Archives mensuelles : avril 2012

Loreena McKennitt au Grand Rex (le 6 Avril 2012)

Une de mes artistes favorites est Loreena McKennitt. J’adore sa période celtique (dont le dernier album en date, « The wind that shake the barley« , je ne lui en voudrais pas pour cette référence à l’orge), mais également sa période plus moyen-orientale.

Je vous avais fait part de quelques instrumentaux il y a quelques temps, le formidable Between the shadows, le très épuré Banquet Hall, ou encore le remuant Huron ‘Beltane’ Fire Dance, d’ailleurs interprété au grand Rex il y a quelques semaines en rappel.

Ma joie fut immense, quand j’ai appris en octobre dernier son passage à Paris, au Grand Rex, la même salle dans laquelle elle a officié en 2007 pour la sortie de An Ancient Muse (mon favori de la période orientale, comme The Visit l’est pour sa période celtique). J’ai donc illico acheté les billets, ne pouvant passer à côté de cet événement une fois de plus (je n’étais pas de la partie en 2007).

loreena mckennittLe 6 Avril, moi et ma compagne firent une vraie excursion, comptant sur la ponctualité du TGV pour nous amener à la capitale, direction gare Montparnasse. Heureusement, ce jour-là, rien à noter, ni retards intempestifs, ni blocages en plein milieu de la voie. Nous avons même eu le privilège de pouvoir nous reposer à l’hôtel, et manger un peu à l’Hippopotamus du quartier (oui je sais…difficile de trouver un restaurant correct, mais nous avons jugé que c’était préférable à un KFCDOQUICK). Nous savourons chaque seconde qui nous sépare du Grand Rex, et une fois arrivé devant, je prends quelques photos du lieu. Finalement je ne retiens que celle de l’extérieur, celles de l’intérieur étant un peu ratées, bien que la salle soit vraiment magnifique et tout à fait adaptée à l’univers de Loreena.

loreena mckennitt avril 2012Après avoir ausculté pleinement la salle qui nous émerveille (peut-être que d’autres salles parisiennes lui sont supérieures, mais on sait apprécier ce qui s’offre à nous), on se dirige vers nos places. Gloire, nous ne sommes pas trop en retrait, on pourra voir l’artiste de relativement près. Les sièges eux aussi sont très plaisants ! Au final, aucune fausse note avant le concert ! Et le concert était vraiment bon. Je ne saurais juger par rapport à un de ses autres concerts, sans doute était-ce en deçà de la splendide prestation à l’Alhambra (dvd de 2007), mais peu importe. C’était du miel pour les oreilles, l’acoustique de la salle étant un régal, on entendait tout les instruments de manière très claire. Un artiste prend une autre dimension sur scène, par rapport aux disques. On savoure le concert, que des classiques interprétés à la perfection…à l’exception d’une fausse note lors du début de Lady of Shalott. Qu’importe, ils reprendront le morceau depuis le début ! Je manque d’objectivité pour juger la performance, elle nous a ravis tout les deux.

Evidemment, la plupart des yeux se posent sur Loreena, mais il est évident que ses musiciens ne sont pas des faire-valoir, ils auront droit chacun à leur tour, le droit de s’exprimer, je garde en mémoire un duo endiablé entre le violoniste et la violoncelliste, hélas je ne me souviens plus du morceau.

Au final, la seule déception, étant que nous ne savons pas quand nous revivrons un concert de cette qualité.

Les mystères du néolithique

 J’avais traduit le fameux article de Jared Diamond, intitulé « la pire erreur de l’histoire de l’humanité », avec juste le besoin de faire connaître cet article somme toute assez historique, et qui rompait avec notre vision angélique de la civilisation, et à contrario avec la vision obscure du monde d’avant (que l’on va nommer le paléolithique).

Je tiens à m’excuser si à la fin de la lecture de l’article, vous en avez conclu : « voilà, c’est la faute aux céréales ! », non pas que cela soit faux en soi, juste que c’est extrêmement réducteur. Plusieurs milliers d’années plus tard, des peuples se sont accomodés des céréales, et mangent quotidiennement du pain (et pas qu’un peu), et sont reconnus comme ayant une bonne santé, que cela soit les anciens français (jusqu’à nos…grands-parents), les Crétois, ou même les fameux Suisses sondés par Weston A. Price. Pour autant, malgré le nombre de centenaires ci et là, où une espérance de vie très bonne, il semble plutôt qu’il faille considérer qu’ils ont une bonne santé en dépit des céréales. Autrement dit, l’alimentation est bonne, et s’il y avait eu moins de céréales, remplacées par des féculents plus sains, la santé aurait été encore plus éclatante. Fatalement, la consommation de céréales a tendance à écarter de l’optimalité.

néolithiqueDonc, de par tout les continents, nous nous sommes mis à l’agriculture. A peu près en même temps. Pour des raisons qui nous échappent un peu, même si des hypothèses solides ont vu le jour, notamment en ce qui concerne la disparition de la mégafaune quelques milliers d’années auparavant, et sans doute, la tentation du sédentarisme couplée à celle de pouvoir faire davantage d’enfants. On sait que les naissances étaient limitées, et la croissance des populations de tribus du paléolithique était relativement stable. Rien à voir avec la suite.

En adoptant l’agriculture,  patatras : caries, diminution de la taille, os en mauvais états, et j’en passe. Voici un tour d’horizon des hypothèses (dont certaines spéculatives à fond, je ne m’en cache pas) permettant d’expliquer en partie cette dégradation générale.

  • Passage à une alimentation reposant sur les glucides : de nombreux peuples vivent (et on le sait : vivait, y compris néanderthal) sur la consommation journalière de tubercules. Dans les climats tempérés, il y a aussi abondance de fruits – et pas que des baies – toute l’année, possibilité d’avoir accès a du miel, des châtaignes…l’argument ne tient pas. Rejeté !
  • Passage à une alimentation reposant sur les céréales : c’est déjà plus pertinent. Les céréales contiennent de l’acide phytique retenant les minéraux. Ceci pouvant jouer sur les caries, par exemple. Les céréales complètes, même ancestrales contenaient des toxines diverses (le gluten déjà présent dans le seigle ou le petit épeautre). Toxines inoffensives ? Certainement pas, même si en bon opportunistes, on pouvait en manger, de manière très irrégulière pendant le paléolithique (mais certainement pas la cultiver, et leur caractère annuel associé à l’absence de stockage empêche d’en faire un aliment de base)
  • Corollaire du précédent : appauvrissement de l’alimentation. Les céréales ont de nombreuses qualités…elles peuvent être stockées, par exemple. On peut penser qu’au moment du passage à l’agriculture, on ait privilégié les céréales. Au détriment sans doute des légumes, de la viande (sauf peut-être pour les peuples pratiquant le pastoralisme, l’élevage en général ?)
  • La croissance de la population et la sédentarisation augmente la promiscuité. Les germes circulent mieux, d’où des maladies, même si on finit par s’y adapter au final (théorie exprimée par Jared Diamond). Je ne me prononce pas.
  • La fatigue, le stress,…travailler la terre est épuisant, comme noté dans l’article de Diamond. Rien à voir avec partir à la chasse ou à la cueillette. De nombreux peuples primitifs ont été recensés comme relativement oisifs. Même en supposant qu’ils marchaient beaucoup (ce qui est vrai), cela n’a rien à voir avec le travail de la terre. Pas de machines agricoles à l’époque. Les corps sursollicités ne font pas de vieux os. Et sans jeux de mots, promis.
  • Les œufs dans le même panier, I : il suffit d’une année où il ne pleut pas suffisamment pour que la récolte attendue soit famélique. Conséquence : disettes, famines, sous-nutrition pour une grande partie de la population, et évidemment répercussions corporelles.
  • Les œufs dans le même panier, II : je ne crois pas que les premiers agriculteurs avaient l’expérience du métier comme on l’avait par exemple, au moyen-âge. Quid de la rotation des cultures, de l’assolement triennal, de la mise en jachère, et au final de toutes les techniques visant à maintenir ou améliorer la fertilité des sols (utilisation de fumier par exemple) ? Les premiers agriculteurs ont du l’apprendre à leurs dépens. Je ne sais de quand datent toutes ces techniques (je présume l’utilisation de fumier plus ancienne), mais elles n’ont certainement pas été planifiées par les premiers agriculteurs. Ils ont du gérer de possibles rendements toujours plus décroissants avant de réagir proprement, l’idée que les sols puissent être appauvris par les cultures est loin d’être évidente.

On peut trouver d’autres raisons, d’autres indices, je n’en doute pas. Toutes ne se valent pas, et n’ont pas le même pouvoir d’explication. C’est aussi la grande difficulté de devoir reconstituer un puzzle avec la moitié des pièces manquantes, un quart des pièces n’étant pas entièrement couvertes par le dessin, et l’autre quart sacrément amputées. C’est le défi des historiens, et encore plus des préhistoriens ! Interpréter grâce aux découvertes dont on dispose. Ne pas surinterpréter, ne pas trop s’avancer…ce qui me semble le cas avec l’intangible « célafotaucéréales ». Non pas que je les dédouane. Juste qu’elles sont un facteur parmi tant d’autres, et bien malin celui qui saura expliquer avec justesse ceux qui ont plus d’importance que d’autres.

Je voulais aussi montrer que nous sommes parfois prisonniers de certains schémas de pensées.

Si le seul outil dont on dispose est un marteau alors tout les problèmes ressemblent à des clous.

 

Notre poisson quotidien

Titre modifié, voici l’ancien : Tous à la pêche dimanche !

La pêche est ancestrale, il ne fait aucun doute, c’est peut-être l’activité la mieux partagée sur cette terre, par la quasi-totalité des peuples, du Nord au Sud, d’Est en Ouest. Peut-être est-ce même un art à l’instar de la chasse ? J’ai dans mon entourage, une personne qui pratique la pêche comme un sport : on attrape la victime, on la prend en photo…et on la remet dans son milieu. José Ortega y Gasset n’aurait certainement pas approuvé, car il considère qu’à la fin, la proie doit être consommée, par respect pour elle, et pour l’esprit de la chasse, mais peu importe.

Le poisson est quasi unanimement reconnu comme un aliment santé, alors que la viande, rouge ou non, est vite diabolisée, avec raison ou non. La polémique sur la viande rouge fait fureur, et j’admets que sur la dernière étude épidémiologique conduite par Walter Willett est troublante, du fait que quelques variables ont été contrôlées (dont la cigarette, et l’activité sportive). Seulement, malgré cela, et le fait que l’échantillon soit assez énorme, il est assez illusoire de penser qu’une étude épidémiologique constitue au final une…preuve. La même équipe pointe également le sucre raffiné, mais là les journalistes ne se bousculent pas pour en faire simplement mention. Il y a des dizaines et des dizaines de facteurs à contrôler en même temps, et c’est mission impossible, statistiquement parlant. Et de surcroit, cela ne serait jamais une preuve…clinique. Pour moi, j’en reste à ma conclusion : les gens qui font attention à leur santé évitent la viande rouge, et ce, depuis quelques dizaines d’années. Et les gens qui en mangent plus, sont plus laxistes, il se laissent aller. Le seul point négatif de la viande rouge, c’est son contenu en fer : l’excès de fer dans le sang aurait un rôle dans les maladies cardio-vasculaires. La viande blanche, plus maigre, et plus pauvre en fer est aussi privilégiée par les gens qui font attention à leur santé.

Dès lors des décennies de comportements alimentaires (complexes) dictés par des recommandations habituelles influent sur les résultats des études épidémiologiques. Difficile d’y démêler le vrai du faux, et de tenter d’en distinguer une juste causalité.

Mais le poisson est en odeur de sainteté ! Il est reconnu comme une alternative saine face à la viande, si j’en veux la pratique séculaire du vendredi dévolu au poisson dans notre pays. Il existe même le pescétarisme, une sorte de semi-végétarianisme, de flexitarianisme, où le poisson est accepté* : un vrai pêché de chair ! La qualité nutritionnelle des poissons, varie quelque peu par rapport aux viandes. On citera par exemple l’iode, dont les poissons de mer sont très bien pourvus. L’iode est reconnue contre les affections de la thyroïde, mais on sait cela peut ne pas suffire. Les poissons gras, eux sont reconnus pour être une excellente source d’oméga-3, et surtout des oméga-3 à longue chaîne, les super stars que sont les EPA et DHA, qui auraient des effets plus intéressants que le seul acide linolénique. En effet, les poissons de mer ont accès à tout un tas d’aliments de la faune et la flore marine (algues, corail, d’autres…poissons plus petits, etc.). On retrouve donc tout ça dans le gras de certains poissons, et en quantité bien plus appréciable que dans les produits de terre.

Une consommation modérée, mais significative de poissons de mer, est donc bonne pour la santé, car vous fournissant des acides gras peu présents naturellement dans une alimentation standard ! Le revers de la médaille étant les métaux lourds (plomb, cadmium et mercure principalement). Ils s’accumulent dans les gros poissons. Aussi, on nous demande de privilégier les petits poissons. Pour ma part, et sans s’opposer à cet argument valable, je vois aussi une autre raison : les gros poissons comme le thon ou le saumon, sont soit pauvre en oméga-3 (à la notable exception du thon germon), soit sont quasiment introuvables sur leur forme sauvage, à l’instar du saumon. Je n’en ai jamais vu. Et le profil lipidique du poisson d’élevage tend à le rapprocher d’une viande d’élevage, avec un rapport oméga-6/oméga-3 plus élevé, donc, on perd les qualités qui font sa renommée. A l’inverse, j’aime bien opter pour des sardines conservées dans l’huile d’olive : les conserves ne sont pas paléo compatibles, admettons, mais les arêtes sont inoffensives car devenues molles, cela assure en plus de la relative absence de métaux lourds, des oméga-3 bénéfiques, une source de calcium saine (à l’inverse du lait frelaté habituel). J’apprécie également, de par mes origines catalanes, les anchois.

Hélas, le commerce du poisson, et la pêche industrielle souffre des mêmes maux que l’agriculture intensive, ou l’élevage intensif des animaux. C’est Simon Fairlie dans son ouvrage « Meat, a benign extravagancy » qui en parle (voir une chronique de cet ouvrage, chez Nicollas), après avoir remis en cause la plupart des affirmations écologiques habituelles contre l’élevage, notamment du très respecté George Monbiot. On y apprend que la pêche industrielle intensive moderne emploie moins de personnes, plus de capital, est intensive mais occasionne énormément de pertes (poissons morts, mais non consommés, réclame d’avantage de carburant…), par rapport à la pêche au filet certes industrielle, mais plus traditionnelle. Cela nous cause déjà bien des soucis, car on nous demande de manger moins de poissons marins, dont le fameux thon rouge surexploité. voici le schéma présent dans le livre :

simon fairlieIl va de soit qu’il y a poissons et poissons, comme il y a lait et lait, viande et viande, oeufs et oeufs. Non seulement au niveau gustatif, nutritionnel, mais aussi dans les pratiques d’élevage, de chasse ou pêche. La rentabilité à tout prix, dont nous profitons dans un premier temps n’est pas soutenable à long terme, on épuise vite les réserves. C’est à nous, consommateurs, d’être vigilants et d’être « citoyens » (dieu sait que j’ai pourtant horreur de ce terme) dans nos actes d’achats, afin de favoriser le porte-monnaie d’un pêcheur « écologique » ou d’un producteur de viande bio. Bon, pas certain que cela suffise, vu les masses de gens obsédés uniquement par les prix bas, et avec la conscience écologique au niveau zéro, celui…de la mer !

Bon, tout ces élucubrations maritimes m’ont donné envie de pêcher à la ligne, une pêche traditionnelle, sans grande conséquence.

Tiens et si j’allais à la pêche, dimanche ?

Parler d’art ~ le cas des Beatles

John Lennon affirmait qu’il était inutile de parler de musique. Il faut en jouer, ou l’écouter.

Il avait raison. Et tort. Les deux à la fois.

En fait parler d’art, de musique, à juste mesure, permet de mieux apprécier la musique. Alors qu’en parler trop fait automatiquement basculer dans le camp des râleurs, des critiqueurs, qui passent à côté de l’essentiel.

Pour les Beatles, je vois grosso modo, 3 types de publics, pour simplifier mon propos. Ceux qui ont vécu les années 60 avec eux, ceux qui les ont toujours écoutés, et ceux qui ne se sentaient pas concernés, car ont vécu leur jeunesse dans les années 70, 80 ou 90, et donc les Beatles, c’est la musique des parents, ou des grands frères au mieux. Bref, pas la même génération.

Je dois avouer que les Beatles, j’en ai été biberonné. Les disques tournaient à la maison, donc, inutile de penser que ça a été anecdotique. J’ai grandi avec eux, et donc mes goûts musical avec. Je ne vais pas chercher à corriger ce biais dans l’article.

J’ai toujours été désarmé face aux sceptiques des beatles : non pas qu’ils soient de mauvaise foi, mais pour moi il m’apparaissait comme tellement évident qu’ils ont été  un des groupes les plus marquants de la musique populaire du 20ème que je ne pouvais concevoir des gens qui n’aimaient pas (à la longue on y arrive), mais surtout des gens avec de vrais arguments. Par exemple, les Beatles ont été là quand il n’y avait encore rien ou si peu, et c’était plus facile pour eux. Ou encore, il y a eu plus virtuose qu’eux, il y a eu des groupes qui ont joué des morceaux plus agressifs que Helter Skelter, leurs albums sont remplis de fillers, rien ne vaut heureusement leurs tubes, ou encore les premières années du groupes sont assez niaises.

Pas grand chose à répondre : c’est assez désarçonnant, il y a sans doute une part de vérité. Si on ne peut pas agir sur les goûts des gens, on peut, en revanche réestimer à la hausse les Beatles, aux yeux des sceptiques, s’ils veulent bien prendre le temps de s’y intéresser.

mark herstgaard

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L’Art des Beatles, écrit par Mark Herstgaard est une vraie leçon de maître : très bien écrit, très bien documenté, on ne s’intéresse qu’à l’extra-musical uniquement s’il permet d’éclairer le musical. La musique, rien que la musique. Herstgaard a en plus eu accès à des heures et des heures de musique, mais également pour certaines chansons à l’intégralité des sessions studios (le magnétophone tournait… !), l’ouvrage est ainsi riches en anecdotes, souvent révélatrices. On apprend énormément sur la génèse de ces dizaines de titres que nous connaissons tous (ou presque !) par cœur.

Impossible de résumer ce volume : je vais m’attacher aux points essentiels :

–          Les Beatles ne sont pas une erreur : ne voir en eux qu’un groupe de « sympathiques tignasses » (ou pire : un boys band) est réducteur. Humainement, les 4 Beatles formaient une forteresse imprenable, entre les deux fortes têtes pensantes Lennon et McCartney – et ambitieuses -, et les deux en retrait mais qui jouaient pleinement leur rôle, Harrison et Starr.

–          Musicalement, l’alchimie était totale, grâce à leur synergie et leur formidable complémentarité. Lennon caractériel était plus attaché au rock, Macca avait eu une éducation musicale – bien que d’origine ouvrière, et donc sensible aux jolies mélodies folk et douces de Liverpool, il savait en outre jouer de plusieurs instruments (il jouait de la batterie avant…et même parfois en studio). George Harrison légèrement plus jeune apprit à leurs côtés et s’est fait violence pour s’imposer. Ringo Starr était plus anecdotique au niveau musical ; on sait que l’équilibre humain des beatles a pu tenir huit années intenses grâce à lui et sa bonne humeur naturelle.

–          Le rôle de George Martin : le fantasme du 5ème Beatles a longtemps perduré. S’il en est un, cela ne peut-être que lui. Pourtant après la lecture du livre, sa contribution, bien qu’essentielle, on ne peut malgré pas lui attribuer le titre de 5ème Beatle. Il a plutôt joué le rôle du père ou du grand-père qui les guide en studio, les premières années surtout. Son rôle a été d’implémenter la touche symphonique chez les Beatles : les cordes de Yesterday, Eleanor Rigby, Strawberry Fields Forever, A day in the life, c’est lui ! Si la musique des Beatles est devenue plus riche, il y est sans doute pour beaucoup. Il y a un monde entre Love me do et A day in the life. A contrario, chez la concurrence, Brian Wilson semblait porter TOUT les Beach Boys sur ses épaules.

–          Derrière l’apparence simplicité de leurs chansons se cache de nombreux choix de studio qui ont leur importance (capitale) qui les placent au dessus de la mêlée de la plupart des groupes pop de l’époque : de l’intro brutale de Hard Day’s Night (qui sonne de manière indescriptible presque comme une cloche d’école), le premier feedback volontaire de l’histoire dans I Feel Fine, la réunion de deux morceaux indépendants en un seul pour A day in the life – et son apothéose symphonique.

–          Autre détail qui n’en est pas : les Beatles composaient eux-mêmes la musique qu’ils jouaient. Cela était très peu courant à leur époque. Cela nous paraît naturel aujourd’hui, mais ne l’était pas à l’époque. Ils ont en quelque sorte institué la composition comme une corde supplémentaire à l’artiste, qui n’est pas seulement interprète. Eux-mêmes semblaient dépassées par leur propres compositions : l’inspiration leur venait très naturellement. Ils pensaient n’être qu’une sorte de medium qui canalise le génie musical et il leur été dévolu de le restituer. C’est une interprétation plus mystique qui ne satisfera certes pas les plus terre-à-terre d’entre nous.

L’ouvrage se finit sur une citation : « on écoutera les Beatles comme on écoute Mozart ». Elle a été mal interprétée : ce n’est pas tant qu’il faille classer les Beatles comme aussi virtuose et talentueux que Mozart. En revanche les deux ont officié dans la musique populaire de leur époque, et ont écrit de la musique qui devrait traverser sans peine les décennies sinon les siècles. Non vraiment, si vous vous intéressez aux Beatles, s’il n’y a qu’un seul livre à acheter, c’est celui-ci. Il est devenu relativement rare (publié et édité dans les années 90), mais c’est une mine d’or pour qui s’intéresse à la musique en général, à la pop culture des années 60, à la démarche artistique, humaine, et parfois spirituelle. Gageons que cet ouvrage permettra de mettre de l’eau dans le vin des sceptiques des Beatles.

Toulouse, c’est pas que…

C’est pas qu’une terre fertile, propice à l’intégrisme religieux ! Je rebondis rarement sur des faits d’actualité, mais ça pollue les événements intéressants qui pourraient s’y dérouler.

Il y a quelques temps je vous avais parlé de la SISQA, le salon de la qualité alimentaire de Midi-Pyrénées, qui a lieu une fois l’an, et qui permet de se mettre à jour sur les gens qui sont agriculteurs, fermiers ou autres, et qui produisent de la nourriture locale ou régionale de qualité, saine, et raisonnée, si non bio.

Sur le même rayon de la qualité, cet institut n’en démord pas, depuis 1992 : l‘IRQUALIM est une émanation du Conseil Régional, voyons ce qu’il en est :

Créé en 1992, l’IRQUALIM a pour objet de développer une politique régionale de qualité des produits agricoles et agro-alimentaires par toute action favorisant la mise en oeuvre et la promotion des signes officiels de qualité dans un esprit d’aménagement du territoire et avec le souci de préserver un patrimoine, une activité économique, des modèles de productions spécifiques et de répondre aux attentes des consommateurs légitimement exigeants en matière de qualité et de sécurité sanitaire de leur alimentation.

Ensuite, grâce à lanutrition.fr j’apprends l’existence de l’IRENQA, l’Institut de Recherche En Nutrition Qualitative Appliquée qui officie en pays toulousain, avec un cycle de conférences…mais il faut payer pour y assister ! Je ne pourrais donc pas faire un coucou à Thierry Souccar ce jour-là…jeudi qui arrive en fait :

Jeudi 5 avril: Les compléments alimentaires. Faut il en prendre? Lesquels ? Les pièges à éviter.

Par Thierry Souccar, Journaliste scientifique, auteur de nombreux ouvrages

Durant cette soirée, vous apprendrez :

  • quels sont les besoins réels en vitamines, minéraux, acides gras
  • s’ils sont couverts ou pas par l’alimentation
  • quels compléments alimentaires prendre
  • les formes à éviter, les doses à ne pas dépasser, les associations risquées

En juillet se déroulera un congrès sur l’alimentation et la santé…à Toulouse. C’est organisé par le pôle Aliment Sécurité Sanitaire et Santé (PA3S). Le congrès est international, et des pointures américaines sont attendues sur des sujets brûlants comme les liens entre cancer et alimentation, les troubles métaboliques et les perturbateurs endocriniens. Bon, je ne serais pas de la partie, mais je relaie l’information !

Panorama de Toulouse

Voilà, de biens belles initiatives. Mais il y a un côté sombre, le revers de la médaille. Hélas, comme toujours.

Un salon Sud-Ouest Découvertes a lieu ce mois-ci, animé par plusieurs partenaires. Je suis allé creuser, pas trop profond, mais un peu, sur le site presqu’officiel que voici, et stupeur, le mot qui fâche : « industrie ».  C’est le site des industries agro-alimentaires de Midi-Pyrénées. Je n’ai aucun problème avec l’industrie en général (je ne lutte pas contre le progrès hein), mais en termes d’alimentation, je coince.

Sans forcément dire « on nous fait avaler n’importe quoi », je tiens quand même que sans le développement industriel de l’agriculture depuis la fin de la seconde guerre mondiale on ne lutterait pas autant contre les maladies de civilisation. C’est sûr, on a atteint plus de rendements, plus de croissance à court terme, la disparition de la sous-nutrition et de la faim dans nos pays occidentaux, mais aussi plus de surpoids, de carences en micronutriments, de cancers, de maladies auto-immunes, etc. On a peut-être fait des efforts sur la qualité et l’hygiène mais quel recul en termes de santé…pour moi c’est clair, ce qui passe par ma bouche ne devrait pas être industriel, dans la mesure du possible. J’imagine que certaines entreprises bio ont une charte qualité drastique et proposent des aliments sains, mais je vois ça comme une exception.

J’ai deux exemples de ce que j’exècre le plus. RAGT Semences qui officie dans les OGM est bien présent dans la région. Les OGM je suis pour. Si, si. Mais pas dans mon assiette. Qu’on les laisse expérimenter sous serres, que la recherche s’exprime, mais je ne veux pas en manger, ni que les cultures bio soient croisées avec des cultures OGM à côté par contamination. J’ai du mal à considérer l’argument comme quoi les OGM c’est comme les croisements d’antan. Je veux avoir le choix d’être obscurantiste sur la question.

Tiens, d’ailleurs, en parlant des croisements, et de la sélection génétique, je rappelle que Wheat Belly est à ce jour le meilleur livre traitant des évolutions (en mal) du blé moderne. Comme quoi, déjà, même sans génétique, on était capable d’obtenir un monstre qui nous a rendu esclave (ouais, on travaille pour le blé comme des acharnés, le maître, c’est lui !), mais avec elle, c’est bien pire.

Le meilleur pour la faim la fin, c’est un groupe basé à Revel (Revel de la médaille ?), commune proche de Toulouse. Nutrition & Santé. Non, non, rien à voir avec le blog que vous connaissez tous. Ici, c’est…euh bon. C’est tellement beau :

Depuis plus de trente ans, Nutrition & Santé se développe sur cette idée très simple :
ce que nous mangeons a une incidence sur notre santé. Une idée très minoritaire à l’époque, qui est presque devenue une idée reçue aujourd’hui, tant « le nutritionnellement correct » est partout.

Le groupe Nutrition & Santé est persuadé que les grandes céréales qui ont été à la base de l’alimentation des civilisations de la planète : blé, soja, riz, sont et seront des ingrédients fondamentaux pour offrir des réponses nutritionnelles adaptées aux exigences de la vie moderne et à la diversité des profils des consommateurs.

WHAT ????

C’est une franche blague ? En fait non. Bon déjà, on passe sur le « nutritionnellement correct » dont ils sont en fait l’étendard tout en feignant ne pas l’être. Si on excepte le cas du riz blanc qui est ok si on est sensible à l’insuline (et qui est inclu dans la liste des glucides sans danger par le couple Jaminet du site Perfect Health Diet) et dont les asiatiques ne semble pas souffrir outre mesure, défendre le blé et le soja comme les bases d’une alimentation santé c’est de l’escroquerie pure et simple, ici l’exemple du blé par Dysnutrition. (je parlerais du soja ultérieurement). Cela ressemble à une boîte qui recycle les surproductions industrielles de céréales et de soja dans des produits susceptibles d’intéresser les bobos. Manque de pot, avec l’approche paléo, évolutionniste, ancestrale,…le vent tourne…peut-être le vent d’Autan ?