Archives mensuelles : décembre 2015

L’art du cheveu politique sur la soupe

Tout part d’un statut Facebook anodin et innocent :

mandarineLes commentaires affluent, normal, l’existence d’un tel produit à destination des fainéants ne peut que faire réagir les gens.

Et puis un commentaire, surgi d’on ne sait où, un certain Thomas vient placer sa morale politique. Non pas que je sois contre parler politique. C’est juste à mille lieux des préoccupations du blog – sauf lorsqu’il s’agit de la liberté d’expression et de bloguer -, je laisse la politique s’exprimer ailleurs, parce qu’en tant que français commun, on bouffe de la politique partout. En tout cas à Toulouse, les manifestations politiques comme Alternatiba et affiliés s’affichent ostensiblement dans la rue dès qu’ils en ont l’occasion. Aussi en France on parle très souvent de la politique, c’est une seconde nature. Ce cirque n’arrête jamais, et il est d’usage de se lancer dans des débats infinis. Pour ma part, si des gens ont tort sur internet, hé bien qu’ils débattent, je ne vais pas rester devant mon pc, et pas via mon blog pour leur prouver qu’ils ont tort.

Je dois asséner mon point de vue.

Je dois asséner mon point de vue.

bile 1

bile 2

L’anonymat des personnes a été préservé

A vous de vous faire votre opinion, les donneurs de morale qui pensent qu’on ne s’intéresse jamais à la politique et qui viennent prêcher chez autrui façon open bar en mode « vous êtes des moutons, égoïstes » et qui reproche ensuite mon agressivité en omettant au passage les faits, rien que les faits…j’en ai soupé. Non, la politique n’est pas l’alpha et l’oméga de toutes les discussions, et oui, il est irrespectueux de déborder sur la politique dès qu’on en a la moindre micro-occasion. Si des sujets clivants comme la politique et la religion sont interdits selon la bienséance ce n’est pas par caprice, mais bien par pragmatisme social.

A ce niveau là de la discussion, nous étions décontractés et amusés et laissions Thomas déblatérer sur notre mauvaise conscience (c’est par où la confession ?).

Bref, retenez-vous, et réservez ce sujets pour les occasions qui s’y prêtent, et les gens qui veulent bien débattre ! On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif ! Surtout que j’ai déjà mes idées, mais voilà…c’est pas mon trip sur le blog, la page facebook, ou le compte twitter !

Bonne fin d’année et…à l’année prochaine 🙂

Les actus digérées #4

Les dernières news de l’année, très probablement, on se donne rendez-vous d’ici-là au 1er janvier de l’année prochaine.

Si quelqu’un a une astuce pour centrer les tweets, je suis preneur, parce que celle-ci ne fonctionne pas. Ni même celle-là.

Il ne se passe pas une semaine sans découverte sur le microbiome. Ici on a testé sur des souris les effets d’un microbiome non sain : les bactéries consomment moins de calories durant la nuit. Un mécanisme parmi tant d’autres de la prise de poids.

Les effets d’un an en cétose par James McCarter de Quantified Self sur Vimeo.

A la dernière conférence de Quantified Self, le généticien Jim Carter a discuté des effets d’un régime cétogène pendant un an.

Dans ce fascinant discours par le généticien Jim McCarter, nous avons vu des données détaillées sur les effets d’une diète cétogène : pression sanguine plus basse, de meilleures valeurs sur le cholestérol, et un bien être quotidien énormément amélioré. Jim décrit aussi les ajustements à mi-parcours qu’il fit pour réduire les effets secondaires incluant les crampes musculaires et une sensibilité accrue au froid.

Jim commence ainsi : « Quand je dis à mes amis que j’ai abandonné le sucre et les féculents et obtiens 80% de mes calories des graisses, la première question est : Pourquoi »

Vidéo à voir…pas eu le temps encore 🙂

Une vieille étude pour les céto-fans.

Le jeûne intermittent état des lieux. Prometteur, sans être recommandable à tout le monde (les femmes pourraient avoir moins de tolérance au glucose en le pratiquant), pas non plus le secret des dieux qui vous rendra surpuissant.

On se souvient de George Monbiot et de son « Qu’ils mangent de la viande, mais l’élèvent dans des conditions correctes ». Puis il s’est rétracté. Et Allan Savory est arrivé avec sa conférence TedTalk. Conférence critiquée ci et là. Ce Sheldon Frith, véritable inconnu mais visiblement calé en agriculture « holistique » (?) veut remettre les pendules à l’heure. Un petit côté trolleur, sur la comparaison entre les morts instantanées et les morts qui arrivent dans la nature via des prédateurs. Il aborde les vertus des pâturages, et la distinction entre pâturages et vaches confinées n’est pas un point de bétail, c’est l’éléphant dans la pièce que personne ne met dans l’équation habituelle sur les considérations écologiques habituelles : une vache ça n’est pas fait pour manger des céréales, ou pas autant. Point. On complètera cet article avec celui sur la réponse aux critiques faites à Allan Savory.

La position assise prolongée est un tueur, on le savait, et maintenant, on sait comment s’en défaire, au moins partiellement, se lever régulièrement et marcher ! No shit, sherlock ?

Un article que je n’ai pas vu passer en avril dernier. Il a le mérite de citer les côtés positifs de certains OGM plutôt que de partir dans une bataille obscurantiste et de les condamner sans examen attentif.

La semaine dernière a eu lieu le salon SISQA à Toulouse. J’ai passé un peu trop de temps à déguster des vins pour une somme modique (3 euros, 3 demi-verres on va dire). L’Armagnac cité était largement au niveau des grands alcools forts connus et reconnus. Une découverte.

Bonnes fêtes de fin d’année, vous pouvez boire un peu d’alcool…avec mo…bon allez-y lâchez-vous si vous le voulez 🙂

Les actus digérées #3

Nouvel épisode de cette série d’articles où je sélectionne les actualités qui m’ont le plus intéressée, le tout assorti de quelques commentaires.

Lise Loumé de Sciences et Avenir tweete une information reprise sur le site du même nom : les bactéries ayant l’habitude de proliférer « dans un environnement où chaleur, humidité et déchets organiques coexistent », le résultat de cette étude de scientifiques espagnols coule presque de source.

mold coffeeAussi, méfiance envers les cafés des machines à café : selon une étude allemande relayée il y a quelques mois par SuppVersity, des moisissures y seraient présentes en grande quantité ainsi que les bactéries habituelles. Cela concorde avec l’étude espagnole, mais aussi une étude un poil plus ancienne aboutit à la même conclusion, les machines à café étant un réservoir à germes, l’article donnant quelques conseils de bon aloi pour désinfecter les réservoirs, notamment grâce à l’usage du vinaigre.

Point de vue sceptique, le site Authority Nutrition balaie tout ça d’un revers de la main, c’est connu, mais c’est pas si grave. Faites comme vous voulez, pour ma part, j’avais trouvé un coupable idéal, la machine à café de mon boulot me faisant partir dans des crises de tachycardie…après l’avoir identifiée, je l’ai évitée, et là, plus de problème. J’en avais déduit avec l’étude allemande en question qu’il s’agissait de moisissures en trop grande quantité, et ce d’autant que même le chocolat chaud de cette même machine me donnait les mêmes symptômes. C’est peut-être autre chose, un additif pas si quelconque, je ne saurai probablement jamais.

Eugene McCarthy seul, contre tous, répond à un biologiste coupable d’un article à charge contre sa théorie. J’ai déjà exprimé par le passé, mon soutien à cette solide théorie, notamment parce qu’elle offre une explication rationnelle et satisfaisante pour l’ensemble de notre système digestif, passablement plus omnivore que celui de nos ancêtres ou cousins primates. On pourra aussi lire de ce brave Eugene une autre réponse à un sceptique à la noix.

Parce qu’une semaine sans parler de dents, ni de caries, ce ne serait pas mon blog 🙂 Apparemment, creuser une dent puis la remplir (avec un amalgame, un plomb…) ne serait pas la panacée selon une étude australienne, on peut faire autrement…et même que la réversibilité de la carie est admise. Les chercheurs préconisent les solutions actuelles, uniquement lorsqu’une cavité (suffisamment importante ?) est constatée.

Les aliments industriels ne datent pas d’aujourd’hui ni même d’hier. Une revue de quelques frankenfoods qui en fera frissonner plus d’un.

La théorie de Wrangham sur la cuisson des aliments à l’origine du développement humain et de son cerveau est discutée ici. Article très sympathique. Toutefois il n’arrive pas à trancher, chaque théorie semble avoir ses points faibles. Je propose une autre explication, celle de…euh, et bien Eugene McCarthy, qui ne convaincra pas grand monde, mais reste fascinante. Serions-nous issus d’une hybridation qui présente les caractéristiques cumulées des deux espèces, en résumant le système « cérébro-crânien », nous permettant de développer le plus gros cerveau du monde animal…mystère.

Le site NPR relance la piste auto-immune du gluten. J’avais déjà évoqué que le problème du gluten ne se situait pas tant dans les troubles digestifs que dans la digestion partielle de la gliadine, qui elle déclenche la sécrétion de zonuline, protéine qui va desserrer les jonctions intestinales (les fameuses villosités), et donc rendre l’intestin perméable à des molécules qui n’ont pas l’habitude de passer dans le sang. On reste à l’affût de nouvelles données.

Bon weekend !

Les actus digérées #2

Une petite semaine d’actus nutritionnelles et scientifiques, en voici un résumé très personnel, et un nouveau tag pour l’occasion sur cette série d’articles où je vise la régularité.

sciporn

Le compte SciencePorn entre deux dessins amusants et geeks relaient une information scientifique intéressante. Ici il s’agit d’un article de l’Université de Cambridge publié récemment, en voici le résumé :

Plus nous sommes gros, plus notre corps semble produire une protéine qui inhibe notre capacité à brûler de la graisse, suggère une nouvelle étude. Ces découvertes peuvent avoir des implications pour le traitement de l’obésité et d’autres maladies métaboliques

Intéressant, parce que cela rejoint mes critiques sur l’équilibre calorique et le besoin de créer un déficit pour mincir. Je ne remets pas en question la validité des lois de la thermodynamique, mais dans la pratique, des hormones œuvrent en arrière-plan, le microbiote semble prendre part à cette symphonie, bref…le corps a – parfois – des mécanismes inventifs qui rendent plus difficile la perte de poids. On peut arguer d’un manque de volonté ou de difficultés psychiques. Bien sûr…cela fera l’objet d’un prochain article.

Une chouette étude qui a le mérite de replacer un peu les choses : les édulcorants artificiels ne sont pas magiques, et peuvent avoir les mêmes effets que le sucre au point de vue perte de poids, mais la suppression de ce dernier réduit les graisses intra-hépatiques…Quand on connait les dommages d’une stéatose non alcoolique du foie sur l’organisme, on se dit que l’usage des édulcorants artificiels en remplacement du sucre, peut constituer un premier pas vers la guérisons de maladies métaboliques. Mais pour la perte de poids il faudra être plus sévère…

Dominique Dupagne relaie un article du New York Times, sur les mensonges de Coca Cola, en liaison avec le sucre, toujours. Attention aux conflits d’intérêt.

Je relaie sur twitter, mais merci à Benjamin de Naturacoach d’avoir levé ce lièvre. On savait que les acides gras trans, bah c’est pas bien. Un doute subsistait sur les acides gras trans laitiers comme l’acide vaccénique, et bien, c’est pas folichon sur les profils lipidiques. L’étude en question semble exemplaire, à savoir d’intervention et randomisée en double aveugle,  Un élément à charge contre les laitages, ne signifiant pas qu’on doive les éliminer mais les restreindre, en fonction du contexte individuel. Un aliment n’est pas qu’un micronutriment isolé, et concernant les graisses laitières, ça n’est pas très clair

Oh, la vie est dure pour les partisans d’un régime pauvres en glucides et riches en acides gras saturés. La consommation de gras saturés passe mieux si les glucides sont réduits drastiquement, ce qui ne semble pas trop le cas dans cette étude.

ou alors…

…Il faudrait consommer beaucoup de vitamine C et d’un certain type d’acide animé, la L-Arginine. A noter que la vitamine C a le vent en poupe, suite à une étude récente qui a démontré que des méga-doses de vitamine C tuaient le cancer colo-rectal.

Je ne commenterais pas le rapport du CIRC de l’OMS sur le lien cancer colorectal, tout le monde l’a fait. Mais cette étude suggère que le problème se situe plutôt dans les viandes transformées plutôt que la simple viande rouge en se basant sur des études existantes.

Pour finir, une émission de France Culture sur la viande que l’on peut retrouver sur les applications de podcasts habituelles. Le scientifique de l’INRA de Toulouse suggère de ne pas manger la viande seule, mais avec plein de fruits et légumes riches en antioxydants au cours du repas, en conseillant par exemple une épice comme le curcuma, des aliments riches en vitamine E, ou même, un peu de vin rouge (avec modération, hein ?), riche en resvératrol. Variez 🙂 On va finir par penser que le problème n’est pas la viande, mais la pauvreté nutritionnelle des aliments qui l’accompagnent…finalement ce qui est complexe peut être simple !

Bon weekend !