Archives mensuelles : juillet 2012

Cariefication

Bon, j’avoue, le jeu de mots est pas terrible, mais suite au commentaire d’un dentiste (sans doute via le forum Eugenol) je tenais à mettre en garde, à propos de cette série d’articles sur les caries : Guérir les caries, elles sont réversibles et Comment j’ai guéri la carie de mon fils

La carie de wikipedia !

Si vous avez une carie, je vous encourage avant tout…à aller voir un dentiste. La méthode qui consiste à prendre soin de ses dents par la nutrition ne peut pas faire l’économie d’un dentiste. Tout simplement parce que le scepticisme a deux sens : peut-être il est possible que certaines cavités légères puissent se régénérer, peut-être pas. Bref, si vous avez quelques inquiétudes, peut-être allez voir un dentiste compréhensif, ou un dentiste holistique. Je ne recommande pas l’auto-médication, je dis juste qu’il existe peut-être une réalité plus nuancée. Lisez ces articles, mais prenez-les comme des éléments de réflexion pour votre santé dentaire, car mieux vaut prévenir que guérir, dans tout les cas. Si la carie est déclarée, ne faites pas l’impasse sur la visite chez le dentiste. Même si la perspective d’un amalgame, d’un plombage, d’une couronne, ou d’un implant n’est pas géniale (lire l’ouvrage de Ramiel Nagel sur ce point), c’est sans doute bien mieux que de laisser les dégâts s’installer, surtout si la pulpe est atteinte.

Je ne suis pas responsable de vos dents si vous n’allez pas voir un dentiste !

Que cela soit dit !

A titre personnel : après m’avoir prescrit des antibiotiques (suspicion de carie, les bactéries se régalent), je suis retourné voir mon dentiste plusieurs mois plus tard, il n’a constaté aucune carie, en dehors des emplacements de mes amalgames en place depuis quelques années. Ouf ! Je note qu’avant mon changement d’alimentation j’avais souvent mal à la gencive, en mangeant des aliments très chauds ou très froids, et parfois mâcher une viande très dure me faisait très mal (ça lançait comme on dit). Ce n’est désormais plus le cas ! Cela ne m’a pas incité à ne pas voir mon dentiste, bien au contraire.

Autrement, il y a quelques semaines, Martine nous donnait une des raisons de la santé dentaire des africains, une brosse à dents naturelle.

Yves Patte écrit pour NéoSanté, et voici un excellent article à lire d’urgence, sur l’importance de la vitamine D dans la robustesse des dents.

Science Nordic mêle son grain de sel et pense que la salive peut jouer un rôle bénéfique car elle contient du calcium et du phosphore…les deux minéraux essentiels des dents. Voici ce qu’en pense le professeur Tveit.

“Caries damage starts before the visible cavities develop, and our teeth can heal this on their own.”

She explains how most of such dental damage is taken care of before we notice any problem. Saliva is our salvation on that count.

“Saliva contains calcium and phosphate, which cleanse and heal out teeth.”

La salive…était relevé par un commentaire de l’article How I healed my child’s cavity de Sarah (Healthy Home Economist), avec une description de la salive provenant de l’ADA.org (y a pas plus officiel aux USA) :

« Saliva is like a bloodstream to the mouth. As does blood, saliva helps build and maintain the health of the soft and hard tissues. Saliva removes waste products and provides disease-fighting substances throughout the mouth, offering first line protection against microbial invasion or overgrowth that might lead to disease. The chemical nature of saliva has evolved in humans along with the oral flora and the teeth. Saliva is derived from blood and, as such, can be used diagnostically to detect diseases. ”

Serait-ce le chaînon manquant ? C’est intéressant en tout cas. On dirait que la salive et le sang sont très proches et que celle-ci joue un rôle analogue.

De même sur wikipedia (la version française, une source pas très souvent fiable cela dit), je note :

Dommages visibles : initialement tache blanche (pas toujours très visible). Une tache marron (plus ou moins foncée) signe une carie ancienne, reminéralisée, qui n’est plus active.

Mais, mais, je pensais que ce n’était pas possible ?

Quoiqu’il en soit : faites votre propre opinion. Et…allez-voir un dentiste si vous avez mal aux dents !

Et si nous avions tous tort ?

Plus ça va, moins je suis pétri de certitudes. C’est valable pour la nutrition, bien sûr. Aussitôt une information assimilée, quelques mois plus tard, déjà remise en cause, ce qui n’est pas sans causer quelques soucis de dissonance cognitive. Elle est loin d’être évidente à gérer. Si la plupart des gens  se contenteront d’ignorer ces signaux contradictoires, d’autres vont refuser et réfuter la nouveauté. Personnellement, je mets les nouveaux éléments de côté, quitte à y revenir plus tard. Oui, je suis incapable de faire une synthèse qui ait du sens en claquant des doigts.

Une illusion d’optique devenue un classique ; cela peut-il être le cas de nos croyances, en nutrition, par exemple ?

Il y a plusieurs types de sources contradictoires, la première provient d’avis qui peuvent sembler datés, voire désuets, notamment sur l’hypothèse lipidique, où j’ai l’impression de faire un bond dans les années 70 à 90…prenons par exemple ce blog, qui nous explique ce qu’est la Vraie Nutrition :

Et même si notre société manquait de calcium, savez vous que la première cause de mortalité des pays occidentaux est dûe à la surconsommation de graisses saturées (et donc de FROMAGE ?)

Trois remarques me viennent à l’esprit : notre société ne manque pas de calcium alimentaire, en revanche on se décalcifie par endroits (dont les dents), on a des calcifications à des endroits non désirés (le sang !), je ne sais pas si c’est vraiment un critère. Il y a un lien logique qui me semble inversé (normalement c’est fromage è graisses saturées). Quant à l’affirmation comme quoi ça serait la première cause de mortalité, je suis sceptique. Ouais. Mortalité de quoi, d’abord ? Et pourquoi pas le sucre raffiné, ça serait cohérent avec le cancer, lui qui ne se nourrit que de sucre, une cétose est efficace pour éloigner le spectre métastasique, dans le cas du cerveau par exemple. Et cette sale manie qu’a notre corps de transformer l’excès de glucose en acide gras saturé après un repas riches en féculents…l’hyperglycémie a déjà fait des dégâts en soi, et le corps ne trouve rien d’autre qu’à repasser une autre couche en s’autoflagellant à coups de triglycérides. Quel imbécile !

Remettons l’hypothèse des maladies cardiovasculaires sur le tapis : Ron Krauss avait conclu sur une méta-étude (dont j’ai fourni l’url un nombre incalculable de fois) que les études ne permettaient pas de conclure sur leur rôle dans le développement de ces maladies. Il reste un mais, car il se trouve que dans la majeure partie des études épidémiologiques (dont la très récente, et très médiatisée étude conduite par Walter Willett), la viande rouge cause bien des soucis. Oublions le fait que ça soit un met d’abondance (et donc, quand on mange plus de viande rouge, on mange davantage de saloperies dans le même temps). Mettons de côté l’hypothèse du fer que j’avais évoquée y a quelques temps, et intéressons-nous à cette étude assez récente qui compare les sources de graisses saturées et ses résultats sur les patients : oh surprise, si la consommation de viande rouge est délétère, celle de laitages (riches en graisses saturées) est…positive ! La conclusion ne se fait pas attendre : les associations des graisses saturées avec la santé doivent dépendre des acides gras spécifiques à certains aliments, ou d’autres ou d’autres constituants nutritifs dans les aliments qui contiennent des graisses saturées, en plus de celles-ci.

Ce n’est pas la première fois qu’une telle étude met à l’honneur les laitages entiers, c’est Stephan Guyenet qui en a déjà fait part il y a deux ans de cela, en fournissant quelques pistes qui peuvent expliquer cet apparent paradoxe : vitamines liposolubles, et surtout la K2, l’acide butyrique, ou encore l’acide linoléique conjugué. Plein de bons nutriments dont la viande rouge est dépourvue. Au-delà du fer, la viande rouge actuelle a un rapport oméga6/oméga3 trop fort. Peut-être aussi, que le gras de cette viande transporte des toxines indésirables…antibiotiques (comme le suggère le livre noir de l’agriculture), pesticides ingérés par les animaux, voire hormones…? Mais alors, cela ne se retrouve-t-il pas dans les laitages ? A moins que les points positifs des laitages l’emportent sur ces points négatifs, alors que la viande rouge n’est que du muscle…je ne sais pas, à creuser. En tout cas, il est loin le refrain des méchantes graisses saturées, tout porte à croire que le problème est ailleurs. En reparlant de Ron Krauss, dans une seconde interview de meandmydiabetes, il avance que les graisses saturées de la viande pourraient avoir un effet négatif, en conjonction avec…le fer.

Parmi les gens qui nous bousculent, nous remettent en question (surtout la sphère paléo/low carb), il y a un certain nombre de gens que j’ai déjà cité comme Evelyn de Carbsane (une fois dépouillée de sa méchanceté et de ses sarcasmes inutiles), James Krieger, Anthony Colpo, ou encore des coach en musculation qui maitrisent bien leur sujet, tels que Alan Aragon, ou Lyle McDonald. En général ils s’opposent à la théorie insulinique, qui est de vigueur dans les cercles low carb. Dans une veine similaire, Matt Stone du blog 180degreehealth édite des ebooks et pense même démonter les théories paléo…aussi certaines personnes peuvent souffrir de troubles de la thyroïde en cas de régimes trop pauvres en glucides, c’est le point de vue de Paul Jaminet. : Il préconise un régime pauvre en glucides, mais pas trop, au point de suggérer une consommation régulière de « féculents sans danger », les féculents à éviter étant ceux issus du blé et du maïs.

Ces derniers temps, j’ai poussé la recherche un peu plus loin. En paléo classique, le fructose est diabolisé, suite aux études de Lustig (cf the bitter truth, disponible sur youtube, profitez-en avec la fonction sous-titres, pour ceux qui lisent l’anglais, à défaut de l’entendre), rapidement relayé par Gary Taubes (Is Sugar Toxic). Pour une réhabilitation du fructose, il est urgent de lire Ray Peat ou encore David Despain. Toxique, ou pas ? Tout dépend du contexte…! Ca n’empêche d’ailleurs pas quelques originaux raw vegan/fruitarian de s’épanouir en 8/1/1, avec une diète centrée sur les fruits (80%) avec 10% de protéines et 10% de lipides…pourquoi pas.

La troisième catégorie de sources provient de gens qui ont écouté le discours paléo, et le réfutent. Après quelques années où le paléo, l’ancestral, le primal deviennent tendance, il est naturel d’y entendre des voix discordantes.

Sur youtube, allez donc voir Les Primitives Nutrition Series, par exemple.

Ou encore, PaleoVeganology…probablement d’accord avec les prémisses Paléo, disons évolutionnistes, mais pas avec la conclusion « naturelle » qui inclue de la viande ou des œufs : nous ne serions pas omnivores, et nos origines seraient végétaliennes. Pour ma part, bof bof, il y a un spectre très large d’alimentations primitives qui ont réussi à l’homme, j’en reste à ma conclusion qui se veut la moins étroite possible. Mais c’est une bonne source d’informations, tout n’est pas à jeter, je me méfie des conclusions trop hâtives, ou orientées.

Il y a également des voix discordantes…des gens qui viennent du paléo, qui l’ont pratiqué, et en sont revenus. Bon, je n’en connais pas beaucoup, à vrai dire. La première qui me vient à l’esprit est Cheeseslave, bon vous me direz elle est restée assez ancestrale, façon Weston A. Price Foundation.

180°…le logo du blog de Matt Stone

Mais le principal, c’est Don Matesz qui dit au revoir au paléo sous sa forme carnée. Bon en fait, il mange aussi des légumineuses et des céréales complètes, argh ! Il est revenu à son alimentation d’avant le paléo, soit macrobiotique, et quasi-végétarien. C’est une révolution, au sens propre du terme : 180° puis 180° à nouveau, il a fait un tour complet. En lisant plus attentivement le blog, dans les commentaires de son dernier article, il indique que sa femme a été diagnostiquée d’un cancer du sein, on imagine une rémission suite à l’abandon du régime. La première chose que cela m’inspire est qu’il faut du courage pour désavouer des principes proférés des années durant, sur son blog. Et ensuite qu’une synthèse était envisageable plutôt que de jeter le bébé avec l’eau du bain (enfin, même s’il dit lui-même qu’il a gardé le bébé). Il est suivi par un certain Gunther Gatherer, au pseudo très évocateur, et qui a eu des soucis de santé (assez graves) sur son régime Paléo-Low Carb. De même Castle Grok, avec son avatar paleo-simpson…est resté paléo, en abandonnant l’aspect low carb, et même en pestant régulièrement contre celui-ci (@couch2ultra pour les twittophiles). Amateur d’endurance, ce n’était peut-être pas compatible…

Comme on donne usuellement le bénéfice du doute (ne jetons pas l’opprobre sur eux en prétextant qu’ils suivaient mal le régime !), cela donne du grain à moudre (!) à tout les opposants du régime paléo, en tout cas sous sa forme conventionnelle : restez vigilants à votre santé malgré tout.

J’encourage tout le monde, même les paleo-convaincus, à rester ouvert aux alternatives, y compris ceux qui sont détestables. Déjà parce que s’intéresser à la paléo-nutrition c’est initialement une rupture avec la pensée conventionnelle qui régit les milieux des nutritionnistes depuis quelques décennies, mais ce n’est pas une raison pour s’encroûter sur un dogme, fut-il bénéfique pour votre santé. Quand bien même c’est (à mon avis) sur la sphère paleo et assimilée que l’on apprend le plus de choses sur la nutrition à l’heure actuelle, on n’a pas fini d’être étonné. Pour ma part, j’ai quasiment abandonné l’hypothèse insulinique, mais garde bien à l’esprit que dans certains cas, notamment en cas de résistance à l’insuline (soit un pré-diabète), avoir une alimentation riche en glucides est contreproductive. Peut-être même que certaines personnes auront du mal à réintégrer des féculents, même une fois la perte de poids effective. En poussant le bouchon plus loin, je me dis que si une alimentation très riche en petit épeautre (ancêtre du blé), et donc assez riche en gluten, ne pose pas de soucis (intestinaux, obésité, maladies cardiovasculaires), ou pas les mêmes que le blé actuel comme l’a testé William Davis, c’est l’édifice paléo entier qui peut s’effondrer…enfin non, il ne resterait plus que le réquisitoire contre les huiles végétales riches en polyinsaturées et les aliments transformés.

Dur, dur…vous êtes perdus ? Pas grave, on s’en remet 😉

Rouler les ères

En allant au boulot, j’ai religieusement lu le quotidien gratuit metro, qui se fend d’un article sur le forum mondial de la langue française qui s’est tenu à Montréal cette semaine.

Un des sujets abordés était évidemment, les anglicismes. En lisant ensuite religieusement (toujours) le quotidien Direct (édition Toulouse), j’ai appris que « MELANIE GRIFFITH a été sommée par ses filles d’aller en rehab. ». Rehab…c’était pas déjà un excellent tube de feu Amy Winehouse ? Est-ce que ça ne sentirait pas la traduction flemmarde par hasard ? Rehab est le terme qui désigne la désintoxication en anglais, cela vient de Drug Rehabilitation. L’origine est sans aucun doute latine, voire française, mais on dit bien désintoxication en français ! Tant pis si c’est moins percutant que rehab.

L’autre mot qui me court sur le haricot en ce moment, c’est le mot ère. A l’ère du marketing (utilisation justifiée) à tout va…les artistes pop ainsi que les maisons de disques mp3 parlent de période d’album. Une période correspond à l’enchainement sortie de singles, de vidéos, du look, de l’album en question, de la tournée qui suit, très souvent sous forme de spectacle avec nouvelles chorégraphies, et parfois un album live issue de cette tournée (avec vidéo en dvd ou blu-ray) pour clôturer cette période. Pour prendre un exemple récent, Kylie Minogue a sorti l’album Aphrodite en 2010, a sorti 4 singles, a tourné sans relâche quelques mois en 2011 (Aphrodite World Tour), et finit en beauté avec la vidéo du concert de Londres disponible en dvd. Maintenant elle est passée à autre chose. C’était…la période Aphrodite.

Sauf que voilà, en errant sur le web francophone, les djeuns utilisent le mot…’ère’. Pour désigner le mot période. Il s’agit encore une fois d’un anglicisme regrettable, le mot era en anglais, dans ce cas, ne doit pas être traduit par ère, mais bien par période, ou époque à la rigueur. Et ce même si le mot ‘era‘ provient du latin. En français, le mot ‘ère’ s’appliquent à une échelle de temps plus grande (les ère géologiques), ‘ère’ ayant un sens assez pompier, voire mystique (les astrologues nous parlent bien de l’ère du Verseau…bon, les astrologues me font de la pub). L’ère Aphrodite, l’ère Ziggy Stardust, l’ère Sergent Pepper ? Non…décidément non, on a le mot période qui colle trop bien pour ça. Le mot ‘ère’ est à la limite du faux ami…étant entendu que le sens initial reste assez proche, mais avec une nuance de sens bien présente, qui apparait clairement si on a un esprit assez littéraire.

Ce diagramme de l’échelle des temps géologiques (en)roule les ères.

Mais bon…c’est l’usage qui fait la langue. On n’encapsule pas une langue (pas plus qu’une culture), on ne la fossilise pas, elle est, elle vit, elle évolue*. Et ce-même si je suis un dinosaure échappé de l’ère du mésozoïque, qui peste contre l’usage impropre de mots venus de l’anglais, qu’y puis-je à long terme. Si tout le monde utilise ère à tout va, et remplace le vocable période autrefois approprié, est-ce si grave ? Oh bien sûr, ce qui « me gave » dans l’immédiat, c’est le manque de recul des jeunes qui vivent dans un monde très américanisé : ils entendent ‘era‘, donc ils traduisent sans réfléchir par le mot le plus proche disponible en français…’ère’. En 2012…c’est clairement une mauvaise traduction, avec un poil dans la main, et sans se poser aucune question sur la pertinence de ‘ère’ par rapport à son équivalent anglais. En 2032, il en sera différemment, et cela ne choquera probablement personne (déjà que je me sens bien seul…).

Au final…est-ce bien utile de se poser en vieux bougon, défenseur de la richesse de la langue française, et contre l’usage inapproprié de certains termes…? Pas vraiment de réponse à ce jour, c’est un combat qui me semble vain, perdu d’avance, d’un autre côté, quand les définitions des mots bougent trop vite, ainsi que de nouveaux mots issus de n’importe où, ça en déboussole plus d’un, et la langue, au lieu de rapprocher les gens, crée des fossés entre eux, à l’image des argots, des verlans, du langage sms…

*Nos gènes aussi, certains n’hésitent pas à comparer la linguistique et la génétique.