Les actus digérées #11

Profitons de ce beau soleil en ce dimanche à Toulouse : commençons par une bonne nouvelle pour le sud-ouest, pour la France en général.

Pour les gens qui ne connaissent pas cette race, notons tout de même qu’elle est élevée comme il se doit, sur pâtures, car l’élevage sur pâturages sont supérieurs, c’est bien connu.

Le « Porc noir de Bigorre » est élevé 1 an au minimum, dont les 6 derniers mois au moins, sur parcours herbeux. Il est de race gasconne, parfaitement adaptée au type d’élevage pratiqué, par son aptitude à marcher et à supporter les alternances de phases humides et sèches qui caractérisent le climat de la Bigorre. Pendant la période de finition, environ la moitié de son alimentation est composée de ce qu’il trouve sur son parcours. Ce circuit permet et oblige les porcs à pratiquer une activité physique régulière, entraînant une évolution musculaire qui produit une viande plus rouge et plus persillée.

Ce mode d’élevage combiné à une alimentation à base de ressources végétales naturelles, fournit la matière première – riche en antioxydants – du « Jambon noir de Bigorre ».

Et si vous doutiez encore :

Par AnselmiJuan — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Par AnselmiJuan — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Bon cela étant, ça tergiverse sur le bio :

Le bio n’est pas l’équivalent de l’élevage sur pâturage, à l’ancienne. J’en veux pour preuve cet échantillon lors de mes course à Biocoop vendredi soir :

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Voilà. Mais j’ai envie de crier à chaque fois : « mais j’en ai rien à foutre que les bêtes soient nourries au céréales de la région, ce sont justement les céréales le problème ! ». Laissez-les manger ce qu’elles trouvent. A moins que vous ne disposiez pas de terrain, ou que les prairies soient pauvres. Ok ok, mais qu’on arrête d’enjoliver « les céréales bio de la région », parce que c’est à peine moins pire que des céréales pas bio d’ailleurs. Dans la nature, ces bêtes ne se nourrissent pas comme ça, même en bio. Allez, on ne connait pas le % de céréales pour la viande de bœuf, gageons que c’est pour l’hiver, ou finir la bête avant abattage (quel gâchis !), mais pourquoi foutre en l’air les efforts faits sur l’herbe, le foin, la luzerne…les fourrages d’avant la généralisation des céréales auraient suffi.

Ah ok, pour gagner en rentabilité…extrêmement commode, mais on rogne forcément sur la qualité. Et peut-être que les consommateurs avertis, omnivores responsables et éthiques, désireraient du bœuf 100 % à l’herbe…je ne reviens pas de ma dernière dégustation de viande de bœuf argentine : c’est à milles lieux de la qualité de 95% des producteurs français.

Cela étant, je pense que même le porc noir de Bigorre doit aussi recevoir une fraction minime de céréales (sans doute le maïs local). Il s’agit néanmoins d’une méthode d’élevage qui plane au-dessus de toutes les autres, y compris le bio, label rouge, etc.

Changeons de sujet !

Ceci me rappelle qu’on – une partie des dentistes – ergotait encore sur le fait que les caries puissent, dans un certain contexte, être réversibles. Ici, il s’agit de la repousse des dents, un vrai fantasme, à l’heure actuelle.

Il s’agit de la même information, bien sûr, mais avec une image animée amusante🙂 Pour l’étude on ira la lire ici.

Dans la sphère naturopathe, des énergéticiens des dents, et autre dentisterie holistique, ils n’ont jamais assez de mots durs pour qualifier le fluor, en prétendant que le fluor est néfaste. Pourtant il semblerait qu’il soit protecteur contre les caries. Entendons-nous bien, je ne crois pas que l’origine des caries soit exactement un manque de fluor, mais le fluor a bien une action protectrice, dans un contexte défaillant. « Normalement », on ne devrait pas en avoir besoin, mais vu nos modes de vie…

En archéologie, les études sur les dents de nos ancêtres en peuvent nous en dire beaucoup sur leur santé et leur régime alimentaire. Très bon schéma.

Un article de plus, qui s’intéresse à la réalité du régime paléolithique…le vrai.

Une étude sur les rats a testé le régime paléolithique, et c’est pas brillant pour le régime paléo. Néanmoins, pas le temps de faire « Haha ! » que cette étude est déjà critiquée.

Je dois toujours expliquer pourquoi je ne crois pas à la théorie insulinique. Celle-ci a été maintes fois démontée, en long, large et travers et Gary Taubes est un menteur. Un menteur avec beaucoup de recherches et de documentation, mais une facilité à sélectionner les études, et à les interpréter de manière erronée. On se reportera à cet article, pour lecteurs avertis. Ou encore plus récemment, ou bien encore contre le professeur Ludwig.

Pour entamer un régime pauvres en glucides, vous n’avez pas besoin de vous justifier par un mensonge. Il y a suffisamment de preuves qu’un tel régime bien mené est bon pour la santé, sans qu’on ne doive torturer les fondamentaux de la biologie.

Ici Stephan Guyenet met à l’honneur tout le courant de recherche qui s’intéresse à ce cerveau qui nous pousse à manger plus, en activant de manière prononcée les circuits de la récompense face à des aliments riches, sucrés, amidonnés, salés, gras, le tout en même temps. Si on y ajoute le goût umami en plus, caractérisés par l’adjonction de glutamate monosodique, alors vous comprendrez pourquoi on finit le paquet d’apéritifs salés, même si on était parti pour en manger une poignée : les vannes de l’appétit sont ouverts en grand. Merci le cerveau.

Notons que le verbe pig out signifie s’empiffrer, sous-entendu comme un cochon (=pig). Peut-être parce qu’on partage comme lui des circonvolutions dans le cerveau ?🙂

8 réflexions au sujet de « Les actus digérées #11 »

  1. Brv

    Les bouchers veulent des bêtes bien grasses , facile à désossés . Plus elles sont vielles et musclées , plus il ya de collagènes donc plus de travail pour le boucher . Voilà une des raisons de l’engraissage céréaliers bovin.

    Répondre
    1. Sylvain Auteur de l’article

      Je comprends bien. Mais c’est pas le client qui est roi, ce sont des méthodes de corporations…aux clients de se renseigner et faire valoir leurs goûts pour orienter le marché. Ou se prendre par la main. Sinon j’achèterais argentin et néo-zélandais quand je pourrais. Ou manger du gibier quand je le pourrais aussi. Ou du bœuf d’herbe © justement🙂 j’ai pas encore le congélateur pour…

      Répondre
    1. Sylvain Auteur de l’article

      Ben j’en trouve pas plus que ça, malheureusement, je me rabats sur du pas trop mal du boucher.
      Ce qui peut-être bien, c’est voir les revendeurs de bœuf d’Aubrac (Ségala)

      Répondre
      1. Brv

        Mouwé Aubrac j’en ai pas entendu que du bien. Un ami connais un éleveur qui envoie ses veau ce faire engraissé en Italie , certifié Aubrac bien sur !

      2. Sylvain Auteur de l’article

        Oui c’est casse-bonbon la recherche de qualité en viande…
        A ce compte-là autant payer 10 kilos de barbaque au boeuf d’herbe et se les faire livrer. Je n’ai pas de congélateur, mais ceux qui en ont…
        Sinon se payer de la viande argentine ici : http://www.carnar.fr/fr/viande.html
        De manière générale, la France c’est décevant, à moins d’avoir un bon carnet d’adresses. Le quidam moyen comme moi rame pour accéder à la qualité. Après pour la viande, je la mange au restaurant, qui fait traiteur. Mais ce serait tellement mieux de la cuisiner soi-même…

      3. Brv

        En Ariège il ya de bon élevage ( plus ils sont petits , moins il sont gavés de maïs et soja en général ) , mais il faut les connaîtres

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