Archives mensuelles : mars 2012

GAPS diet…uncertain, useless and maybe harmful ?

Sorry french readers, nothing new !

I just discovered this report about two weeks ago. It is called “Efficacy and safety of gluten-free and casein-free diets proposed in children presenting with pervasive developmental disorders (autism and related syndromes)”, and it’s written by some french scientists working for the AFSSA (French Agency For Food Safety).

You can download it here.

régime gaps

Oh noes, french scientists debunked GAPS diet ! Surely not…

I did a lengthy web 2.0 analysis with some sarcasms here, in french, sorry. I just want to share some of my conclusions.

1 – Arguments related to opioids seem clearly weakened. Maybe we should try to prove clinically that food containing caseomorphins and gluteomorphins act on the brain more than other type of opioids do. In any event, I don’t find opioids hypothesis convincing if other types contain other types of opioids.

2 – Studies that conclude by a lack of efficacy of these diets are surprisingly weak, methodologically speaking. One of them talks about children who are not observed at home (did they cheat ?). Or they are using some milk soy to replace milk cow…poor children ! Even a bad mother would not treat them with that soylent green milk. Cited studies are rather careful about efficacy of GFCD diets. But the AFSSA report is somewhat in a hurry to refute the utility of these diets.

3 – GAPS Diet is not a simple GFCF diet. GAPS diet is more complete, it goes further. It’s a more holistic approach, that doesn’t forget pedagogic methods. And, of course, GAPS diet not only excludes foods that contains gluten or casein, but reduces drastically refined or high GI carbohydrates (in the early stages, at least), promotes animal fats, bone broths, detox methods, etc. It’s not just about casein and gluten (even if they are avoided too).

4 – Basically, the central phenomenon explained by the GAPS Diet book is more about gut dysbiosis or candidosis than about opioids (even if they seem to play a considerable role). Even if opioids hypothesis is false, this is not which debunks GAPS theory. This report doesn’t talk about gut dysbiosis or candidosis…

5 – Testing GFCF diets is not testing GAPS diet (or Specific Carbohydrate Diet, which is much closer than simple GFCF diets). By the way, I don’t think the gut-brain link is about to demonstrate. I doubt François Pinel (who says the seat of madness might be found in disorders of the intestines) thought this way by chance. To me it’s not just a pure intuition, but an empirical advice, which can be hard to scientifically prove. Sometimes we need clinical studies properly led by honest scientists. But, we have also to see practitioners working with GAP children and see the results they obtain. I don’t know why excellent results from Natasha Campbell-McBride would be opposed to “real science” (if this french report is real science, it’s pure joke !). We can learn from both.

And to summarize more briefly ? So…GAPS diet, is of course, nor debunked nor refuted. But we know now that opioids hypothesis is too weak to fully explain GAP syndrom, and a far too simplistic gluten free, casein free diet can be totally useless…

~ Une certaine conception de l’esthétique ~

Le docteur Cate Shanahan (rien à voir avec le générique d’Intervilles) tient un blog d’excellente facture depuis quelques temps et mérite d’être lu, tout comme son ouvrage Deep Nutrition : Why your genes need traditional food.

why your genes need traditional food

Cet ouvrage sent à vue de nez la filière WAPF (Weston A Price Foundation pour ceux qui ne suivent pas). L’ouvrage aborde l’épigénétique, comme le montre ce résumé de monblogpaleo.net. Pour autant, je n’ai pas eu l’impression d’apprendre grand chose de plus. Il faut dire qu’à force de se documenter, les nouveautés se font plus rares. Non, les passages les plus inspirés ou qui m’ont semblé le plus faire avancer le schmilblick, sont à propos de la beauté de la beauté très mathématique de la nature, en liaison avec la génétique, bien sûr. L’exemple le plus flagrant étant celui de ce nautile, présent en couverture, saviez-vous que ses mesures respectent parfaitement le rectangle d’or ?

rectangle d'or

Ce que l’on peut retenir ? C’est que les mathématiques s’observent même dans le champ de l’esthétisme. Le docteur Cate reprend à son compte, ainsi, les travaux de Stephen Marquardt, qui a travaillé sur les visages humain et obtenu une sorte de portrait-robot commun à toutes les jolies personnes (universellement reconnues comme telles, en tout cas).

masque de beauté

Le masque de Marquardt…cliquer pour voir quelques exemples sur google

Jusque-là, rien de bien étonnant, ses travaux sont reconnus, bien que le sujet de l’esthétisme relié aux conceptions mathématiques en fasse bondir plus d’un pudibond dans le milieu scientifique. Enfin qu’importe, le monde ne manque pas non plus de personnes charmantes et qui défient « ces lois ». Mais enfin, il faut reconnaitre qu’il a plutôt visé juste tant ce masque s’applique bien à la plupart des belles stars, des gens reconnus sans sourciller comme beaux.

Le docteur Cate ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. Elle a repris à son compte, certaines conclusions…du docteur Price. Les individus vivant dans des tribus primitives et s’alimentant de la manière idoine se révèlent…beaux. Le docteur Price jugeait ces individus beaux. Cate Shanahan a donc appliqué le masque de Marquardt aux photos de Nutrition & Physical Degeneration. Ô miracle, les photos et le masque se superposent !

En poussant le raisonnement, elle aboutit à la conclusion qui suit : en se nourrissant correctement, on permet de mieux se développer, et cela englobe autant le squelette, la carrure, les dents…et l’esthétisme. Cela me fait penser au proverbe qui dit que lorsqu’on a un marteau pour seul outil, tout les problèmes ressemblent à des clous. Pas faux dans le cadre de la nutrition (et j’assume à titre personnel !), mais examinons un de ses plus forts arguments. Je vais m’attarder la beauté du visage, mais l’esthétique concerne aussi le corps, Cate donne les types de silhouettes féminines : Banane, Pomme, Poire, Sablier, ce sont évidemment les deux derniers qui sont gages d’une bonne santé chez une femme – en lien avec le potentiel…reproductif -.

Le docteur Cate embraie ainsi sur le Second Sibling Syndrome, qu’on pourrait traduire de manière moins efficace en français par le syndrome des cadets (enfants de mêmes parents bien sûr). Elle établit quelques constatations assez frappante, au moyen de quelques exemples : la fratrie Fiennes, les soeurs Turlington, ou même les fils du Prince Charles.

* Les aînés sont systématiquement plus beaux que les suivants

* Les suivants sont généralement moins symétriques bien qu’elle ait démontré auparavant que la symétrie biradiale parfaite n’était pas un critère de beauté, la symétrie compte tout de même dans l’équation

* les suivants ont aussi des visages moins parfaits et plus ronds. Ceci serait dû, entre autres à un manque de rectitude de la mâchoire inférieure (ou mandibule).

Ce point est éminemment curieux. La mandibule moins développée chez les cadets ? Quelle idée farfelue. Je dois avouer que les exemples choisis, sont frappants, à l’exception des Turlington où ce sont les deux aînées qui correspondent…aux canons de beauté (Christy étant seconde). En fait pour visualiser, la partie de la mâchoire qui part du niveau des oreilles devrait être en théorie suivre une ligne droite, ligne qui n’est que la prolongation du haut de la tête. Sauf que chez les cadets, cette partie de la mâchoire ne se prolonge pas en ligne droite, elle s’arrondit. C’est le cas…très mondain, par exemple, donné par Cate Shanahan des soeurs…Hilton :

Paris Hilton l’aînée avec une mâchoire bien évidente, et Ricky, moins chanceuse

Il ne s’agit pas de dire que la soeur Hilton est laide (a priori, non, elles partagent quand même les mêmes parents !), mais qu’en termes évolutionnistes, une mâchoire bien formée est un signal de beauté et surtout de santé. On lie souvent, avec raison la beauté et la santé. Peut-être que la seconde prépare au mieux la première…et cela jouerait pour trouver un partenaire sexuel en vue de la reproduction…c’est controversé et surtout tabou mais l’évopsy est un sujet sérieux, et les femmes des riches sont belles. Notons aussi que la question de la mâchoire s’applique aussi de manière évidente entre le Prince Williams et le Prince Harry plus jeune. De manière anecdotique encore, en ce moment, je regarde les premières saisons de Docteur House, et tout les acteurs principaux (House, Cameron, Wilson, Foreman, Cuddy) ont TOUS la mâchoire bien développée. Cate signale que c’est un critère déterminant, inconscient probablement, mais que l’on retrouve la plupart du temps dans le sens évoqué – donc, la mandibule bien droite – chez les acteurs qui réussissent. Ont-ils des physionomistes à Hollywood ?

L’explication rationnelle donnée par le docteur Cate, est la nutrition pendant la grossesse. Lors de la première grossesse, la femme enfante pour la première fois et est donc relativement épargnée si je puis dire. Elle peut donc optimiser son enfant, sa croissance, ses os, etc. Pour les suivants, ce qu’il se passe, c’est qu’il y a les  hormones qui s’agitent (pics d’oestrogènes…qui affectent même les enfants de sexe masculin, leur donnant un léger aspect féminisé). Et évidemment cela est dû…à la nutrition. Manque de vitamines (lipo et hydrosolubles, bien qu’elle insiste particulièrement sur la vitamine D), de minéraux, d’oméga-3 à chaînes longues, là encore, difficile de n’y voir qu’un seul et unique coupable.

Parfois, les deux premières grossesses sont optimales, et c’est le troisième enfant qui porte les stigmates de cette sous-nutrition. C’est aussi un marqueur de la qualité de l’alimentation d’un peuple. Le Syndrome des Cadets n’existe évidemment pas dans les peuples primitifs à l’alimentation traditionnelle. Elle est par contre bien en vigueur aux Etats-Unis, et même, malheureusement…en France. J’ai vérifié illico sur l’exemple le plus à portée de main…moi-même ! J’ai ainsi scruté mon visage devant un miroir, et celui de mon frère aîné, et le constat est sans appel : j’ai bien un visage plus rond, et la mâchoire inférieure qui s’arrondit nettement au lieu de faire une ligne droite abrupte. J’ai aussi des lèvres plus pulpeuses, et des sourcils plus arrondis (un autre critère utilisé par Cate).

Tout cela pourrait sembler n’être qu’une suite d’analyses et d’anecdotes, certes convergentes mais qui ne constituent ni études sérieuses ni preuves (la preuve par l’exemple…ne s’applique pas !), et donc toutes les considérations esthétiques de Cate Shanahan pourraient n’être que charlatanisme. Sauf qu’il y a un détail que j’ai oublié de vous préciser me concernant : lors de la seconde grossesse de ma mère (et c’était moi qui occupait donc les lieux), elle a perdu une dent. Déminéralisée…tombée sans même une carie ? Je n’ai pas osé creuser et poser plus de questions sur cette époque qu’elle a mal vécu, mais c’est bien au cours de la grossesse que cela s’est passé. Je sais qu’elle ne se nourrissait pas de manière correcte à cette époque…je suppose que je devais puiser en vain sur ses ressources pour me nourrir (et me minéraliser un minimum). Et c’est cette dent qui a fait les frais de mes besoins en minéraux, et encore, sans que mon développement ait été pour autant optimal…Je suis presque choqué au moment où j’écris ces lignes, mais en lumière de la nutrition, des travaux des docteurs Price et Shanahan, il y a comme une certaine cohérence.

C’est en tout cas une piste intéressante à étudier et qui apporte de l’eau à mon moulin : l’alimentation pendant la grossesse est importante pour le développement de l’enfant – et évidemment, la santé de la mère – et les recommandations devraient être un peu plus abouties que les habituels « éviter les laitages crus » ou bien « éviter l’alcool ». Effectivement on cherche à éviter que l’enfant soit malade, mais on devrait aussi veiller aussi à son potentiel de développement. Toutefois, il est bien dommage qu’aucune sérieuse de comparaisons intra-fratries n’existe, certains arguments de Cate me semblent assez spéculatifs et non soutenus par la liste d’études citées en fin d’ouvrage, notamment sur le syndrome des cadets. C’est à chacun d’entre nous, de voir si son analyse s’applique à soi-même ou son entourage. Peut-être, comme moi apprendrez-vous des choses sur votre propre histoire et développement.

De bien beaux oeufs – GAPS encore !

Une bonne surprise au supermarché aujourd’hui, la qualité des oeufs en vrac était optimale, et correspondait franchement en tout points à ma charte qualité. Pourtant il s’agit du même supermarché, et les oeufs en vrac sont garantis par la marque Mâtines, les poules gambadent en plein air, c’est gage de qualité, mais tout les oeufs ne sont pas nécessairement aussi resplendissants. Il faut croire que les producteurs et leurs méthodes ne sont pas les mêmes, sans évoquer un possible effet saisonnier.

poules en plein air

Les fins observateurs noteront que la nappe a changé

A propos du billet d’hier, je voulais relater une expérience personnelle. Il y a quelques années quand mes troubles digestifs étaient réguliers, je notais que mon comportement changeait : besoin d’être seul, dans ma bulle, de ne pas être dérangé, j’étais sec avec mon entourage, voire un peu triste à l’intérieur, le seul moyen de calmer ces symptômes c’était des activités solo comme la lecture ou regarder la télévision. Ok, quand on est malade on est différent, mais j’ai pas le souvenir de changer d’état d’esprit avec un rhume (hormis la fatigue). Vu que cela m’est arrivé il y a quelques temps (on n’échappe pas aux événements sociaux et festifs…), j’ai eu la sensation que les intestins guidaient mon humeur. Un relation maitre/esclave entre cerveau et intestin, et ce n’est pas forcément le cerveau qui domine ? Bon bref, pas de preuve, mais mon expérience tend à rejoindre la théorie GAPS, et vous, qu’en pensez-vous ?

En finir avec le régime GAPS…ou pas ?

Titre alternatif : « le régime GAPS, inutile et incertain ? » inspiré par l’essai de Jean-François Revel sur Descartes (« Descartes, inutile et incertain »). Et désolé, c’est un long article.

Dans le cadre de mes recherches, je flâne sur google, et il m’arrive de tomber sur des liens, des études qui éclaircissent chaque jour un tout petit peu la grande pièce scientifique de la nutrition. Et là, je suis tombé sur un véritable bouton extincteur, du genre à éteindre la lumière, à rendre sombre tout une partie de la pièce. Et à ne plus y comprendre grand chose, ni à y retrouver ses petits (et moi je secoue ma tête comme Idéfix).

Il s’agit d’un document publié par l’AFSSA en avril 2009. Le but étant de jauger l’efficacité ou les nuisances du régime sans gluten et sans caséine à des enfants autistes ou présentant des syndrômes apparentés. Notons que le document est aussi publié en anglais, ce qui est appréciable pour élargir le public intéressé par l’étude. Très bien, le régime GAPS s’inspire en partie de ce régime, donc cette étude pourra être utile pour juger le régime GAPS…sauf que pas vraiment. J’ai sélectionné quelques morceaux de choix.

régime gaps

Le régime Sans Gluten Sans Caséine scruté par l’AFSSA

L’origine de l’autisme demeure inconnue. Les théories psychodynamiques ont initialement vu dans l’environnement, notamment familial, la cause exclusive de lamaladie. Les recherches développées au cours des deux dernières décennies dans les domaines de la neurobiologie et de la génétique ont fait progressivement émerger une conception plus organique en révélant la présence d’anomalies du développement cérébral (Polleux & Lauder, 2004; Baron-Cohen & Belmonte, 2005).

L’origine est inconnue, sûrement multifactorielle. Je suggère de jeter un œil sur l’ouvrage de Natasha Campbell-McBride sur ses explications liées à la nutrition, et notamment le phénomène de dysbiose intestinale et de candidose (et pour les plus sceptiques les dizaines de liens menant à d’autres études). Les auteurs de l’étude restent bloqués sur la maladie coeliaque mais le lien intestins-cerveau est loin de se limiter à cette maladie.

Les associations ont souligné que ces régimes représentent une importante contrainte pour les parents et les enfants et qu’ils compliquent sensiblement la vie sociale de ces derniers.

Hé oui. Mais comme toute allergie, on doit faire attention toute sa vie, il faut prendre ses responsabilités et sa santé en main, ça n’est pas une sinécure, mais il faut savoir ce que l’on veut. Sinon, ce passage tend vers le larmoyant, ça commence mal.

À ces difficultés s’ajoutent des considérations budgétaires liées aux coûts du régime, souvent majorés par l’introduction de compléments alimentaires, voire de chélateurs.

Oui, bien se nourrir coûte plus cher souvent (parfois pas si on est débrouillard, mais bon, acceptons). Il faut savoir ce que l’on veut…bis. Tant pis pour l’abonnement du smartphone du petit dernier, on s’en passera. Mais bon, on parle bien de guérir, ou au moins être en rémission ? Je pensais que la santé c’est ce qui importe avant tout.

Le chapitre 2.1 Origine des régimes d’exclusion dans l’autismeest relativement intéressant, assez pointu. Ils en profitent pour présenter leur démarche (qui me semble correcte, à première vue). S’ensuit une liste d’études sur l’efficacité du régime qui présentent toutes des problèmes de méthodologie :

Les auteurs reconnaissent d’ailleurs que seule une étude conduite en double aveugle autoriserait une conclusion fiable. La procédure d’évaluation du résultat n’est pas détaillée et le « questionnaire clinique » n’a pas fait l’objet d’une validation préalable. L’analyse des différentes caractéristiques comportementales n’est pas disponible chez tous les sujets (4, 10, 11,13 ou 15 sujets, selon les items). Les conséquences des trois régimes ne sont pas différenciées et aucune analyse statistique n’a apparemment été effectuée. Enfin, l’effet des médicaments (anti-épileptiques [n=4] et thioridazine [n=9]) n’est pas évalué, alors qu’il peut constituer un important facteur de confusion.

La réduction de l’apport lacté correspondait à la suppression des fromages, mais pas du lait – note de moi-même : le fromage est singulièrement appauvri en caséine…-

Le régime d’exclusion n’a pas été uniformément suivi : un sujet l’a cessé après9mois et un autre une semaine avant l’évaluation à un an; deux autres sujets l’ont complètement abandonné à l’issue de la première  année; un autre consommait occasionnellement du gluten et un a cessé de suivre son régime peu avant la fin de la quatrième année de traitement.

On sent à l’avance que les résultats vont être solides…

Les auteurs concluent à l’absence de lien entre régime et comportement et suggèrent que les régimes d’exclusion pourraient encore compliquer la socialisation de ces enfants.

La conclusion est un peu hâtive mais peu importe, je note une figure de style confinant au pléonasme : si le régime fonctionne alors il facilite la socialisation (on parle bien de troubles du comportement), s’il ne fonctionne pas, ça fait un obstacle en plus. Lapalice approuve !

Une perle sur une autre étude :

De plus, les auteurs indiquent qu’il ne leur a pas toujours été possible d’apprécier l’observance du régime, notamment chez les enfants restés au domicile.

Bon, en gros ils ont triché les sales gosses ?

Et pour finir sur l’efficacité :

[plaintes sur les défauts des études][…] Les données scientifiques actuelles ne permettent donc pas de conclure à un effet bénéfique du régime sans gluten et sans caséine sur l’évolution de l’autisme.

J’aurais tout simplement dit : les études sont pas terribles (les médecins, les chercheurs ont fait ce qu’ils ont pu), mais leur conclusion est solide. Je dirais même que les données scientifiques actuelles ne permettent donc de conclure sur…rien. En fait on n’est juste pas plus avancé, on ne peut pas conclure sur l’efficacité du régime, ni sur son inefficacité. La science progresse, rassurez-vous !

Ensuite, le document s’attarde sur l’autre face, l’inocuité de ce type de régimes. L’étude essaie de tester les effets négatifs de ce tyme de régime.

Affirmer l’innocuité du régime sans gluten et sans caséine dans l’autisme implique de démontrer l’absence d’effet indésirable de cette intervention sur le plan nutritionnel. En théorie, le spectre des conséquences à rechercher est vaste, allant de la plus marquée (altération de la croissance) à la plus discrète (réduction des réserves  d’un micronutriment).

La question est légitime. Pourquoi pas. Toutefois, a priori, il n’y a aucune raison de penser que les produits issus du blé ou du lait soient obligatoires : de nombreux peuples fonctionnent très bien sans, et il est probable que la consommation de céréales – qui plus est, sauvages – ait été épisodique au cours du paléolithique en raison du caractère annuel de la récolte. Les aliments de base fournissant le plus de calories sont vraisemblablement plus les tubercules ou la viande.

La première tentative d’analyse systématique du comportement alimentaire spontané des enfants autistes montre que plus de la moitié des enfants inclus est constituée de mangeurs sélectifs, acceptant ou refusant les aliments, notamment sur la base de leur texture ou de leur type (Ahearn et coll., 2001).

Je crois bien que cela frappe les enfants de manière générale. Dans le Syndrôme Entéropsychologique, il est bien précisé que les enfants GAPS ont une attirance particulière pour…les féculents et sucreries…et rejettent le reste. J’y reviendrais plus tard dans cet article.

Il faut aussi éviter les nombreux produits industriels qui contiennent du gluten ou des protéines de lait comme ingrédient ou auxiliaire technologique (cette double exclusion interdit la consommation de presque toutes les préparations cuisinées du commerce).

C’est pas plus mal, non ?

La première étude est un peu vague, la seconde contient un élément intéressant.

L’anomalie de développement des corticales osseuses qui touche les enfants autistes (cf. 3.1.2) est plus prononcée chez ceux qui suivent un régime sans caséine (sans laitages) : l’écart par rapport aux normes des enfants sous régime d’exclusion est près de deux fois plus important que chez ceux qui n’en suivent pas, ce qui suggère une relation, au moins partielle, avec la consommation alimentaire

Oui…les enfants supprimant les produits laitiers -enfin, leurs parents- doivent faire attention à leurs apports en calcium, et éventuellement…la vitamine D, ou plus prosaïquement le soleil s’ils sont en milieu pas trop urbanisé.

S’ensuit sur une remarque sur la substitution d’aliments trafiqués à base de gluten par des aliments trafiqués sans gluten (donc tout autant de saloperies sucrées), et je retiens :

Le lait et les produits laitiers sont remplacés par des préparations à base de soja

Argh ! Pauvres chous ! Je compatis. On remplace du lait frelaté et plastique par du Soleil Vert ! Natasha est pourtant claire dessus ! Pas de soja ! Quant aux autres boissons citées, elles peuvent imiter ou non le lait, nutritionnellement parlant ce n’est pas la même chose, idem pour le lait de coco.

Le régime sans gluten et sans caséine ne paraît pas compromettre les apports de protéines, vitamines B1 et B2 et calcium, pour autant qu’il comporte des substituts du lait riches en calcium.

Mais pourquoi diantre faudrait-il un substitut du lait ? Il y a ce qu’on appelle des légumes qui en sont pourvus. Et la lecture de Thierry Souccar nous enseigne que l’on ne souffre pas de manque de calcium à cause du manque de lait, après c’est sûr, il faut faire attention. Pour revenir au lait, Natasha Campbell McBride suggère les bouillons et autres soupes avec des os (les sardines à l’huile avec les arêtes, c’est pas mal aussi).

Il faut souligner que cette conclusion est très fragile, puisqu’elle repose exclusivement sur un calcul théorique. Une réduction de la consommation alimentaire des enfants en réponse à l’introduction du régime (Ahearn et coll., 2001 ; Cornish, 2002; Francis, 2005) la rendrait complètement caduque. Il est impossible de se prononcer sur les autres nutriments.

Chic encore une étude solide et aux résultats significatifs et de première importance.

La première conséquence possible découle de l’apparente contradiction qui existe entre les efforts  déployés pour favoriser une meilleure insertion sociale des enfants autistes et la mise en place d’un régime contraignant, susceptible de renforcer au contraire leur isolement (Sponheim, 1991). Certaines études signalent d’ailleurs une aggravation des troubles du comportement dans les semaines suivant l’instauration du régime (Reichelt et coll., 1990; Cade et coll., 2000).[…] L’exclusion simultanée du gluten et de la caséine du lait représente un bouleversement des habitudes dont le risque est d’exacerber les difficultés alimentaires

C’est tout à fait juste. Natasha Campbell-McBride développe des techniques qui rivalisent d’ingéniosité pour faire accepter le régime. En tant que praticienne, elle a aussi acquis beaucoup de pédagogie et de psychologie enfantine. Autre point, le régime est d’autant plus difficile à accepter qu’il effraie les parents (et les enfants en cascade). Il est essentiel d’axer le régime sur la nouveauté des aliments que l’on va découvrir, que ruminer sur l’exclusion (encore une fois, de nombreux peuples font sans, et il est vrai qu’une fois qu’on a connu, on devient capricieux, mais ça s’arrange si l’on évite de faire de son enfant un enfant-roi…sans compter que l’hyperactivité est reconnue comme une composante GAPS !). Je vous renvoie à l’ouvrage, ou encore au Centre de Nutrition Holistique qui traite de ces problèmes du quotidien.

Le chapitre suivant (Conséquences nutritionnelles à long terme du régime sans gluten chez l’enfant non autiste : expérience de la maladie coeliaque) est comment dire, assez farfelu, je ne commente que ce qui me fait réagir (heureusement tout n’est pas faux !) allons-y gaiement :

[…]peu de médecins se soient demandés s’il pouvait être nocif à long terme, notamment en supprimant les nutriments apportés par les céréales, tels que les vitamines, les oligoéléments et les fibres. La question est pourtant pertinente, puisque la teneur des aliments sans gluten en vitamines du groupe B (thiamine, riboflavine, niacine), en fer, en fibres peut notablement différer de celle des aliments naturels qu’ils sont censés remplacer.

Euh bon. Pourquoi une alimentation équilibrée avec des viandes de tout type, du poisson, des légumes variés, des fruits ne saurait pas apporter tout ça ? Les céréales ont été jadis un aliment très occasionnel, et encore pas pour tout les peuples (ceux qui tombaient sur ces plantes-là donc, elles n’occupaient pas toute la surface terrestre…), et ceux qui trouvaient à manger ailleurs devaient sans doute les ignorer, tellement elles sont peu appétissantes et requérant beaucoup de manipulation pour les rendre propres à la consommation. Quant aux fibres, les légumes jouent leur rôle ainsi que les autres féculents (amidon résistant) aussi via la filière de l’acide butyrique. Après, je ne sais pas, mais il me semble que les fibres insolubles servent à rien et peuvent même être nocives (y a des sources scientifiques pour ceux qui en veulent). Et il y en a dans les céréales complètes. Pour les vitamines, il faut voir, après tout on surestime sans doute les besoins…la question qu’il se pose est purement spéculative. Moi je peux, je blogue en amateur intéressé, je ne publie pas d’étude sérieuse.

Chez l’adolescent, le régime sans gluten a tendance à accentuer les déséquilibres nutritionnels habituels à cet âge (trop de protéines et de graisses, pas assez de glucides et de fibres)

Trop de graisses ? Et s’il veut suivre un régime appauvri en glucides, c’est mal ? C’est pourtant une étape primordiale dans le régime GAP ! Quant aux fibres, à moins de manger sa viande bio crue ou fermentée, je suis d’accord – mais le régime GAP met bien l’accent sur les légumes, donc, bon, si les adolescents veulent manger des mauvaises viandes trop cuites à tout les repas, bien mal leur en prend)

Ces informations limitées indiquent l’existence d’un risque nutritionnel, mais ne permettent pas d’en évaluer  l’importance.

Chic, encore une conclusion certaine et solide.

A propos des laitages :

Cependant, le régime peut se révéler insuffisant en certains nutriments, notamment en calcium (Monti et coll., 2007; Konstantynowicz et coll., 2007; Aldámiz-Echevarria et coll., 2008) et peut même aboutir à une malnutrition sévère s’il n’est pas réalisé sous contrôle médical (Noimark et coll., 2008).

Même remarque que plus haut…

Allons gaiement à la conclusion :

En dépit du caractère sélectif de leur consommation alimentaire spontanée, les quelques études évaluant la croissance des enfants autistes ne montrent pas de différence évidente avec les populations d’enfants prises pour référence. Par contre, il n’existe aucune donnée sur la croissance ou l’état nutritionnel des enfants autistes soumis à un régime sans gluten et sans caséine. Il n’est donc pas possible d’affirmer qu’un tel régime soit dépourvu de conséquence néfaste à court, moyen ou long terme, ce d’autant qu’il pourrait avoir une influence défavorable sur la consommation alimentaire.

Bah oui. Les enfants trichent chez eux, les parents achètent des produits de substitution à la con (excusez-moi…), l’alimentation est gérée au coup par coup, sans véritablement de psycho-pédagogie, j’imagine les parents effectivement assez désemparés, et donc les enfants. On évite le lait et le pain, mais après c’est la fête du slip, aucun accompagnement global de la famille. Mais en déduire que c’est stricto-sensu le régime qui est mauvais en soi…est faux. Vu la qualité des études, je retourne la conclusion : « Il n’est donc pas possible d’affirmer qu’un tel régime soit pourvu de conséquences néfastes à court, moyen ou long terme ». Une conclusion solide, à n’en point douter !

Heureusement, je serais de mauvaise foi sinon :

La réalisation d’un tel régime ne devrait donc s’effectuer que sous une surveillance stricte, exercée par des nutritionnistes qualifiés, seuls à même d’en apprécier la tolérance.

D’où la pertinence du protocole GAP ! Et que les nutritionnistes se mettent au courant de l’existence du régime pour accompagner les familles !

On arrive à un chapitre nommé Arguments indirects avancés à l’appui du régime sans gluten et sans caséine. Bon, espérons que ça ne soit pas trop spéculatif…

Il peut paraître surprenant que l’usage d’un régime d’exclusion très contraignant, qui n’a pas apporté la preuve de son efficacité (cf. chapitre 2), ni démontré son innocuité (cf. chapitre 3),

Ni de son inefficacité ni de son caractère nocif…

S’ensuit un chapitre relativement intéressant sur les opioïdes, et la théorie qu’il y a derrière le régime sans gluten, sans caséine. L’étude ne sera pas vaine à mon sens, car on y apprend que d’autres aliments en contiennent (et en fait…bien plus qu’on l’imagine), et que les protéines contiennent aussi des antagonistes récepteurs des opioïdes qui contrecarrent l’activité de ces derniers. Et il existerait des filières endogènes de créations d’opioïdes…sous des conditions particulières et avec certains aliments. Intéressant, et très bien détaillé, rien à redire.

Apparemment, pas de lien concluant entre maladie coeliaque et autisme (je présume à titre spéculatif, que cette maladie doit tout de même accentuer les symptômes, à vérifier, je m’avance un peu sans doute)

Plus étonnant sans doute quelques études sur l’autisme et maladies inflammatoires du tube digestif concluent à l’absence de lien. Une autre étude où « les auteurs concluent, comme dans le premier article, à l’existence d’une entérocolite inflammatoire chronique associée à l’autisme. » semble s’opposer à la première, de manière superficielle, certes.

Je zappe un peu, ça devient touffu (et je languis de conclure, moi aussi), voici la conclusion d’une autre étude :

Neuf pour cent (9/96) des enfants autistes avaient présenté des troubles digestifs avant la date du diagnostic de l’autisme. La population des enfants de développement normal (contrôles appariés par l’âge et le sexe) présentait une prévalence identique de troubles digestifs (41/449). Selon ces résultats, l’autisme n’apparaît pas comme un facteur de risque de troubles digestifs.

Natasha Campbell-McBride affirme avoir soigné son fils, ancien autiste qui présentait des troubles digestifs, grâce à l’alimentation. Idem pour tout les patients qu’elle a rencontré…tous présentaient des troubles digestifs…comme quoi. Ont-il recensé tout les types de troubles digestifs connus ? Laissons le bénéfice du doute, d’autres études citées semblent partager le même point de vue. Mon point de vue est que si effectivement les prévalences sont les mêmes, cela conforte une vision multifactorielle de l’autisme (et syndrômes associés)., où la génétique doit jouer un rôle, l’alimentation de la mère pendant la gestation aussi (la santé de vos enfants commence…par celle de vos intestins !).

Et le régime GAPS dans tout ça ? Ce n’est pas un simple régime sans gluten et sans caséine. Le régime tend en effet à supprimer le gluten, au moins dans ses premières phases. Pour la caséine, les produits laitiers sont autorisés sous la forme fermentée, et si possible crue, non transformée. Elle donne le test pour déterminer la présence d’une allergie. Comme je le disais, le squelette du régime GAPS, son ancêtre est plutôt le Régime des Glucides Spécifiques. Le régime GAPS va plus loin que celui-là, et donc beaucoup plus loin que le régime sans gluten, sans caséine de base : pas de soja, les graisses animales sont ok, on porte une attention particulière aux oméga-3, à la vitamine D, on réduit les glucides dans un premier temps -facteur nourrissant la dysbiose, les autistes sont accro aux féculents-, probiotiques conseillés (l’étude de l’AFSSA ne parle jamais de dysbiose, ni de candidose, ni de la qualité de la flore intestinale, vous avez noté ? Il y a à creuser dans ce chemin, à mon avis), détoxification à base de jus frais, bouillons à base d’os – calcium -, etc.

Laissons de côté les études qui infirment l’absence de lien entre troubles digestifs et autisme, et laissons parler Natasha Campbell-McBride, dans le Syndrôme Entéropsychologique, page 126 :

 Le régime SGSC vise à supprimer ces deux protéines de l’alimentation. Si la théorie sur laquelle il se base est fondée, c’est son application qui pose problème. En raison du déséquilibre de leur flore intestinale, les enfants autistes ressentent des envies irrésistibles de consommer des glucides transformés, qui nourrissent les agents pathogènes de leur intestin[…]aussi pour mettre en place un régime SGSC a-t-on remplacé ces glucides transformés contenant du gluten par des glucides transformés sans gluten[…]Mais ces aliments nourrissant la flore intestinale dégradée tout autant que les précédents, les toxines continuent à traverser la paroi intestinale perméable et à passer dans le sang pour atteindre le cerveau, et le cercle vicieux se pérpetue. Bien sûr, le fait qu’il y ait deux toxines en moins est bénéfique, mais cette mesure reste inefficace parce que les toxines produites par la flore dégradée ne sont pas éliminées[…]Il est fort dommage que le régime SGSC soit devenu, dans le monde entier, le régime recommandé en cas d’autisme, car il traite très incomplètement le problème en se concentrant sur les glutéomorphines et les casomorphines[…]Ces deux substances ne constituent nullement la clé qui permettra de comprendre comment guérir l’autisme,…

Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle se distingue nettement du simple régime SGSC. Les auteurs de l’étude ont noté que les autistes semblent être bloqués sur des aliments particuliers (texture, goût, etc.)…la clé ne semble-t-elle pas être un excès de glucides pour la flore intestinale pathogène ? Ils sont réintroduits dans les phases ultérieures du traitement. Le régime GAPS, et son livre sont un trésor. Natasha Campbell-McBride n’a rien d’une prêtresse doctoresse new-age, et ses explications sont étayées par des références scientifiques anciennes comme très récentes, le livre est d’ailleurs réactualisé et réédité en fonction des découvertes. Et semble-t-il les résultats qu’elle obtient dans sa clinique de Cambridge sont excellents, tout comme…sa réputation. Consuelo Werner de Healthy Guts lui doit une fière chandelle, tout comme Denise et Christian Fantoli du Centre de Nutrition Holistique. On dirait que les résultats de la vraie vie, les anecdotes personnelles (qui ne tiennent pas lieu de preuve, nous sommes d’accord) s’opposent aux études scientifiques. Mais je viens de découvrir le site Autism.com qui regorge d’études scientifiques plus solides et moins hasardeuses et qui tendent à conforter la pertinence du syndrôme entéropsychologique (Pinel avait-il tout faux au fait ?)

Je regrette que derrière cette étude de l’AFSSA, transpire un vrai parti pris, sans parler de biais de confirmation (et pourquoi pas sélection des études ? Il est probable que certaines s’opposent à celles relevées dans l’ouvrage de Natasha) et ce malgré la très bonne documentation (surtout la partie sur les opioïdes), ce qui est dommageable. De même le régime SGSC date, le régime GAPS a déjà quelques années d’expérimentation et est bien plus abouti, tant dans les explications scientifiques (à débattre éventuellement), que dans la méthode et la pédagogie alimentaire.

A quand une étude qui se penche sur le protocole GAPS, et pas seulement le régime SGSC ?

Une inextinguible soif de vérité

Allons-y pour cet article à double-thème « cinénutrition ». C’est aussi le moment de recycler quelques idées (on va dire récurrentes au blog, quitte à passer pour un monomaniaque), et quand même progresser un chouïa.

La Vérité…un excellent film de Georges Clouzot. Peut-être mon préféré. Un drame passionnel, une Brigitte Bardot enjouée, quelques scènes cultes, une quasi-ambiance de film noir assure à ce film les qualités essentielles pour être un classique du genre.

brigitte bardot

La vérité…pour la connaitre, il faut la traquer !

Les juges traquent la vérité en questionnant sans cesse cette « pauvre » Dominique Marceau. Jusqu’à la fin du film, le doute subsiste à propos de son rôle dans la mort de compagnon Gilbert Tellier. Entrecoupé de scènes au tribunal, ce drame est une illustration de l’adage « les apparences sont trompeuses ».

Bon bah, en nutrition, c’est peu ou prou la même chose. Les mythes, les superstitions non fondées ne m’intéressent pas, seule la vérité compte. Cette vérité peut prendre hélas plusieurs facettes. On dispose de tas d’études contradictoires, pas évident de ne pas succomber à la dissonance cognitive. Au menu du jour, féculents, acides gras saturés, fer, vitamine C, céréales complètes bénéfiques et végangélisme en conclusion (na !).

J’ai déjà dit que j’étais prêt à mieux reformuler ma pensée. Je suis par exemple passé de :

–          Les féculents sont nécessairement nocifs pour tout le monde

à

–          Si les féculents ne provoque pas de bonds glycémiques à une personne alors elle peut en consommer

C’est la nuance qui compte. Lanutrition.fr semble s’être investie corps et âme dans un combat anti-féculents, en promulguant les effets positifs des glucides à faible IG (index glycémique). La vérité c’est que tout le monde n’a pas la même sensibilité à l’insuline. Un gars en parfaite santé et une forte sensibilité à cette hormone ne doit pas craindre la consommation de féculents. Une personne avec des crises d’hypoglycémie, mangeant du pain, des patates, du riz, mais qui évite le sucre de table, bonbons, sucreries et gâteaux, devrait se demander si elle ne devrait pas les réduire ou les abandonner…les causes de la résistance à l’insuline sont multiples et loin d’être évidentes pour certaines d’entre-elles.

En parlant des féculents : de nombreux peuples fonctionnent avec une majeure partie de leurs calories provenant de féculents, tubercules ou de fruits comme cela semble être le cas en Asie avec le riz, en Afrique, ou pour les paléo-addicted, le cas chez les célèbres Kitavans, chers à Staffan Lindeberg. Que pensez-vous qu’il puisse arriver ? Hé bien, le taux d’acides gras saturés dans le sang augmente très fortement, sous forme de triglycérides, bien plus que dans le cas d’une alimentation riche en ces mêmes acides gras. En fait, si le corps convertit de manière automatique les glucides excédentaires (i.e. quand les réserves de glycogènes sont remplis à ras-bord) en acides gras saturés, c’est qu’on se doute qu’il fait le meilleur choix disponible pour lui, même en tenant compte qu’une trop forte hausse de la glycémie ait pu l’endommager quelques instants auparavant.

Une partie de la vérité émerge ainsi dans le fait que la maitrise de la glycémie, ni trop forte, ni trop basse, constitue un premier pas vers une santé optimale.

Il est dès lors piquant que dans la quête anti-huile de palme, si typique de conformisme inquiétant, un gars bien de chez nous, bardé de diplômes, Jean-Michel Chardigny se raccroche à l’hypothèse lipidique en vilipendant les graisses saturées :

Naturelle et végétale, l’huile de palme est-elle pour autant une bonne alternative aux huiles hydrogénées? «Non. Je sais que je ne vais pas me faire que des amis, mais je réponds non»,

What the fuck ? Le discours mainstream ambiant, celui qui a les rênes de la pensée nutritionnelle en France (AFSSAPS, PNNS, malgré quelques ajustements récents, le lobby médical qui veut vendre des statines pour lutter contre le cholestérol, la presse féminine et santé) est foncièrement anti graisses saturées depuis quelques décennies, et je suppose qu’en tant que fonctionnaire de l’INRA, il ne craint pas plus que ça d’être débouté de son poste…il ne bosse pas pour l’industrie de la viande ou le lobby du beurre que je sache ! Et tant qu’à être cohérent, autant s’attaquer aux féculents, ils augmentent bien plus le taux d’acides gras saturés dans le sang ! Bon, on mange quoi à part des protéines et des légumes sinon ?

Pour autant, il y a toujours un éléphant dans le magasin de porcelaine. C’est pas le gras, c’est le fer. Bon nombre d’études épinglent le rapport direct entre consommation de fer et maladies cardio-vasculaire, lanutrition.fr s’en faisait l’écho il y a deux mois pour le risque d’AVC . Si on laisse de côté les rares personnes souffrant d’hémochromatose et qui retiennent le fer dans le sang plus que de raison, ce n’est pas la première fois que les viandes rouges sont mises à l’horreur : les viandes rouges étaient aussi liées au cancer colo-rectal ; cela étant la méthodologie est douteuse…mettre dans le même sac, sans distinction réelle viande rouge et viandes transformées est malhonnête. Autant je suis d’accord que les viandes transformées puissent poser souci, autant la viande rouge est non transformée donc foncièrement différente, dans son essence même, elle mérite un traitement à part.

Ces études ont aussi le défaut d’être, comme d’habitude, majoritairement épidémiologiques. Prenez celle du risque d’AVC : « des chercheurs de Harvard ont amassé les données de deux très vastes études et ont ainsi pu traquer l’alimentation de 84 010 femmes âgées de 30 à 55 ans et 43 150 hommes âgés de 40 à 75 ans pendant 26 et 22 ans respectivement, pour les deux groupes. ». Je ne vois pas la trace d’études cliniques en double aveugle, parfaitement randomisées… Est-ce un cas de facteurs confondus ? On pourrait presque dire que la consommation de viande rouge est un marqueur de gourmandise.

C’est ce que j’appelle « syndrôme du steak-frites ». Je surveille parfois les comportements, à la cantine au boulot. J’aperçois très nettement que les amateurs de viande rouge, ont tendance à escamoter les crudités, et à préférer les frites ou les pâtes, arrosé d’un bon pichet d’alcool. Et à se rajouter un dessert bien sucré. Les amateurs de poissons, ou de viande blanche, en « bons connaisseurs » de ce que doit-être un régime santé, ne prennent pas systématiquement de féculents, adorent les crudités, et le dessert est facultatif, ou se limite à quelques fruits. Que déduire de tout ça ? Ben pas grand chose, cela me faisait penser à cette étude du Credoc sur le modèle français qui protège partiellement de l’obésité :

obésité

La proportion de personnes en surpoids et obèses est plus importante dans les catégories gastronomes à la française et bons vivants. Cela conforte le fait que les nouvelles formes de consommations alimentaires ne conduisent pas à une progression de l’obésité.

Les produits sont confondus (y compris macro-nutriments, alcool, glucides, lipides, protéines), donc je ne suis pas étonné que ceux qui mangent des aliments riches soient les plus propices à prendre du poids, mais difficile d’y pointer un coupable idéal…je suis par contre plus étonné par la seconde phrase. Cela sous-entendrait que les produits transformés ne font pas grossir ? Diantre ! Heureusement :

Aujourd’hui, les plus jeunes sont davantage tournés vers des produits globalisés et modernes alors que les personnes les plus âgées demeurent dans le modèle le plus traditionnel en consommant des produits plus bruts et moins transformés.

Ouf. Les amateurs de produits transformés sont encore jeunes pour la plupart, et donc en partie protégés contre les troubles métaboliques qui accompagnent, ou causent l’obésité. Ce n’est qu’une question de temps, je sais pas vous, mais j’ai l’impression, à vue d’œil, que les jeunes sont de plus en plus gras, qu’il y a 10/15 ans. Enfin, my two cents, on va voir d’ici quelques années, quand la génération Y aura majoritairement dépassé la trentaine, ça va être sanglant (et Dukan va pouvoir vendre encore plus de bouquins…soupir…)

Pour en revenir au fer, un excès semble problématique, oui. Je lis de temps en temps le blog d’Anthony Colpo qui relève déjà depuis quelques années les problèmes causés par l’excès de fer, comme dans cet article ou tout simplement dans son ouvrage, The Great Cholesterol Con. Mais du coup, comment expliquer le cas de Lex Rooker qui scrute sans arrêt ses indicateurs de santé, malgré une alimentation à 100% viande n’en souffre pas ? On se retrouve devant un autre type de paradoxe. En fait, il n’y a probablement pas de paradoxe, Lex Rooker ne consommant que peu de vitamine C (oui malgré les abats…minoritaires), on peut supposer que le fer est moins bien absorbé (random lien google au hasard…). Ah donc, la consommation de vitamine C en même temps que la viande rouge peut-être contreproductive ? Ou alors il suffit de dissocier les deux ? Notons aussi que le fer est un oxydant alors que la vitamine C est un antioxydant,  c’est au niveau sanguin que la protection antioxydante joue, pas au niveau du repas. Pas simple du tout…à moins de consommer quelques légumineuses chargées en acide phytique, ou de boire du thé au moment du repas…pourquoi pas.

D’un point de vue évolutif, le lien vitamine C et fer, cela a du sens dans le sens où les terres riches pourvoyeuses en aliments riches en vitamine C sont probablement des endroits où les peuples favorisent la cueillette à la chasse, alors que plus on se rapproche des pôles, cette vitamine se fait plus rare…et la chasse devient prédominante, obligatoire pour la survie.

Sinon, une autre épine du pied, dans le pied des croisés anti-céréales, les céréales complètes ont beaucoup de point positifs. Bon…pourquoi pas. Ca me fait penser que les crétois consomment du pain complet en quantité, et sont (étaient ?)  parmi les peuples à la longévité la plus marquée, à la manière des habitants d’Okinawa. Le succès de leur régime ne vient pas de là, on le sait, on peut penser qu’ils sont en forme en dépit de leur consommation de céréales complètes, à vérifier, probablement pas de blé, mais une variété (épeautre, seigle ?) sans doute moins riche en gluten, et surtout en agglutinine de germe de blé, une lectine très nocive, à l’origine de bien des maladies auto-immunes par exemple. Peut-être aussi que les crétois qui parviennent à des âges parmi les plus avancés, sont ceux qui privilégient les autres aliments, au détriment des céréales, pourquoi pas, mais on n’en sait rien…Vu les dégâts, parfois invisibles du gluten (relire Seignalet au besoin sur les symptômes) et de l’agglutine de germe de blé, se tenir à distance du blé et de ses dérivés, même sous une forme complète peut-être salutaire. De temps en temps, pourquoi pas un effet hormétique en profitant des bienfaits relayés par l’article de Real Natural ?

Bon bref, quand je dis « la nutrition c’est compliqué », c’est pas pour faire genre, mais bien parce que je le pense vraiment. Partant de là, le chemin vers la vérité scientifique est d’autant plus ardu. Quand je lis globalement un site comme Veganisme.fr, au-delà de la polémique de tuer des animaux pour se nourrir (indispensable ou non ?), je prends peur quand je lis tant de dogmes nutritionnels assénés les uns à la suite des autres, sans recul, aucun. Sans parler du ton quasi-religieux, je dirais végangéliste (hop hop, prem’s sur le terme francisé !)…mais certains individus de la sphère paléo, ou low-carb ne sont pas en reste, dans le genre borné. Le scepticisme oui, mais que cela n’empêche pas de rester ouvert à des résultats étonnants, ou paradoxaux.

Usager en colère : l’anecdote insignifiante et risible (Tisseo, Toulouse)

Un petit billet d’humeur sur une anecdote qui m’est arrivée, et qui me met en colère. Sans doute l’accumulation de petits détails.

Tisseo ? Une administration comme une autre, qui fait du bon boulot. Je bénéficie ainsi du service du metro tout les jours, il fonctionne bien, le taux d’incidents techniques est faibles. Par le passé j’ai eu besoin du bus : hormis incidents exogènes (grêve à Airbus, Blagnac, qui paralyse toute la rocade), le service rendu est franchement correct. Je me suis rendu maintes fois à la clinique St-Jean-du-Languedoc, via la ligne n°10 (ou une autre qui suit le même tracé temporairement), et j’ai été surpris que cela prenne moins de temps que prévu. Et finalement pas tant de grêve que ça, je crois que j’ai vu pire en France.

Non, ce qui me gêne, c’est l’aspect financier, et l’aspect commercial…surtout celui-là. Tisseo rend un service public, le rend fort bien, mais il y a des points noirs à mon sens. Le financement est assuré en partie par le contribuable, Tisséo est donc en partie subventionnée, de statut privé si je comprends bien malgré une délégation de droit public. Je passe sur la dette contractée pour les infrastructures, ça me dépasse un peu, et je ne suis pas juriste. Mais in fine, cette dette sera remboursée à long terme par le contribuable.

Mais aussi les usagers qui prennent les transports en communs. Là encore, le service public discrimine de manière positive, de manière à traiter équitablement les usagers. Non et puis stop avec ce vocable orwellien, je préfère parler de client, c’est la réalité plus crue, le mot qui fâche. Donc certains clients, sont dispensés entièrement ou partiellement de payer les titres de transport selon leur situation : chômeurs, handicapés, retraités de plus de 65 ans. Mettons de côté que ça peut recouvrir des situations très hétéroclites : il y a des chômeurs de luxe avec indemnisations confortables, comme certains pointent au RSA. Des étudiants fils de chirurgiens dans un studio en ville proche des commodités bénéficient de la réduction (10€ par mois accès au réseau en illimité) tout comme l’étudiant en économie fils d’ouvrier venu de Carcassonne pour étudier à Toulouse. Certains handicapés sont aussi plus aidés par la famille que d’autres. Et il y a des retraités cumulant résidence secondaire, appartement en location et résidence principale bien sûr. Ceux-là eux aussi semblent bénéficier autant que ceux percevant des retraites misérables et vivant chichement par la force des choses.

Soit. Je veux bien l’admettre, même si ce relatif gaspillage fait reposer le financement en partie les épaules des contribuables les plus variés : tout les toulousains ne sont pas ingénieurs à Labège Innopole ou dans l’Aéronautique, et ainsi un célibataire gagnant à peine un peu plus que le smic subventionne l’étudiant fils à Papa pour que celui-ci aille en ville passer du bon temps, à St-Pierre par exemple. Soit aussi. On peut l’admettre, la solidarité n’est pas à sens unique, et les pauvres doivent aider les riches de temps à autres, après tout, pourquoi pas

Il y a aussi des hausses de tarifs très régulières appliquées aux mêmes personnes, mais bon je peux comprendre aussi, c’est la crise, l’inflation, il faut que les gens qui aient du pouvoir d’achat paient.

La goutte qui fait déborder le vase, qui pourra vous sembler risible, mais qui est très révélateur d’une ambiance relativement pourrie, et qui rend le client lambda captif (des impôts et des titres qu’il paie plein pot). Ce n’est pas une question d’argent, c’est une question de vertu, d’éthique commerciale, de devoir moral, si on veut. Chaque année, je loupe le paiement de l’abonnement annuel. Donc mon titre de transport (une carte Pastel) est périmé le matin. Je dois donc prendre un titre à la borne. Ok, 2,60€ pour 2 voyages, pas trop grave, je n’ai pas le temps de passer à l’agence en ville, j’irais après le second voyage. Une fois arrivé à l’agence, avant de payer, je demande gentiment, si je peux bénéficier d’un geste commercial étant entendu que j’ai payé ces deux voyages en attendant de régler mon abonnement à l’année (qui part exactement du 1er mars 2012 au 28 février 2013). La dame, guichetière de son état, me répond que je suis un assisté*, que je n’avais qu’à payer avant…

usager en colère

La preuve insoutenable : ce client a payé deux fois, c’est sa faute !!! Il se retrouve face à un mur dénué d’empathie et de service commercial

Evidemment je garde mon sang froid, pas la peine de lever le ton pour une anecdote de 2,60€. On touche là au cœur de tout ce qu’il y a de plus détestable dans notre pays, et que je ressens bien moins ailleurs. L’absence de toute prise en compte du contribuable payeur par deux fois. Et si on peut le traiter d’assisté *(alors que ça n’est pas franchement le cas) autant y aller. J’aurais pu payer la veille. Je n’y ai pas pensé, la tête dans le boulot. Suis-je devenu un assisté* ? Personnellement, je suis payé en temps et heure (fin de mois), donc j’aurais pu régler. Mais une personne qui attend son virement de salaire en retard pour payer l’abonnement annuel, n’est-elle pas dans son droit de demander un remboursement de frais indus pour cause de difficultés financières momentanées ? Après tout, elle est en règle tout le temps, paie rubis sur l’ongle (à Toulouse, on dit rugby sur l’ongle). Enfin, peu importe, il n’y a pas de justifications, les faits sont là :

Je paie un abonnement du 1er Mars 2011 au 29 Février 2012.

Je paie un titre de transport pour deux voyages le 1er mars 2012.

Je paie un abonnement du 1er Mars 2012 au 28 Février 2013.

Est-il trop difficile de faire un geste commercial, un remboursement de cette somme ? Le client (au diable cette appellation d’usager servile) n’est-il pas censé être roi en tant que payeur ? Je n’ai rien de l’empêcheur de tourner en rond, ni de la personne chiante (je suis facile à vivre). Mais bon, se voir traiter de la sorte dans un guichet, de manière bureaucratique est assez humiliant. La bonne foi et la sincérité ne suffisent pas. Trop bon, trop con, comme on dit.

C’est pas une question d’argent, 2,60€ c’est ridicule. Ce qui compte c’est comment les clients sont vus, et nous sommes des vaches à lait. Ce genre de petites sommes, c’est toujours bon à prendre, et tant pis pour le client, hihi « il n’avait qu’à ». Hé bien non, c’est détestable comme attitude, c’est mesquin, c’est même dégoûtant, au fond. Le client a le droit d’être distrait, ça n’est pas un synonyme d’assisté*, surtout quand il se rend au boulot tout les jours et paie de manière zélée (car c’est le cas, jamais fraudé).

J’envoie une copie en recommandé avec accusé de réception de cet article à La Dépêche du Midi, ainsi qu’à Tisseo. Le but c’est de bousculer un peu, avec mes maigres moyens pour une prise de conscience, pour rendre plus humains les services au guichet (même si je me doute qu’ils n’ont pas la vie facile, mais stop l’auto-justification et il y a bien pire comme conditions de travail, ce ne sont pas des ouvriers).

Blogueurs Toulousains et blogueuses Toulousaines, faites tourner le billet, faites émerger la vérité, la réalité des faits !

*Un assisté, c’est plutôt quelqu’un qui dit qu’il faille lui payer quelque chose sans qu’il y contribue et qui dit qu’il est dans son droit, pas le cochon de contribuable qui paie par ses impôts, son abonnement annuel, son titre de transport « accidentel » pour dépanner, non ? Drôle détournement du sens des mots…