Divagations carnistes

Je suis parfois psychorigide avec la langue française. Tenez, j’ai par exemple un problème avec les mots mal traduits, ou tout simplement les mots anglais pas traduits du tout par flemme et manque de recul sur sa propre langue.

Aujourd’hui, une autre pratique tend à me courir sur le haricot, et profondément : les néologismes à la noix. Je vais être bref, je vais en cibler un.

Carnisme.

Sur mon Firefox ça donne ça :

carnisme

On la lui fait pas à ce bon vieux correcteur orthographique !

On doit la création de ce néologisme à la psychologue Mélanie Joy, vraisemblablement au début des années 2000. Ce terme semble être repris dans les milieux où la cause animale prime, les vegans en première ligne. A mon sens, il est repris comme les internautes de Chartsinfrance parlent maladroitement d’ères pour nommer une période discographique relative à un artiste, ou comme les zététiques français tout fiers de traîner leurs guêtres dans l’interweb anglophone répandent l’usage du terme debunk dans l’interweb francophone : c’est à dire sans prise de recul, sans esprit critique sur le poids des mots, et la culture afférente – debunk est très connoté skeptic/zététique -.

Il est révélateur que le terme carnisme soit mal défini.

Le carnisme désigne une idéologie qui justifie la consommation de chair animale par les humains. Le terme est utilisé sous cette acception notamment par les partisans du véganisme. Avant sa réappropriation par le mouvement végan, le terme « carnisme » désignait le fait de consommer de la viande (indépendamment de l’idéologie associée), ou l’abus de viande1.

Le malaise est palpable en deux phrases :

  • idéologie revendiquée : pour la neutralité, et son acceptation dans le langage commun, on repassera, tout le monde n’est pas censé adhérer à une idéologie. Le jargon pour les jargonneux c’est très bien comme signe de ralliement dans un entre-soi, mais merci de ne pas polluer le débat avec les gens qui ne partagent pas cette idéologie.
  • définition floue, polysémique (ça encore, ça arrive dans la langue française), mais surtout avec un aspect péjoratif. Abus de viande. Dans quel contexte ? C’est pour stigmatiser qui ? Le chasseur aviné ? Le noble festoyant du moyen-âge et qui souffre de goutte ? Ou les inuits à la santé éclatante sont des carnistes alors ? Saperlipopette ! L’ambigüité entre les deux sens me met mal à l’aise. Aussi on quitte le rationnel pour le jugement. Et je ne suis pas trop d’accord.

Prenons un peu d’altitude : si j’observe les espèces à l’échelle globale, il n’y a que nourriture. Je sais bien que l’allégorie de la chaîne alimentaire fait déclencher moult sarcasmes en véganie, mais les faits sont là : on mange, et on sera mangé. Bactérie, animaux, champignons, plantes, vous en faites pas, votre sort est scellé. Dans ce grand festin qu’est la vie en elle-même les diverses espèces, par le truchement des mécanismes évolutifs bien connus, ont trouvé leur régime alimentaire à force d’adaptation à un milieu.

Ainsi on sait qu’une vache est plutôt herbivore, à quelques insectes et vers près.

Un singe est plutôt frugivore, à quelques tubercules et mammifères prêts : oui ils chassent. Ils ne semblent pourtant pas digérer la viande aussi bien que nous selon Jane Goodall. Selon une méthode personnelle, avec l’aide d’une centrifugeuse elle a pu constater que les excréments de chimpanzés contenaient des morceaux intacts d’animaux et d’insectes. Ce qui n’est pas le cas chez l’homme qui digère bien mieux la viande. Factuellement, j’entends.

Un lion sera entièrement carnivore. Faut-il un dessin, je ne pense pas. (Encore que si un spécialiste passe par là : mangent-ils la panse des animaux herbivores ?)

Je ne connais pas d’animal strictement vegan, même les pandas en mangent.

Les diètes des animaux sont très variables, et je n’ai fait que centrer sur les animaux : les végétaux aussi mangent des animaux, ou des produits animaux. En agriculture, les excréments (sous forme de fumier), le sang et les os des animaux font des miracles pour nourrir certaines espèces cultivées. Sans parler des plantes carnivores.

La consommation de végétaux et d’animaux (je passe le règne des protozoaires et des champignons pour aller plus vite) est ainsi commune, extrêmement banale, avec des variations extrêmes selon les espèces.

Donc, si l’on se limite à l’observation des faits, on pourra parler d’animal carnivore, omnivore, et pour les alimentations à grosse dominante végétales, on pourra dire herbivore ou frugivore, en gardant à l’esprit que les animaux n’ont pas de régime « pur », d’ailleurs il n’existe pas de pureté, point de vue rationnel, la pureté est une vue de l’esprit – humain. Les animaux mangent ce qui leur est adapté, point. Ce que leur instinct leur guide. Comme les enfants de vegans, ce qui m’a été rapporté, qui demandent de la viande ou du fromage quand ils sont chez des omnivores. Réalité cachée sous le tapis.

Dans cette optique, l’homme est donc un omnivore. Je veux bien discuter sur la part variable carnée qui serait bonne pour l’espérance de vie et la santé, pas de problème. Point de vue anatomie je ne suis pas sensible aux sophismes vegan (encore moins de Gary Y.). Nous avons d’ailleurs une anatomie digestive similaire à celui du cochon, pas celui du chimpanzé, ce qui explique que nous soyons plus omnivore que ce dernier (ou du bonobo). Sans même chercher une explication rationnelle – qui nécessiterait un nouvel article sur le sujet – l’anatomie humaine a ce mystère que des traits porcins se sont installés malgré notre proximité avec les chimpanzés.

Donc du coup, des gens qui parlent de « justifier la consommation de viande »…je justifie pas, j’observe les faits. J’aime la viande, j’en mange. Comme un cochon, animal lui aussi omnivore avec qui on partage énormément. Cela étant : pas n’importe comment, pas n’importe quand, pas n’importe laquelle, mais j’en mange. Il peut m’arriver d’avoir des périodes où cette part est réduite, de manière cyclique, comme si je suivais les saisons, en été les fruits éclipsent les autres aliments par exemple. Je n’adhère pas, pour des raisons mûrement réfléchies à la vision veganne et partisane de la nature.

Le mot carnisme participe de cette vision tronquée, pipée. La nature est neutre, elle n’est ni bonne, ni mauvaise. Tout être vivant est un aliment potentiel. Pour illustrer d’une manière cruelle ce manque de neutralité du terme, qui montre à quel point ce néologisme creux sert l’agenda d’idéologues vegans, il suffit de se pencher sur le terme qui est par construction, opposé. Végétalisme. Et c’est là que le bât blesse. Les définitions ne sont pas symétriques.

Le végétalisme concerne la diète des végétaliens et des végans. Il exclue toute consommation de produits animaux.

Le carnisme concerne la diète des…euh…des carnivores, des inuits donc – laissons tomber les baies d’été – ?

Non non. Que vous mangiez un steak par semaine, de la viande une fois l’an, ou que vous soyez en mode carnivore exclusif, vous voilà dans le rang des carnistes. Les habitants d’Okinawa, amateur de tofu en diable, île vantée telle une zone bleue s’alimentant de manière quasi végétarienne – à l’exception des fêtes – font de fabuleux carnistes.

C’est une imposture !

Le vrai mot à utiliser, d’un point de vue neutre (c’est à dire : observons les pratiques des animaux, des hommes, des espèces…), et dépassionné concernant l’homme, c’est omnivore : sans idéologie, sans justification, juste les faits. Parce que beaucoup d’entre nous, les hommes et les femmes sur toute la planète, mangeons de façon omnivore, malgré une diète à dominante végétale, ne pouvons être satisfaits par un tel néologisme, qui réduit la richesse de notre alimentation à la seule consommation de viande. Consommation de viande qui est par ailleurs anodine dans la nature, nature qui ne fait pas d’idéologie, si on se limite à l’observation des faits.

Ce mot a une teneur militante, politique. Certainement pas culturelle ou scientifique. Il en dit long sur celui qui l’utilise, plus sur ceux qui sont stigmatisés. Comme je disais sur Facebook :

carnisme2Ce n’est pas par méchanceté que je dis ça. C’est l’expression d’un ras-le bol de voir en permanence ce mot utilisé par des moutons vegans de panurge. C’est usant. Un travail similaire pourrait être fait pour spéciste et antispéciste, mais la tâche me semble plus ardue, quoique largement faisable. Toute pseudo-philosophie qui utilise des termes à sa convenance pour mieux maitriser le débat public, et ce de façon sournoise, mérite d’être brûlée sur la place publique. Coucou Aymeric !

La bataille idéologique et politique commence par le langage. Maitriser le langage donne une option sur la victoire. Ne vous laissez pas emberlificoter, ne rentrez pas dans le langage tricoté par votre interlocuteur : corrigez la personne qui dit carniste, employez omnivore. Systématiquement.

A ce rythme on pourra tout aussi bien parler de moldus pour décrire les omnivores non frappés par la lumière veganne ou la rejetant. – certains vegans me font d’ailleurs penser à des jeunes élèves de Poudlard, de vrais apprentis sorciers -. Les autres qui puent, les gadjo, les gaijin, les gabatchs. Bref, si vous avez encore un honneur ou un amour-propre, reprenez le dessus en parlant français.

Résumé : le mot carnisme est un terme construit selon une définition floue et mouvante selon l’objectif de la personne qui l’utilise, créant une ambigüité ainsi qu’une stigmatisation visant à se distinguer de l’autre. Une dissymétrie patente par rapport au mot végétalisme souligne insidieusement que le bien ou la normalité c’est manger exclusivement des végétaux et que les mangeurs de viande n’en font qu’à leur tête, que quelque chose ne tourne pas rond chez eux. Il conviendrait de les recadrer. Préférez le mot omnivore et bornez vous à restez factuel et non idéologique ou politique.

Je voulais faire court, j’ai été un peu verbeux. Désolé, ça devait sortir.

Edit : petit ajout de Facebook pour ceux qui auraient loupé le point principal de mon texte :

Si je procède de la même manière que Mélanie Joy pour d’autres aliments, cela donne :

Légumisme : justification de manger des légumes.
Féculentisme : justification de manger des féculents.
Fruitisme : justification de manger des fruits.
Végétalisme : justification de manger des végétaux. (Pas seulement hein)

Vous le voyez pas le problème ? Le problème est que la seule existence du mot carnisme insinue que manger de la viande n’est pas normal et devrait être traité à part des autres aliments. Ben non. C’est le dada des vegans et je marche pas dans la combine. Et comme je ne suis pas vegan, je ne suis pas tenu d’accepter un de leurs néologismes. Sinon c’est commencer à rentrer dans leur jeu, accepter leurs règles. Je ne veux pas.

14 réflexions au sujet de « Divagations carnistes »

  1. Salta

    L’intérêt d’avoir créé le mot « carnisme » était, si j’ai bien compris, de mettre un mot sur une façon de vivre, à l’image des mots « féminisme » et « société patriarcale » qui ont eu le mérite de mettre en lumière des comportements si ancrés dans les moeurs qu’ils n’en avaient pas de nom, étaient donc invisible et vu comme la normalité.
    L’idée donc ici, toujours si j’ai bien compris, c’est de mettre un mot sur les comportements étonnés, indignés et parfois agressifs que l’on peut rencontrer quand on dit juste ‘non merci’ devant un plat de viande (sans rien revendiquer), qu’on trouve de la viande partout tout le temps, qu’un vrai repas a de la viande, etc, etc, qu’il y a une façon de vivre liée à la viande dans nos sociétés occidentales où la viande est omniprésente.
    Il est bien possible que ce mot soit mal défini ou finisse par stigmatiser des gens qui n’ont rien demandé, qu’il soit mal utilisé aussi par des extrêmes intégristes sans cervelle qui cherchent une pureté qui n’existe pas …et qui est bien inquiétante!
    Mais contrairement à ce que tu dis, cette notion m’a permis de réaliser à quel point je n’envisageais mes repas que par rapport à la viande et que beaucoup de rapport sociaux tournent autour de la viande. Ça m’a permis de me poser de vraies questions, tout simplement.

    Le problème de « on est fait pour manger de tout ou pas », est une autre discussion à mon sens. Bien sûr que nous sommes omnivores, je crois qu’il n’y pas de raison de se poser la question vu les preuves. Mais étant doués de conscience, peut être qu’il est bien inutile de massacrer des milliers de bestioles pour les fast food où le goût de la viande n’existe même plus par exemple. Peut être pouvons nous envisager d’en manger moins, l’argument de santé est, à mon sens -à part pour les fous de charcuterie-, un moyen de toucher les personnes qui se foutent royalement de la condition animale, c’est l’impression que ça me donne… et pourquoi pas après tout?

    C’est toujours drôle de voir l’inuit ressortir de sa boîte dès qu’on aborde ce sujet, il est bien évident qu’essayer de sensibiliser les gens pour diminuer leur consommation de viande et de choisir de bons éleveurs, une viande de qualité, passer au vegan, etc.. ne concerne que la classe moyenne occidentale, les urbains, tout ceux qui ont les MOYENS de manger moins de viande que ce soit par leur lieu de vie que par leur moyen financier. On ne va pas traumatiser l’inuit ni l’éleveur en haute montagne 😉 Mais, si seulement on trouvait un palliatif à la viande pour les K…C et autres Mc..O vu que le goût vient de la friture et des sauces, on diminuerait déjà tant de souffrance humaine et animale sans empêcher personne de manger de la malbouffe. C’est un exemple parmi tant d’autre mais ce serait merveilleux si on pouvait tous se donner la main et mettre de l’énergie sur ces sujets plutôt que de se faire une guerre de principe entre le bon vivant festif et le vegan chétif donneur de leçon.

    Pour finir, parlons croquettes: mon vétérinaire a eu cette réflexion quand je lui ai dis que je voulais des croquettes sans céréales et sans sucres pour mon chat carnivore par définition, il m’a répondu : « cette histoire de sans céréales c’est une mode, les chats, quand ils chassent, ils mangent des petits animaux qui ont des céréales dans leur estomac ». Je te laisse juge de la valeur de cet argument.

    merci pour ton article en tout cas!

    Répondre
    1. Sylvain Auteur de l’article

      Bonjour, merci pour ton commentaire.
      Je ne répondrais pas en détail : pourquoi les inuits ? Pas par commodité ou mauvaise foi, mais parce qu’ils ont existé. Tout comme les indiens du grand nord américains. Et les chasseurs-cueilleurs d’avant l’agriculture qui ont eu la « délicatesse » de tuer toute la mégafaune. Pour les chasseurs-cueilleurs à dominante végétale, y a les !Kung ou les Hadza. Cela souligne l’extrême variété sur l’axe végétal/animal de homo sapiens. Ni plus, ni moins.
      D’autant que j’ai déjà donné mon point de vue nuancé sur les peuples du grand nord/Groënland : https://clairetlipide.wordpress.com/2014/09/01/a-propos-dune-diete-extremement-carnee/
      Ou encore publié en epub le livre de Stefansson : https://clairetlipide.wordpress.com/2014/08/31/the-fat-of-the-land-vilhjalmur-stefansson-ebook-epub-azw3-mobi/
      Pour un passionné d’ethno-anthropologie ces types de peuples sont des mines d’or.
      Bonne journée !

      Répondre
      1. Salta

        Mais je suis entièrement d’accord avec toi, ma réflexion sur l’inuit était un trait d’humour mais moisi en fait…
        Par contre me faire traiter de « bouché » sur Facebook c’est assez peu agréable, que j’ai « raison » ou « tort », restons courtois 🙂

    2. HA

      Bonjour Salta,

      Votre véto comme tous les vétos est brainwashé depuis ses 1ères années de sa formation par des séminaires gratuits organisés par les grands industriels de l’alimentation animale. Il est dommage avec sa formation scientifique qu’il ne pense pas qu’une céréale plus ou moins transfomée introduite pour des raisons de coût dans des croquettes n’aura pas les même propriétés chimiques que celles déjà dégradées par la digestion de la proie et n’aura donc pas les même effet dans l’intestin du chat ou du chien. Pour m’être intéressée de près à la question pour mon chat, je fini par trouver la croquette « idéale » dans la marque Nutrivet. Je n’ai pas trouvé mieux pour allier qualité analytique (adaptée au métabolisme carnivore du chat) et qualité des matières premières.

      Répondre
  2. HA

    Je voulais écrire à ce sujet notamment le rôle du langage, le mode de discours utilisé pour asseoir la légitimité d’un nième idéologie prétendument nouvelle (elle ne l’est pas : le véganisme et l’antispécisme ne sont que du végétalisme recyclés en version extrêmiste et donc déconnectés de la réalité sur laquelle les humains ont tant de mal à se mettre d’accord) mais je vois que d’autres comme Sylvain l’ont déjà fait.
    Bravo donc à l’auteur.
    Je constate que lorsqu’un article est bien construit sur ce sujet épineux qui constitue une nouvelle crise passion sur le besoin primaire qu’est l’alimentation, il n’y a pas de commentaires de patrouilleurs végans pour conspuer son auteur « carniste ». Au contraire on a même des commentaires de personnes sensibles à la souffrance animale comme Salta qui, si j’ai bien compris est végétarien, végétalien ou végan, et qui donne des commentaires de qualités, dans une réelle volonté d’échange et de compréhension. Bref on évite l’écueil du registre du jugement qui n’apporte strictement rien.
    Le simple fait que pour son bon fonctionnement le corps humain a besoin de vitamine B12 dont la seule source correctement métabolisable se trouve dans les produits d’origine animale (produits laitiers, oeufs, viandes, poissons) devrait pourtant suffire à clore le débat mais non.
    En réponse on nous sert des discours pseudo-scientifiques qui mène de toutes façons vers l’industrie et le commerce très lucratif des compléments alimentaires. Et il y a certainement bien d’autres micro-nutriment jouant un rôle capital et que nous ne connaissons pas encore parce que nous somme bien loin d’avoir tout compris sur la complexité du monde du vivant et des échanges complexes qui l’anime. J’attends simplement quelques dizaines, il y aura sans doute des données sérieuses sur les conséquences à long terme du régime vegan qui est à l’évidence une aliénation bien propre à l’esprit humain et à sa capacité d’abstraction. L’exemple de la dégradation de la santé de végétaliens au long court dans mon entourage m’a personnellement amplement suffit. Pourtant, les compléments alimentaires ils connaissaient mais l’aveuglement idéologique est sans borne : si on veut croire que le fer en gélules est aussi efficacement METABOLISABLE par le corps humain que le fer contenu dans une alimentation la moins transformée possible, on ne peut rien faire. C’est aussi le propre de l’être humain : il n’y a pas plus sourd-es que celui-celle qui ne veut pas entendre et en définitive ils-elles sont responsables de leur santé. Ces gens ont fini par devenir végétariens d’ailleurs mais ça ne les a pas empêché de perdre leurs dents progressivement. Mais je suis pour la souveraineté individuelle à partir du moment où il n’y a pas de prosélytisme à outrance avec les bonnes vieilles stratégies du choc émotionnel pour vendre ensuite une idéologie qui n’a une cohérence que surfacique. Or cette idéologie, comme beaucoup d’autres, tend à devenir un enjeu sociétal, un lobby de pression et ceci est grave car l’alimentation est bien un enjeu prioritaire.
    Si le végétarisme présente une cohérence interne et externe, on en trouve aucune dans le végétalisme et le véganisme. En effet, ces idéologies déconnectées des réalités de la biopshère qui fonctionne de bien des manières à l’exception du manichéisme de la pensée humaine, c’est bien évidemment l’impossibilité de maitriser les terroirs en l’absence d’élevage. Les végans et anti-spécistes devraient sortir de leur ville et regarder quelques documentaires qui expliquent très bien comment les paturages, les vallées enfin tous nos lieux de vies ont été modelés par l’interaction entre l’homme et son environnement, l’élevage y jouant un rôle important.
    Le végétalisme et le véganisme sont donc des purs produits de la pensée petit bourgeois de l’occident judéo-chrétien urbain qui fantasme une nature et se fantasme lui-même dans un rapport à la nature où l’ignorance et son déni transpire.
    Une autre critique bien construite mais plutot sur l’antispécisme ici : http://www.parisoire.com/mag/antispecisme

    Répondre
    1. Sylvain Auteur de l’article

      Ça c’est du commentaire 😀
      J’en profite pour dire que c’est l’emploi d’un tel mot qui m’ennuie et c’est ce que je souligne dans l’article, lequel n’est pas un article qui démonte le veganisme, d’autres l’ont fait, et je donne le bénéfice du doute pour ceux qui disent s’y épanouir, en tout cas modulo la prise de B12.

      Répondre
  3. Nurja

    Comme tu le dis, il s’agit de divagation.
    Le mot carniste a du sens. Il n’est pas descriptif comme carnivore (ou omnivore), mais décrit les personnes qui défendent l’idée que les êtres humains doivent manger de la chair animale. Donc, oui, c’est un mot qui décrit une idéologie (celle de ceux qui défendent la consommation de la chair animale).

    Répondre
  4. Ping : Qui des végétariens ou des omnivores crèvent le plus de maladies cardiovasculaires ? | Dur A Avaler

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