Archives mensuelles : novembre 2018

Tranches de lard, de livres et de vie (3)

Pour débuter, voici un tweet qui me parle, et qui rejoint l’état d’esprit dans lequel j’écris les weekends.

WordPress m’impose son nouvel éditeur. Je ne peux plus justifier le texte, l’aligner sur la colonne principale, j’ai l’impression d’avoir perdu des options. Peut-être va-t-il falloir aller trifouiller le code html…en tout cas la balise de justification n’est pas disponible. Un éditeur de texte est censé me faciliter la vie, celui-ci est censé être une amélioration du précédent, alors il est pas si mal, mais ils doivent encore l’améliorer…

Je baisse les bras pour cet article, en espérant une mise à jour.

Cette semaine je me suis remis dans la lecture (et la compréhension !) du processus de méthylation. Le meilleur article en français étant celui de Nutriting :

On y retrouve l’importance d’un équilibre entre divers types d’acides aminés pour que ce processus ne soit pas défaillant. Trop de méthionine, c’est trop d’homocystéine – excès reconnu comme mauvais pour la santé, notamment cardiovasculaire, et vraisemblablement neuropsychiatrique -. On peut réguler en amont cet excès d’homocystéine par l’ajout de glycine dans l’alimentation.

Heureusement en aval, on peut recycler l’homocystéine. Par trois voies :

  • la voie des folates (qui impliquera le « très connu » gène MTHFR). Cette voie permet d’obtenir entre autres d’obtenir une forme active de la vitamine B12. Consommez du foie, des légumes verts, des légumineuses…
  • la choline (mangez des œufs donc !), permettant de recycler l’homocystéine en méthionine à nouveau. Une sorte de retour en arrière dans le cycle.
  • le glutathion, puissant oxydant est obtenu, très grosso modo, avec homocystéine et glycine – pour les détails, c’est dans l’article ! Consommez donc du bouillon d’os. Ou des viandes à mijoter.

L’article conclue sur la version mutée du gène MTHFR : elle empêche le recyclage de l’homocystéine, à moins d’apporter activement la forme de vitamine B9 : du méthylfolate de calcium. Tous les folates ne se valent donc pas en cas de version déficiente du gène MTHFR…avec des conséquences assez dramatiques pour les femmes enceintes. Des tests génétiques existent pour connaitre ses propres déficiences.

Pour creuser sur MTHFR, cet article de SuppVersity est franchement pas mal. J’apprends qu’il est possible de réguler à la baisse l’hypertension par de la riboflavine (vitamine B2) dans certains cas. N’oubliez pas DeepL pour les récalcitrants à l’anglais.

J’ai paraphrasé/résumé l’article comme un sagouin mais le fait est que, à nouveau, on ne pourra pas faire l’impasse d’une individualisation de l’alimentation, et si « écouter votre corps » semblera une injonction new age pour les personnes sceptiques, il leur sera possible de prendre leur santé en main s’ils suspectent une génétique différente qui ne leur permet pas de fonctionner normalement. Éloignez-vous toujours plus des réductionnistes de l’alimentation : la faute aux glucides, la fautes aux protéines animales, la faute aux graisses, la faute à l’acidité…je sais bien que le cerveau aime les solutions simples, mais quand même…

Mon père a été hospitalisé à nouveau. Occlusion intestinale. Effet secondaire de la morphine qu’ils disent. J’ai pu le voir. Cela me fait de la peine de le voir aussi faible. J’arrive à faire l’aller-retour pour le voir (300 bornes dans la journée). Il ne quittera sans doute pas sa chambre d’hôpital.

Dès fois il m’arrive de m’en vouloir ne pas avoir pu avoir d’enfants. La culpabilité de ne pas continuer notre branche familiale, être heureux de partager ça avec eux, tandis que partout chez les oncles et tantes il y a eu des petits-enfants. Ni mon frère ni moi n’avons pu avoir d’enfants, chez lui c’est voulu, chez moi c’est subi. Il me reste du temps oui. Mais mon père lui, plus trop.

Rupture définitive enfin avec ma petite amie. Il était temps. Une lâche qui ne savait pas rompre proprement, j’ai du prendre le taureau par les cornes. Tant pis pour elle, mais cela m’affaiblit quand même, ce n’était sans doute pas la bonne période pour me prendre un déni d’amour en pleine face. La relation vécue sur ces 5 mois était donc un mensonge en continu. On ne choisit pas les mauvais moments à la carte…

Pas de livre aujourd’hui. Je considère l’article de Nutriting comme aussi important qu’un livre. Suffisamment riche en informations, et surtout d’informations très peu disponibles en francophonie, c’est une chance d’avoir un article comme ça, bien écrit, bien mis en forme, avec des infographies qui permettent de faire le point sur une partie des réactions biochimiques qui régulent notre organisme à partir de nutriments qui proviennent de l’alimentation.

Tranches de lard, de livres et de vie (2)

Le livre de l’année dernière en matière de sciences de la nutrition c’était incontestablement l’ouvrage de Stephan Guyenet, The Hungry Brain :

Pour les adorateurs de la langue de Umberto Ecco :

Très peu relayé en francophonie, bien que mon pote Guillaume en parle un peu sur son blog, c’est là un livre de la première importance. En effet, pour la première fois on a un vrai corpus de connaissances vulgarisé – même si j’avoue il faut s’accrocher un petit peu – qui explique de manière logique la prise de poids via le fonctionnement du cerveau. Nous n’avons pas ce petit côté romantique qui est souvent le lot des vulgarisateurs (Ce que l’on appelle le « story telling », je suppose).

C’est donc parfois aride. Il faut se taper des centaines de pages sur les parties du cerveau impliquées, sur les circuits de la faim et de la satiété, sur ce fameux lipostat (rien à voir avec la statine du même nom) qui gère le montant de graisse corporelle à un certain pourcentage du poids du corps.

lipostat
Figure 33 : Le lipostat. Le cerveau (en haut) mesure l’adiposité à l’aide de la leptine et d’autres signaux (à gauche), et régule l’adiposité en conséquence en utilisant une variété de stratégies physiologiques et comportementales qui influencent l’apport alimentaire et la dépense énergétique (à droite). Chez l’homme, l’apport alimentaire est le principal moyen par lequel le cerveau régule l’adiposité.

Donc les calories comptent. Sauf que les mécanismes physiologiques impliqués en arrière-plan sont complexes, et on peut comprendre que le modèle calorique seul pour expliquer l’obésité ne suffisent pas à une partie des gens.

Fort heureusement, le surpoids n’est pas une fatalité malgré un environnement obésogène nous poussant à outre-manger (le système de récompense !), et le docteur Guyenet nous donne une liste de recommandations pour mincir dont celle de prendre soin de son sommeil…le livre de Matthew Walker sera donc utile dans cette voie.

La nouvelle est tombée, tel un couperet. Mon père a bel et bien un cancer. Et un des plus agressifs qui soit. On s’y attendait. On n’était pas dupes. On se doutait que c’était grave. Je suppose que cela requiert plus de présence de ma part. Là exit les préoccupations 2.0 et les remèdes que l’on lit çà et là.

Comment vivre ça ? Je ne sais pas. Au jour le jour sans doute.

Entre peine, impuissance, besoin d’être avec mes parents et envie d’être plus fort, de vivre aussi pour moi à fond, la turbulence des sentiments contradictoires fait rage.

La vie continue, il est vrai…prendre conscience que dans un futur proche mon père ne sera plus, c’est vertigineux. C’est un peu de moi qui s’en va. Rien n’est figé dans le marbre. Je serais un peu différent après cette épreuve.

Soyons forts.

Alors pourquoi je vis un abandon des plus cruels ? Il s’agit d’une prise de distance volontaire de ma petite amie, qui date d’il y a trois semaines. L’annonce de la maladie de mon père ne la fait pas revenir pour autant. Pourquoi cette froideur…c’est dur à supporter, si elle souhaitait qu’on se sépare, autant se séparer. C’est dans ces moments-là qu’on a besoin de soutien, et que la personne avec qui on partage de l’amour et de la tendresse devrait davantage se manifester. Hé bien non…

abandon

La trouvaille culturelle et alimentaire de la semaine :

Les premiers Mongols mangeaient des produits laitiers, mais n’avaient pas le gène pour les digérer.

On peut ainsi affirmer que l’alimentation des humains n’est pas figée dans le marbre…et que l’être humain contourne sa génétique avec maestria pour continuer à se nourrir en dépit d’obstacles a priori infranchissables.

Bon dimanche à tous !

Tranches de lard, de livres et de vie (1)

A ce jour, j’ai repris en main mes activités blogguesques – au sens large – mais mon mode de vie actuel ne me permet pas comme auparavant de creuser certains sujets. Malgré tout le besoin d’écrire se fait ressentir. Je propose donc de débuter une série d’articles plus légers dans la construction, où je parle de sujets qui me préoccupent, sans certitude absolue d’être pertinent.

Cette semaine, je suis retourné voir des amis, et ma famille. Sur la côte méditerranéenne, à Narbonne plus précisément.

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WordPress a bien mûri en 1 an, je teste cette fonction diaporama. J’aime beaucoup, vraiment. Ici ce sont quelques photos prises à Gruissan dont la Tour Barberousse…qui n’est plus qu’une ruine et la plage des chalets (37,2° le matin)

J’avais besoin de prendre ces photos. Pour une raison simple, ce lieu c’est aussi mon enfance. Et je sais que mon père aborde la fin de vie, sans rentrer dans les détails. Ça remue forcément beaucoup de choses. On n’est pas préparé pour ce genre de moments. On peut le concevoir, de manière lointaine. Ça vous tombe dessus, sans prévenir de toute façon. Alors on gère avec plus ou moins de sérénité.

Ma photo préférée, absente du diaporama :

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Je suis particulièrement étonné avec le temps qui passe des réactions des gens sur les réseaux sociaux, ou au moins de certaines personnes en ce qui concerne les pages Facebook. La page du Mythe Végétarien convainc près de 2500 personnes, elle est historiquement la première en francophonie dans la réticence face au(x) végétarisme(s). Il y a toujours des gens qui agissent en consommateurs. Qui donnent des conseils inappropriés, du type comment elle devrait tenir sa page. Quel culot ! Elle ne tient pas sa page pour faire du pognon en étant subventionnée par le lobby de la carne mais pour mettre en garde des possibles dangers du végétarisme. Que cela ne plaise pas, ou que certaines publications fassent tiquer – certaines étant scientifiquement moins robustes, en effet -, il est, à mon avis, de bon ton, de passer son chemin…tout simplement. Les suggestions s’apparentant plutôt à des ordres dans les faits, je pressens que la page fait polémique, et n’est tout simplement pas comprise très souvent, parce que moins monolithique que les autres pages/groupes antivégans, pour résumer. Si quelque chose ne vous plait pas sur les réseaux sociaux, il ne sert à rien de vouloir influencer l’influenceur qui a ses propres motifs et sa propre quête j’ai envie de dire. On prend ce qu’il y a à prendre, et on évite d’être désobligeant. Ce n’est pas un supermarché. On peut même « Ne plus aimer », incroyable !

ne plus aimer

L’an dernier j’ai lu ce bouquin.

matt-us

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En d’autres temps je me serais fait un petit plaisir de fin gourmet d’en faire une synthèse en relevant les points cruciaux à mon sens. Et me faire plaisir parce que c’est un bouquin en anglais et qu’y a toujours une petite exclusivité temporaire tant que personne en francophonie ne l’a commenté.

Et puis il est…sorti en français pas plus tard qu’il y a deux mois environ.

matt-fr

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Comme je n’ai plus l’envie urgente de le disséquer, d’annoter et d’en faire un long article…bon ben je donne quand même mon avis, et sans rouvrir la moindre page…

    • Le sommeil est vital, sa carence implique des tas de maladies – dont Alzheimer en favorisant les plaques amyloïdes –
    • Le sommeil trouve sa place au sein des rythmes circadiens qui rythme nos vies, et celui de tous les animaux, avec des différences entre espèces. Les rythmes circadiens bien alignés exercent une pression de sommeil aux bonnes heures, comme une horloge interne. Ce qui rend le sommeil facile et qui va de soi…normalement.
    • La lumière a un effet sur le sommeil. Il est recommandé de s’aligner sur les cycles solaires et prendre le soleil tôt le matin. Et éviter les lumières artificielles le soir*.
    • Évitez les excitants, café et alcool en ligne de mire – même si ça parait trop évident de le rappeler –
    • Attention aux écrans, et notamment à la lumière bleue.
    • Pour les accidents de la route, il faut considérer la carence en sommeil qui semble être pire que conduire alcoolisé
    • Prendre de la mélatonine (qui est une hormone qui donne uniquement un signal) n’est pas une solution viable sur le long terme.
  • La chambre ne doit pas être chauffée…et une douche chaude (au moins les extrémités) aide à l’endormissement ce qui n’est pas intuitif.

Je regrette peut-être un peu le manque de biochimie : on y cause un tout petit peu la gestion du stress via cortisol, noradrénaline et adrénaline, certes. Ou même une approche plus nutri-centrée : pourquoi ne pas parler de GABA ou de l’effet de certains acides aminés, comme la glycine sur la qualité du sommeil ? Bon c’est chipoter, ce livre est tout de même très bon, et il ne fallait pas en faire une encyclopédie du sommeil mais une approche somme toute assez synthétique et qui ne rebute pas le grand public. C’est gagné de ce point de vue.

*A ce sujet, la plus belle déconfiture littéraire sur le noir, l’absence de lumière, la nuit…enfin…comment dire, j’attendais beaucoup de ce bouquin, avec un titre alléchant, mais qui au final était très superficiel.

wakingup

Si vous voulez l’acheter malgré tout…