptées. Quand on observe un enfant avec des problèmes digestifs, la majorité des cas débutent au moment du sevrage.

Quand la mère remplace le lait du sein avec du lait en poudre, d’autres composants alimentaires sont introduits, ceci n’étant pas naturels pour la flore intestinale des bébés, comme le gluten, les minéraux réduits par hydrolyse enzymatique, les concentrées de protéines de whey, l’oléine de palme, le soja, la noix de coco, les huiles de carthame à haute teneur en acide oléique, le lactose, etc.

Beaucoup d’adultes ne se rappellent pas trop de leurs habitudes alimentaires des premières années de leur vie. En affirmant qu’ils n’ont pas eu de réaction sévère avec ces nouveaux aliments qui aurait fait réagir immédiatement n’importe quel parent, il peuvent avoir sous-estimé des réactions aux aliments, telle qu’un sommeil agité, ou un bébé qui vomit beaucoup. Beaucoup de parents vous diront que c’est «normal pour un bébé», « cela lui passera ». Bien que cela soit vrai pour quelques-uns, dans plus en plus de cas dans le monde, les gens réalisent que cela ne devrait pas se passer comme ça. A moins qu’il n’y ait un état de santé particulier non diagnostiqué, des bébés nourris de la façon dont leurs intestins ont été conçus N’ONT PAS CES PROBLÈMES !!

Bien sûr qu’un bébé nourri parfaitement peut avoir ces problèmes de manière occasionnelle. Le système gastrique est incroyablement complexe et un petit désordre chaotique (NdT : SNAFU dans le texte original) d’un côté du système peut causer toutes sortes de problèmes temporaires à l’autre. Ceci étant, ces problèmes temporaires ne sont que ça…temporaires. Si un problème arrive à chaque repas pendant des semaines sur la fin, c’est alors probablement un problème au niveau de la consommation. Est-ce que ces problèmes ne se résolvent pas d’eux-mêmes après quelques mois ? Bien sûr, de la même manière qu’un drogué à l’héroïne sera capable de fonctionner après un petit shoot, tandis que vous ou moi serions probablement HS. Cette analogie n’est pas aussi farfelue qu’elle pourrait sembler l’être au premier abord. Il est vrai, l’héroïne et la nourriture sont très différentes, de tous les points de vue possibles, mais pour la totalité (ou la plupart) des intestins sains, les glutéomorphines et les casomorphines (peptides du gluten et de la caséine) traversent la barrière hémato-encéphalique et affectent des aires du cerveau de la même manière que les opiacés et l’héroïne. Donc bien que vous établissez une tolérance à ces composants et même apprenez (gastronomiquement parlant) à fonctionner avec, les effets de long terme et les problèmes de santé sont beaucoup plus similaires aux addictions à l’alcool et aux drogues que la plupart des gens admettent. La question est alors : comment avons nous mis nos intestins dans un tel état ? Quel est le lien entre nos intestins et notre santé mentale ? Pour comprendre ces questions nous devons observer l’importance de l’alimentation et le rôle qu’elle joue dans les intestins humains.

Comprendre les fonctions de nos intestins

Le corps humain est un magnifique écosystème qui qui fait co-exister de manière heureuse des milliards de vies au niveau macro et micro, vivant ensemble en harmonie. Les plus grandes colonies de microbes vivent dans notre système digestif, et le nombre de fonctions qu’ils remplissent dans nos corps est si crucial et vital que nous, humains, ne pourrions vivre sans.

« Dans un corps en bonne santé, ce monde microbien est relativement stable et très adaptable aux changements dans leur environnement. La flore intestinale peut être divisée en 3 groupes :

1. Flore essentielle ou bénéfique. « C’est la plus importante et la plus présente chez un individu en pleine santé. On fait souvent référence à ces bactéries comme des bactéries indigènes amicales. Les principaux membres de ce groupes sont : bifidobactéries, lactobactéries, propionobactéries, souches physiologiques de E. Coli, peptostrocoques et Entérocoques. Nous allons voir en détail leurs actions dans nos corps »(1)

2. Flore opportuniste. « C’est un grand groupe de microbes divers, leur nombre et combinaison peuvent être propre à chaque individu. Ce sont les : bactéroïdes, les peptocoques, staphylocoques, streptocoques, bacilles, clostridium,levures, entérobactéries, caténobactéries et bien d’autres. Il y a pas loin de 500 espèces de divers microbes connus par la science, et se trouvent dans les intestins humains, chez une personne en bonne santé leurs nombres sont normalement limités et sont fermement contrôlés par la flore bénéfique. Chacun de ces microbe est capable de causer divers problèmes de santé s’il devient hors de contrôle. »(2)

3. Flore de transition. « il y a divers microbes, que nous avalons quotidiennement dans la nourriture et les boissons, habituellement des bacilles gram négatif ne fermentant pas. Quand les intestins sont bien protégés par les bactéries bénéfiques, ce groupe de microbes passent à travers notre tube digestif sans occasionner de dommages. Mais si la population de la flore bénéfique est endommagée et ne fonctionne pas bien, ce groupe de microbes peut causer des maladies.

Donc, que font donc tous ces microbes là, et pourquoi en avons-nous besoin ? »(3)

Quand nous mangeons et buvons quelques-uns de ces micro-organismes, les produits chimiques et les toxines se fraient un chemin à travers le système digestif. Notre tube digestif est recouvert d’une couche bactérienne, fournissant une barrière naturelle contre ces agents. Quand les bactéries bénéfiques dans le tube sont mal en point et ne font pas leur boulot qu’elles devraient faire, nos intestins ne sont pas biens protégés. Sans protection, les envahisseurs infiltre le mur intestinal, causant des dommages à la flore intestinale.

Maintenant, si les gardiens (les bactéries bénéfiques) ne fonctionnent pas de manière appropriées, alors la flore opportuniste est incontrôlée et prête à causer des ennuis. La flore transitionnelle entre dans le corps et maintenant, nous avons une inflammation chronique dans notre mur intestinal et pour empirer les choses, cela ne devient pas seulement enflammé ou infecté, mais cela peut mener à des problèmes avec l’absorption des nutriments, et cause la malnutrition.

Selon le Dr. Natasha Campbell-McBride, auteur de « Gut and Psychology Syndrome », des intestins fonctionnant correctement avec une flore intestinale saine est la base pour la santé. Et comme un arbre avec des racines malades ne va pas se développer, le reste du corps ne peut se développer sans un système digestive fonctionnant correctement

Le Dr. Campbell pense qu’il y a un lien profond entre nos cerveaux et la santé intestinale. Dans cette vidéo elle donne un aperçu général de l’importance d’une flore intestinale saine.

TOUS LES DEBUTS SONT DIFFICILES

(DE L’ALLEMAND : ALLER ANFAG IST SCHWER)

Commencer par traiter le régime comme un un mot galvaudé et souvent mal compris. Le régime est la nourriture consommée par une personne. Donc bien que cela puisse être un changement de court terme, cela peut aussi décrire un style d’alimentation à long terme, je n’essaie pas de promouvoir des objectifs de perte de poids à court terme ou des solutions rapides pour des maux, mais une meilleure santé globale à travers une consommation consciente. C’est un style de vie, pas quelque chose à faire jusqu’à ce que arrêtiez de constater un problème. Cela doit devenir une partie de votre routine quotidienne. Cela requiert beaucoup de réflecion et de planification, le changement de longues habitudes alimentaires ancrées est une lente progression. Ne coupez pas tout en une seule fois. Aussi énorme que cela sera pour vous gastronomiquement, c’est aussi beaucoup de changements en une seule fois, et une bonne façon de se brûler. Commencez par vous éloigner des pâtes et du pain, et ensuite de même avec le lait et le yahourt. Prenez l’habitude de lire les étiquettes alimentaires chaque fois que vous allez au supermarché, et essayez d’éviter les aliments qui contiennent du gluten, de la caséine, et du sirop de maïs haut en fructose. En deux mois, vous réaliserez que vous avez coupé la plupart des aliments transformés et que vous commencez à apprendre comment cuisiner à partir d’ingrédients frais, votre alimentation sera plus délicieuse et plus rassasiante. Le changement est difficile, mais quelqu’un doit le faire.

En tant que mère, je sais combien il est difficile d’élever et de nourrir un enfant (s’il vous plait, lisez manger correctement durant la grossesse et nourrir au sein, et pourquoi est-ce si important ?) mais cela prend seulement les premières années et de la patience et de la rigueur pour bâtir des fondations solides dans la bonne direction, cela peut frustrer parce que nous ne voyons pas les résultats, tout comme un patient atteint de cancer ne peut se remettre d’aplomb en une semaine, cela prend autant de temps pour devenir en bonne santé que cela prend pour devenir malade.  J’ai eu une lente progression avec ma première fille en l’éloignant de toute sorte de céréales, puis de la caséine, et enfin, de tout les aliments transformés en suivant les étapes que j’ai mentionnées auparavant. Cela a pris environ une année pour nous pour commencer à voir des changements notables sur elle.

J’ai eu toutes sortes d’avis et d’avertissements à propos de ce que moi et mon mari allions faire. « Ne pensez-vous pas qu’elle devrait être sous ordonnance médicale ? » « Les médecins recommandent plus de céréales ! Êtes-vous plus intelligents qu’eux ? » « Êtes-vous allés à la fac de Médecine ? » par moments j’ai eu peur de ne pas réellement aider mes filles, mais j’ai écouté des nutritionnistes que je respectais et appris tout ce que je pouvais à propos des réactions du corps avec les aliments. Une fois que nous avions commencé à voir les changements que j’ai tant espérés pour ma fille aînée, et la relative absence de problème avec mon autre fille, je suis devenue convaincue. Ne vous découragez pas quand vous ne voyez pas des résultats immédiats. Vous verrez quelques changements, mais les plus importants prennent du temps. Donnez-vous le temps d’avoir un changement de style de vie et vous verrez comme j’ai fait, que rigueur et patience sont les clés du succès.

Ma fille aînée, nourrie au gluten et à la caséine

La même, un an plus tard

Références

(1),(2),(3) “Gut and Psychology Syndrome” 2. The Roots of a tree page 15,16.
Lecture Recommandée :

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Pluie de liens et réflexions aléatoires

J’ai une (petite) traduction d’une article sympa sur le feu, alors je livre quelques réflexions glanées ci et là qui ne valaient pas la publication d’un article complet pour chacune d’elles.


Alors que chez les souris, un régime cétogène riche en protéines semble faire des miracles contre les tumeurs cancéreuses, je découvre quelques blogs intéressants :

Le blog de Nicollas, 1+1=salade : je recommande plus particulièrement ses écrits sur la permaculture, une alternative intéressante contre notre mono-agriculture intensive (blé, colza…) qui appauvrit les sols, et qui commence déjà à poser problème.

The Green Escape : un blog à tendance paléo que je ne découvre qu’aujourd’hui. Amusant, car il y a certains sujets que nous avons en commun (comme celui de l’étude qui conclue que travailler assis participe au développement du cancer colorectal)

Santé, Nutrition et Style de vie : là aussi beaucoup de points communs. Pourquoi une découverte aussi tardive ? Je n’en sais rien, pourtant j’utilise souvent google avec des mots-clés appropriés.

Si vous lancez votre blog de nutrition plus ou moins dans la lignée du mien ou de ceux que je cite en lien régulièrement, partageons nos liens ! Je trouve dommage que chacun fasse son boulot de son côté en mode « autiste ». Dès que je peux je cite, c’est tout l’intérêt du web…être une toile d’araignée ! A côté, la nutrisphère américaine est très soudée, liée ! Si l’on veut promouvoir notre mode de vie, de santé, il faut commencer par ça !


Et vu sur ce blog, le régime paléo, destiné à devenir un futur marronnier de la presse ?  Bon, les réactions sont pitoyables, ils passent à côté de toute la science, mais c’est très habituel, et je pense que c’est pour ça que ce régime ne prendra pas chez nous : nos censeurs, nos bobos ont décidé pour nous, c’est un piège marketing ! Vous voilà prévenus.


La mauvaise étude scientifique du jour : comme d’hab c’est lanutrition.fr qui relaie. On y apprend qu’un régime riche en graisses saturés, ben c’est pas top. Sauf qu’ils comparent deux types de régimes :

Durant 4 semaines, les participants ont reçu :

  • soit un régime dit HIGH contenant beaucoup d’acides gras saturés (25% des calories) et d’aliments à index glycémique élevé (IG supérieur à 70) ;
  • soit un régime dit LOW à base d’aliments à index glycémique faible (IG inférieur à 55) avec peu d’acides gras saturés (<7%)

Oh wait…ils contrôlent rien du tout là ? Est-on certain que ce sont les graisses saturées ou l’IG qui influent le plus sur les résultats ? L’interprétation des résultats est à prendre avec beaucoup de pincettes…à mon avis !


Vilhjalmur Stefansson a bouffé que de la viande, tout comme Gontran de Poncins pendant leur périple inui. Inhument Experiment résume l’épopée du premier. Personnellement, j’ai testé…et malgré le gras, c’est constipation à gogo ! De plus comme son patronyme l’indique, Stefansson a sans doute quelques origines nordiques qui le prédisposaient à ce type de régime. Quant à moi, méditerranéen, je ne peux concevoir ceci ! Une histoire de typage métabolique peut-être (cf l’article sur les Dogmes de la Nutrition)? Faut-il une période d’adaptation ? Y a-t-il une inconnue dans l’équation, comme par exemple les viandes fermentées, assez courantes chez ces peuples, qui aideraient à la digestion ?

Pour le moment, la seule attitude prudente, est de continuer à manger des fibres sous forme de salade, légumes ou même noix en tout genre. J’ai presqu’envie de dire : à Rome on fait comme chez les romains…embrasser une alimentation en bloc serait plus intelligent que de s’inspirer à droite et à gauche ? Pourquoi pas, après tout c’est le cas de tout les peuples qui se sont constitués la leur en des milliers d’années à coup de tâtonnements et d’erreurs dans leur milieu naturel (et séculaire). D’où le concept de sagesse primitive (primitive wisdom) développé par Weston Price. Qui est apparemment peu plus complexe que « manger ce qui est naturel, et pas de soucis pour votre santé », vu qu’il a été observé des caries même chez les dauphins. Voir le dernier article de Chris Masterjohn sur le site de la Fondation.


Le jeûne intermittent offrirait des bénéfices au moins égaux en terme de perte de poids et de réduction de risques de maladies à la restriction calorique régulière ! Ce n’est pas moi qui le dit, mais une étude du très respectable site pubmed.gov


Je suis cité sur VegeWeb (j’avoue, je m’y attendais), et sur beaute-test.com.

Claude Legras (excellent patronyme soit-dit en passant) donne des cours de cuisine sans gluten (…et sans produits laitiers), via le centre Stelior de Genève. Visitez Sansgluten.org pour en savoir plus ou encore Stelior.com. Le nom complet est Centre International d’informations, recherches et études sur les troubles du métabolisme et du comportement. Les comportement(s) visé(s) sont par exemple l’hyperactivité, l’autisme, la dépression ou encore la schyzophrénie. Une excellente initiative, d’autant que l’idée que le blé ou les produits « blétiers » ne sont pas aussi bons qu’on le dit commence à faire son bout de chemin, mention spéciale à feu Seignalet. Pour la partie troubles du comportements et nutrition inadaptée, je recommende l’ouvrage de Nora Gedgaudas, Primal Body, Primal Mind, qui va ressortir prochainement dans une version augmentée. La première partie traite purement de la santé physique (Primal Body), la seconde, la plus intéressante s’attarde sur ces troubles et les déficiences nutritionnelles qui nous font tant souffrir. Ces maladies psychiatriques ne sont pas une fatalité et j’espère que la nutrition apportera des réponses intéressantes pour les années à venir.

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Gérer la dissonance cognitive en nutrition

Je planche à l’heure actuelle sur un sujet qui me donne du fil à retordre. Non pas qu’il soit compliqué en soit, mais…j’ai du mal à conclure. En clair, j’ai peut-être du mal à avoir un avis. Cela ne m’empêchera pourtant pas de palabrer dessus et de confronter les différentes thèses. C’était dans cet esprit que j’ai commencé mon blog, mais parfois l’esprit s’encrasse et devient fainéant, acquiert des automatismes de pensées, parfois en opposition avec les faits reconnus.

Gérer la dissonance cognitive, c’est en premier lieu garder l’esprit ouvert et hostile au moindre dogmatisme. C’est donc garder la tête froide face à des nouvelles données en contradiction avec ce que l’on pense habituellement, c’est aussi avoir un esprit critique, ou parfois sceptique. C’est aussi la possibilité de faire une synthèse qui englobe un peu l’ensemble des connaissances dont vous disposez. Dans tout les cas il va falloir accepter, hélas que bien des gens, y compris des chercheurs réputés, ne soient pas d’accord avec vous. Deux personnalités au pedigree scientifique reconnu peuvent aussi être en profond désaccord.

Idéfix semble vague perturbé…

Un bel exemple de dissonance cognitive qui m’a concerné, il y a quelques jours : Denise Minger (oui encore elle) publie sur son blog un long et superbe article documenté sur les fruits sauvages. Sur mon article Paléopportunisme, je tenais un certain discours sur les fruits. Bon bah, quelques mois plus tard, je dois réviser mon avis : oui certains fruits sauvages peuvent-être énormes, juteux, sucrés tout ce que vous voulez. Même l’argument de la saisonnalité semble faux. Bon, hé bien, je m’incline. Si les fruits domestiqués diffèrent si peu des fruits sauvages, alors ils ne posent probablement pas de problème. Ou en tout cas, ça reste à démontrer. La conclusion de Denise sur le contexte actuel de la santé individuelle est intéressant. En soi, les fruits ne sont pas mauvais, mais si l’on souffre de troubles métaboliques, par exemple, peut-être qu’ils ne seraient pas indiqués. Ou peut-être c’est le sucre raffiné, et uniquement lui qui, dans le cadre d’une alimentation pauvre en micro-nutriments qui serait problématique ? Cela semble plus raisonnable.

Quoiqu’il en soit, si vous, à votre niveau individuel apercevez des symptômes particuliers quand vous mangez des fruits, peut-être que vous êtes relativement intolérant au sucre, et ce, malgré les fibres, vitamines et minéraux. Et donc peut-être que vous devez les limiter. On peut distinguer des tendances générales en nutrition, mais ce qui compte au final, c’est moi, c’est vous, c’est l’individu qui importe. Comment réagissez-vous face à tel ou tel aliment ? Si je vous dis que les asiatiques mangent très souvent du riz, et pas qu’un peu et se portent comme un charme, mais que chez vous le riz vous fait atteindre des sommets d’hyperglycémie, que ferez-vous ? Bien, vous vous adapterez à votre corps et vos besoins, et ferez attention à l’IG de vos repas. Bien se connaître, se tester est primordial. Parfois en dépit des études scientifiques…

 Alors, bien sûr, cela n’est guère évident. Imaginez donc Madame Michu lisant le quotidien 10 Minutes en prenant le bus le matin :

« Le Docteur Goldblum est un médecin nutritionniste reconnu et auteur de nombreux ouvrages, nous l’avons interviewé pour vous :

– Que faut-il éviter dans l’alimentation ?

– Les graisses saturées, et privilégier toutes sortes de glucides. Les graisses saturées vous font augmenter le cholestérol et vous bouchent les artères »

Madame Michu, revenue du travail le soir, tape sur google graisses saturées et tombe sur des avis contraires, parfois très à propos comme une méta-analyse de qualité.

Que va-t-elle retenir ? L’avis du docteur Goldblum, je vous le donne en mille. Après tout, il est diplômé, il sait ce qu’il dit, et ce n’est pas un blogueur inconnu sur Internet. Cela s’apparente à un argument d’autorité.

Ce que je veux dire c’est que la question de la nocivité des graisses saturées peut se discuter, il est probable qu’un excès d’acide palmitique ne soit pas bon (surtout dans une aliment à base de junk food). Car de tout les acides gras saturés, c’est celui qui semble poser un souci, la plupart (surtout à chaînes courtes ou moyennes) semblent au fil du temps trouver grâce auprès des nutritionnistes. Et les triglycérides formés de palmitate sont ceux qui se stockent le plus facilement. D’un autre côté, le corps fabrique son propre palmitate via la néolipogénèse…serait-il masochiste à ce point ?

De même, si l’on suit la plupart des sites généralistes de nutrition (lanutrition.fr, à tout hasard), parfois les infos se contredisent entre elles, en plus de foisonner, c’est une vraie jungle. Difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. La science nutritionnelle peut se comparer à la science économique : elles sont jeunes toutes les deux, et plus complexes qu’il n’y parait. On y rencontre dans les deux cas des mouvements idéologiques (que cela soit végan ou paléolithique ou méditerranéen…), et une relative incapacité à se nourrir, sans jeu de mots, des apports des uns et des autres.

Pour qui s’intéresse à la nutrition un peu plus que Madame Michu, on doit donc gérer la dissonance cognitive. Ou tout simplement, comment se constituer un avis avec deux (voire plus) sons de cloche différents, voire à l’opposé. Cela veut dire accepter les thèses avec lesquelles on n’est pas familier pour mieux les appréhender. On doit aussi un peu, se rebeller contre les recommandations officielles. Paul Scheffer dans une interview accordée sur lanutrition.fr appelle ainsi à développer son esprit critique en dépit des formations de diététicien. Patricia Chairopoulos dans un excellent article sur le dernier Science et Avenir tente d’y voir plus clair derrière le « manger 5 fruits et légumes par jour » et le consensus apparent n’est…qu’apparent. Il est ainsi sain de creuser un peu plus la question et de ne pas s’arrêter à ce que l’on croit être des évidences.

Mais parfois, deux excellentes analyses se contredisent. Cela donne lieu à une bataille, d’arguments, de chiffres et d’études sans merci, tout aussi convaincants les uns que les autres. Et au delà de la polémique, le simple consommateur averti, qui tient à sa santé (le plus important !) est perdu. Parce qu’au bout du compte, il faut bien se nourrir, choisir judicieusement ses aliments !

Jusque là, j’ai pu me faire un avis. Jusqu’à m’intéresser au lait et aux produits laitiers que j’aborderai d’ici quelques temps. C’est simple, tout m’incite à ne pas avoir d’avis tranché et à rester prudent. Je vais faire ce que je peux pour dégager un semblant de synthèse…!

Génération Y : inutile donc indispensable ?

La grande mode chez les RH et les managers étant de se focaliser sur la génération Y. En faisant un rapide tour du web, on admet que cette génération :

  • suit la très célèbre génération X, symbolisée par la perte de repères après une génération Baby-Boomers toute puissante. Ceux qui lisaient la presse dans les années 90 s’en souviennent encore. En gros, ce sont les gens nés entre 1965 et 1980. Les Y partageraient toutefois plus avec les X que les X avec les BB, ces derniers ayant enfanté les X et les Y. Grosso-modo, bien sûr.
  • concerne les gens nés entre 1980 et 1995 (au-delà on commence à parler de génération Z, quelle originalité, oh mon dieu).
  • se caractérise par sa technophilie et son besoin de nomadisme.
  • Un des critères utilisés pour décrire son originalité et la distinguer de la précédente est celui de l’omniprésence depuis la naissance de l’individu de la micro-informatique familiale ou des jeux vidéos.

Cela fait couler pas mal d’encre depuis des années (ou beaucoup d’encre numérique tout au plus), et ce sont les sociologues d’entreprises qui se sont emparés du phénomène, à ce sujet, lire l’excellent blog de Julien Pouget qui tantôt se moque du phénomène, tantôt le décrit de manière pertinente.

En fait…hormis la technophilie, les 2 études sur le sujet se sont révélées…décevantes. Que cela soit l’étude de Pralong ou celle de Pichault (disponibles en pdf sur internet…google est votre ami), on constate que professionnellement parlant…peu de choses les distinguent réellement de leurs aînés. La bulle Y…éclate donc-t-elle ? Il est plutôt naturel que des gens nés à des moments différents aient un vécu et des repères différents, mais cela ne semble pas constituer  la fracture professionnelle tant redoutée.

Pour ma part, la seule chose pertinente, est la technophilie et l’aisance vis à vis des nouvelles technologies, comme quelque chose d’inné. Mais les anciens s’adaptent aussi, il ne faut pas les croire  bloqués au siècle précédent. Le fantasme s’est donc réduit…à la portion congrue. Mais sans doute, cela permettra de vendre quelques bouquins au nom polémique…jusqu’à la prochaine génération.

Personnellement, je suis embêté. Je dois être un Y, de par la définition, mais vu la caricature qui est exprimé sur cette génération je dois être un peu plus tourné vers la génération X. Après tout, culturellement, on rattache la génération X à celle qui a été ado/jeune adulte à la sortie de Smells Like Teen Spirit de Nirvana (le symbole je vous dis). Bah, étant né en 1980, j’ai vécu en plein la période grunge entre 91 et 94. C’était limite l’adolescence (11 ans à la sortie du disque), mais le phénomène s’est bien étalé sur quelques années.  D’un autre côté je suis probablement un poil plus technophile et geek qu’une personne lambda née en 1976 par exemple (mon frère est né en 1974 et je perçois bien la différence). C’est tout le problème de la caractérisation des générations, ceux qui sont aux marges vont avoir du mal à se situer. Pour ma part, c’est décidé, je suis un hermaphrodite générationnel, de la génération XY qui fait la transition entre X et Y !