Archives mensuelles : septembre 2014

Moi et mon alimentation (III)

Je ne pensais pas donner une suite à deux vieux articles, et pourtant il en est ainsi…

Passé un certain moment à rédiger des articles, on devient plus connaisseur, en quelque sorte plus « savant » au fur et à mesure des recherches effectuées. Même si on devient dans le même temps, plus humble, par la force des choses au vu de la connaissance qui s’accumule, et étonne de jour en jour.

Et surtout, s’intéresser à la nutrition, écrire sur le sujet ne rend pas automatiquement plus vertueux au niveau du comportement alimentaire. Parfois, on peut souffrir d’auto-aveuglement. Sans même parler du fameux dicton : « Les cordonniers sont les plus mal chaussés« . Il y a sûrement un peu de vrai dans le dicton populaire.

Fin 2011/début 2012, j’allais très bien, puis mon état de forme est devenu plus aléatoire. Certains jours je me levais en étant fatigué bien qu’ayant dormi mes 8h30 théoriques habituellement suffisantes. Plus tard dans l’année, j’expérimentais le retard de selles. Pas de la constipation stricto sensu, un retard de un à deux jours. Puis le nez s’est mis à couler sans prévenir. De plus en plus…et ponctué de nombreux éternuements. Puis le cœur s’est mis à battre fort plus que de raison…sans raison. Apparente. Et plus mon cœur battait fort, plus j’étais fatigué le lendemain, sans récupération possible, et rebelote le lendemain. Un été passe, avec symptômes en recul, vive la montagne, vive la mer.

Les symptômes se réinstallent petit à petit lors de mon retour en ville, me remettant à mon rythme urbain habituel. Puis un jour, ce sont des symptômes urinaires peu communs qui font leur apparitions. Au final rien de grave, beaucoup de cogitation…il semble que certaines bactéries ont profité d’un intestin par trop perméable pour aller se nicher dans la vessie. Mais ça a été le symptôme de trop qui m’a fait réagir (ce que j’aurais du faire avant).

J’ai fait de multiples tests alimentaires auparavant, mais j’étais incapable de les interpréter, et je n’y trouvais guère de sens. Pollution ? Eau contaminée ? Gluten ? Ondes ? Toutes les hypothèses étaient bonnes à prendre. Mais je me doutais bien que l’alimentation y était pour quelque chose. Bien que j’y fasse attention, je ne cours pas après les fastfood, ni après les aliments transformés.  Comment après un régime low carb, puis un régime paléo, puis enfin un régime « ancestral » (lire français d’avant la seconde guerre mondiale, qui n’exclut pas les féculents, à propos : réintroduire les féculents m’a fait du bien, sans résoudre les autres symptômes : thyroïde à plat momentanément, ça au moins, ça a fini par remarcher.

ali proviaJ’ai donc, un peu désespéré fait marcher la piste du profilage made in Taty (Lauwers). Capable d’y dénicher une aiguille dans une botte de foin, c’est à dire une allergie alimentaire dans un terrain mortifère (j’exagère un tout petit peu, bien sûr). Ce n’est pas Taty qui m’aidera dans mon parcours, une de ses élèves, Gabriella Tamas, naturopathe, formée au profilage alimentaire, et qui tient le sympathique site AliProvia. Elle m’aura aidé le temps de pratiquer les évictions, et de nombreux échanges par mails, jusqu’à une subite prise de conscience. Elle m’a apporté une approche plus instinctive si on veut de l’alimentation (rien à voir avec les huluberlus de l’instinctothérapie).

Après un entretien par Skype, j’ai donné le maximum de renseignements par internet. Cela m’a pris beaucoup de temps pour répondre de manière juste et honnête. Dans ces moments-là, on est seul face à nos problèmes, pas de vanité possible. Evidemment les résultats ne se font pas attendre, et sont durs à lire : trop de fromage, trop d’aliments riches en salicylates. Attendez….saliquoi ? Salicylates. D’accord. Comme l’acide acétylsalicylique alors, la fameuse aspirine ? En quelque sorte. On va donc me considérer comme un Canari de la modernité.

Pour les fromages, c’est mon péché mignon, j’avoue sans réserve, on a parfois des faiblesses, qui nous relient sans doute à nos premières émotions. Je savais que j’en mangeais trop et je semblais aller mieux quand je n’en mangeais plus. Sauf que je n’allais pas bien pour autant. Et les salicylates ? Présents dans tout ce que j’aime, quasiment. Fruits, noix, une certaine frange de légumes comme les courgettes ou les aubergines, qui ont, comme par hasard, mes faveurs.

La première recommandation de Gabriella était donc de diminuer très sévèrement les laitages (enfin dans mon cas, les fromages surtout), à la rigueur le beurre ou le ghee pouvait être conservé. Donc comme je disais : c’était positif, mais franchement, mes nuits étaient difficiles à cause de cette tachycardie inexpliquée. Nous étions en été 2013, dans un gîte à Dauphin, et l’heure n’était pas encore à se passer de fruits ou de ratatouille. Dans les Alpes de Haute-Provence, l’été, c’était comme s’il n’y avait que ça de disponible ! Je suspectais notamment les pêches et les pastèques de me faire bondir le cœur plus que d’autres aliments.

Et puis, l’automne arriva : j’ai eu instinctivement besoin de chercher de la nourriture avec peu de salycilates, et zéro laitages. Du jour au lendemain : zéro tachycardie, corps qui commence à s’apaiser…bingo, et victoire ! L’éviction de ces aliments m’a laissé en paix. Depuis, passé quelques mois, je remange sans problèmes des salicylates, alors que les laitages, même à petite dose semblent être devenus problématiques, ce qui n’était pas le cas jusqu’à mes 30 ans environ. Ca arrive…et je n’ai pas encore tout guéri de cette paire d’années qui m’a en quelque sorte « amoindri ».

La conclusion sera multiple, comme les enseignements que j’en ai tiré à titre personnel. Même au sein des aliments sains, tous les aliments ne sont pas recommandables. Nous avons une génétique différente, des origines différentes, une histoire différente, des goûts différents, c’est à chacun de tâtonner, d’expérimenter, mais aussi d’écouter son corps – ce que j’ai fini par faire à la fin, quand je n’arrivais plus à intellectualiser ou rationaliser ce qui m’arrivait, tellement il n’y avait plus de sens -. Tout peut potentiellement causer un souci, y compris les sacro-sacrés aliments sains : légumes, cru, cuit, viande, fruits, céréales, légumineuses, oléagineux, absolument tout. « Ca dépend »… »faut voir le contexte » « le terrain du sujet compte »…tout n’est que du cas par cas. Aussi j’ai profiter de cette période d’éviction pour enfin intégrer le bouillon de poule, utile pour se ressourcer 😉

yin yang

source wikimedia

Votre alimentation vous équilibre ou vous déséquilibre. Même dans le meilleur des aliments, végétal, animal, il y a des composés qui peuvent vous déséquilibrer votre santé à terme, si vous en abusez. Et comme je l’ai souvent dit, même dans les aliments les plus diabolisés, surtout en cuisine animale, ils n’ont pas que des points négatifs, et même positifs consommés avec parcimonie. Le dessin du traditionnel Yin Yang semble être un peu clichesque, mais il s’applique parfaitement à l’équilibre que chacun doit trouver.

Même avec un regard d’anthropologue-nutritionniste, les peuples de chasseurs-cueilleurs jusqu’aux peuples agricoles et sédentaires traditionnels, l’équilibre est toujours respecté, par une sorte d’empirisme et de savoir judicieusement transmis. L’exode rural a brisé cette transmission, il ne tient qu’à nous de redécouvrir notre propre équilibre, et d’être attentifs aux suggestions de notre corps, parfois si subtiles qu’on ne les remarque plus : au delà des querelles d’écoles de pensées nutritionnelles, si vous ne savez pas pourquoi vous devez éviter ou favoriser tel aliment, lui, il sait.

Post-Scriptum : les médecins étaient dépassés, pas vraiment d’oreille attentive, seule une approche holistique pouvait marcher, j’admets avoir un peu trop attendu, « j’aurais » du réagir bien avant, mais ça…errare humanum est ! Je n’ai pas persévéré. Et la piste des salicylates est drôlement originale – voire inexistante – en francophonie, j’admets que je n’y connaissais rien, hormis le nom et la référence à l’aspirine. Je dois admettre que j’étais sceptique au départ. Dans le même genre, il y a les oxalates comme « ami pas beau ». Je n’en revenais pas quand je me suis rendu compte que « ça marchait », et que le plus dur était fait.

De même difficile d’en parler sur le blog, les mots n’arrivent pas aisément…à tous les coups. Aussi je n’ai pas l’habitude de livrer mon expérience personnelle, surtout si ça a été une épreuve. Pas forcément par pudeur (quoique) mais trouver les mots justes sans raconter une anecdote personnelle pour…raconter une anecdote. Il me fallait aussi lui trouver un sens. Quasiment un an plus tard. La reconstruction n’est pas terminée, mais elle avance.

A propos d’une diète extrêmement carnée

Je viens de recevoir le dernier cru de Julien Venesson : Paléo Nutrition. Je n’ai eu le temps que de le feuilleter, ma foi, il m’a l’air pas trop mal, bien écrit, didactique, et abordant certaines problématiques familières aux lecteurs de Clair et Lipide, et d’autres qui sortent de mon champ de compétences, notamment les questions de prise de muscle et de performances.

Paléo et parquet flottant font bon ménage.

Paléo et parquet flottant font bon ménage.

Enfin, quoiqu’il en soit, gageons qu’il coupera un peu le pied aux apprentis évolutionnistes qui ont l’esprit un peu trop perché sur les arbres fruitiers, voyez ce que je veux dire…

Revenons au sujet de l’article.

L’édition de cette version ebook de The Fat Of the Land est le bon moment pour faire le point sur ce type de régime extrême. Honnêtement, ce ne sont pas des régimes que je conseillerais de prime. Plus un régime est extrême, plus la probabilité de s’y épanouir est faible. Des facteurs génétiques probables en passant par les détails (le diable y est sans doute niché) à ne pas négliger, on peut se demander comment ces tribus nordiques ont pu faire mieux que survivre : à vue de nez, pas de dégénerescence physique, pas de taux de cancer à l’occidentale, une vie assez rude néanmoins.

Je n’ai pas l’intention de faire un rapport complet, juste donner quelques éléments, comme grain à moudre pour pousser la réflexion assez loin, sans faire dogmatique, et en tenant compte de quelques éléments venant compliquer les conclusions. Pour les lecteurs habitués : y a pas franchement du neuf, mais c’est un peu le moment de faire le point.

  • Graisses :

Le mal du Caribou (Rabbit Starvation) y est clairement évoqué comme écueil. A priori en régime carné, et dans un climat ou les tubercules et céréales y sont rares il faut se tourner vers les graisses animales. Si possible en se concentrant sur les abats et la moelle des os, on laisse parfois la viande de type musculaire aux chiens, celle-ci étant moins riche nutritionnellement parlant. Donc beaucoup de graisses, même si la viande basique est maigre. Pas tant que ça de graisses saturées, un peu plus chez les amérindiens amateurs de mammifères terrestres. Beaucoup d’oméga3 à longue chaîne chez les inuits, a priori les plus utiles. Au point que les inuits souffrent de fréquentes hémorragies internes, sans doute une conséquence d’un sang par trop fluide.

  • Protéines :

Toutes les parties de l’animal sont mangées sont mangées, des abats en passant par les os (et oui, pas que la moelle), les tissus conjonctifs (avec le fameux collagène), les abats, et un peu de viande classique bien entendu. Au final une bonne répartition dans les divers types d’acides aminés. Beaucoup de méthionine et de cystéine dans l’absolu, peut-être équilibrées par la glycine, la serine et la proline. Sur le sujet Pensez à lire cet article de Denise Minger, et le commentaire de Darryl vers la fin. Les inuits récupèrent aussi du collagène via le lard de baleine. Le premier qui me parle de manger le poulet sans la peau est à fusiller illico. C’est contre toutes les pratiques ancestrales qui ont du sens, sans même aborder le bouillon d’os.

  • Les vitamines :

je ne vais pas être exhaustif, me limiter à quelques vitamines emblématiques. Pas possible de faire la chasse à toutes les micronutriments existants, même si j’ai quelques interrogation sur la vitamine E qui me semble très peu présente dans les viandes animales, sauf peut-être marginalement.

Normalement, nous avons perdu la capacité à synthétiser la vitamine C, ce qui suggère que nous ne sommes pas carnivores et que notre évolution suggère un environnement riche en vitamine C, via les fruits et végétaux divers (légumes verts à feuille). Donc on pourrait penser que vivre dans le grand nord, c’est s’exposer au scorbut ? Pas vraiment le cas, au prix d’une adaptation intelligente en pleine conscience : les amérindiens en se concentrant sur des organes comme le foie ou les glandes surrénales sous forme crue s’assurent de ne pas manquer de cette précieuse vitamine. C’est une forme de sagesse ancestrale…un empirisme scientifique typiquement humain. Les inuits récupèrent la vitamine C via le muktuk, la peau des baleines, des mammifères marins étant riche en vitamine C (article de qualité, allez-y).  La vitamine C est importante, et…ils n’en manquent pas, mais il faut choisir les bonnes proies et les bonnes parties des proies…

La vitamine A  n’est peut-être pas le plus problématique. Le rétinol est la version pré-formée de la vitamine A, bien supérieure à tous les bêta-caroténoïdes du monde (que normalement on convertit en vitamine A…si le foie est disponible pour ça). A tel point qu’il faut faire attention à bien équilibrer avec la vitamine D. Merci à Suppversity de relayer cette étude qui suggère qu’au moins chez les rats, le bêta-carotène n’est pas l’équivalent du rétinol…et qu’il vaut mieux absorber de ce dernier pour s’assurer de bons chiffres sanguins.

La vitamine D vient à manquer…peu de soleil dans le grand nord. On en retrouve dans les graisses animales, surtout dans le foie comme dans la vitamine A. Pour l’apport endogène via le soleil, il est pas aisé, certes. On notera éventuellement les visages tout ronds des inuits comme pour maximiser la moindre surface en cm² au contact du très peu présent soleil. Honnêtement, c’est un argument à la volée, je n’y accorde pas grand crédit dans l’absolu.

C'est vraiment pour illustrer l'article et éviter un mur de texte un peu trop aride.

C’est vraiment pour illustrer l’article et éviter un mur de texte un peu trop aride. Source : indigenoustattooing.com/

La vitamine K2 : le « célèbre » activateur X doit sa présence à la fermentation des végétaux (par exemple dans le nattō à partir de soja). Mais aussi dans les produits animaux, comme les fromages. Et très sans doute dans la fermentation animale. Sans trop me mouiller, les amérindiens doivent en trouver dans le pemmican qu’ils laissent sécher (et donc fermenter), et les inuits…dans la viande qu’ils laissent littéralement pourrir, et qu’ils mangent ainsi, entre deux poissons crus frais.

  • Les fibres :

Un petit peu chez les amérindiens, qui malgré un régime à dominante carnée ont plus de chances que les inuits qui doivent désespérément faire avec peu de végétaux. Chez les inuits, la fermentation des viandes (et peut-être la consommation de minéraux alcalins comme le calcium dans les os) doit pallier en théorie l’absence de fibres. Les viandes pourries doivent être riches en acide butyrique (entre autres acides gras à chaînes courtes) bon pour les tissus des intestins – entérocytes-, et en bactéries assurant la santé intestinale. Dans l’absolu, n’oublions pas que la diète très carnée a déjà été testé dans The Influence of an Exclusive Meat Diet on the Flora of the Human Colon. Gontran de Poncins ne souffre pas de constipation dans Kablouna, a priori, aucun explorateur n’en parle, à ma connaissance !

  • Les minéraux :

Je dois avouer que je n’ai pas étudié la question. De la même manière qu’on a un équilibre en acide aminé, je suppose qu’il doit y avoir un équilibre minéral en mangeant la bête entière. Rien ne se perd, tout se récupère, et si un animal en bonne santé est mangé, a priori, il n’y a pas de raison que le profil minéral ne convienne pas à l’humain, surtout dans le cas des mammifères marins, ou non. Je n’ai pas les moyen de vérifier. Un équilibre minéral clé, par exemple est celui de l’équilibre acido-basique, et a priori les minéraux alcalins des os doivent équilibrer avec l’effet acidifiant des protéines.

Jusqu’à un certain point néanmoins, Staffan Lindeberg montre que ça n’est pas le cas et que les eskimos souffraient d’ostéoporose. Objectivement le manque de vitamine D est problématique même si les minéraux sont là. Maintenant, les squelettes montrant l’ostéoporose, désignent-ils les paléo-eskimos ou les Inuits contemporains (ou récents) ? Une étude ADN démontre que les paléo-eskimos dont les squelettes ont pu être étudiés ne sont pas les ancêtres des inuits, qui eux, descendent du peuple de Thulé. Mais, malgré ces doutes, je doute que l’équilibre soit tout le temps à l’œuvre. Les végétaux n’ont pas leur pareille pour l’équilibre acido-basique du corps. Et les peuples de chasseurs-cueilleurs mangeant globalement plus de végétaux ne montrent pas d’ostéoporose comme par hasard. Mais aussi ils profitent du soleil plus fréquemment.

A moins de nier le caractère alcalin ou acidifiant des aliments, façon le corps tamponne toujours à 100% avec efficacité, et ce malgré une consommation hyper élevée de protéines comme l’a fait PaléoQuébec. (Coucou !!!) Honnêtement, je veux bien qu’à court terme le corps tamponne, excrète y compris par la respiration quand on est jeune, ou plus insidieusement dans les tissus conjonctifs qui finissent par s’encrasser à mesure qu’on avance dans l’âge et que les mécanismes centripètes fonctionnent moins. En fait, l’acidose chronique sur plusieurs décennies qui est problématique, tamponnée tant qu’on est jeune, et plus le temps passe moins ça passe…c’est après la soixantaine et après plusieurs dizaines d’années qu’on finit par voir les personnes concernées par l’ostéoporose et les vieillards qui font de vieux os. Chris Kresser a tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain : l’équilibre basique est vital, mais le corps est intelligent pour tamponner – le sang lui-même ne varie de ph que dans une petite fourchette -, dans une certaine mesure. Sans aborder les différences métaboliques individuelles qui foutent le boxon dans les stats générales. Je suis au courant de cette méta-analyse, mais comme l’équilibre acide base du corps est vital (c’est une notion chimique), il faudrait établir un tableau général des systèmes tampons, endogènes, exogènes, et tutti quanti. Pour comprendre l’enjeu de la différence entre court et très long terme…le débat doit continuer à mon avis, j’ai du mal avec les mythes déconstruits qui laissent trop de questions en suspens…c’est le côté « circulez y a rien à voir » qui me laisse sur ma faim.

faim

Je déclare pour illustrer…

  • Glucides :

J’ai réservé ce paragraphe en toute fin : a priori, et selon le dogme de la paleo-keto-secte, les peuples nordiques mangeaient peu de glucides. En fait il est clair et lipide que les protéines et les graisses fournissaient l’essentiel  des calories. Richard Nikoley de Free The Animal s’était trouvé un combat : remettre les glucides au menu paléo, pas les glucides raffinés, mais les glucides naturels, y compris les féculents des tubercules, avec beaucoup d’amidon résistant, qui régulerait la glycémie en plus d’être bénéfique pour le microbiome. Beaucoup d’articles sur le sujet, voyez plutôt avec Monsieur Google. Où je veux en venir c’est qu’il s’est attaqué à un tabou : la part de glucides  – du glycogène en fait – dans la viande. Et elle aurait été sous-estimée. A l’aide d’un lecteur curieux, Duck Dodgers, iconoclaste et qui met le doigt où ça fait mal : vu le poids en viande, en animaux marins possédant beaucoup de glycogène – ce qui d’ailleurs va de pair avec la vitamine C présente dans ces animaux -, les inuits ingèrent trop de glycogène (parfois jusqu’à plusieurs kilos de viande par jour) pour se maintenir sur une cétose à long terme. Malgré la faible attaque de Mike Eades sur l’acide lactique issu de la fermentation du glycogène les inuits mangent beaucoup de viande crue…et le glycogène met du temps avant de se décomposer totalement. Un vrai pavé dans la mare :  ce n’est pas le seul article, voyez avec Monsieur Google sinon. S’il est confirmé, faute d’exemple de peuple le pratiquant, rangerait le régime cétogène dans la case biohacking, diète utile pour des opérations de court terme, peut-être pour faciliter la guérison d’un cancer, ou pour les épileptiques. Mais quand même avec de sérieuses réserves sur le long terme. A vos risques et périls : pensez à manger de la glande thyroïde en quantité messieurs les kéto-aventuriers, on ne sait jamais en l’absence de glucides…

Pour finir cet article, je voulais conclure sur cette étude parue cette année qui a fait grand bruit : les eskimos traditionnels qui ont gardé leur alimentation originelle, et malgré leur consommation d’oméga3 avaient une prévalence des maladies cardiovasculaires équivalente à celle des américains ou des européens. Dommage pour le romantisme et les mythes entourant les tribus de « chasseurs-chasseurs« . On pourra objecter quand même, qu’en mangeant autant de viande, ils s’en tirent pas si mal. A moins que…ça ne soit la faute à…la « cigarette » ? De quoi en perdre son latin…n’est-ce pas ? 😉 Quoiqu’il en soit, pour les lecteurs qui auraient du mal avec la logique : ce n’était pas un plaidoyer pour une alimentation carnivore, mais quelques pistes sur les raisons de l’adaptation des peuples du grand nord à ce type d’alimentation, sans idée préconçue, et sans aborder la génétique, les explorateurs européens étaient particulièrement en forme lors de leurs voyages. Au final : ça ne s’improvise pas, je ne le recommande pas, ce n’est probablement pas optimal comme les diètes à forte dominante végétale des Zones bleues, et ce reportage un peu racoleur de Vice.com en est la preuve…