Bogowie – Les dieux

Bogowie, « les dieux » dans la langue de Fryderyk Franciszek Chopin, est un film polonais paru en 2014, et présentant le point culminant de la carrière du jeune docteur polonais Zbigniew Religa, ancien interne aux USA  : celui-ci s’apprête en 1985 à pratiquer la transplantation cardiaque connue en occident depuis quelques années maintenant. Pour cela il bravera l’autorité des grands pontes de la médecine polonaise, bien élevés à l’immobilisme soviétique et reliques d’un monde qui n’a plus que quelques années à vivre. Il fera également face au peu de moyens qu’on lui donne pour exercer son métier, en réhabilitant par exemple un bâtiment désaffecté qu’il faut transformer en hôpital fissa fissa. Heureusement, ses employés ont à cœur de l’aider dans cette tâche, ne se laissent pas abattre par les gravats environnants et se transforment en ouvriers du bâtiment pendant un temps.

Le titre est trompeur, il ne doit pas cacher l’extraordinaire humanité d’un homme qui fume en permanence – y compris dans l’hôpital – et sera sur le fil du rasoir, jusqu’à montrer des facettes sombres de sa personnalité. Mais au bout du compte, il y a la transplantation cardiaque. Allonger la vie d’un homme grâce au cœur un autre. Devenir un dieu.

Le docteur Religa est à juste titre comparé une sorte de Dr House polonais – mais zéro diagnostic par contre -, dans un rôle de poil à gratter, de preneur de risque face à une administration frileuse, mais aussi représenté dans un personnage accro à la cigarette (en lieu et place de codéine), ou à l’alcool, à la limite du bipolaire parfois…

BogowieLe film dépeint particulièrement bien l’ambiance de démocratie populaire de la Pologne d’avant la chute de l’URSS : le côté glauque ressort bien, tout comme l’austérité permanente dans les décors. On sent presque le rance qui suinte à travers les murs. Sans oublier la grisaille du quotidien. Ça ne riait pas trop pendant ces années-là…on n’est pas surpris de voir régulièrement des femmes avec un fichu typique des pays de l’est, et ce y compris lorsque le docteur s’aventure avec sa lada vert sexy dans la campagne polonaise. A ce sujet, comme on me l’a fait remarquer (alerte sexisme !), les polonaises les plus basiques semblent toujours jolies et pétillantes, de vraies poupées, alors que les hommes sont objectivement pas terribles, quand ils ne sont pas moches. Bon. Cette remarque déplacée n’altère pas mon jugement sur le film, mais c’est vrai que c’est troublant.

Ah oui j’oubliais : il s’agit d’une histoire vraie, relatant des faits qui se sont réellement produits, le docteur Religa n’est pas un personnage de fiction.

Pour la petite histoire : les circonstances dans lesquelles j’ai été amené à regarder ce film, sont simples, il s’agit simplement d’une diffusion par un cinéma d’art et d’essai sur Toulouse (l’ABC), à l’occasion d’un festival du film polonais (Kinopolska). Rien de bien folichon, bien qu’inhabituel, les films des pays de l’Est étant souvent cantonnés dans le spectre nébuleux de l’art et essai, quand ce n’est pas celui du film indépendant. Ce qui peut nous rebuter et nous empêcher de découvrir quelques perles comme ce film. A condition d’accepter tout de même le rythme du film, qui n’est pas celui d’un blockbuster, cela va de soi.

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