Archives mensuelles : janvier 2014

A la quête de…oh et puis zut !

Tout d’abord bonne année…et bonne santé. C’est un peu pour cette dernière que je blogue, et je sais à quel point elle est précieuse pour chacun d’entre nous, avoir la santé n’est décidément pas un luxe 🙂

Je voulais revenir brièvement sur un sujet dont l’article a eu pas mal de succès, si je m’intéresse au nombre de commentaires (dans les faits c’est cet article là qui est le plus visité, à vrai dire la majorité du temps le nombre de hits pour cet article dépasse la somme de tout les autres, vive google).

J’ai donc fini la bouteille de Green Pasture. Deux ans. Une supplémentation « douce » on pourrait croire. Mais j’ai gardé un arrière-goût en bouche assez désagréable : la fermentation c’est aussi l’oxydation absolue des oméga-3, autrement dit, si le contenu en vitamines liposolubles est sympathique, on ne restera jamais convaincu par cette huile hyper rance, et surtout quels sont ses effets sur l’organisme ?

J’ai donc opté cet hiver pour l’huile suivante, de chez Garden of life, qui semble-t-il garde ses propriétés fraîches, si je puis dire, non fermentée, et ayant gardé son caractère non désodorisé, bien qu’étant vendue avec une saveur naturelle de menthe-citron, pas franchement horrible, bien qu’étrange, décalée même. Le goût originel ne transparait donc pas.

On notera, ô miracle, une tentative de transparence en ce qui concerne le contenu en vitamines, ainsi qu’en oméga3 à longue chaîne :

garden of life2013-11-18 10.52.48

Pour l’anecdote : oui le papier-bulle avec de grosses bulles, c’est génial.

Cliquer pour acheter de l’huile de foie de morue Garden of Life

Ah, joie, on a la quantité en IU et non pas en IU/g, unité de mesure pas vraiment aux normes (la fameuse notice de Cooper a déménagé et est disponible ici) et qui aura eu le mérite de me mener à la confusion totale. Oui c’est possible de convertir, de faire des tables de trois mais enfin, quand tout le monde parle en IU, on fait l’effort de s’adapter !

Il y a deux déceptions. Ouais, en bon perfectionniste je suis déçu. La quantité journalière de vitamine D ne correspond qu’à deux fois les apports conseillé de l’AFSSA. Et c’est donc 10 à 20 fois inférieur aux apports conseillés par les scientifiques (les indépendants hein). Rien de neuf, c’est la raison pour laquelle je pressentais qu’il me fallait une supplémentation en vitamine D.

La seconde déception, c’est que je me suis amusé à faire une recherche google sur Ray Peat et l’huile de foie de morue pour savoir ce qu’il en pensait. Et là c’est le drame. On y apprend grosso modo que l’huile de poisson est déjà oxydée quand elle vous parvient. J’avais déjà constaté ça pour l’huile de colza, aucune raison de dédouaner l’huile de poisson. Et même si on atteint pas le niveau d’oxydation de l’huile fermentée de Green Pasture, l’article est suffisamment éloquent quant aux implications de cette huile sur la santé (système immunitaire notamment). Suffisamment en tout cas pour que ma bienveillance de base se transforme en méfiance.

Je n’ai pas envie d’invoquer un joker inuit. Hein, vous savez le poisson pourri…leur huile n’était certainement pas fraiche. On pourrait même se méfier des poissons sur les étals. Ray Peat (notoirement réputé pour être anti-polyinsaturés) note que l’huile de poisson pourrait même s’oxyder avant d’atteindre le flux sanguin.

Aussi je trouve curieux la présence d’alpha-tocophérol dans…les ingrédients. Donc c’est de la vitamine E ajoutée, pour faire simple. Vitamine qui joue le rôle d’antioxydant, in vitro, in vivo. Garden of life chercherait à préserver leur huile de foie de morue de l’oxydation ? Cela me semble assez léger, à voir avec la teneur, non précisée. Il aurait été presque plus utile de combiner une huile riche en graisse saturée (huile de palme rouge ?) avec l’huile de foie de morue pour la protéger de la méchante oxydation, voilà une idée à exploiter, dommage pour l’empreinte carbone d’une telle opération.

Plus je creuse, moins je suis certain de ce qu’il faut en penser. En conclusion, prudemment, tout de même :

bonne source de vitamine A (rétinol, bien plus bio-disponible que le bêta-carotène, si vous avez un foie surchargé, pensez-y)

vitamine D : correcte mais très probablement insuffisante.

oméga3 : c’est la grande question, la fraicheur du poisson revient toujours sur le tapis, les oméga3 oxydés ayant l’air d’être plus que contreproductifs. (et donc les poissons sur les étals…c’est pas pareil parce qu’il y a la chair autour ? A voir, ou plutôt j’attends un commentaire qui saura me répondre 🙂 Il me semble bien que la consommation de poissons est positive)

– En conséquence de quoi, paradoxalement je conseillerais plutôt l’huile à une personne en bonne santé cherchant à se supplémenter – surtout en vitamine A ! -, plutôt qu’à celles ayant une santé défaillante (à voir chez les immunodéprimés par exemple, et les autres maux relevés par Ray Peat). Les plus costauds d’entre nous pourront – pourraient ! – encaisser les dégâts des oméga3 oxydés (voire prévenir l’oxydation ?), si la dose reste respectée.

– Au final…à prendre avec des pincettes. Moi-même, je ne sais même pas ce que je vais faire. Je me contente de regarder la bouteille, bouteille fort jolie au demeurant.

En bonus, une note d’humour : la sagesse des gaulois, le poisson source de dispute source : Indiansamourai.com

frais poisson