Archives mensuelles : janvier 2012

Faut-il bannir l’huile de colza ?

La question est sérieuse, si si !

Cela fait quelques temps que je traine mes guêtres sur les blogs paléo, et que je lis les bouquins associés, on nous apprend religieusement à détester les huiles végétales, à la seule exception des huiles d’olive et de l’huile de coco.

 Les huiles végétales sont nocives, et peut-être même diaboliques, qui sait ?

huile végétales de raisins, tournesol, maïs, soja, carthame

Quelques huiles végétales (pépin de raisins, tournesol, maïs, soja, carthame) : le diable n’est jamais très loin

Il y a plusieurs raisons à cela :

–          ces huiles sont généralement déséquilibrées en graisses polyinsaturées : la balance oméga3/oméga6 est plutôt faible

–          afin de produire ces huiles en grande quantité, il faut les transformer : les extraire avec un solvant (hexane le plus souvent) et les chauffer dans le même temps, ce qui ne manquera pas de les hydrogéner partiellement voire de les oxyder au passage, les raffiner…dont les désodoriser ce qui nécessite une température de près de 200°, je passe sur le dégommage, la neutralisation, la décoloration et la filtration…

l’intuition paléo conclut, naturellement : trop de transformations pour ces huiles ! Elles ne peuvent qu’être impropres à la consommation. Dans la nature, on ne se nourrit pas de ces huiles végétales, sauf si on peut les extraire mécaniquement, et à froid, comme l’huile d’olive.

L’huile de colza est obtenue de la même manière, et avait en plus un défaut majeur : une trop grande concentration en acide érucique, un acide gras nocif. Toutefois, ce n’est plus le cas, car l’on a sélectionné les plants de colza, de manière à ce que la concentration en acide érucique soit bénigne, que cela soit en Europe, ou en Amérique du Nord, où elle a été baptisé Canola (pour Canadian Oil Low Acid). L’huile de colza reste tout de même à proscrire.

Première objection toutefois : le profil de l’huile de colza est bon en ce qui concerne les oméga3 par rapport aux oméga6 : transformée ou non, le rapport est près de 1/2, ce qui est très correct par rapport aux critères occidentaux.

Seconde objection : en France on vend aussi de l’huile de colza…bio. Non raffinée. Comme celle-ci :

huile de colza bio et non raffinée

Une auréole imaginaire au-dessus de l’huile de colza bio et non raffinée ?

Nettoyage mécanique des graines. Pressage en première pression à froid (T<60°C) dans une presse à vis sans fin, sans aucune intervention de solvant ou produit chimique. Filtrations successives de l’huile sur papier buvard. Stockage à l’abri de la lumière et de la chaleur.

Mais, mais…mais alors ? Ce ne serait donc pas le malin, cette huile ?

Il y a quelques années, sous l’impulsion des travaux de De Lorgeril – et sa fameuse étude de Lyon -, j’étais bien branché oméga3 : j’avais acheté cette huile de colza bio et non raffinée, pour l’assaisonnement uniquement. Bon, autant le dire, c’est infect. C’est certain que cette huile n’est pas désodorisée, à l’instar de l’huile de lin (autorisée depuis 2009 en France ! Et vendue sous bouteille opaque), elle sent…le poisson,  trop à mon goût. Ca doit-être commun à tout les aliments riches en oméga3, on va dire.

Et maintenant ? J’ai fait le choix de ne plus consommer d’huile de colza, par goût d’une part, et par « sagesse » : mes ancêtres ne consommaient pas d’huile de colza, et sans doute pas de colza lui-même si la plante est classée  dans la même famille…que les choux (crucifères), elle s’apparente plutôt à une fleur. Elle n’est donc pas obligatoire. Cette huile, sous sa forme bio et non raffinée serait peut-être bien moins nocive que nous l’enseigne le catéchisme paléo. Je m’en passe allègrement. J’ai aussi toujours quelques doutes sur la culture du colza, celle-ci est largement industrielle, avec tout les défauts que cela peut engendrer, sans même parler du risque OGM.

De temps en temps, je remplace l’huile d’olive, par l’huile de noix, toujours bio et non raffinée, la même que chez Emile Noël : possibilité d’extraire mécaniquement en première pression à froid, et le ratio oméga3/oméga6 est assez exemplaire.

Le centième article !

Le centième article du blog, c’est celui-là même ! Juste pour le plaisir, je passais un peu de temps sur google pour voir qui linke mon blog. Et google me fit un truc qu’il n’a jamais fait auparavant, suggérer le titre de mon blog !

référencement clair et lipide

Mon blog est repéré par le moteur de recherche google

Au-delà des calories… « Bougez plus ! »

Lors du précédent article je m’étais échiné à montrer pourquoi la théorie de la balance calorique était peu pertinente pour expliquer le surpoids. Je me suis plutôt attardé sur le côté « consommation », la nourriture donc. De manière générale, pointer l’excès de calories – consommées – comme raison primaire du surpoids revient à admirer le doigt, alors que la science nutritionnelle montre la Lune.

Le slogan « Mangez-moins ! Bougez-plus ! » (Eat Less, Move More) s’est retrouvé en France traduit par un sobre Manger Bouger, avec le site officiel qui va bien…on est en première place au niveau PNNS (Propagande Nationale Nutrition  Santé bien sûr).

balance calorique

Un résumé de la théorie de la balance calorique…qui induit bon nombre de personnes en erreur

Donc, faire du sport pour équilibrer sa balance énergétique, est-il un bon deal ? A l’époque où je tentais d’équilibrer ma balance en vue de mincir, à grands renforts de cardio-training, j’ai envie de dire que j’ai échoué à 100%. Normal : le sport me faisait crever la dalle. Donc ce que je perdais en calories je le reprenais…précisément parce que le cardio me donnait faim en conséquence. Toutefois il est possible que les activités plus intenses soient moins concernées. Lanutrition.fr s’était fendu d’un article très bien fait il y a quelques temps à ce sujet.

En fait, selon le professeur Lustig, il est ridicule de penser que la raison pour laquelle l’exercice fonctionne pour traiter le surpoids est parce que le sport fait brûler des calories. Vingt minutes de jogging sont équivalentes à un cookie au chocolat. Un Big Mac requiert trois heures d’exercices intensifs pour le dépenser entièrement. Ce n’est donc pas la raison pour laquelle l’activité physique est importante.

L’exercice est important parce qu’il génère des signaux pour transdifférencier votre gras.

L’exercice fonctionne d’au moins trois manières :

1)       il augmente la sensibilité à l’insuline ; vous avez donc moins d’insuline pour pour capturer le glucose circulant dans le sang. Cela permet de faire chuter les niveaux d’insuline, ce qui avertit les cellules adipeuses de ralentir la conversion du sucre en plus de gras.

2)       Il réduit l’hormone du stress, le cortisol. Le cortisol emballe le gras autour des organes (opposé à celui sous la peau) où il produit beaucoup de substances pro-inflammatoires, lesquelles à leur tour disent au corps de produire à nouveau plus de gras.

3)       Il fait chuter les niveaux de glucose sanguin, et en même temps les potentiels AGE, et l’inflammation induite par le sucre qui bloque les signaux d’une saine régénération corporelle.

Pour reprendre mon expérience personnelle : à 20 ans, un peu de sport me faisait mincir, à 28 ce n’était déjà plus le cas. L’activité physique aide à mincir, mais ce n’est pas automatique (la nutrition joue davantage), et quand c’est le cas, c’est par bien d’autres voies métaboliques que d’éventuelles calories surnuméraires brûlées. De même, une sorte de légende urbaine circule sur le net : il faudrait se muscler car le muscle consomme beaucoup de calories, comme une chaudière. Il semblerait que le gain de dépense ne soit pas si extraordinaire que ça, et serait de toute façon compensé par…une faim plus grande…Il est sans doute possible que les sports intensifs (en premier lieu, la musculation) seraient plus efficace dans le cadre des trois raisons précitées. Il est, dès lors, cocasse, que, hormis quelques médecins ayant bien récité leurs cours les plus ardents défenseurs des calories, soient…des body-buildeurs. Naturellement leur décompte des calories justifie qu’ils aient pu mincir ou maintenir leur poids…

Donc oui, bougez-vous, activez-vous, amusez-vous. Portez des poids, prenez l’air, marchez, courez en fractionné ou non, faites du sport collectif ou en individuel, voire des arts martiaux, votre santé s’améliorera, améliorera probablement votre perte de poids, laquelle passe avant tout par la nutrition. Mais de grâce cessez de compter les calories dépensées, c’est foncièrement inutile, et potentiellement générateur de stress. Faites-le avant tout pour vous sentir bien. C’est le gâteau…la perte de poids, c’est la cerise.

Au-delà des calories… « Mangez moins ! »

Lecteurs qui passez par-là, jetez un coup d’œil sur les commentaires de l’article précédent à propos de l’huile de foie de morue, ils sont intéressants, et…relativement nombreux pour mon grand plaisir !

Le titre de cet article n’est pas fortuit, il y a plusieurs sources en anglais nommées Beyond Calories, mais cela fait quelques temps que le sujet et le titre me taraudent, donc, on va dire que c’est une coïncidence !

Ah les calories…on les accuse de nous faire grossir.

Bah oui, regardez, ceux qui sont gros s’empiffrent.

C’est là un raisonnement assez juste, mais terriblement peu explicatif du surpoids. Les vraies raisons sont ailleurs. Les gros mangent énormément, il est vrai. Le problème c’est que même un gros avec un poids stable depuis des années est un outremangeur. En effet, en grossissant, ses cellules adipeuses ont pris de l’envergure et se sont multipliées : la personne en surpoids surmange pour maintenir son poids…c’est un des paradoxes relevés par Gary Taubes. Sans doute que la théorie insulinique de Taubes est bancale et fausse à bien des égards (même si je reste persuadé que les troubles insuliniques jouent leur rôle, tardivement, mais ont un rôle quand même), le brave Gary a démonté avec panache la théorie des calories comme théorie expliquant l’obésité. Cette théorie stipule que l’on grossit parce que l’on consomme plus qu’on ne dépense – de calories-.

Il y avait l’objection du maintien du poids. Mais aussi de nombreuses expériences relatées dans Good Calories, Bad Calories montrent que certains régimes à restriction calorique (ex : prisonniers affamés…) échouaient à faire perdre du poids, voire même en faisaient gagner aux cobayes ! D’autres expériences aboutissaient à la conclusion que même en calculant les calories ingérées et les dépenses des individus, on ne tombait jamais sur la perte ou prise de poids prévue, quand ce n’était pas les résultats inverses qui sont arrivés !

De même, qui n’a jamais lu de témoignages de gens pratiquant un comptage de calories ingérés, et le comptage des calories dépensées (à grands renfort de cardio), et s’étonnant de stagner dans leur quête d’amincissement ?

En fait, la théorie initiale, n’est pas fausse, on ne peut pas tromper les lois de la physique. La vérité c’est qu’il y a une foule d’objections qui rend cette théorie…bancale. Par exemple, selon la nature de votre alimentation, vous contrôlez la dépense énergétique (donc les calories dépensées) : calories entrantes et calories sortantes…sont des valeurs dépendantes ! Certaines personnes adeptes de junk food ont ainsi un corps dépensant moins de calories (on va dire par volume de chair pour être précis) : cette léthargie peut-être combattue en remangeant des aliments vrais, souvent en diminuant les glucides.

Aussi les tables de calories sont trompeuses, parce qu’on se base notamment sur la fameuse règle d’or : 4kCal par gramme de protéine, 4kCal par gramme de glucide et 9kCal par gramme de lipide. C’est joli, mais ce sont des moyennes, calculées il y a des dizaines d’années par les fameux calorimètres. Le fait est que…ce sont des valeurs très théoriques. Dans la pratique, on métabolise tout ça assez différemment : les protéines ne se stockent pas par exemple, vu qu’elles servent quasiment qu’à la construction cellulaire et à la régénération du corps en général. Les lipides qui se stockent le mieux sont les acides saturés à chaîne longue (dont l’honni acide palmitique) et les monoinsaturés comme l’acide oléique. Herman Taller signe en 1962, avec déjà un titre très controversé, un ouvrage nommé Les calories ne comptent pas

herman taller

Les calories ne comptent pas…selon Herman Taller, cliquer pour avoir la taille réelle de l’image…et lire le texte

Cet ouvrage reprend un peu Banting là où il s’est arrêté : Herman Taller en 1962 promeut une diète pauvre en glucides et riche…en lipides…polyinsaturés : au vu des connaissances de l’époque il a constaté que les glucides (les hydrocarbones) aidaient au stockage et que les acides gras polyinsaturés ne se stockaient pas, contrairement aux saturés. Il recommande ainsi plein de poissons et d’huiles végétales ad libitum, et de la viande à condition qu’elle soit dégraissée. Sans restriction calorique, autant que vous avez faim. Le problème étant qu’à l’époque on ne fait pas de distinction entre oméga3 et oméga6, alors il recommande…de l’huile de maïs. Passeport pour l’inflammation, en quelque sorte…! On ressort amusé de cette lecture, notamment, comme pour Banting, à cause d’un côté suranné, même si l’on mesure depuis les progrès de la science, William Banting, c’était déjà le 19ème siècle.

Il est assez piquant que les tenants de la théorie des calories (dont certains très réputés comme…Lyle McDonald) omettent celle-ci quand ça les arrange, notamment quand ils abordent les glucides : les glucides se stockent difficilement en graisse, parce qu’ils ont un coût de conversion élevé – en acide monoinsaturé et saturé – : c’est donner le bâton pour se faire battre car c’est un parfait argument pour démonter la théorie qu’ils défendent, où en tout cas la complexifier au point de la rendre peu pertinente, voire inutile. Cela explique aussi pourquoi des régimes pauvres en graisses (mais pas totalement dépourvus non plus) semblent fonctionner, dans une moindre mesure toutefois. Notons que le fructose est un glucide qui se convertit mieux en lipide que le glucose, et qui a une fâcheuse tendance à monter les triglycérides, en plus de faire bosser le foie comme un damné.

Malgré tout ça…je pense que les calories restent une partie de l’équation du surpoids : dans la majeure partie des cas, outremanger amène à stocker le surplus…le problème c’est pourquoi outremanger ? J’avais émis le manque en micronutriments il y a quelques temps. Il y a d’autres pistes comme un déséquilibre hormonal : excès de cortisol, par manque de sommeil par exemple, ou excès de cardio, manque de sensibilité à l’insuline, et surtout à la leptine, considérée comme l’hormone maîtresse de la faim et de la satiété. Car il s’agit de ça avant tout : les régimes qui marchent apportent suffisamment de calories (et suffisamment… « pas assez » pour que le corps puise dans les réserves), suffisamment de micronutriments pour gommer les carences, et surtout régulent la faim entre les repas, et vous calent efficacement. Un régime qui restreint les calories mais vous laisse affamé 80% du temps est un mauvais régime, probablement voué à l’échec…probablement une des causes du yo-yo.

plaisir

La cinquième influence ou la dialectique du plaisir

La dernière piste en date que j’ai connu est celle du plaisir apporté par la nourriture, redécouverte par Stephan Guyenet (du blog Whole Health Source) d’après la lecture des des travaux et ouvrages de Michel Cabanac (dont la 5ème influence ou la dialectique du plaisir, qui ne traite pas que de l’alimentation d’ailleurs) : les aliments combinant le plus de saveurs et de textures agréables aux papilles sont le plus susceptibles de déclencher une boulimie instantanée (façon binge-eating), ou d’ouvrir l’appétit bien en grand…ce qui aboutit à une hausse des calories ingérées et à dépense constante, donc une prise de poids. Encore une fois ce ne sont pas les calories en soi qui font grossir, étant donné qu’à partir du moment où les calories consommées excèdent les calories dépensées, on prend *forcément* du poids : c’est une équivalence de la prise de poids en termes physiques, une lapalissade…une lipolissade devrais-je dire, la réelle cause du surpoids est ici l’excès de saveur qui conduit à augmenter démesurément l’appétit, via une action sur le cerveau. Le surpoids est causé bien sûr par l’intermédiaire du surplus de calories, mais se fait en deux temps, comme les maillons d’une chaîne.

Je suis moyennement convaincu par cette théorie : elle a du sens, mais stigmatise les gourmands (qui ne sont pas tous gros), et surtout quelles sont ses implications ? Faut-il manger fade ? Le riz c’est bien à condition de pas rajouter du beurre ? La viande grasse c’est bien aussi, mais sans féculents ? Je vais finir par croire que feu Montignac, qui prônait la dissociation, n’était pas si loin que ça de la réalité. Mais de nombreuses personnes mangent de manière gourmande sans prendre de poids non plus…j’attends plus de précisions parce que pour le moment, ça reste plus une piste sérieuse qu’une théorie, à mon sens, et surtout, elle n’explique pas tout les cas de surpoids (de manière générale, il serait vain de chercher une seule et unique cause, mais plutôt la conjonction de plusieurs).

Pour résumer ce bien bavard article :

–          expliquer la prise de poids par les calories revient à ne rien dire, ou faire une lapalissade.

–          cela ne veut pas dire qu’elles ne comptent pas mais que les causes de la prise de poids sont plutôt ailleurs, en amont.

–          la restriction calorique doit être vu comme une fin…mais pas comme un moyen : c’est la régulation de la faim qui prime  (et donc des calories…de qualité, riches en micronutriments), et qui assure la réussite d’une perte de poids, ou de la maintenance du poids désiré. La restriction calorique a de toute façon des points positifs pour la santé…au-delà du poids.

édition du 25 février 2012 :

Je constate que l’idée qu’il y a quelque chose qui précède la surconsommation de calories est…confirmée ! Voir cette news de lanutrition.fr.

Donc ça devient un truc du genre : « Je mange pas correctement » => « changements métaboliques et physiologiques » => « J’ai faim » => « Je (sur)mange en conséquence » => « Je prends du poids »

Oh my cod ! – A la quête d’une huile de foie de morue de qualité

(cod = morue en anglais)

Tout d’abord…bonne année à tous 🙂

Je ne pourrais plus autant remplir le blog comme en 2011, mais je vais essayer de privilégier la qualité 🙂 Je profite de cet article pour revenir sur la série des caries d’octobre 2011.

Dans notre monde actuel, maintenir des relations sociales, c’est aussi faire des compromis alimentaires…un peu trop d’alcool, trop d’apéritifs salés, de desserts généreux… Cet été, on va dire que je me suis un peu trop compromis, au point qu’une vieille carie s’est réveillée. Je l’ai donc traitée à la manière de Ramiel Nagel ou Weston Price.

Donc c’était bien joli que de tenir un blog sur l’alimentation, mais encore une fois, fallait-il mettre en pratique ce que je dis ! Ce fut chose (re)faite dès septembre 2011. Aux grands maux les grands remèdes, cure d’huile de foie de morue, spiruline, et gelée royale, on bannit les céréales et la plupart des glucides transformés. La douleur au niveau de la gencive est partie au bout d’une semaine, et depuis plus rien. Devrais-je aller voir le dentiste ? Peut-être…mais on va dire que ses horaires n’étaient pas trop compatibles avec les miens, et je ne voulais pas à nouveau subir un charcutage en règle de mes dents. Imprudent ? Sans doute, mais du temps a coulé depuis…et mes dents me laissent tranquille. Voilà qui explique ma série d’articles.

J’ai repris du poil de la diète (allez-y, y a pas de copyright). Je suppose que ma carie s’est guérie toute seule ? Grâce à l’huile de foie de morue…possible. A vrai dire, j’ai repris aussi une alimentation saine. Sans doute, cela m’a permis de guérir plus vite, je ne le saurais jamais. Je m’en remets au savoir empirique de Weston Price sur le coup. Que pensait-il ? Que les vitamines liposolubles, les fameux activateurs étaient d’une importance capitale pour la dentition, surtout les vitamines A et D. Qu’il a identifié un activateur X comme étant la substance la plus fortifiante pour le corps. Quelques dizaines d’années plus tard, un certain Christ Masterjohn publie un article clé en 2008 : la vitamine K2 serait le fameux activateur X.

Je suis assez surpris par la liste des aliments qui contiennent le plus de cette vitamine K2 : du natto loin devant, du pâté de foie d’oie, les fromages sont en première position. C’est surtout la présence du natto qui est…surprenante. C’est le seul aliment végétal de la liste. Comme il est suggéré par ailleurs, la fermentation joue un grand rôle dans la synthèse de cette vitamine. On tient peut-être là une des explications de la santé des japonais, bon, je ne m’aventurerais pas trop, c’est un domaine spéculatif, mais pourquoi pas, étant donné l’attention que portait Weston Price à cet activateur liposoluble. Aussi, les fromages en contiennent beaucoup, Sarah de The Healthy Home Economist nous apprend que c’est le Gouda qui en contient le plus, même sur du Gouda pasteurisé obtenu à partir de vaches « mal nourries ». Notre mimolette française est…techniquement du Gouda ! En effet, elle est faite dans la région de Lille, qui était la capitale des Flandres, et donc culturellement quasi-identique aux Pays-Bas. La couleur jaune vive est aussi un des indicateurs permettant de mesurer la qualité du beurre mais aussi du fromage, je l’ai encore vu ce matin au supermarché, en comparant le Bethmale au lait cru avec le Bethmale au lait pasteurisé. Et donc, la couleur orange, indicateur d’une grande richesse en vitamine K2 ? Pourquoi pas…

Revenons à nos moutons. La vitamine K2, comme le suggère l’article de Chris Masterjohn, agit de concert avec les vitamines A et D. Une des meilleures sources de vitamine A et D est l’huile de foie de morue. La supplémentation en vitamine D est hélas un passage obligé pour les urbains des climats tempérés occidentaux : en effet la pollution atmosphérique empêche en grande partie la synthèse de cette vitamine (bon, j’ai pris le premier article sur google, mais c’est bel et bien quelque chose de communément admis). Etant donné que je ne goutte que très peu au foie cru d’animal ou autres abats crus et riches en vitamine , et que je vis 90% de mon temps en ville, je dois être naturellement en carence. Chose essentielle à savoir, la supplémentation en vitamine D empêche d’être en surdose de vitamine A – et probablement vice-versa, mais l’hypervitaminose D est plus difficile à atteindre, de fait…), ce qui est plutôt rassurant, vu qu’il est très aisé d’être en hypervitaminose A. Les deux vitamines ont de nombreuses interactions…

Donc, il me fallait faire avec les moyens de bord. Croyez-le ou non, je pense qu’en bouteille c’est mieux. Je n’ai pas confiance aux capsules molles. En fait je n’en sais rien, si ça se trouve, c’est pareil, mais vu la position dans laquelle j’étais, je cherchais à optimiser le produit recherché. J’ai donc vadrouillé en pharmacie, j’ai trouvé un seul produit correspondant à mes attentes, de l’huile de foie de morue de marque Cooper, à 9.60€ la bouteille de 150ml. Je n’ai pas trouvé de photo sur le net, donc je me suis servi de mon smartphone pour vous présenter le produit (notez les belles couleurs de ma nappe) :

huile de foie de morue cooperPour la petite anecdote, la notice présente ici, stipule quelque chose qui m’a fait sourire :

Tous les besoins en vitamines sont couverts par une alimentation équilibrée et diversifiée avec les aliments de base traditionnelle (fruits, légumes, viandes, œufs, poissons, céréales, produits laitiers).

Je doute un peu de cette assertion, il suffit de se balader quelques minutes sur lanutrition.fr pour se rendre compte que les carences en vitamine D sont très fréquentes, à cause de l’urbanisation, la pollution, et la sédentarisation. Aussi une bonne partie des gens présentent une carence en vitamine A, car évitant les produits animaux en contenant, et on sait que le gens ayant un métabolisme perturbé ne convertissent que très peu les caroténoïdes (précurseurs de la vitamine A) en vitamine A. De manière générale, je trouve l’AFSSAPS (organisation française) très, trop, sûre d’elle. C’est le défaut récurrent d’un organisme qui prétend par une sorte de raisonnement circulaire qu’en suivant un régime équilibré, on ne peut avoir des carences. Le problème c’est qu’un tas de gens suivant leurs recommandations (très succinctes d’ailleurs), peuvent se retrouver en carence de certains micronutriments. En fait c’est exactement le cas des gens qui peuvent manger théoriquement équilibré, mais qui ne prennent pas assez de cholécalciférol (aka vitamine D3, la plus intéressante) par le biais du soleil…

Cela dit, j’ai quelques doutes : vu les méthodes de fabrication de l’huile de foie de morue, est-ce que ce produit est de qualité maximale ? Un indice dans la composition du produit :

Huile de foie de morue ……………………………………………………………………………………………….. q.s.p. 100 ml

Teneur en vitamine A comprise entre 600 et 2 500 UI/g

Teneur en vitamine D comprise entre 60 et 250 UI/g.

Bon…mon esprit de scientifique s’est éteint avec l’âge…je ne doute pas du dosage présenté. Je pense juste que je suis trop rouillé pour faire la conversion : d’un côté on a un volume, celui de la bouteille, du contenu en huile de foie de morue (150 ml), de l’autre, on a le dosage, non pas en UI, qui est l’unité standard, mais en UI/g. Du coup, sans faire de calculs passablement trop compliqués pour moi, je ne saurais dire si le produit de Cooper supplémente efficacement en ces deux vitamines !

Un autre doute subsiste et me vient d’une remarque du bouquin de Ramiel Nagel :

Toutes les huiles de foie de morue ne sont pas égales. Les huiles de foie de morue achetées dans les magasins d’aliments de santé n’ont pas toutes leurs vitamines D naturelles intactes. La production commerciale d’huile de foie de morue fait intervenir un raffinage alcalin, un blanchiment (NdT : décoloration ?), une hivernisation (NdT : winterization ?) qui élimine les graisses saturées, la désodorisation qui élimine les pesticides mais aussi les vitamines A et D. Lors de ces processus, les vitamines D liposolubles sont complètement détruites, tandis que les vitamines A le sont quasi-intégralement.

Oh my cod ! Ce n’est pas vraiment rassurant. Est-ce que Cooper utilise ces mêmes techniques ? A moins de faire du journalisme d’investigation très poussé, je ne le saurais jamais. Ma carie n’est plus (RIP), mais je ne sais pas si c’est exactement dû à la teneur en vitamines A et D de ce produit. J’ai toutefois noté un changement intéressant au niveau de mon métabolisme : quand je fais des écarts alimentaires (on va dire « sociaux »), mon corps se venge dès le lendemain, il me le fait payer. Ca prend souvent la forme d’une peau qui rougit au niveau du visage, mais aussi et surtout d’une reprise assez virulente d’acné -intoxication, allergie, inflammation ?-. Depuis quelques mois, je ne constate plus ça. Peut-être est-ce le contenu en oméga-3, j’en doute, vu que je faisais déjà un effort auparavant. Je pense plutôt que la vitamine D ne doit pas être complètement détruite et que le produit de Cooper n’est pas si mauvais…mais comment en être certain, encore une fois ? Je précise que c’est ma première supplémentation en vitamine D.

Notons par ailleurs qu’internet donne d’autres marques d’huile de foie de morue en bouteille, comme celle de De Bardo, par exemple.

Le salut vient peut-être de la marque Green Pasture. Celle-ci est citée par le docteur Nagel. Il s’agit sans doute de l’huile de foie de morue la plus saine au monde, et fermentée de surcroit, ce qui permet d’obtenir une concentration en vitamine encore plus grande. Il y a un large choix de produits, en voici un au hasard :

huile de foie de morue fermentéeEt après ? Ben ça coûte un rein. Ou même deux. La marque y est abondamment vantée dans Cure Tooth Decay, avec insistance d’ailleurs. Bon, ok, un peu trop. C’est une caractéristique américaine je pense, c’est une volonté marquée, et sans hypocrisie, de vendre leurs produits. Personnellement, ça ne me choque pas, mais en tant que français dopé à une culture catholique qui considère l’argent et les affaires comme quelque chose d’un peu sale, l’honnêteté de Ramiel Nagel peut en scandaliser plus d’un. Et le business affirmé qui tourne autour des vitamines liposolubles, de l’activateur X est…particulier, il n’y a pas le vernis sobre propre aux produits de la parapharmacie française.

Toutefois, Green Pasture, est une marque qui revendique de manière assumée l’héritage de Weston A. Price. Aussi, je crois que leurs produits sont d’une qualité exceptionnelle. J’ai pris une bouteille d’huile de foie de morue fermentée 237 ml (on est loin des 150 ml de Cooper…), avec le goût cannelle. Je suspecte que les produits où l’on a enlevé les saveurs (si particulières…il est vrai !) ont fait l’objet d’un processus supplémentaire, alors méfiance. J’ai également pris du ghee (« Butter Oil ») provenant de vaches fréquentant les pâturages, et ne se nourrissant que d’herbe. Cela me revient à 125 $ frais de port inclus. Etant donné que je me donne pour objectif de ne plus prendre de vitamines artificielles, ce qui soulagera en contrepartie mon porte-monnaie, je peux tenir 1 an environ avec ces deux produits. Je ferai un compte-rendu, un feedback comme on dit, quand j’aurai testé les produits sur quelques mois.

Une ombre au tableau, toutefois. La préférence du fermenté pour une huile, à fortiori celle du foie de morue,  pose un problème c’est celui l’oxydation. Vu que c’est quasiment des graisses polyinsaturées, je crains qu’elles soient oxydées (ou rances). L’oxydation des graisses est un facteur important dans le déclenchement des maladies cardio-vasculaires, que les graisses s’oxydent au fur et à mesure dans le sang…ou qu’elles le soient au préalables ! A propos, c’est pas les inuits qui se nourrissaient de poissons pourris ?

La suite de la quête…c’est ici !