Archives mensuelles : mai 2016

Les actus digérées #15

Bonjour, deuxième épisode d’affilée des actus digérées, cela faisait longtemps 🙂 J’ai pu réunir cette semaine suffisamment de contenu pour ce numéro. Ne bavardons pas plus que ça, et commençons de suite les hostilités.

Je suis parfois excessif. Surtout l’an passé, où comme beaucoup d’entre nous, j’ai été touché par les attentats (de janvier et novembre) mais encore plus par les réactions liberticides de nos gouvernements. Si je commence à dire que notre gouvernement devient un poil autoritaire, voire fasciste, on peut me dire que j’exagère. Je suis aussi inquiet pour ma liberté de blogger à l’avenir (non pas de sarcasme à la Florent Pagny).

censure-fb

J’ai récupéré cette image depuis le journal du net.

C’est la suite de l’article de la semaine dernière…ou disons une synthèse plus longue. Bien plus longue, et passionnante. Bon, je mentirais si je disais que je l’avais lu en entier, digéré. L’article aborde la fortification en fer, mais aussi en vitamines B, et notamment la B1 – thiamine -, stimulant l’appétit plus que d’ordinaire, et donc, la prise de poids par surconsommation calorique. Nouvelle théorie du tout comme il dit ? Ou tout simplement un nouveau facteur à prendre en compte pour l’obésité américaine, car je crois qu’en Europe, la fortification des farines est bien moins répandue. Robert McCarrisson est un contemporain de Weston Price, je traduis donc – sur un coin de table après google translate, soyez indulgents – un passage intéressant :

« Le dégoût et l’aversion à la nourriture, la perte d’appétit, et peut-être aussi l’appétit dépravé, sont donc les symptômes cardinaux de la maladie par carences alimentaires, et leur importance est importante. Elles sont dues en partie à la monotonie de la nourriture, mais pour l’essentiel à un apport insuffisante en vitamines, et de la vitamine B, en particulier. Ainsi Osbourne et Mendel ont constaté que si des animaux sont nourris avec des rations alimentaires purifiées et exemptes de cette vitamine, on leur donne de la levure séparément, celle-ci va augmenter leur appétit pour la nourriture carencée, sans doute  en conséquence de la haute teneur en vitamines B de la levure. L’effet bien connu de la levure dans l’amélioration de l’appétit des êtres humains est probablement dû à la même cause. Drummond trouve que l’ajout de cette vitamine à un régime synthétique, provoque une consommation fortement augmentée de nourriture et par conséquent une augmentation du taux de croissance… Les animaux sont poussés à manger plus pour satisfaire les cellules stimulées à l’augmentation de l’apport de vitamine. Les vitamines sont donc  des stimulants indirects de l’appétit, elles induisent le désir de nourriture, et sont, en conséquence, les stimulants indirects des sucs digestifs. Il me semble que «la perte d’appétit» est l’un des signes les plus fondamentaux de la privation de vitamines. C’est un signe de protection, le premier signal de danger de catastrophe imminente. Il faut éveiller les soupçons quant à la qualité de la nourriture chez tout patient qui y est exposé ».

Deux articles qui peuvent laisser songeur. Je ne rappellerai pas mon affection pour la théorie hybride des origines de l’humanité. Va-t-on trop loin ? Ok pour la transplantation des cornées, le choix du cochon n’est pas idiot, on connait la proximité avec l’humain, et ce n’est pas surprenant qu’ils aient choisi cet animal. Mais créer des embryons hybrides, cela ne commencerait-il pas à devenir légèrement glauque ? Là aussi le but est de créer des organes en vue de transplantation, mais le débat devrait être houleux.

mélanodontie résorption caries

Un témoignage sur l’utilisation de vitamines liposolubles en vue de soigner les caries. Dès fois je n’y crois plus trop, mais ça redonne la foi 😉 Je reprendrais ce témoignage à l’avenir sur un autre article à propos des caries.

Interlude zététique : cet article est disponible en version française ici :

Donnons le change : il y a le zététisme et les zététiques. Point trop n’en faut, et parfois, les zététiques souffrent d’une certaine rigidification de leurs idées. La science progresse sans eux, et au fond, la zététique n’est peut-être qu’un garde-fou précieux, mais ayant tendance à jeter le bébé avec l’eau du bain. De plus l’émergence de communautés dédiées rend évidente de facto l’émergence d’un pot commun d’idées acceptées et un pot commun d’idées débunkées, démontées. Avec cet affreux goût en bouche de « circulez y a rien à voir ». Et finalement, on doute tellement qu’on finit par ne plus douter. En tout cas c’est ce que donne une vue d’ensemble des groupes zététiques, ou finalement le moutonnisme prévaut. Individuellement, c’est autre chose…Bon. Je vais pas cracher dans la soupe, on y apprend de bons réflexes en termes de sens critique.

Concernant l’article en lui-même, il est rafraichissant, et démonte quelques vaches sacrées du zététisme, tout comme l’article de Affordance.info de la semaine passée. A considérer d’un point de vue américain, avec la problématique du créationnisme, qui est mal comprise dans l’Europe plus athée.

C’est un récent article : la saison 2 vient d’arriver, je viens de voir le premier épisode, et ça promet ! Toujours du grand art documentaire.

Auto-promotion encore pour l’article coup de gueule paru hier soir.

Bonne semaine à tous 🙂

La viande éthique…sur France Inter

Avez-vous écouté France Inter ces derniers temps ?

Non ?

Alors vous pouvez encore écouter cette émission. Sur PC comme sur smartphone, il est encore possible de l’écouter, jusqu’en 2019 !

Le verdict : je ne coupe pas à l’envie de faire des leçons de journalisme, mais l’émission sent bon la naphtaline, ou tout au moins la culture radiophonique qui ne dépasse pas les années 90 : internet n’existe pas, ou si peu, et on doit écouter des vieilles sommités comme Deleuze ou Raymond Devos, que j’aime bien. Mais dans un débat qui est neuf en France, il aurait été pertinent de citer des sources plus récentes, dans les deux sens.

Les deux sens ? Décevant il n’y a pas vraiment de dialectique, l’émission est conduite pour conclure non à la problématique, un des animateurs donnant le change, mais étant tellement timoré que c’en est scandaleux. Les guillemets sont là pour indiquer que l’expression est inappropriée. De fait le carnivorisme éthique n’existe pas. Déjà parce que je réfute le carnivorisme pour parler de l’homme. L’homme est un omnivore, pas un carnivore. Je réfute également le néologisme carnisme qui est foncièrement malhonnête et n’est pas l’exact symétrique de végétalisme ou végétarisme. Hormis certains peuples isolés et certains originaux viandards à la santé incertaine, « les partisans du carnisme » mangent aussi des légumes, des fruits, et parfois même très peu de viande selon les goûts et habitudes de chacun, mais un peu quand même. Que je sache les végétaliens ne mangent pas un peu de viande perdue au milieu d’une tonne de légumes.* S’il y a une seule bouchée de viande mangée de manière intentionnelle, on perd de facto le titre de végétalien, ou végan.

Gloire à ceux qui imposent les termes sans concertation ni démocratie. Vive la novlangue.

Aussi, quand on parle de carnivore éthique d’omnivore éthique, pourquoi ne pas avoir contacté la Fédération des omnivores responsables, trop moderne ? Pas crédible pour deux sous ? La page est un peu en sommeil, mais à l’heure des internets, des réseaux, du 2.0, pourquoi citer Devos (au demeurant toujours amusant), plutôt que de donner la parole à quelqu’un qui a un point de vue dissonant ? Comme par exemple celui de Mickey Z, sur la manière dont les vegans mentent pour servir leur cause ? Mickey Z n’est d’ailleurs pas devenu omnivore mais inflige une claque cinglante aux dévots de son mouvement. Que tous en prennent de la graine.

mickey-z

(texte disponible, plus bas…dans les commentaires)

Ou alors voir d’autres sons de cloche, dans des pays expérimentant le véganisme depuis plus longtemps qu’en France, aux US, ou des ex-vegans changent de philosophie et de régime alimentaire, comme Tovar Cerulli, se découvrant une passion pour la chasse ?

tovarAussi, l’émission ne se concentre que sur l’abattage, ce qui est dommage, car cela restreint le sujet. D’accord, l’émission fait moins de 40 minutes, mais comme je disais, on se perd en route avec des extraits de Devos et Deleuze. Aussi, ayant été avertis sur leur page Facebook grâce à Dali – suite à l’émission avec Michel Onfray déclarant « Si je pense je deviens végétarien », de la possibilité de l’omnivorisme éthique, sur l’abattage, les deux clans sont irréconciliables, mais notons l’existence d’alternatives aux abattoirs dans leurs formes les plus cruelles et :

abattoir ferme

Le passage sur le droit des animaux est léger…grosso modo les animaux devraient avoir des droits car ils nous ressemblent. Sans préciser lesquels. Les modalités d’application, un exemple ? Plus facile de se laisser emporter par les émotions que la raison…mmh…

Aussi, je disais les choses changent, aux US, il est de rigueur de revenir sur sa période vegane. Et d’embrasser une nouvelle philosophie, que France Inter avec 10 ans de retard ne pourra pas faire du journalisme digne de ce nom.

ethical meat

Le livre de Meredith Leigh, ex végétarienne

Voilà ce qu’est l’omnivorisme éthique. On peut être contre, continuer à trouver ça illégitime et cruel, mais à l’instar de Tovar Cerulli – ou Lierre Keith – cela donne un visage et un vécu digne d’être écouté. Pour les arguments on pourra les piocher chez eux, quitte à les déboulonner au besoin. Mais certainement pas faire comme s’ils n’existaient pas, leurs arguments étant inexistants. Ce que fait France Inter en ignorant superbement Dali (qui s’est pourtant démenée sur la page Facebook de France Culture, voisine de France Inter) et la Fédération des omnivores responsables. Travail de recherche documentaire, zéro, on préfère faire de la culture surannée, plutôt que d’enrichir le débat. Pauvre Devos, pas certain qu’il aurait aimé être instrumentalisé de son vivant.

*Oui la terminaison est en ien pour végétalien et en istes pour carnistes, pourtant ce sont deux -ismes.

 

Les actus digérées #14

Bonjour 🙂 Après quelques mois de pause, voici un nouveau numéro des actus digérées.

Mon article chouchou de ces deux derniers mois :

Je traduis directement le résumé dit abstract via google translate qui s’est vraiment amélioré et y apporte tout de même quelques menus changements :

L’objectif de cet article est d’explorer de meilleures stratégies pour optimiser la solidité des os et réduire le risque de fracture, et dans le même temps la diminution du risque de maladies cardiovasculaires. La majorité des Américains ne consomment pas l’apport nutritionnel recommandé actuellement pour le calcium et le risque dune ‘ostéoporose au cours dela vie est d’environ 50%. Toutefois, les suppléments traditionnels mononutriments de calcium peuvent ne pas être l’idéal. Nous avons examiné de manière exhaustive et systématique en revue la littérature scientifique afin de déterminer la valeur optimale des stratégies alimentaires et des suppléments nutritionnels pour la santé du squelette à long terme et la santé cardiovasculaire.

Pour résumer, les étapes suivantes peuvent être utiles pour la construction des os solides tout en maintenant les artères douces et souples:

(1) le calcium est mieux obtenu à partir de sources alimentaires plutôt que des suppléments;
(2) veiller à ce que l’apport suffisant de protéines animales soit couplée à l’apport en calcium à raison de 1000 mg / jour;
(3) maintenir les niveaux de vitamine D dans dans une fourchette normale
(4) augmenter la consommation de fruits et légumes à alcaliniser le système et promouvoir la santé des os;
(5) l’augmentation concomitante de la consommation de potassium tout en réduisant la consommation de sodium;
(6) envisager d’augmenter la consommation d’aliments riches en vitamines K1 et K2;
(7) envisager d’inclure des os dans l’alimentation; ils sont une riche source de calcium hydroxyapatite et de nombreux autres éléments nutritifs nécessaires à la construction des os.

Cet article est rafraichissant car s’il ne nie pas l’utilité de la vitamine D, il la minore, parce que la vitamine D aide à fabriquer certaines protéines qui vont métaboliser correctement le calcium dans les artères et dans les os (protéine gla matricielle et ostéocalcine), et c’est le rôle de la vitamine K – surtout K2 – que de les activer…autrement dit, la vitamine D seule n’est rien. Mais pas inutile non plus, loin de là…

On serait tenté de dire qu’il faille manger des os (via un bouillon par exemple ?) pour source ultime de calcium, et certains produits laitiers très fermentés comme le fromage, non pas pour le calcium en soi, mais pour ses vitamines qui vont aider à son utilisation.

Ah oui j’oubliais, l’article est complet 🙂

Richard Nikoley part de la base que l’obésité est moins prégnante en France qu’aux USA, et surtout que les diètes sans gluten ne prennent pas comme là-bas. Mais le blé américain, disons la farine, est fortifiée, enrichie en fer. Ceci ne semble pas sans conséquences.

J’aime bien le passage sur les carnivores qui mangent toute la carcasse, intestins (riches en manganèse) et abats (riches en cuivre) compris. Ces deux minéraux semblent contrecarrer les effets du fer trouvé dans la viande muscle. C’est une analyse supplémentaire à ajouter au profil en acides aminés qui diffère selon les parties de l’animal.

La fortification en fer sur les céréales causerait ainsi en cascade via l’oxydation, un déséquilibre minéral. Mieux vaut notre pain que celui des américains ? C’est une hypothèse, très séduisante, mais pas la seule.

Ici un article de Affordance, un des meilleurs blogueurs (sinon le…) sur les sciences de l’information, de la technologie, des réseaux, et quelque part d’anticipation en surveillant les transformations du monde numérique.

Ici il donne son point de vue sur la relecture des articles scientifiques par les pairs, comme quoi, il ne faut pas sacraliser la littérature scientifique expertisée collectivement.

Non bien sûr je sais bien que ça ne compte pas. Mais bon 2400 articles en un peu plus de 10 ans de blog, ça fait quand même 240 articles par an, 20 articles par mois. Depuis 10 ans. Alors bien sûr – inutile de nier je vous connais – vous allez me dire : « Ouiiii mais quand même le regard de ses pairs, l’évaluation par ses pairs c’est important pour vérifier que tu racontes pas n’importe quoi. C’est pour ça, pour vérifier que les chercheurs ne racontent pas n’importe quoi qu’on a inventé l’évaluation par les pairs d’ailleurs, et que les revues scientifiques sont tellement importantes. » Donc vous allez me dire ça et moi je vais vous répondre en un mot comme en cent : B-U-L-L-S-H-I-T. Total Bullshit. Hashtag Total Bullshit même.

Bien sûr que l’évaluation par les pairs c’est important. Sauf que même à l’époque où je publiais encore régulièrement dans des revues soumises à l’évaluation par les pairs (et en l’occurrence « soumises » n’est pas un vain mot), ladite évaluation de mes pairs se résumait 9 fois sur 10 à m’indiquer :a/ que je n’avais pas ou insuffisamment cité les travaux de tel ou tel mandarin (ou de l’évaluateur lui-même …)

  • a/ que je n’avais pas ou insuffisamment cité les travaux de tel ou tel mandarin (ou de l’évaluateur lui-même …)
  • b/ que c’était très intéressant mais que le terme « jargon 1 » prenait insuffisamment en compte les travaux se rapportant au terme « Jargon 2 ». Jamais, je dis bien jamais aucun débat scientifique, aucune idée neuve, aucune confrontation d’idée, juste une relecture tiédasse
  • c/ que ce serait mieux si je changeais cette virgule par un point-virgule

Mais nonobstant, c’est vrai que la vraie évaluation par les pairs c’est important. Sauf que JAMAIS AUCUN CHERCHEUR NE S’AMUSERA A PUBLIER DES CONNERIES juste pour voir si ses pairs s’en rendront compte ou pas. Parce que d’abord en général les chercheurs sont plutôt des gens instruits, relativement compétents, et relativement soucieux de contribuer à l’avancée des connaissances. Et aussi parce que SI TU PUBLIES UN ARTICLE AVEC DES CONNERIES SCIENTIFIQUES OU DES METHODOLOGIES FOIREUSES ben tu te fais immédiatement aligner et ta carrière est finie.

Le reste de l’article est à l’avenant et assez rafraichissant.

Deux articles sur le cancer et l’alimentation. L’hypothèse de Warburg peut se résumer grossièrement à affamer le cancer en le privant de sa source d’énergie, le glucose. C’est la référence ultime des pratiquants du jeûne, et évidemment des adeptes de la diète cétogène. Toutefois, pensez à lire l’article (assez phénoménal, on est loin de la presse française) du New York Times en entier, voire sur plusieurs jours tant il est long. Puis celui de Richard Nikoley, qui reprend l’idée d’une étude : Les scientifiques surpris de découvrir que les acides aminés, pas le sucre, fournissent les blocs de construction pour les cellules tumorales.

Même stimuler l’autophagie (dont j’ai pu parler en bien par le passé), n’est pas une si brillante idée. Assez contre-intuitif.

Et là, tout le petit monde Low Carb de s’affoler.

Et pourtant l’article du New York Times avait prévenu :

Le cancer est un ennemi incroyablement résistant. On a pu constater que bloquer une filière métabolique ralentissait et arrêtait la croissance tumorale dans bien des cas, mais les tumeurs tendent à trouver un autre chemin. « Vous bloquez le glucose, ils utilisent la glutamine » dit Dang, en référence à une autre source d’énergie primaire utilisée par les cancers. « Vous bloquez le glucose et la glutamine, ils pourraient être capables d’utiliser les acides gras. Nous ne savons pas encore.

Bon…de quoi rester prudent. On se construit des mythes sur lesquels croire, et patatras. Le mythe tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée.

Surtout qu’on m’annonce derrière l’oreille, ou plutôt la prostate, cette étude :

Aussi disponible sur Science Daily pour plus de précisions. On n’en est pas encore à l’étude vérifiée par les pires, mais ça ne saurait tarder. Comme il s’agit d’une étude a priori épidémiologique j’ai encore peur que les gens qui mangent le plus d’acides gras saturés soient aussi ceux qui font le plus n’importe quoi tant dans l’alimentation…

…que dans le mode de vie…Le mécanisme semble encore obscur à base de lipoprotéines, même les statines auraient un effet positif ! ET quand on parle de statines, on s’intéresse naturellement aux maladies cardiovasculaires.

Du coup une énième méta-analyse sur la viande rouge et les risques de maladies cardiovasculaires. Rien trouvé de probant cette fois-ci. Donc risque de mourir d’un cancer de la prostate mais pas de crise cardiaque, j’ai bon ?

Source : openfoodfacts.fr

Source : openfoodfacts.fr

Ces fruits emballés sont une constante ridicule de notre époque. Je ne sais pas où sont les cerveaux des gens qui markettent ces fruits…

Bonne semaine à tous !

Le bien manger sur Netflix, Chef’s Table

Le service de vidéos Netflix fait des heureux : pour deux poignées d’euros, vous voici face à un catalogue conséquent de films et de séries, et très commode pour l’utilisateur. C’est un vrai jeu d’enfant que visionner ce qui nous intéresse, il y en a vraiment pour tous les goûts. Même si l’on pourra regretter la faiblesse du contenu en territoire français, il faut avouer que pour trouver plus riche, il faut passer par des méthodes répréhensibles…le piratage. Car oui à cause des droits d’édition, Netflix n’est pas tout à fait un équivalent vidéo à Spotify.

Aujourd’hui ce qui m’amène à poster un article, ce sont deux séries de documentaires, sur l’alimentation au sens large. La première est sobrement nommée Chef’s Table : 6 authentiques chefs cuisiniers du monde entier, tous très différents de par leur parcours ou leurs origines, partagent le temps d’une heure leur vie et évidemment comment ils conçoivent leur art. Ces documentaires sont les fils spirituels d’un autre documentaire très renommé et d’ailleurs également proposé par Netflix, Jiro Dreams of Sushi.

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Comme un article ne peux pas remplacer le visionnage de ces documentaires, je livre juste deux extraits qui résonnent avec le blog :

  • Le cuisinier Magnus Nilsson, suédois comme son patronyme l’indique de manière évidente !

Je n’avais jamais utilisé le bœuf. Parce qu’en général ce n’est pas très intéressant. C’est juste une bombe de protéines avec très peu de goût. Il y a 50 ans, il existait un type de vache. Mais en raison des techniques d’élevage dans le monde occidental, tout le développement a divisé toutes ces anciennes races en deux branches. Une qui ne produit que du lait. On a donc une vache qui reste là pendant huit ou dix ans et qui mange beaucoup de céréales pour ne produire que du lait. D’autre part, on a les bœufs de boucherie. Ils ne font rien. Ils restent là et mangent aussi beaucoup de céréales pour engraisser au plus vite et atteindre une taille énorme. Ils sont nourris pour devenir des « monstres de viande sur pattes ». C’est complètement inefficace.

Je pense que c’est ce qui a déclenché l’idée d’utiliser la vache à lait au restaurant. C’est stupide de s’y prendre comme ça se passe maintenant. Notre première vache à lait avait une saveur profonde, des choses que je ne trouvais pas chez un bœuf ordinaire. Alors ça a commencé à devenir très intéressant. La vache à lait qui a mangé essentiellement de l’herbe, dans une jolie ferme où elle va au pâturage a beaucoup plus de goûts, beaucoup plus de texture, et on a un persillage bien plus naturel.

C’est très emballant quand on arrive au moment où on se rend compte qu’on tient quelque chose, qu’il existe des connaissances qui sont là au grand jour, mais dont personne ne se sert.

Voici la bande annonce de la saison 1 de Chef’s Table…la seconde saison arrive en fin de mois !

  • Le cuisinier américain Dan Barber, dont voici la philosophie : allant encore plus loin que la simple entreprise du chef suédois.

extraits de l’Express.fr :

Bienvenue à Stone Barns, une exploitation de 32 hectares accueillant 170 moutons, 10 chèvres, 1 200 poules pondeuses, 5 800 poulets, 550 dindes, 150 oies, 120 cochons, 25 colonies d’abeilles, 1 chien de garde, 4 tracteurs et 41 employés. Et pas un seul produit chimique qui ne vienne perturber l’exemplarité de cet écosystème en biodynamie. C’est le refuge champêtre de Dan Barber. Mais aussi son garde-manger: légumes, fruits, herbes, céréales, viandes, oeufs, miel, auxquels s’ajoutent les produits laitiers fabriqués dans sa ferme familiale du Massachusetts, approvisionnent ses deux restaurants en quasi-autarcie

« The Third Plate » qu’il brandit comme le nouveau paradigme pour l’alimentation américaine de demain. Ce titre -la « troisième assiette – fait référence à un drôle de croquis que Dan Barber avait publié dans un magazine culinaire pour illustrer ce qu’on mangera dans trente-cinq ans. Un rien provocateur, le chef avait dessiné trois assiettes. Dans la première, un steak de 200 grammes issu d’un boeuf gavé au maïs avec quelques bébés carottes en guise d’accompagnement: c’est ce que consommaient ses compatriotes il y a cinquante ans. Dans la deuxième, un steak provenant d’un élevage bovin nourri à l’herbe, avec des carottes de production locale et bio: c’est le principe actuel du farm-to-table qui milite pour un sourcing plus vertueux des aliments. Dans la troisième, un steak de carotte simplement arrosé d’un jus préparé à partir des bas morceaux de boeuf: c’est le nouveau régime vers lequel on doit tendre.

Ainsi qu’un extrait du documentaire soigneusement sélectionné, à propos des veaux mâles :

Le veau a mauvaise réputation. On dit que c’est un animal torturé et à juste titre. Dans 99% des cas, les gens enlèvent le veau à la mère et le nourrissent avec des saloperies. Il tombe très malade et on lui donne des antibiotiques. Le veau traditionnel est blanc. Il est blanchâtre parce qu’il est anémique. Je ne peux pas manger ça. Alors je me suis dit : « Je dois m’occuper de ce veau si je veux vraiment soutenir la ferme et le lait. » Sean et moi, on a décidé de l’utiliser pour le menu, de créer une source de revenus pour la ferme et d’élever sans cruauté un veau extraordinaire, vraiment délicieux.

(montrant le fermier éleveur) Il a gardé ces veaux sous la mère durant la journée et ils ont du lait à volonté.

Le veau classique contre le veau au pâturage élevé sous la mère, c’est un produit différent, c’est un autre monde.

Voici les synopsis des épisodes de cette première saison.

chefstable

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Quant à la seconde série documentaire, elle quitte le monde des grands chefs pour s’intéresser aux aspects scientifiques et culturels de la cuisine. Il s’agit de Cooked, présentant un Michael Pollan en grande forme, venu apporter un pendant vidéo/documentaire à son ouvrage du même nom. Pas d’article pour le moment, je viens juste de visionner le premier épisode…et c’est du grand art (les crudivégans vont pas apprécier par contre). Voici juste le sommaire, 4 épisodes seulement, mais vu premier épisode, je peux avancer sans peine que la qualité prévaut sur la quantité !

cooked

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Les deux séries sont des documentaires de luxe. Ici pas de mise en scène vulgaire pour créer du vide et allonger des émissions qui pourraient être réduites de moitié. Non, entre les paysages magnifiques, le soin apporté à la réalisation, et évidemment la qualité visuelle des plats fournis – qui mettent tous l’eau à la bouche – ou bien leur cuisson soigneusement filmée et ralentie, sans oublier les méthodes de cuisine innovantes ou ancestrales…ils me réconcilient avec la télé, cette télé que je snobe faute de contenus de qualité – oui même Arte -. Et c’est par Netflix que vient le miracle.

Comme par hasard, je viens, juste à l’instant, de voir qu’une autre série, un peu plus vieille pourrait être sympathique, The mind of a chef, par le cuisinier Anthony Bourdain, qui comme son nom l’indique, est américain.