Archives mensuelles : juillet 2013

Un soupçon de valse dans la musique moderne

Quelques morceaux ou figurent un rythme de valse que j’ai dans ma cédéthèque ! J’en ai sûrement d’autres, et ce ne sont certainement pas les seuls à avoir accompli cet exercice de style…pas la prétention d’être exhaustif. Juste un article léger et rafraichissant, rien de tel pour l’été.

Bon week-end à tous et toutes.

 

En pop sixties : Being for the benefit of Mr Kite des Beatles

En jazz : « Blue Waltz », Ascension de John Coltrane

En rock progressif et précieux façon belle époque victorienne  :  Millionaire Waltz de Queen

En glam 70’s : Falling in love with myself again des Sparks

En chanson française : Valse d’amour de Paris Combo

En metal barré : Devin Townsend, Wild Colonial Boy

Retour à table !

Parfois, je me dis que j’ai de la chance de vivre en France : si on se donne de la peine, on a accès à des aliments frais, savoureux, naturels, et dans une gamme de prix raisonnables si on suit les saisons. La France est aussi un pays de gastronomie, où l’on aime déguster les plats en famille ou avec des amis. La France est un, sinon le pays des bon vivants, la table est reine, on parle bien de l’art de la table, à tel point que l’Unesco a inscrit la gastronomie française au rang de patrimoine mondial immatériel de l’humanité. Le délicieux film de Pixar, Ratatouille, plein d’aussi délicieux clichés, ne fait que reprendre la vision de la France vue par les autres. C’est aussi un constat que l’on peine à comprendre si on reste dans le pays, parfois une oreille bouche externe est nécessaire pour en prendre la juste mesure. Karen Le Billon, canadienne de son état, et mariée à un français, a fait le choix de suivre celui-ci en France, amenant ses filles dans ses bagages. Elle fait donc l’expérience de s’adapter à la vie française et d’y adapter ses filles : cela sera plus facile pour elles…que pour Karen.

Les petits français mangent de tout, vraiment ?

Les petits français mangent de tout, vraiment ?

On pourra retrouver son blog officiel ou pour les non anglophiles, cette interview de l’auteur, à moins que cette chronique du livre ne vous parle davantage.

Je trouve son propos très optimiste, plein de bon sens aussi, peut-être en décalage avec ce que j’observe quotidiennement chez les uns et les autres : la France me semble bien plus américanisée que ce qu’elle a pu observer. Le tableau est incomplet, la réalité de la France à table se situe quelque part entre son vécu, et celle du Canada anglophone. Difficile de trancher, tout n’est pas si idyllique. Son expérience me semble relever de la France rurale : la famille du mari vit en campagne bretonne, et on devine çà et là, des indices d’une France de l’Ouest attachée à ses traditions. Au même titre que le Pays Basque, la Corse…En fait, le portrait d’une ancienne France, pas totalement disparue, mais la ville et son influence ont largement grignoté le territoire.

Pour ma part, étant franchement citadin, ayant rompu avec les racines terriennes (immigration espagnole, et parents ouvriers, pas paysans, ça compte), je peine à retrouver toutes les qualités de l’éducation tant vantées par Karen Le Billon, tout au plus c’est grosso modo, l’éducation de mes parents, mais pas celle de ma génération ou de mon environnement social. Et quand j’observe les pratiques des amis qui ont des enfants, la pente ne va pas dans le bon sens…mais sans doute, il reste encore quelques habitudes sociales qui nous préserve de l’individualiste Amérique du Nord : manger à table, ensemble reste la norme par exemple. Sur d’autres points, et rien que pour reprendre le titre du livre : non les enfants français ne mangent pas de tout, et les parents échouent, parfois ou souvent, à leur faire manger de la bonne nourriture.

Cela doit aussi dépendre de la catégorie sociale, je ne m’étendrais pas là-dessus, mais il semblerait que les classes privilégiées le soient aussi en termes d’éducation, et la famille Le Billon semble être d’une classe plus aisée que les français moyens ou populaires. Le contexte joue…assurément, et il n’est pas le même partout en France loin de là. Ces simplifications, l’usage abusif de stéréotypes servent aussi de char d’assaut marketing à l’assaut du marché nord-américain, j’ai aperçu que c’était loin d’être la seule à avoir écrit sur l’éducation à la française, le french parenting. Une mode, semble-t-il ?

Mais les remarques qu’elle prodigue sur son livre relèvent du bon sens, et méritent d’être appliquées, bien que d’autres modèles traditionnels fonctionnent aussi. Même nous, autres français (et aussi belges, et suisses…ou canadiens francophones pouvant se sentir concernés) pouvons nous appuyer sur le vécu d’une personne qui a expérimenté deux opposés en termes de pratiques culinaires, éducatives et sociales. Pour retrouver nos traditions que nous tendons à perdre : une seule statistique qui sera assez symbolique, représentative : la France est devenu le 2ème marché au monde du fast-food. Et ça n’est pas que MacDo, KFC ou Quick : on doit y compter les pizzérias, les kebabs florissants, les Subway, voire les Paul, etc. Le fast-food a ainsi dépassé en termes de parts de marché, la restauration traditionnelle. Tout n’est pas noir, mais il faut prendre garde.

La parution du dernier Cuisine Nature de Taty Lauwers est d’ailleurs un peu symptomatique : spécial Jules pressé, « je débute en cuisine nature », indique bien que le monde a changé et la France aussi (bien que Taty soit belge). Célibataires plus longtemps, la femme plus autant aux fourneaux que par le passé, des Jules qui par pseudo-machisme ou tout simplement trop assistés (sans parler des trop pressés, jeunes cadres) dans leur jeunesse n’entravent que dalle à la cuisine et sont vite noyés sous des recettes trop complexes. Ce livre les aidera à faire le tri et à faire des miracles culinaires en peu de temps, peu d’ingrédients :

je débute cuisine nature taty lauwersHé bien je dois dire que j’avais également quelques leçons à prendre, ce livre est à mettre en toutes les mains, du moins celles qui ne sont pas expertes en cuisine, et qui pour des raisons valables, ne vont pas suivre des cours. Un autre livre plus spécialisé paléo, devrait voir le jour cet automne. Pour (ré)apprendre à cuisiner, de bonnes bases, des recettes simples mais délicieuses, les ustensiles à posséder, l’essentiel en quelque sorte ! Et en filigrane, des conseils culinaires très bien vus pour les paléo, ancestraux, wapfeurs de toute sorte ; les graisses conseillées, par exemple, feraient fuir plus d’un bien-pensant bloqué sur Ancel Keyes et les années 50 : beurre, huile de coco, graisse de canard ou d’oie, en insistant sur le type à choisir et leur qualité (dite ressourçante). Très bonne pioche.

Les morts dansaient à Nîmes – 29 juin 2013

Chaque année qui passe me donne l’occasion de voir en concert un ou plusieurs de mes artistes favoris. L’an passé ce fut le cas avec la très celtisante Loreena McKennitt.

Cette année, par contre, je ne voyais rien venir, comme disait Sœur Anne. C’était sans compter sur les « vieux briscards » de Dead Can Dance : leur dernier album, Anastasis était très bon, et il m’était impensable de les louper, comme ce fut le cas, en 2005. Je vivais en région bordelaise, jusqu’à début mars, et ils firent un concert à Bordeaux peu après mon départ. J’ai longtemps pesté contre cet acte manqué, d’autant que c’était leur retour scénique après deux carrières solo bien remplies. Pour ceux qui ne suivent pas, la chanteuse, Lisa Gerrard, a participé à la bande originale du film Gladiator. Brendan Perry a fait lui aussi son petit bonhomme de chemin, mais je vous avoue, je n’ai pas vraiment suivi l’affaire.

Je ne suis pas fan absolu du duo. Je suis juste fan absolu de ce que je considère comme leur meilleur album, Within The Realm Of A Dying Sun, une sorte de pépite néo-classique, spiriturelle, gothique, sombre, unique, et assez indéfinissable, de mon point de vue. J’aime aussi également leur opus le plus médiéval Aïon (avec un extrait du Jardin des Délices de Jérôme Bosch). Peut-être en deçà dans mon échelle, le néanmoins très bon Serpent’s Egg contenant Host Of Seraphim, laquelle est tout bonnement bouleversante, et il faut le dire,  venant d’une autre planète, Lisa Gerrard appartient définitivement à un autre monde, ou une autre époque, ce que m’a confirmé la vision du documentaire Sanctuary consacré à sa vie. Le reste de la carrière, je connais peu, à mon grand regret, c’est une erreur que je devrais rectifier assez vite, dans les prochains mois.

Aion, leur album médiéval

Aion, leur album médiéval

Dès la confirmation du concert de Nîmes, je n’ai pas vraiment tardé à prendre les billets, dans la matinée même où ils étaient mis en vente, c’était réglé :

dcdNous étions trois à partir, et bien que ce ne fut pas une journée ensoleillée, la seule perspective de voir un concert hors du commun dans un cadre qui ne l’était pas moins – Les Arènes de Nîmes – suffisait à notre impatience. Trois heures pour aller à Nîmes, un samedi, c’est tout à fait convenable. Après un bivouac improvisé sur la place de la libération, nous nous sommes dirigés vers une brasserie pour boire quelques verres : à voir les t-shirts et autres dégaines qui détonne dans l’atmosphère tranquille, méditerranéenne de Nîmes, d’autres fans firent le même choix. Puis, nous nous décidions, et rejoignions le temple de la soirée. J’avais déjà expérimenté le lieu (en fait pour le groupe Metallica), mais ce soir allait être complètement différent. Une messe, le mot n’est pas exagéré.

La scène...avant le début du concert

La scène…avant le début du concert

Ils sont en voix, et visiblement ravis d’être sur cette scène. Leur prestation était magique, et semble-t-il encore plus si on est dans les premiers rangs, ce qui m’a été confirmé par un ami qui était de la partie. Un album live récent donnait un indice quant à la set-list du jour. Il y a eu quelques modifications depuis (set-list sur lastfm), et j’ai d’autant plus apprécié les performances des classiques que sont Cantara et de Black Sun auxquelles je ne m’attendais pas. Host of Seraphim m’a fait hérisser les poils. J’ai redécouvert Sanvean une chanson du répertoire solo de Lisa et qui m’a fait vibrer comme jamais. Brendan Perry n’est pas en reste, il est le parfait complément, moins technique, mais tout en émotions, plus expansif (c’est relatif, ça n’est pas un groupe festif, même avec des percus africaines !). Lui aussi m’a époustouflé par sa présence scénique et sa puissance vocale : il est juste plus terrien que Lisa (et elle aérienne, éthérée), ce qui peut donner cette fausse impression qu’il n’est que le faire-valoir de son alter-égo. Ils sont parfaitement compatibles, jouant, chantant sur des registres différents. Les autres musiciens accompagnateurs firent leur travail, tout en discrétion, synthétiseurs et percussions essentiellement : nous n’avons, de fait, d’yeux que pour le duo.

Nous repartîmes, enchantés, de Nîmes.