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Bogowie – Les dieux

Bogowie, « les dieux » dans la langue de Fryderyk Franciszek Chopin, est un film polonais paru en 2014, et présentant le point culminant de la carrière du jeune docteur polonais Zbigniew Religa, ancien interne aux USA  : celui-ci s’apprête en 1985 à pratiquer la transplantation cardiaque connue en occident depuis quelques années maintenant. Pour cela il bravera l’autorité des grands pontes de la médecine polonaise, bien élevés à l’immobilisme soviétique et reliques d’un monde qui n’a plus que quelques années à vivre. Il fera également face au peu de moyens qu’on lui donne pour exercer son métier, en réhabilitant par exemple un bâtiment désaffecté qu’il faut transformer en hôpital fissa fissa. Heureusement, ses employés ont à cœur de l’aider dans cette tâche, ne se laissent pas abattre par les gravats environnants et se transforment en ouvriers du bâtiment pendant un temps.

Le titre est trompeur, il ne doit pas cacher l’extraordinaire humanité d’un homme qui fume en permanence – y compris dans l’hôpital – et sera sur le fil du rasoir, jusqu’à montrer des facettes sombres de sa personnalité. Mais au bout du compte, il y a la transplantation cardiaque. Allonger la vie d’un homme grâce au cœur un autre. Devenir un dieu.

Le docteur Religa est à juste titre comparé une sorte de Dr House polonais – mais zéro diagnostic par contre -, dans un rôle de poil à gratter, de preneur de risque face à une administration frileuse, mais aussi représenté dans un personnage accro à la cigarette (en lieu et place de codéine), ou à l’alcool, à la limite du bipolaire parfois…

BogowieLe film dépeint particulièrement bien l’ambiance de démocratie populaire de la Pologne d’avant la chute de l’URSS : le côté glauque ressort bien, tout comme l’austérité permanente dans les décors. On sent presque le rance qui suinte à travers les murs. Sans oublier la grisaille du quotidien. Ça ne riait pas trop pendant ces années-là…on n’est pas surpris de voir régulièrement des femmes avec un fichu typique des pays de l’est, et ce y compris lorsque le docteur s’aventure avec sa lada vert sexy dans la campagne polonaise. A ce sujet, comme on me l’a fait remarquer (alerte sexisme !), les polonaises les plus basiques semblent toujours jolies et pétillantes, de vraies poupées, alors que les hommes sont objectivement pas terribles, quand ils ne sont pas moches. Bon. Cette remarque déplacée n’altère pas mon jugement sur le film, mais c’est vrai que c’est troublant.

Ah oui j’oubliais : il s’agit d’une histoire vraie, relatant des faits qui se sont réellement produits, le docteur Religa n’est pas un personnage de fiction.

Pour la petite histoire : les circonstances dans lesquelles j’ai été amené à regarder ce film, sont simples, il s’agit simplement d’une diffusion par un cinéma d’art et d’essai sur Toulouse (l’ABC), à l’occasion d’un festival du film polonais (Kinopolska). Rien de bien folichon, bien qu’inhabituel, les films des pays de l’Est étant souvent cantonnés dans le spectre nébuleux de l’art et essai, quand ce n’est pas celui du film indépendant. Ce qui peut nous rebuter et nous empêcher de découvrir quelques perles comme ce film. A condition d’accepter tout de même le rythme du film, qui n’est pas celui d’un blockbuster, cela va de soi.

Le Parrain des Anneaux

~ The Godfather of the rings ~ : if you can’t read french, feel free to translate via Google Translate. I suppose some elements would be interesting for cinema lovers that also likes to split hairs or futile analysis comparing these two very different sagas. Enjoy.

Je comblais mon retard cinématographique, en visionnant la trilogie du Parrain. Excellents films, y compris le tout dernier, différent, plus lyrique, mais pas moins bon. Le coffret paru il y a quelques années est d’une qualité rare, que cela soit au niveau du contenu et des bonus qu’au niveau de la qualité de l’image, sublime : la restauration effectuée est exceptionnelle et le spectacle proposé est proche des conditions de la sortie en salle, le tout pour près de 15h de visionnage, bonus inclus. Et le tout pour une bouchée de pain, le coffret dvd étant vraiment abordable. Au moment de visionner les bonus, j’ai été envahi par une idée persistante quoiqu’incongrue : ça me fait penser au Seigneur des Anneaux.

the godfather of the ringsQuel rapport entre la mafia italo-américaine du 20ème siècle et la saga d’heroic-fantasy développée par Tolkien ? Bien plus qu’il ne semble, à première vue. J’ai effectué une petite recherche sur internet, histoire de voir si je ne m’invente pas des bêtises, rien de bien probant, un topic sur un forum lambda sur le cinéma donne quelques rapprochements superficiels :

  • Le Parrain est en trois parties, tout comme Le Seigneur des Anneaux
  • 5 d’entre eux sont dans le top 10 d’IMDB
  • Les deux trilogies un excellent casting
  • Elles ont gagné beaucoup de récompenses
  • Beaucoup de gens les citent dans leur propre top 10
  • Les deux trilogies sont considérées comme parmi les plus grandes trilogies

 Je vais donc m’attacher à voir quels sont les points communs significatifs entre les deux séries de films : je ne prétends pas que ça soit exhaustif, mais je fais l’impasse, en revanche, sur les différences. Elles sont évidentes pour tout le monde, ils me semble donc bien plus intéressant de se focaliser sur ce qui les rapproche.

En dehors des films

A l’origine, ce sont deux romans. C’est commun dans le cinéma, cela étant, mais ce n’est pas inintéressant de le noter, le roman de Mario Puzo sort en 1968, ceux de Tolkien (en fait devenu une trilogie, mais pensée comme un seul roman au départ) dans les années 50.

Je suis surpris par les points communs entre les deux réalisateurs. Avant de tourner leurs trilogies respectives, leurs chefs-d’œuvre, ils avaient bien quelques films à leur actif, mais rien de bien passionnant, à mon humble avis. Seule la passion de Peter Jackson pour un cinéma alternatif, branché série B et horreur, voire gore (Brain Dead, Bad Taste) rendaient certains fans de Tolkien sceptiques quant à sa capacité à mettre en scène la terre du Milieu. D’autres au contraire se réjouissaient de l’ascension irrésistible de ce cinéaste de l’underground – merci Mad Movies ! -. J’ai même cru comprendre que Peter Jackson et Francis Ford Coppola fonctionnaient un peu de manière similaire quant à l’écriture du film, la gestion des acteurs, jusqu’à la réécriture de certaines scènes au dernier moment.

peter jackson francis ford coppolaOn notera une tendance à l’embonpoint (trop de glucides ? Bon, depuis Peter Jackson a fait attention, et Coppola ne l’était pas jeune), une barbe négligée, et des lunettes : parfait ce sont des geeks du cinéma ! Notons que leurs femmes dans la vie sont de vraies femmes de l’ombre, Fran Walsh étant co-scénariste pour le Seigneur des Anneaux, et Eleanor Coppola tient un rôle plus discret ; elle aussi a un métier lié au cinéma, elle fera des documentaires par la suite, dont un sur Apocalypse Now…réalisé par son mari), mais on ne peut s’empêcher de penser qu’elle a bien influencé ce brave Francis. Pour l’anecdote, Diane Keaton qui joue le rôle de Kay, la femme de Michael Corleone, s’est directement inspirée de Eleanor Coppola jusque dans les gestes : la femme américaine bon teint typée wasp et pas tout à fait intégrée au sein de la famille.

Les bonus des 2 coffrets (préférer ceux de la version longue pour le Sda) laissent apparaître une chose évidente : le tournage s’est déroulé comme en famille. Évident pour ceux du Parrain, mais dans le Seigneur des Anneaux aussi il ressort cette atmosphère familiale : les tournages se sont déroulés sur plusieurs années, et des liens se sont naturellement tissés entre les acteurs. Aussi le recrutement des deux personnages principaux a été problématique : Al Pacino n’ayant pas de suite convaincu les producteurs du film, et Viggo Mortensen ayant été recruté à la hâte après la défection du Aragorn originel. Au final, et a posteriori, dans l’un comme dans l’autre, ces choix sont évidents, il ne pouvait en être autrement. Le tournage du premier épisode du Hobbit a été l’occasion des retrouvailles pour certains des acteurs…à l’image du Parrain III tourné 20 ans plus tard environ : c’était comme s’ils s’étaient quittés la veille. Je note tout de même que Coppola va plus loin, n’hésitant pas à faire jouer sa sœur Talia (future Adrienne dans Rocky) ou encore Sofia Coppola, future réalisatrice. Et pour la bande-son, son propre…père! (Carmine Coppola).

Quelques similarités scénaristiques

C’est là que c’est probablement plus intéressant. Le premier thème qui me vient à l’esprit, c’est celui du pouvoir, et de son hérédité. Le pouvoir corrompt. On le voit transformer assez vite Michael Corleone, qui passe en une scène, du petit frère limite gringalet, à celui de vrai mafioso. Il hérite en quelque sorte du passé de son père quand il ne peut plus diriger la famille. Dans le Seigneur des Anneaux, cela passe plutôt par des allégories. L’anneau représente le pouvoir et il va corrompre les hobbits. Bilbon tombe par hasard sur l’anneau : tout comme Vito Corleone devient peu à peu, et presque par hasard le Parrain dans le second épisode, où Coppola filme brillamment De Niro représentant Vito jeune. Au moment de tuer le parrain local, il ne savait pas qu’il le deviendrait lui-même. Bilbon trouve l’anneau et ne sait pas que sa vie va profondément changer à ce moment-là…le Parrain de la Comté ? Peut-être pas jusque-là non plus. Il n’empêche que les deux œuvres commencent par un événement festif de taille où ses deux personnages jouent un rôle clé : l’anniversaire de Bilbon pour l’un et le mariage de Connie Corleone avec Carlo Rizzi.

L’héritage c’est le pouvoir, ou cet anneau si puissant qu’il corrompt les porteurs. Vito récupère la charge (et c’est le bon mot) de son père après que celui-ci ait été blessé, et alors qu’il refusait de se mêler des affaire de la famille il se propose de tuer les coupables. Frodon lui, hérite de l’anneau à son insu, via l’entremise de Gandalf, et est aussi innocent à première vue que Michael Corleone avant le meurtre. Pourtant porter l’anneau va avoir des répercussions irréversibles sur sa vie, son corps et son âme. Il y a clairement deux générations, celle de Vito/Bilbon, et celle de Michael/Frodon, la première s’empare par hasard du pouvoir/l’anneau, la seconde étant celle qui hérite, malgré elle et avec bien plus d’implications. Les flashbacks sur la vie de Vito jeune peuvent s’apparenter, en outre, à l’histoire de Bilbo Le Hobbit, les deux histoires racontant, ce qui s’est passé avant.

La corruption fait souffrir, et ce jusqu’à la mort : nous avons un Don Corleone pitoyable en fin de vie dans le Parrain III, qui meurt en vieillard esseulé. Ceci est traduit de manière plus poétique, bien évidemment, dans le Seigneur des Anneaux : Frodon comme Bilbon sont affectés par l’anneau, et Frodon encore plus, car ayant été blessé par un des chevaliers Nazgûl, et la quête de l’anneau a été éprouvante (épisode de l’araignée, ou même le rejet de l’amitié de Sam). Il a perdu son innocence de hobbit, il ne peut plus vivre dans ce monde-ci et est donc invité à rejoindre les terres immortelles, et donc à quitter définitivement la Comté. Une mort toute en métaphore, triste, mais adoucie. Pourtant le thème est le même : le pouvoir (ou l’anneau) ne les a pas épargné, ils ont souffert, et encore plus la seconde génération qui a hérité du pouvoir : Michael/Frodon. Leurs blessures sont irréparables, seule la mort constitue une échappée valable, et sans espoir de redevenir comme avant pour Frodon, ou de rédemption pour Mike : c’est quasi tout le long le thème du troisième volet où il tente de tente d’apaiser ses relations avec tout le monde, y compris l’église, en se rachetant une conscience. C’est tout bonnement impossible et son passé est là pour le lui rappeler. Je note que Michael meurt en Sicile, loin de l’agitation et de la vie new-yorkaise, c’est un choix similaire à celui de Frodon.

Il est peut-être temps de partir…

Je voulais finir sur le dernier thème qui apparaît cher à Coppola : la famille. Bien sûr il est omniprésent, et même redondant dans le Parrain, mais pas totalement absent du Seigneur des Anneaux : le premier volet se nomme après tout, la Communauté de l’anneau, en rapport avec la communauté des personnes soudées autour du porteur de l’anneau, mais également de l’alliance entre les divers clans (elfes, nains, hommes). A rapprocher de la communauté italo-américaine de New-York qui est divisée en plusieurs clans ou familles…les traîtrises sont le lot de la vie quotidienne. Une traîtrise dans la communauté de l’anneau ? Oui, Boromir qui tente de s’emparer du pouvoir, pardon, de l’anneau, dans le premier film. Et puis c’est pas comme si Tolkien n’avait pas édité de nombreux arbres généalogiques non plus, ou que dans le début du Seigneur des anneaux (le livre) on n’était pas assommé de noms de hobbits…la -première – vision du Parrain est aussi difficile, la première fois, on confond les noms tellement il y en a, et même les liens entre les personnages.

Les deux séries marquent incontestablement leur époque. Le Parrain constitue un point de non-retour dans les films de gangsters : oui ceux-ci avaient déjà un peu changé au détour des années 40 via les films noirs, avec des personnages ambigus, et une morale moins simpliste que les films d’auparavant, ceux des années 20 ou 30. Mais Coppola va plus loin et offre une vraie peinture quasi-naturaliste de la mafia et des familles italo-américaines. Il y a clairement un avant et un après le Parrain, tant dans la manière de filmer, que dans la direction du jeu des acteurs. Pour le Seigneur des anneaux, c’est un peu pareil, mais dans l’univers des films de fantasy : un an auparavant, sortait Donjons et Dragons, un nanar qui faisait honte à tout les amateurs de ce type d’univers. La sortie du Seigneur des Anneaux a changé le regard que l’on porte sur ce type de films. C’est devenu un phénomène aussi.

Je ne sais pas si je divague ou pas, en tout cas, ça m’a paru intéressant de comparer des œuvres que tout sépare, de la mise en scène aux objectifs des réalisateurs : faire dans le réaliste pour l’un, faire rêver pour l’autre. Où même l’époque des tournages. Peut-être que mes comparaisons sont maladroites. Il y a peut-être quelques points évidents avec la Guerre des Étoiles et son foutu côté obscur de la force qui n’est qu’une énième variation autour du pouvoir et de sa conquête, je n’oublie pas non plus que George Lucas fait partie de la nouvelle vague au début des années 70, au même titre que Francis Ford Coppola.

Aller à l’essentiel en fantastique : histoires courtes et nouvelles

J’ai reçu un fort joli coffret :

twilight zone

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J’ai enfin sauté le pas. C’était une série que j’aurais été incapable d’apprécier lors de mon adolescence. Déjà parce que passée de mode, je ne crois pas qu’elle ait été diffusée dans les années 90 (aucun souvenir !), mais aussi parce que je serais passé à côté. Le format de Twilight Zone (le titre de la série en anglais) repose sur un principe : une histoire, un épisode. Pas le temps de broder, de développer la psychologie des personnages, non, le message de chaque histoire doit tenir en un épisode d’environ 25 minutes. Chaque histoire fantastique se veut hors-norme, dans le but de frapper le téléspectateur, de le choquer par la chute (toujours inattendue, bien que l’on sait que l’on va être étonné), surprenante et singulière de chacune de ces histoires. Par exemple je me souviens vaguement du seul épisode que j’ai vu il y a fort longtemps : des êtres humains cloitrés chez eux étaient en fait observés comme des animaux par des extra-terrestres, à la manière d’un zoo, préfigurant aussi quelque part l’excellent Truman Show. Il y a une filiation évidente avec l’univers de Edgar Allan Poe, qui fit aussi son beurre sur les histoires courtes. Pour information, cet auteur étant mort depuis belle lurette, ses oeuvres sont disponibles gratuitement, et libre de droits ici. De quoi faire le plein avec votre liseuse si vous en posséder une.

Je ne suis pas spécialistes des histoires courtes en fantastiques ou science-fiction. Je me souviens avec nostalgie de la collection La Grande Anthologie de la Science Fiction. Bien des volumes de cette collection sont devenus hors de prix, ou tout simplement épuisés, introuvables, à moins d’avoir une bonne surprise chez un bouquiniste, un vide-grenier, ou un Cash Converters. J’ai lu Histoires de fins du monde. Pas très positif (les anxieux devraient éviter !), mais histoires passionnantes, dont certaines torturées : de mémoire l’une est une histoire où ne subsistent que des femmes…et un seul homme. Et l’auteur décrit de manière rationnelle ce qu’il s’y passe.

grande anthologie de la science fictionApprécier les histoires courtes ne me semble pas si évident. Je trouve qu’à notre époque, on est plus attiré par les grandes fresques épiques en fantasy, que cela soit Le Seigneur des Anneaux, Le Trône de Fer, plus récemment (tant en littérature qu’à l’écran). Des ouvrages longs où l’on s’attache aux personnages, avec une évolution lente de la situation, où l’auteur peut à loisir fournir des descriptions de l’univers, permettant au lecteur de mieux plonger et d’apprécier la saga.

Dans le cas des nouvelles (voilà le mot que je cherchais), rien de tout ça. Il faut être succinct dans les descriptions, ne pas s’attarder inutilement sur le contexte : on a une histoire à raconter avec une chute attendue. Pas le droit d’être bavard, il faut captiver le lecteur dès le départ, retenir son attention, et le tenir en haleine. Autant la lecture des grandes sagas de fantasy (ou même de Science Fiction, à l’instar de Dune) permettent de tirer à la ligne, un peu, autant ce défaut est proscrit pour les nouvelles. Et aller à l’essentiel d’une histoire n’est pas chose facile, étant donné que bien des écrivains tendent à être verbeux…le propos doit être court et concis, je dirais même clair et limpide ! Il n’est pas étonnant que le meilleur roman de Robert Silverberg soit les Monades Urbaines, une série de nouvelles indépendantes se déroulant dans le même univers qui est en fait des immeubles géants qui accueillent toute la population.

Aussi, en Science-Fantasy, j’ai une affection particulière pour Ténébreuse de Marion Zimmer Bradley. En une vingtaine de tomes, elle raconte l’histoire d’une planète peuplée par des humains ayant échoué là (accident de vaisseau spatial), et qui se retrouvent dans une période médiévale quelques centaines d’années plus tard avant que les habitants soient à nouveau en contact avec les humains. Les Chroniques de Ténébreuse sont des excellentes nouvelles écrites par Bradley, mais aussi très souvent par des admiratrices (et admirateurs !) de l’univers. Bradley les a sélectionnées dans ces recueils de chroniques, représentant une période particulière de la planète. Dommage que ces recueils soient devenus rares et donc…chers.

histoires courtesJe n’ai pas une connaissance encyclopédique des histoires courtes, des nouvelles. Par contre, parmi celles que j’ai le plus appréciées, je ne peux pas faire l’impasse sur Fredric Brown, un auteur de SF parodique (oui, avant Douglas Adams), connu notamment pour ses géniaux Martiens Go Home !, ou L’Univers en Folie ou une simple machine à coudre permet le voyage spatio-temporel…J’ai embrayé sur 3 séries de nouvelles, Lune de miel en enfer, Une étoile m’a dit, et le meilleur, Fantômes et Farfafouilles dont les nouvelles tiennent parfois sur 2 pages, quelques fois une seule, ou même quelques lignes, comme celle-ci :

F.I.N.

Le professeur Jones potassait la théorie du temps depuis plusieurs années déjà. « J’ai trouvé l’équation clé, dit il un jour à sa fille. Le temps est un champ. Cette machine que j’ai construite peut agir sur ce champ, et même en inverser le sens. » Et, tout en appuyant sur le bouton, il dit : » Ceci devrait faire repartir le temps à rebours à temps le repartir faire devrait ceci » : dit il, bouton le sur appuyant en tout, et. « Sens le inverser en même et, champ ce sur agir peut construite j’ai que machine cette. Champ un est temps le. Fille sa à jour un il-dit, l’équation clé trouvé j’ai. » Déjà années plusieurs depuis temps du théorie la potassait Jones professeur le

N.I.F.

Titre original : The End (1961) (merci à cillbq du forum volition). Je crois même qu’une de ses nouvelles ne fait qu’une ligne, je n’arrive pas à la retrouver.

Dans une veine similaire, avec des histoires aussi fascinantes, voire loufoques, mais sur un autre format (ici le manga), le génial Osamu Tezuka n’a jamais caché son amour pour les histoires courtes et fantastiques, si typiques de l’âge d’or de la SF. Pour les curieux, je recommande Le Cratère en deux volumes (oui…cher), ou encore Histoires pour Tous, Demain les Oiseaux, ou encore le très sombre Sous notre atmosphère. De manière générale, Tezuka excelle dans les histoires courtes : même ses grandes oeuvres, dont Black Jack, Phoenix, ou Bouddha laissent une place pour le format court, soit dans le format feuilleton (Black Jack ressemblerait quelque part à un ancêtre du Dr. House), soit à des histoires dans l’histoire (Bouddha), soit parce que chaque chapitre est une oeuvre à part entière laissant toujours en arrière plan la thématique (Phoenix).

Les histoires courtes, les essayer, c’est les adopter !

Une inextinguible soif de vérité

Allons-y pour cet article à double-thème « cinénutrition ». C’est aussi le moment de recycler quelques idées (on va dire récurrentes au blog, quitte à passer pour un monomaniaque), et quand même progresser un chouïa.

La Vérité…un excellent film de Georges Clouzot. Peut-être mon préféré. Un drame passionnel, une Brigitte Bardot enjouée, quelques scènes cultes, une quasi-ambiance de film noir assure à ce film les qualités essentielles pour être un classique du genre.

brigitte bardot

La vérité…pour la connaitre, il faut la traquer !

Les juges traquent la vérité en questionnant sans cesse cette « pauvre » Dominique Marceau. Jusqu’à la fin du film, le doute subsiste à propos de son rôle dans la mort de compagnon Gilbert Tellier. Entrecoupé de scènes au tribunal, ce drame est une illustration de l’adage « les apparences sont trompeuses ».

Bon bah, en nutrition, c’est peu ou prou la même chose. Les mythes, les superstitions non fondées ne m’intéressent pas, seule la vérité compte. Cette vérité peut prendre hélas plusieurs facettes. On dispose de tas d’études contradictoires, pas évident de ne pas succomber à la dissonance cognitive. Au menu du jour, féculents, acides gras saturés, fer, vitamine C, céréales complètes bénéfiques et végangélisme en conclusion (na !).

J’ai déjà dit que j’étais prêt à mieux reformuler ma pensée. Je suis par exemple passé de :

–          Les féculents sont nécessairement nocifs pour tout le monde

à

–          Si les féculents ne provoque pas de bonds glycémiques à une personne alors elle peut en consommer

C’est la nuance qui compte. Lanutrition.fr semble s’être investie corps et âme dans un combat anti-féculents, en promulguant les effets positifs des glucides à faible IG (index glycémique). La vérité c’est que tout le monde n’a pas la même sensibilité à l’insuline. Un gars en parfaite santé et une forte sensibilité à cette hormone ne doit pas craindre la consommation de féculents. Une personne avec des crises d’hypoglycémie, mangeant du pain, des patates, du riz, mais qui évite le sucre de table, bonbons, sucreries et gâteaux, devrait se demander si elle ne devrait pas les réduire ou les abandonner…les causes de la résistance à l’insuline sont multiples et loin d’être évidentes pour certaines d’entre-elles.

En parlant des féculents : de nombreux peuples fonctionnent avec une majeure partie de leurs calories provenant de féculents, tubercules ou de fruits comme cela semble être le cas en Asie avec le riz, en Afrique, ou pour les paléo-addicted, le cas chez les célèbres Kitavans, chers à Staffan Lindeberg. Que pensez-vous qu’il puisse arriver ? Hé bien, le taux d’acides gras saturés dans le sang augmente très fortement, sous forme de triglycérides, bien plus que dans le cas d’une alimentation riche en ces mêmes acides gras. En fait, si le corps convertit de manière automatique les glucides excédentaires (i.e. quand les réserves de glycogènes sont remplis à ras-bord) en acides gras saturés, c’est qu’on se doute qu’il fait le meilleur choix disponible pour lui, même en tenant compte qu’une trop forte hausse de la glycémie ait pu l’endommager quelques instants auparavant.

Une partie de la vérité émerge ainsi dans le fait que la maitrise de la glycémie, ni trop forte, ni trop basse, constitue un premier pas vers une santé optimale.

Il est dès lors piquant que dans la quête anti-huile de palme, si typique de conformisme inquiétant, un gars bien de chez nous, bardé de diplômes, Jean-Michel Chardigny se raccroche à l’hypothèse lipidique en vilipendant les graisses saturées :

Naturelle et végétale, l’huile de palme est-elle pour autant une bonne alternative aux huiles hydrogénées? «Non. Je sais que je ne vais pas me faire que des amis, mais je réponds non»,

What the fuck ? Le discours mainstream ambiant, celui qui a les rênes de la pensée nutritionnelle en France (AFSSAPS, PNNS, malgré quelques ajustements récents, le lobby médical qui veut vendre des statines pour lutter contre le cholestérol, la presse féminine et santé) est foncièrement anti graisses saturées depuis quelques décennies, et je suppose qu’en tant que fonctionnaire de l’INRA, il ne craint pas plus que ça d’être débouté de son poste…il ne bosse pas pour l’industrie de la viande ou le lobby du beurre que je sache ! Et tant qu’à être cohérent, autant s’attaquer aux féculents, ils augmentent bien plus le taux d’acides gras saturés dans le sang ! Bon, on mange quoi à part des protéines et des légumes sinon ?

Pour autant, il y a toujours un éléphant dans le magasin de porcelaine. C’est pas le gras, c’est le fer. Bon nombre d’études épinglent le rapport direct entre consommation de fer et maladies cardio-vasculaire, lanutrition.fr s’en faisait l’écho il y a deux mois pour le risque d’AVC . Si on laisse de côté les rares personnes souffrant d’hémochromatose et qui retiennent le fer dans le sang plus que de raison, ce n’est pas la première fois que les viandes rouges sont mises à l’horreur : les viandes rouges étaient aussi liées au cancer colo-rectal ; cela étant la méthodologie est douteuse…mettre dans le même sac, sans distinction réelle viande rouge et viandes transformées est malhonnête. Autant je suis d’accord que les viandes transformées puissent poser souci, autant la viande rouge est non transformée donc foncièrement différente, dans son essence même, elle mérite un traitement à part.

Ces études ont aussi le défaut d’être, comme d’habitude, majoritairement épidémiologiques. Prenez celle du risque d’AVC : « des chercheurs de Harvard ont amassé les données de deux très vastes études et ont ainsi pu traquer l’alimentation de 84 010 femmes âgées de 30 à 55 ans et 43 150 hommes âgés de 40 à 75 ans pendant 26 et 22 ans respectivement, pour les deux groupes. ». Je ne vois pas la trace d’études cliniques en double aveugle, parfaitement randomisées… Est-ce un cas de facteurs confondus ? On pourrait presque dire que la consommation de viande rouge est un marqueur de gourmandise.

C’est ce que j’appelle « syndrôme du steak-frites ». Je surveille parfois les comportements, à la cantine au boulot. J’aperçois très nettement que les amateurs de viande rouge, ont tendance à escamoter les crudités, et à préférer les frites ou les pâtes, arrosé d’un bon pichet d’alcool. Et à se rajouter un dessert bien sucré. Les amateurs de poissons, ou de viande blanche, en « bons connaisseurs » de ce que doit-être un régime santé, ne prennent pas systématiquement de féculents, adorent les crudités, et le dessert est facultatif, ou se limite à quelques fruits. Que déduire de tout ça ? Ben pas grand chose, cela me faisait penser à cette étude du Credoc sur le modèle français qui protège partiellement de l’obésité :

obésité

La proportion de personnes en surpoids et obèses est plus importante dans les catégories gastronomes à la française et bons vivants. Cela conforte le fait que les nouvelles formes de consommations alimentaires ne conduisent pas à une progression de l’obésité.

Les produits sont confondus (y compris macro-nutriments, alcool, glucides, lipides, protéines), donc je ne suis pas étonné que ceux qui mangent des aliments riches soient les plus propices à prendre du poids, mais difficile d’y pointer un coupable idéal…je suis par contre plus étonné par la seconde phrase. Cela sous-entendrait que les produits transformés ne font pas grossir ? Diantre ! Heureusement :

Aujourd’hui, les plus jeunes sont davantage tournés vers des produits globalisés et modernes alors que les personnes les plus âgées demeurent dans le modèle le plus traditionnel en consommant des produits plus bruts et moins transformés.

Ouf. Les amateurs de produits transformés sont encore jeunes pour la plupart, et donc en partie protégés contre les troubles métaboliques qui accompagnent, ou causent l’obésité. Ce n’est qu’une question de temps, je sais pas vous, mais j’ai l’impression, à vue d’œil, que les jeunes sont de plus en plus gras, qu’il y a 10/15 ans. Enfin, my two cents, on va voir d’ici quelques années, quand la génération Y aura majoritairement dépassé la trentaine, ça va être sanglant (et Dukan va pouvoir vendre encore plus de bouquins…soupir…)

Pour en revenir au fer, un excès semble problématique, oui. Je lis de temps en temps le blog d’Anthony Colpo qui relève déjà depuis quelques années les problèmes causés par l’excès de fer, comme dans cet article ou tout simplement dans son ouvrage, The Great Cholesterol Con. Mais du coup, comment expliquer le cas de Lex Rooker qui scrute sans arrêt ses indicateurs de santé, malgré une alimentation à 100% viande n’en souffre pas ? On se retrouve devant un autre type de paradoxe. En fait, il n’y a probablement pas de paradoxe, Lex Rooker ne consommant que peu de vitamine C (oui malgré les abats…minoritaires), on peut supposer que le fer est moins bien absorbé (random lien google au hasard…). Ah donc, la consommation de vitamine C en même temps que la viande rouge peut-être contreproductive ? Ou alors il suffit de dissocier les deux ? Notons aussi que le fer est un oxydant alors que la vitamine C est un antioxydant,  c’est au niveau sanguin que la protection antioxydante joue, pas au niveau du repas. Pas simple du tout…à moins de consommer quelques légumineuses chargées en acide phytique, ou de boire du thé au moment du repas…pourquoi pas.

D’un point de vue évolutif, le lien vitamine C et fer, cela a du sens dans le sens où les terres riches pourvoyeuses en aliments riches en vitamine C sont probablement des endroits où les peuples favorisent la cueillette à la chasse, alors que plus on se rapproche des pôles, cette vitamine se fait plus rare…et la chasse devient prédominante, obligatoire pour la survie.

Sinon, une autre épine du pied, dans le pied des croisés anti-céréales, les céréales complètes ont beaucoup de point positifs. Bon…pourquoi pas. Ca me fait penser que les crétois consomment du pain complet en quantité, et sont (étaient ?)  parmi les peuples à la longévité la plus marquée, à la manière des habitants d’Okinawa. Le succès de leur régime ne vient pas de là, on le sait, on peut penser qu’ils sont en forme en dépit de leur consommation de céréales complètes, à vérifier, probablement pas de blé, mais une variété (épeautre, seigle ?) sans doute moins riche en gluten, et surtout en agglutinine de germe de blé, une lectine très nocive, à l’origine de bien des maladies auto-immunes par exemple. Peut-être aussi que les crétois qui parviennent à des âges parmi les plus avancés, sont ceux qui privilégient les autres aliments, au détriment des céréales, pourquoi pas, mais on n’en sait rien…Vu les dégâts, parfois invisibles du gluten (relire Seignalet au besoin sur les symptômes) et de l’agglutine de germe de blé, se tenir à distance du blé et de ses dérivés, même sous une forme complète peut-être salutaire. De temps en temps, pourquoi pas un effet hormétique en profitant des bienfaits relayés par l’article de Real Natural ?

Bon bref, quand je dis « la nutrition c’est compliqué », c’est pas pour faire genre, mais bien parce que je le pense vraiment. Partant de là, le chemin vers la vérité scientifique est d’autant plus ardu. Quand je lis globalement un site comme Veganisme.fr, au-delà de la polémique de tuer des animaux pour se nourrir (indispensable ou non ?), je prends peur quand je lis tant de dogmes nutritionnels assénés les uns à la suite des autres, sans recul, aucun. Sans parler du ton quasi-religieux, je dirais végangéliste (hop hop, prem’s sur le terme francisé !)…mais certains individus de la sphère paléo, ou low-carb ne sont pas en reste, dans le genre borné. Le scepticisme oui, mais que cela n’empêche pas de rester ouvert à des résultats étonnants, ou paradoxaux.

Le château du poison

Un petit article de cinéma pour souffler…attention je dévoile certains éléments de l’intrigue.

J’aime bien ces films à l’ancienne, ces fresques historiques (ou presque) qui narrent les derniers instants d’un régime politique, la fin d’une ère.

Je garde ainsi une tendresse particulière pour Autant en emporte le vent, le Guépard ou encore le docteur Jivago, pour ne citer que les plus célèbres.

dragonwyck mankiewiczLe Château du Dragon (Dragonwyck en version originale) est un peu dans cette veine-là. En apparence, du moins, car si le thème d’une noblesse arrogante et injuste y est bien présent, tout comme une réalisation à la hauteur avec des costumes et décors bien grandiloquents comme le réclame le genre, le film s’embarque dans d’autres rivages, tel que le thriller, ou même le fantastique empreint de gothisme.

On pourra y apprécier la sublime Gene Tierney (aussi belle que dans L’aventure de Mrs Muir, avec le même réalisateur), ou encore l’inquiétant Vincent Price, ici sans sa son habituelle moustache, qui tient un rôle pour le moins actuel :

Vincent Sarkozy ou Nicolas Price ? – photo tirée de cinereves.com (cliquer sur la photo)

Certaines de ses photos me font carrément penser à notre cher Nicolas Sarkozy. C’est encore plus appuyé par son prénom : Nicholas Van Ryn. Et c’est un cocaïnomane avéré – ce qui va accélérer sa chute -, obsédé par le désir d’une descendance qui tarde à venir, qui se réfugie dans son  donjon…bon pour notre président, nous n’avons pas de preuves, juste des rumeurs très bien appuyées par des analyses audiovisuelles. En tout cas, ce personnage sonne très moderne à mes yeux.

L’anecdote très « claire et lipide » c’est que Nicholas empoisonne à petit feu sa première femme. On peut penser un temps que ce sont les gâteaux et les sucreries offerts par ce bon Nicholas qui font cet effet, c’est troublant, à moins que je ne cultive un biais nutritionnel trop poussé ? En fait, il a juste offert une mystérieuse plante qui émet du  poison, et en fait profiter toute personne qui s’y trouve à proximité.

Reprendrez-vous un peu de Soleil Vert ?

/! Attention : cet article dévoile des éléments de l’intrigue du film Soleil Vert, si vous ne l’avez pas vu, alors faites-le avant de lire /!

Soleil Vert est un classique de la science-fiction, je parle évidemment du film des années 70 avec Charlton Heston en acteur principal. Si vous ne l’avez pas vu, vous pouvez rattraper votre erreur très prochainement, car sa sortie en blu-ray est programmée à la fin du mois en cours ! Une autre revue du film ici.

soleil vert en blu-rayA priori le blu-ray serait dézonné, donc pourrait marcher normalement sur vos platines ou consoles Playstation 3. Au pire il faudra attendre un peu, ou se contenter de l’actuelle version DVD. Je rappelle que le blu-ray n’est réellement utile qu’avec une télé LCD ou plasma qui va bien !

Pour parler du film en lui-même, et n’ayant pas lu le livre dont il est tiré, il reste tout à fait actuel, hormis quelques scènes qui trahissent le « bon goût » seventies, notamment l’intérieur de l’appartement où le personne joué par Charlton Heston va voler la confiture. La surpopulation (urbaine en tout cas), le manque de logements, le « problème » des personnes âgées, le réchauffement climatique, l’euthanasie, la publicité mensongère, la manipulation des masses, et l’accès à la nourriture. Rien que ça !

Je m’étais promis de ne pas parler d’alimentation sur un article consacré au cinéma, mais ainsi va la vie ! Le Soleil Vert est en fait issu d’une curieuse traduction, Soylent Green en anglais, Soylent étant la contraction de deux mots : Soya (soja) et Lentil (lentilles). Probablement qu’il y a eu un changement d’histoire entre le bouquin et le film. Et donc voilà que Soylent est transformé en Soleil. Bon, cela n’affecte pas grandement le sens du film, heureusement.

Le Soleil Vert est devenu la principale alimentation. Des infâmes morceaux de « nourriture » verte, dont on ne connait pas la composition. Tellement que les vieillards regrettent l’ancien temps, celui où ils avaient accès à la vraie nourriture.

Une autre scène, émouvante, celle de la confiture, qui arracherait des larmes à n’importe qui :

soleil vert confiturePlus tard à l’usine de Soleil Vert,  un Charlton Heston en bien mauvaise posture :

usineLes thèmes de ce film sont assez répandues, et des références vont se nicher un peu partout, comme ici, Les Simpsons, se sont fendus d’un excellent gag en ne cachant pas l’origine humaine du Soleil Vert :

soleil vert simpsons

On a là le comble de l’aliment transformé. Mais n’est-ce pas comparable aux farines animales qui ont fait scandale il y a quelques années ? Est-ce que le recyclage à tout prix n’est déjà pas utilisé par l’industrie agro-alimentaire ? Quand l’anticipation devient réalité…je ne suis pas certain que Richard Fleisher aurait pensé qu’on s’approcherait autant de son film. Surtout que l’on est encore dans les années 70, où l’industrie agro-alimentaire n’avait pas tout à fait pris le dessus sur la vraie nourriture. Il y a d’ailleurs à parier que peu de personnes prennent vraiment conscience de ce message. Combien vont frissonner devant la simple idée de manger du Soleil Vert, et se jettent illico vers une barre de céréales, en ne faisant pas le lien entre ce qu’ils mangent et le film ? Car ce n’est pas évidemment le cannibalisme qui est visé (pas seulement), mais bien l’industrialisation à outrance de la nourriture.

J’ai sans aucun doute une lecture orientée du film, en phase avec les thèmes de mon blog, mais quand même, je ne pense pas être totalement à côté de la plaque. Et vous, allez vous reprendre un peu de Soleil Vert avant de dormir…définitivement ?

La soif…d’alcool

Et voilà, wordpress me permet de classer un article dans 2 catégories à la fois, donc je le fais, je réalise l’improbable, un article en catégorie nutrition ET cinéma ! Ce sera juste un billet léger, promis. Lors d’une de mes soirées ciné-club, j’avais choisi de regarder La soif du mal, du phénomène Orson Welles. Plutôt bon, même si je continue de préférer La splendeur des Amberson.

Une scène amusante, m’a fait immédiatement tilt : la grande Marlene Dietrich fait remarquer à Orson Welles son embonpoint : « abus de sucreries ? ». « Non, c’est l’alcool » (souvenirs approximatifs). L’un comme l’autre sont deux addictions. Et là je me dis qu’à l’époque nous n’avions pas passé les années 60, il était admis que c’était trop de féculents, et trop de sucres qui faisaient grossir, pas les lipides.

Ce penchant pour l’alcool destructeur, est aussi le sujet principal du film Le poison (The lost week-end titre original)de Billy Wilder avec Ray Milland. Le personnage de Ray Milland est littéralement accro à la bouteille, et l’on passe petit à petit d’une comédie légère à un drame lorsqu’on le voit vivre son delirium tremens, ou même braquer une boutique. Jusqu’au final, assez inattendu. C’est tout de même un film multi-oscarisé, pas vraiment anecdotique hein (1945) !

Un Don Birnam bien triste

Mais j’y songe, cette photographie…ça me fait penser à un autre acteur, lui dévoré par l’alcool, mais pas que dans ses films. Humphrey Bogart, lui-même.

Un Rick Blaine bien triste

Casablanca a fait d’ailleurs l’objet d’une parodie animée, Carrotblanca :

Un Bugs Bunny bien triste