Archives pour la catégorie Humeur du jour

¿ Portail ?

J’ai sabordé le portail Paléo.

Vous retrouverez l’essentiel des liens à cet endroit-là, le portail paléo d’un gîte porté sur le paléo en Ardèche semble-t-il.

Pourquoi ? Ainsi va la vie…quand j’ai mis en place le portail c’était pour donner un coup de pouce à un courant nutritionnel à l’état de fœtus. De l’eau a coulé sous les ponts, la pluralité des débats est assurée. De même je ne suis plus très certain de vouloir être affilié à quelconque mouvement.

Je garde quelques liens amis bien sûr sur la marge droite.

Bonne nouvelle au fait, j’ai rétabli toutes les images (et les liens pdf). Il y a juste la version ebook (epub, azw3 et mobi) de Nutrition and Physical Degeneration qui reste indisponible pour cause de format incompatible : il me faut repasser à la caisse auprès de wordpress…Je vous l’envoie par mail (clairetlipide@gmail.com).

Bon week-end à toutes et à tous !

Tristes protides

L’industrie alimentaire s’est emparé d’un bien impérieux besoin : celui de nous nourrir à coup de produits et non plus d’aliments. Plus un aliment est transformé moins il en mérite le nom. Et aussi, moins ça relève de l’agriculture, ou cueillette/chasse pour les plus chanceux. On a bien pu mesurer des décennies plus tard les effets désastreux de l’hydrogénation des huiles végétales. Ou encore l’excès de glucides raffinés avec une palatabilité toujours plus forte, et donc obésogène chez les plus petits -pas qu’eux !-, notamment dans les céréales du petit déjeuner. Sans parler de l’ajout d’additifs pour donner du goût, de la texture, ou pour reculer la date de péremption, et faire en sorte que les produits puissent tenir dans les linéaires suffisamment longtemps.

Oh, tout n’est pas noir, on pourra m’objecter, tous les industriels ne sont pas des mafieux aux dents longues toujours plus avides de consommateurs décérébrés et mus par une addiction à ces produits. Non, parfois l’industrie agro-alimentaire n’en fait pas des tonnes, et peut transformer minimalement les aliments. Pour ça on pourra lire l’excellent « Le bon choix au supermarché » sorti aux éditions Thierry Souccar, qui met en balance pour chaque gamme de produits ceux qui le font vraiment, et ce qui vont vous détruire la santé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ok j’exagère un peu, certes, certes.

Le nouveau dada de l’industrie, après avoir rectifié le tir sur les margarines (en délaissant totalement l’hydrogénation partielle, pour leur préférer le procédé de l’émulsion), en enrichissant artificiellement les céréales à coups de fer ou de vitamine D (quel intérêt pour les enfants s’ils boivent du lait écrémé ?), ce sont les protéines végétales. Oui, lipides, glucides, c’est déjà du passé, maintenant ils s’attaquent aux protides.

IT-viandeL’idée de cet article m’est venu après la lecture du dossier spécial protéines alimentaires, paru en février 2014 sur Industrie et Technologies (n°962). On peut le consulter d’ores et déjà ici, je pense que ça ne va pas rester en ligne indéfiniment. On connaît les sources de protéines végétales, ce sont les céréales, dont le blé (sans doute problématique pour certains d’entre nous), les protéagineux -légumineuses – et les oléagineux -dont le soja-. Laissons tomber le débat nutritionniste classique sur ces sources, ce n’est pas ce qui est intéressant.

A l’exception des insectes, quand ils ne sont pas réduits en farine (hélas…), les nouvelles solutions pour fournir des protéines à bas coût ne font décidément pas rêver. Désormais, pour savoir comment sont faits nos aliments, il faut un doctorat de biologie option agronomie. Quelques morceaux choisis :

[…]Les farines […]sont obtenues par broyage de la graine puis par turboséparation : l’amidon est séparé des particules protéiques fines par le passage de la farine dans un courant d’air.[…]

[…]Les concentrés de soja s’obtiennent ensuite en lavant la farine avec un mélange hydroalcoolique[…]

[…]les insectes sont élevés dans un bioréacteurs puis broyés et fractionnés en différentes molécules d’intérêt. La bioraffinerie des insectes s’inspire à la fois des procédés utilisés pour produire des biocarburants et des techniques d’extraction des protéines végétales.[…]

[…]Les technologies de purification : avant d’arriver sous forme concentrée, les protéines doivent être séparées des autres molécules, à savoir les lipides et les glucides. Le centre de valorisation des glucides et des produits naturels (CVG) travaille sur des différentes techniques, utilisées entre autres pour la purification de protéines végétales. Parmi celles-ci, les trois principales sont l’électrodialyse, la filtration membranaire et la chromatographie d’échangeuse d’ions, à choisir selon les applications visées.

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Les savants fous qui veulent gérer le contenu de nos assiettes (en plus d’en vouloir à nos porte-monnaies)

Encore tout ça c’est très maitrisé, c’est « safe » si on veut. Pas de risque d’empoisonnement bactérien, chimiquement rien à redire, c’est même trop propre…y a plus une once de vie.

Le sommet du dossier reste l’infographie au titre « Transformation les protéines gagnent en consistance » page 35 : car oui, les consommateurs sont réticents (vilains rétrogrades !) face à ces protéines : il faut donc leur « mâcher » le travail en travaillant sur les propriétés de ces aliments, on va changer leur texture pour la faire ressembler à celle de la viande. Et pour ça les procédés existent déjà, merci Clextral, qui extrude gaiement depuis 2001, on peut également gélifier à souhait grâce au soja ou aux pois, émulsifier grâce aux protéines de pomme de terre. Ou imiter la texture de la viande (bis). Les insoupçonnables plaisirs de la biochimie !

Et le dossier de s’achever joyeusement, des aliments « réels », les produits usinés au final dans nos assiettes : pain hyperprotéiné (le moins pire), steak de pois, farine d’insectes, viande in vitro (oui le fameux frankensteak à 250 000 $)…le tout avec un arrière-plan qui nous ramène aux nappes de mamie, la manipulation est trop évidente. A moins qu’il ne s’agisse de second degré ou d’autodérision au moment de la rédaction du dossier ?

Honnêtement, je ne pige pas la moitié de ces procédés industriels. Peut-être que nutritionnellement c’est théoriquement satisfaisant, mais, voilà, j’ai un libre-arbitre, le but des industriels est de vendre, et que leur produit soit de qualité, mais la qualité industrielle, au sens hygiénique, ou ISO9001, n’a qu’un lointain rapport avec la qualité des aliments naturels : pas toujours beaux, parfois pourris, mais authentiques, et le recul sur plusieurs millénaires de consommation. Je préfère de loin me passer de viande, ou augmenter mes apports en légumineuses que me jeter à corps perdu dans ces machins.

S’il faut être obscurantiste, anti-progrès, je le serais, je laisserais les early adopters se jeter sur ces produits. Au-delà de la nutrition, c’est tout un problème d’ordre moral, voire spirituel : on souffre d’être déconnecté de la terre, de nos traditions, de ne plus reconnaître les aliments (les vrais), de plus savoir, vouloir ou pouvoir les cuisiner, on n’ose plus voir les choses telles qu’elles sont, au point de préférer les cochonneries aux aliments sains. Et ça empire, si l’on regarde du côté des viandes, nous avons des jeunes accro aux steak hachés ou aux poissons panés, et qui tiquent si on proposent une viande un peu moins high tech.

Des poissons panés, merci wikipedia ®

Des poissons panés, merci wikipedia ®

Des briques uniformes, du parpaing alimentaire, bien tristounet tout ça. Ces nouveaux comportements alimentaires, plus si nouveaux d’ailleurs, sont propres aux milieux urbains, et ce qui est dit dans cet article, « La viande ou la bête » est édifiant, on mange en conséquence moins d’abats (et j’imagine moins d’os ou de cartilages), car tout ce qui nous rappelle la bête, la nature (même morte, même cuite) est évité, voire rejeté. Pas étonnant que le végétarisme puisse prospérer en milieu urbain. Encore qu’aux USA, ou le végétarisme est plus implanté qu’en France, il a plutôt des liens avec la religion protestante…ou l’adventisme, devrais-je dire, voir l’histoire de Harvey Kellog et son frère Will Keith à l’origine…des céréales Corn Flakes, mais aussi du beurre de cacahouète : comme par hasard pas les derniers à transformer douteusement les aliments.

Le symbole final de tout ça, c’est la réalité qui rattrape la fiction, un seul produit alimentaire pour les gouverner tous, vous en aviez rêvé, Rob Rhinehart l’a fait pour vous. Et il semblerait que nutritionnellement ça soit pourtant correct. C’est peut-être parfait…mais honnêtement…à part résoudre le problème de la faim dans le monde, ça ne résoudra pas le problème moral (et re-spirituel) de la surabondance alimentaire dans nos pays riches. C’est mon avis, et donc très personnel, mais c’est inutile, si on ne s’investit pas en cuisine, si on abandonne notre destin alimentaire aux mains des industriels. Manger en pleine conscience selon les sages préceptes de Brian Wansink -il a popularisé le concept- me semble complètement antinomique aux solutions des ingénieurs-sorciers-nutritionnistes. Attention…au sens du nutritionnisme selon Pollan consistant à ne voir les aliments que sous l’aspect nutritionnel.

soylent_green.gif.displayReprendre en main sa santé, c’est être plus proche de la nature, avoir son potager, chasser ses proies, ou à minima, connaître les producteurs et leurs méthodes – difficile pour les parisiens, j’admets-. C’est s’investir, ce qui peut-être difficile parfois je conçois à cause des contraintes de la vie. Mais ce n’est certainement pas déléguer sa santé à autrui, ni donner un blanc-seing à l’industrie. Je n’ai pas un avis original, pour le coup, oui. Mais quand on s’embarque dans des solutions usinées, on connaît les avantages sur le moment, et les inconvénients bien plus tard par exemple hier l’hydrogénation des graisses par exemple, ou les scandales actuels des édulcorants, le sucralose est désormais épinglé, en attendant l’aspartam, et sans doute dans le futur les OGM -malgré l’étude douteuse de Séralini -. Là, en l’occurrence, je suis instinctivement effrayé par ces nouveaux procédés, soit-disant sans danger.

Effectivement, je n’ai pas d’argument concret à opposer sur la qualité alimentaire, n’étant pas biochimiste. J’ai juste l’intuition que la science (nutritionnelle) avance par cycles et que l’on ne saura que bien plus tard ce qui n’allait pas avec ces nouvelles méthodes, avant que l’on puisse, éventuellement rectifier le tir. Je n’ai pas envie de tenter le diable, oui en quelque sorte, je suis craintif, il y a une part d’irrationnel. La technologie, l’alimentation et la santé, ça se marie très mal, si vous voulez mon avis. Ok pas contre la technologie en soi, mais quand ça doit passer par mes entrailles, laissez-moi mon libre-choix…

Post-Scriptum : Coïncidence des faits, De Chair et de Lait, publie aujourd’hui cet article sur un sujet assez proche, à savoir, l’industrie agro-alimentaire qui joue aux apprentis sorciers et tord les aliments dans tout les sens pour mieux nous faire avaler des couleuvres…bon après je suis un omnivore revendiqué, donc je n’adhère pas aux propos végés, mais le blog est très bien fait, très bien sourcé. Une bonne pioche.

Sous la cavité et la carie, le scepticisme

Les caries c’est toujours un succès, aucun scrupule donc, à écrire un nouvel article sur ce sujet. Allons-y gaiement.

La science évolue, comme vous le savez, c’est fait de chercheurs bossant en laboratoires (surtout), et de journalistes qui tiennent à apporter leur grain de sel histoire d’apporter leur pierre vulgarisatrice quand c’est possible. Parfois en déformant les résultats de la recherche, ce qui donne lieu régulièrement à des articles de mauvaise qualité, avec un titre bien racoleur – « Une noix par jour pour devenir centenaire » –

Depuis il y a eu l’avènement internet, les blogs, les forums, c’est le grand public plus ou moins averti qui a pu s’approprier le(s) sujet(s), en y apportant un éclairage sympathique. Ou pas, car en donnant la parole à tout le monde, on a certes plus de vifs débats, mais également une quantité phénoménale de déchets, à base d’expérience personnelle qui sert de thèse pour toute l’humanité, ainsi un certain Alain (cf Dur à Avaler) peut-il écrire en toute bonne foi pour étayer ses dires :

Je suis affirmatif parce que j’ai modifié progressivement (pendant quelques années) mon mode alimentaire et j’ai été surpris des résultats mesurables que j’ai obtenu…

Ben voyons : « j’ai trouvé mon mode alimentaire optimal et qui me convienne au mieux » = voici ce que tout le monde devrait faire, car c’est sûr ça va marcher ? Allons, allons, un peu plus de pudeur et un peu moins de certitude absolue…

A l’inverse, nous avons une partie du public, visible surtout dans la sphère anglosaxonne : les sceptiques. A priori, je serais tenté d’être dans leur côté, démonter la mauvaise science (debunking bad science), est un exercice sain, qui permet de faire la part des choses entre la science et la pseudoscience. Mais il ne faut pas abuser de toute chose, trop de scepticisme c’est également un poison. La science avance aussi parce que les chercheurs ont une forme de foi. Devenir 100% sceptique c’est ne plus croire en rien, or les chercheurs et la plupart des gens ont besoin de croire en certaines pistes (par exemple : le rôle de tel minéral dans la santé) afin de les rejeter ou de trouver…autre chose en chemin. Le scepticisme c’est l’inertie, on doute de tout, on ne fait plus rien, et on se contente de sniper les gens qui tentent de trouver des solutions. Comme dans un jeu vidéo, activité purement passive.

Le sniper de wikipedia

Le sniper de wikipedia

Ainsi, le scepticisme sur internet, est devenu le passe-temps favori de certains adolescents (ou pas mais c’est tout comme dans la mentalité) qui ont une forte culture scientifique, et qui vont donc se faire plaisir à écrire des articles pour se faire mousser auprès des potes, ou se trouver une nouvelle virilité en étant irrespectueux et détestable à souhait, après tout internet permet de dire ce qu’on ne se permettrait pas en face à face.

Par exemple, la bombe pigmatique de Eugene McCarthy trouve écho par exemple chez Skeptophilia. Chacun se fera son avis entre l’article patient, raisonné, et savamment construit, étayé, sourcé et argumenté du très courtois généticien américain, et l’avis lapidaire, agressif du blogueur skeptophilique. Et puis si le rasoir d’Occam (instrument favori des sceptiques, tiens tiens) ne devait pas s’appliquer, les faits relevés par Macroevolution sont vérifiables et écrasant de par leur nombre…et c’est autant de questions nouvelles qui resteraient en suspens. Pour un peu je dirais que les sceptiques manquent d’amour. Mais le fait de dire ça est le meilleur moyen de passer sous leurs fourches caudines…

Bon, revenons au sujet, les caries. Sur Facebook, via Stephen Guyenet, j’ai suivi l’activité d’un groupe  « I fucking hate pseudoscience » qui donne le ton : on va détruire toute la pseudoscience. Et tant pis s’il y a un peu d’authentique science qu’on aurait sous-estimé dans le lot : Tuez les tous, Dieu reconnaitra les siens. Dit différemment, c’est comme jeter le bébé avec l’eau du bain. Si vous parcourez le groupe, on peut même y trouver un article sensé détruire le régime GAPS. Le régime et ses résultats peuvent être contestés mais à l’heure où on redécouvre l’importance de la flore bactérienne dans la santé et l’humeur…mais c’est tellement plus urgent et défoulant de tirer à boulets rouges en faisant fi des articles scientifiques qui ne vont pas dans son sens. Un vrai besoin impérieux. Et puis sur les caries on trouvera ceci ou encore cet article paru dans un blog de dentiste.

Les caries du wikipedia germain

Les caries du wikipedia germain

Donc, je peux comprendre tout le scepticisme autour de cette question des caries. De là à rejeter les travaux des Mellanby, Edward étant à l’origine de la découverte de la vitamine D ? Il aurait donc fait des études sur les caries en pure perte, et par amour charlatanesque de la pseudoscience ? Je ne voulais pas faire dans l’argument d’autorité, mais n’est-ce pas un peu prématuré de rejeter leurs travaux ? Quant à Weston Price (autrefois président de l’American Dental Association !), il n’a pas l’aura des Mellanby, quand bien même toute son œuvre est fascinante, surtout lorsque l’on connait l’histoire de l’activateur X devenue la vitamine K2 grâce au travail de Chris Masterjohn, histoire racontée avec brio par Kate Rhéaume-Bleue.

Voici quelques précisions supplémentaires :

– la supplémentation en vitamine D peut être inutile et ne pas donner de résultats tangibles si les niveaux de vitamine A et de vitamine K2 sont bas. C’est pour ça que l’article du dentiste tombe un peu à plat, il a l’air d’être satisfait d’avoir remis à leur place les apprentis-sorciers vaudou guérisseurs des caries, des écrouelles et redresseurs de sexes tordus, mais sous silence triumvirat des vitamines liposolubles qui constitue le cœur du débat. Il est commode d’en faire l’impasse. Mais notons que l’auteur reconnait que certaines micro-caries sont réversibles.

– effectivement on ne guérit pas des caries, le terme est sans doute mal choisi. Mea culpa si ça n’était pas évident, l’émail ne repousse jamais, par contre, quand on parle de reminéraliser une carie, c’est une couche de dentine secondaire qui peut combler la cavité. On peut ainsi parler de soigner plutôt que de guérir.

– je ne sais pas ce qui se passe si l’émail vient à manquer au point que la dent se fracture en deux, ou si la dentine primaire a entièrement disparu sous les assauts répétés des bactéries. Probable que la situation soit critique avant d’en arriver là…et les solutions « non-naturelles » des dentistes peuvent être obligatoires, hé oui.

– la prévention est importante…bien sûr. Pas la peine d’attendre que le mal soit fait pour correctement s’alimenter.

– le mécanisme acido-basique est en concurrence avec l’équilibre des vitamines A, D, K2. Je n’ai aucune idée concernant du mécanisme qui serait prédominant sur l’autre. Je ne m’aventurerais pas à avoir une alimentation acide et enrichie en vitamines liposolubles. Même pas pour le sport, même pas pour la science.

Pour résumer : le scepticisme c’est très bien, mais point trop n’en faut. Si je devais me référer à une métaphore footballistique, le sceptique est le gardien de but, il ne doit rien laisser passer. Il est essentiel pour ne pas perdre. D’un autre côté, pour gagner une équipe a besoin de marquer des buts et le sceptique est inutile dans cette perspective, il peut freiner l’enthousiasme de la recherche. La science (et l’humanité) a besoin de chercheurs et de résultats réellement positifs, pas seulement de résultats négatifs rejetés si je puis dire. Et ce d’autant plus dans le domaine thérapeutique, où l’on doit composer avec l’humain et la guérison/soin…je peux comprendre pourquoi le scepticisme a le vent en poupe tant on voit les conneries pseudoscientifiques new-age prendre de l’ampleur, mais une frange irréfléchie et peu curieuse de certains faits et études existantes semble prospérer. Malheureusement être sceptique par principe, goût ou personnalité n’est pas une condition suffisante pour avoir raison automatiquement sur tous les sujets…parfois on peut-être ignorant, malgré tout le vernis et la culture scientifiques issus des études ou de sa formation. Le reconnaitre est un grand pas vers les vraies qualités scientifiques, ce qui inclue d’observer et de se taire. Parfois. Et après on peut éventuellement reprendre les joutes…

Les bons polars rapprochent les romanciers du firmament

Une fois l’an, je prends des risques. Par risques, j’entends, sortir de ma zone de confort ce qui peut se traduire par exemple par l’achat d’un disque en dehors de mes goûts habituels. Ca me réussit, parfois, pas tout le temps.

Cette fois-ci, c’est Amazon (vous savez la librairie du diable), qui m’a fait une suggestion originale, un polar. Pourquoi originale ? Hé bien, parce que je ne lis pas de polars, habituellement. Agatha Christie, j’ai tenté, j’ai pas accroché. Gaston Leroux ? Trop daté, y compris dans l’écriture. Simenon ? Pas aimé. Frédéric Dard ? Truculent, mais ça doit pas être ma génération. Et je n’ai rien tenté non plus auprès des américains comme Dashiell Hammett ou James Ellroy, parce qu’échaudé par ma brève expérience du genre. En quelque sorte, j’en étais parvenu à la conclusion triste que le polar, ou le roman noir et moi, ça fait deux.

La suggestion d’Amazon, c’était le premier roman d’un jeune prodige d’un trentenaire affirmé, Olivier Gay : Les Talons hauts rapprochent les filles du ciel

olivier gayBon…le prix n’est pas excessif, le roman a gagné le prix du premier roman du Festival de Beaune en 2012, je me dis que je ne dois pas prendre trop de risques, allez, zou, emballé c’est pesé, en une minute, le roman est déjà sur ma kindle.

Je l’ai lu en une soirée. Impossible d’en décrocher. Le style est léger, amusant, sautillant, bourré de références, et de dérision et d’auto-dérision. Si le pari était de séduire le lecteur, c’est gagné. On suit les aventures de John-Fitzgerald, dit Fitz, un trentenaire affirmé, un parisien fêtard et friand d’aventures sans lendemain, procrastinateur le jour, dealer la nuit – mais il a sa ligne de conduite, une vraie déontologie attention, pas plus d’un gramme ou deux par personne et par nuit ! – . On est donc projeté dans un milieu très particulier, celui des nuits parisiennes, avec ses codes, les stars du moment qui viennent s’y montrer ou venir chercher un peu de cocaïne, ses videurs, ses serveurs, ses habitués. Une vraie peinture sociale.

Notre héro, ou plutôt anti-héro est aussi un fervent geek, accro aux MMO (des jeux online, sur PC), ce qui le rendra peut-être plus proche du jeune lecteur lambda. Quand il nous donne la description de sa piaule ou des clubs, ça sent encore un mélange improbable de stupre, d’alcool, de parfums de filles. On se surprend même à apprécier son parisianisme exécrable (rien au-delà du périph à l’exception de Neuilly !), tout comme la décadence du monde de la nuit. Et surtout il a ses amis, Deborah et Moussah (ah !) une professeur des collèges et un videur black…tous deux accros à la poudre blanche et Fitz se fait un plaisir, que dis-je, un devoir de les ravitailler. Il y a aussi Jessica, son ex, devenue flic…elle ne garde plus que des sentiments de grande sœur envers lui.

C’est dans ce cadre, et des meurtres en série de nightclubbeuses, que Fitz va être amené, malgré-lui, malgré sa nonchalance, malgré son dilettantisme professionnel, à mener une enquête…et à se retrouver fatalement dans la merde. Ce qui du point de vue du lecteur est une aubaine, sans que la situation ne soit réellement burlesque, on ne se prend jamais à le plaindre, un peu comme s’il l’avait cherché…

mannequins filles modèlesLe second volume, Les mannequins ne sont pas des filles modèles, paru cette année est dans la même veine : on prend les mêmes et on recommence ? Il y a de ça, on étoffe les relations entre les personnages, Moussah notamment ; on reste dans une galerie de portraits hauts en couleur (le fameux Nathan chef de l’agence de mannequins, ou tout simplement les mannequins elles-mêmes pas avares en coups bas). Le style reste le même à savoir actuel, racé, pétillant et farci de clins d’œil divers. Avec peut-être un côté geek plus présent, grâce à un hacker que l’on aime détester. On s’attache à ces camés, à ces losers en puissance en quelque sorte.

Le talent est dans la plume et dans la capacité à vous projeter dans un milieu donné. C’est réussi. Toutefois ne vous attendez pas à un chef-d’œuvre de la littérature contemporaine, ça n’est nullement le propos. On est dans le roman de gare de compétition. Le type de roman que vous lisez parce que vous allez prendre le train ou l’avion, il vous faut du prêt à consommer, et facile à lire. Et que vous dévorez, parce que vous n’avez pas le choix, il faut le lire jusqu’au bout, sinon vous seriez frustré.

C’est frais et prometteur, l’auteur a une belle marge de progression à mon sens. Olivier Gay officie aussi dans la fantasy (Le Boucher), mais je crains de ne pas y retrouver les mêmes qualités. Auteur à surveiller, d’autant que je suis assez difficile, pour ne pas dire snob. Je suis d’ores et déjà sur les starting-blocks pour le prochain volume des aventures de Fitz !

Ombres Blanches – l’anti-Amazon

Je feuillette régulièrement l’hebdomadaire La Voix du Midi, complément idéal à La Depêche du Midi pour savoir ce qui se fait en matière culturelle dans ma région, et plus précisément sur Toulouse. Je suis resté bloqué sur une interview (n°6931 du 2 au 8 août 2012) qui m’a choquée, celle de Christian Thorel, alias M. Ombres Blanches, du nom de la librairie qui a pignon sur rue à Toulouse.

Christian Thorel, livre et indépendant :

L’anti-Amazon, c’est lui. « Oubliez Amazon, préservez votre indépendance »  est-il même affiché entre les rayons comme un doigt accusateur hugolien tourné vers le géant de l’Internet, accusé de concurrence déloyale[…] Nous avons intégré la pensée du « aller chercher le client là où il est ». Et la demande pour des librairies indépendantes est en centre-ville dans une culture urbaine et patrimoniale.

Amazon, la librairie du diable

Bon, le monsieur a ses raisons : le métier est devenu difficile par les temps qui courent, exigeant tant sur la qualité du travail, que sur la quantité. La crise immobilière passe par là, et donc, les propriétaires demandent de plus en plus des loyers exhorbitants, au point de faire fermer une institution toulousaine, la librairie Castéla. C’est regrettable, le bâtiment reste inoccupé, et laissera sans doute la place à un type d’établissements plus modernes, comprendre une boutique de téléphonie, ou une parfumerie.

J’ai toujours été un flâneur, un amoureux des livres, et ce très tôt dans l’adolescence. Parcourir des kilométrages de rayons de bouquins, à la recherche de la moindre pépite imprimée, revenir sans cesse dans ces boîtes à trésor que sont (étaient ?) les librairies ont toujours été une sorte de passion, foi de bibliophile. C’était toujours une occasion de sortir en ville, même sans le sou, je finissais par trouver mon bonheur, à moindre coût. J’ai toujours eu une joie  sincère à voir mes étagères gonfler avec l’âge, pas par désir d’accumulation, mais parce que je sais que cela a de la valeur, culturellement parlant, à défaut de valeur monétaire. Et peut-être traumatisé par les autodafés à la Fahrenheit 451.

J’ai connu Amazon au début des années 2000, 2001 sans doute. J’y ai vu là, très tôt, un puissant outil. L’ergonomie était efficace, le moteur de recherche idem, et le catalogue monstrueux. Il s’est encore enrichi, avec l’ajout de la marketplace, qui permet aux libraires indépendants, ou simples particuliers de vendre ou revendre les livres (ou autres objets culturels). Ce nouveau mastodonte né, j’ai partiellement changé mes habitudes. Je flâne toujours autant, et si le livre que je cherche ne se trouve dans aucune de mes boutiques habituelles, au pire, il y a Amazon.

Puis, est venu l’ebook. Pardon, le livre électronique. Fabriquant de liseuses électroniques (les divers Kindle), Amazon a investi le secteur. C’est peut-être à l’heure actuelle, l’acteur qui propose le plus de livres électroniques. Là encore, suite à l’acquisition d’une liseuse de Sony, puis d’un Kindle 4, mes habitudes ont changé : selon le type de livres, je privilégierais l’ebook, ou la version papier, ou les deux. Il m’arrive de lire de la littérature de gare : parfait, inutile de gaspiller du papier pour ça. Pour certains romans de la catégorie supérieure, l’usage du bon pavé se fait ressentir (est-ce psychologique, je n’en sais rien).

Où je veux en venir ? Pester contre Amazon est inutile. Je suis un amoureux du livre, et cela ne m’empêche pas de fréquenter les librairies en plus de me servir d’Amazon. Les usages ne s’excluent pas totalement, ils sont compatibles, au moins en grande partie. Un ebook qui m’a plu, s’est plusieurs fois transformé en livre acheté. Un livre de « ma liste à lire » présent en boutique, je ne l’achèterais pas par Amazon. Amazon me met au courant des sorties, quotidiennement, alors que je ne peux pas aller tout les jours, ni même toutes les semaines en boutique. Amazon, c’est aussi des libraires indépendants qui trouvent un revenu d’appoint grâce à la marketplace, même si Amazon se sert au passage, c’est un fabuleux service, une idée de génie, avec le recul. Le moteur de recherche est excellent, j’ai ainsi appris qu’il existe une critique française et assez ancienne de l’œuvre de Weston A. Price . Bon…indisponible. Qu’à cela ne tienne, j’ai le numéro ASIN, et je le trouverais un jour peut-être aux détours d’une librairie ancienne. Et je n’aborde même pas la littérature mondiale, enfin accessible facilement, et là…oh zut, c’est vraiment le pied, pour qui sait lire en anglais, d’autant qu’aux US, par exemple, pas de prix du livre unique, les prix sont très attrayants, y compris en ebooks, alors que la France est assez à la traîne, proposant encore des prix d’escrocs, pour des ebooks imparfaits (faute absentes de la version papier, mise en page à la peine).

Tout ça pour dire, que dans l’absolu, ce n’est pas l’intermédiaire qu’il faut chérir, et pourtant je suis sentimental, ça a une certaine valeur, mais, l’important c’est l’objet culturel, et la connaissance qu’il transporte avec lui, le livre. Des mauvais libraires – ceux qui ne savent pas conseiller convenablement les clients – peuvent disparaître, Amazon fait la même chose en mieux. Ne restera que ceux qui ont un vrai savoir-faire, contenteront les clients, apporteront de la valeur ajoutée (séances dédicaces de l’auteur par exemple), et même un peu d’humain, parce qu’avouons-le, Amazon manque de chaleur,  quand bien même il remplit à merveille les fonctions auquel il est destiné.

Ombres Blanches, une librairie labyrinthesque, à l’aspect soviétoïde à l’intérieur, mais heureusement bien achalandée

Il n’empêche que le point de vue de M. Thorel me semble bien caricatural, binaire, celui de la vieille garde. Autant je comprendrais un certain garde-fou contre une utilisation hégémonique de Amazon, autant il convient de pondérer son avis. Les usages sont complémentaires. Je n’ai jamais acheté autant de bouquins que depuis qu’Amazon existe. Acheter sur Amazon m’incite aussi à aller voir en ville. C’est un catalyseur de culture, selon ma humble expérience. Si  vous n’avez pas soif de culture, Amazon ne vous apportera rien, bien évidemment. Mais les libraires traditionnels non plus. Ombres Blanches n’est pas fermé à internet, loin de là. Je songe même à commander chez eux tant que possible, cela favorise le maintien d’une activité sur le centre de Toulouse. Mais à l’heure où des comparateurs de prix existent, est-ce bien raisonnable de surpayer un livre pour permettre à un libraire de gagner sa croûte ? De temps en temps, oui, tout le temps serait utopique. Par contre, inutile d’essayer de me croiser dans la librairie physique : trop de couloirs, c’est labyrinthesque au possible, et cela m’évoque plus la maison des fous (Astérix, les 12 travaux) ou Brazil, qu’une librairie humaine. Dommage.

J’invite M. Thorel à repenser son argumentaire anti-Amazon, en tant que lecteur averti, ni vraiment décérébré ni vraiment acculturé, j’ai souvent trouvé mon compte avec le géant américain. Je pense que s’il n’avait pas été là, j’aurais acheté moins d’ouvrages. Et peut-être pas plus en librairie physique. Ce n’est pas parce qu’Amazon gagne, que les librairies physiques y perdent automatiquement…par contre, il faudrait peut-être redonner le goût de la lecture, c’est un boulot davantage en amont.

Rouler les ères

En allant au boulot, j’ai religieusement lu le quotidien gratuit metro, qui se fend d’un article sur le forum mondial de la langue française qui s’est tenu à Montréal cette semaine.

Un des sujets abordés était évidemment, les anglicismes. En lisant ensuite religieusement (toujours) le quotidien Direct (édition Toulouse), j’ai appris que « MELANIE GRIFFITH a été sommée par ses filles d’aller en rehab. ». Rehab…c’était pas déjà un excellent tube de feu Amy Winehouse ? Est-ce que ça ne sentirait pas la traduction flemmarde par hasard ? Rehab est le terme qui désigne la désintoxication en anglais, cela vient de Drug Rehabilitation. L’origine est sans aucun doute latine, voire française, mais on dit bien désintoxication en français ! Tant pis si c’est moins percutant que rehab.

L’autre mot qui me court sur le haricot en ce moment, c’est le mot ère. A l’ère du marketing (utilisation justifiée) à tout va…les artistes pop ainsi que les maisons de disques mp3 parlent de période d’album. Une période correspond à l’enchainement sortie de singles, de vidéos, du look, de l’album en question, de la tournée qui suit, très souvent sous forme de spectacle avec nouvelles chorégraphies, et parfois un album live issue de cette tournée (avec vidéo en dvd ou blu-ray) pour clôturer cette période. Pour prendre un exemple récent, Kylie Minogue a sorti l’album Aphrodite en 2010, a sorti 4 singles, a tourné sans relâche quelques mois en 2011 (Aphrodite World Tour), et finit en beauté avec la vidéo du concert de Londres disponible en dvd. Maintenant elle est passée à autre chose. C’était…la période Aphrodite.

Sauf que voilà, en errant sur le web francophone, les djeuns utilisent le mot…’ère’. Pour désigner le mot période. Il s’agit encore une fois d’un anglicisme regrettable, le mot era en anglais, dans ce cas, ne doit pas être traduit par ère, mais bien par période, ou époque à la rigueur. Et ce même si le mot ‘era‘ provient du latin. En français, le mot ‘ère’ s’appliquent à une échelle de temps plus grande (les ère géologiques), ‘ère’ ayant un sens assez pompier, voire mystique (les astrologues nous parlent bien de l’ère du Verseau…bon, les astrologues me font de la pub). L’ère Aphrodite, l’ère Ziggy Stardust, l’ère Sergent Pepper ? Non…décidément non, on a le mot période qui colle trop bien pour ça. Le mot ‘ère’ est à la limite du faux ami…étant entendu que le sens initial reste assez proche, mais avec une nuance de sens bien présente, qui apparait clairement si on a un esprit assez littéraire.

Ce diagramme de l’échelle des temps géologiques (en)roule les ères.

Mais bon…c’est l’usage qui fait la langue. On n’encapsule pas une langue (pas plus qu’une culture), on ne la fossilise pas, elle est, elle vit, elle évolue*. Et ce-même si je suis un dinosaure échappé de l’ère du mésozoïque, qui peste contre l’usage impropre de mots venus de l’anglais, qu’y puis-je à long terme. Si tout le monde utilise ère à tout va, et remplace le vocable période autrefois approprié, est-ce si grave ? Oh bien sûr, ce qui « me gave » dans l’immédiat, c’est le manque de recul des jeunes qui vivent dans un monde très américanisé : ils entendent ‘era‘, donc ils traduisent sans réfléchir par le mot le plus proche disponible en français…’ère’. En 2012…c’est clairement une mauvaise traduction, avec un poil dans la main, et sans se poser aucune question sur la pertinence de ‘ère’ par rapport à son équivalent anglais. En 2032, il en sera différemment, et cela ne choquera probablement personne (déjà que je me sens bien seul…).

Au final…est-ce bien utile de se poser en vieux bougon, défenseur de la richesse de la langue française, et contre l’usage inapproprié de certains termes…? Pas vraiment de réponse à ce jour, c’est un combat qui me semble vain, perdu d’avance, d’un autre côté, quand les définitions des mots bougent trop vite, ainsi que de nouveaux mots issus de n’importe où, ça en déboussole plus d’un, et la langue, au lieu de rapprocher les gens, crée des fossés entre eux, à l’image des argots, des verlans, du langage sms…

*Nos gènes aussi, certains n’hésitent pas à comparer la linguistique et la génétique.

Nouvelles fraiches, et ajout de traduction

Le blogging est une activité très chronophage, avec relativement peu de retours, mais elle répond à plusieurs besoins, dont celui d’écrire, ou de partager l’étendue de sa propre ignorance sur des sujets qui nous passionnent. Enfin, ignorance, si l’on est suffisamment humble. Ce dernier mois, j’ai été un peu en retrait physiquement parlant : un mal de dos bien curieux m’a éloigné du blog, et les séances de kinés se sont révélées à double tranchant, me soignant d’un côté, et souffrant ailleurs. Ce n’est que depuis hier que je me sens à nouveau en pleine puissance de mon corps. Bon, et aussi la liste de sujets qui m’intéressent n’est malheureusement pas inépuisable, et comme je n’aime pas trop radoter…enfin quand c’est le cas, je fais un peu de traduction pour m’occuper 🙂

Weston PriceJ’en profite donc pour finaliser la traduction de deux nouveaux textes introductifs à Nutrition et Dégénérescence Physique de Weston A. Price. C’est disponible dans la section Ressources, et si vous préférez les bon vieux pdf, c’est par ici. Je suis assez stupéfait de la préface de la 4ème édition, qui date de 1970. Hormis la référence au DDT qui sonne datée, le reste semble si moderne, rien n’a changé…enfin si, la situation s’est empirée depuis. Pas seulement l’état de santé des individus, mais aussi à l’époque où l’on sait que les sols s’appauvrissent pour cause de cultures hyper intensives (céréalières notamment) et artificielles, ce texte garde toute sa pertinence. Notre Claude Bourguignon national n’était pas le premier à alerter sur le sujet…