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Tristes protides

L’industrie alimentaire s’est emparé d’un bien impérieux besoin : celui de nous nourrir à coup de produits et non plus d’aliments. Plus un aliment est transformé moins il en mérite le nom. Et aussi, moins ça relève de l’agriculture, ou cueillette/chasse pour les plus chanceux. On a bien pu mesurer des décennies plus tard les effets désastreux de l’hydrogénation des huiles végétales. Ou encore l’excès de glucides raffinés avec une palatabilité toujours plus forte, et donc obésogène chez les plus petits -pas qu’eux !-, notamment dans les céréales du petit déjeuner. Sans parler de l’ajout d’additifs pour donner du goût, de la texture, ou pour reculer la date de péremption, et faire en sorte que les produits puissent tenir dans les linéaires suffisamment longtemps.

Oh, tout n’est pas noir, on pourra m’objecter, tous les industriels ne sont pas des mafieux aux dents longues toujours plus avides de consommateurs décérébrés et mus par une addiction à ces produits. Non, parfois l’industrie agro-alimentaire n’en fait pas des tonnes, et peut transformer minimalement les aliments. Pour ça on pourra lire l’excellent « Le bon choix au supermarché » sorti aux éditions Thierry Souccar, qui met en balance pour chaque gamme de produits ceux qui le font vraiment, et ce qui vont vous détruire la santé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Ok j’exagère un peu, certes, certes.

Le nouveau dada de l’industrie, après avoir rectifié le tir sur les margarines (en délaissant totalement l’hydrogénation partielle, pour leur préférer le procédé de l’émulsion), en enrichissant artificiellement les céréales à coups de fer ou de vitamine D (quel intérêt pour les enfants s’ils boivent du lait écrémé ?), ce sont les protéines végétales. Oui, lipides, glucides, c’est déjà du passé, maintenant ils s’attaquent aux protides.

IT-viandeL’idée de cet article m’est venu après la lecture du dossier spécial protéines alimentaires, paru en février 2014 sur Industrie et Technologies (n°962). On peut le consulter d’ores et déjà ici, je pense que ça ne va pas rester en ligne indéfiniment. On connaît les sources de protéines végétales, ce sont les céréales, dont le blé (sans doute problématique pour certains d’entre nous), les protéagineux -légumineuses – et les oléagineux -dont le soja-. Laissons tomber le débat nutritionniste classique sur ces sources, ce n’est pas ce qui est intéressant.

A l’exception des insectes, quand ils ne sont pas réduits en farine (hélas…), les nouvelles solutions pour fournir des protéines à bas coût ne font décidément pas rêver. Désormais, pour savoir comment sont faits nos aliments, il faut un doctorat de biologie option agronomie. Quelques morceaux choisis :

[…]Les farines […]sont obtenues par broyage de la graine puis par turboséparation : l’amidon est séparé des particules protéiques fines par le passage de la farine dans un courant d’air.[…]

[…]Les concentrés de soja s’obtiennent ensuite en lavant la farine avec un mélange hydroalcoolique[…]

[…]les insectes sont élevés dans un bioréacteurs puis broyés et fractionnés en différentes molécules d’intérêt. La bioraffinerie des insectes s’inspire à la fois des procédés utilisés pour produire des biocarburants et des techniques d’extraction des protéines végétales.[…]

[…]Les technologies de purification : avant d’arriver sous forme concentrée, les protéines doivent être séparées des autres molécules, à savoir les lipides et les glucides. Le centre de valorisation des glucides et des produits naturels (CVG) travaille sur des différentes techniques, utilisées entre autres pour la purification de protéines végétales. Parmi celles-ci, les trois principales sont l’électrodialyse, la filtration membranaire et la chromatographie d’échangeuse d’ions, à choisir selon les applications visées.

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Les savants fous qui veulent gérer le contenu de nos assiettes (en plus d’en vouloir à nos porte-monnaies)

Encore tout ça c’est très maitrisé, c’est « safe » si on veut. Pas de risque d’empoisonnement bactérien, chimiquement rien à redire, c’est même trop propre…y a plus une once de vie.

Le sommet du dossier reste l’infographie au titre « Transformation les protéines gagnent en consistance » page 35 : car oui, les consommateurs sont réticents (vilains rétrogrades !) face à ces protéines : il faut donc leur « mâcher » le travail en travaillant sur les propriétés de ces aliments, on va changer leur texture pour la faire ressembler à celle de la viande. Et pour ça les procédés existent déjà, merci Clextral, qui extrude gaiement depuis 2001, on peut également gélifier à souhait grâce au soja ou aux pois, émulsifier grâce aux protéines de pomme de terre. Ou imiter la texture de la viande (bis). Les insoupçonnables plaisirs de la biochimie !

Et le dossier de s’achever joyeusement, des aliments « réels », les produits usinés au final dans nos assiettes : pain hyperprotéiné (le moins pire), steak de pois, farine d’insectes, viande in vitro (oui le fameux frankensteak à 250 000 $)…le tout avec un arrière-plan qui nous ramène aux nappes de mamie, la manipulation est trop évidente. A moins qu’il ne s’agisse de second degré ou d’autodérision au moment de la rédaction du dossier ?

Honnêtement, je ne pige pas la moitié de ces procédés industriels. Peut-être que nutritionnellement c’est théoriquement satisfaisant, mais, voilà, j’ai un libre-arbitre, le but des industriels est de vendre, et que leur produit soit de qualité, mais la qualité industrielle, au sens hygiénique, ou ISO9001, n’a qu’un lointain rapport avec la qualité des aliments naturels : pas toujours beaux, parfois pourris, mais authentiques, et le recul sur plusieurs millénaires de consommation. Je préfère de loin me passer de viande, ou augmenter mes apports en légumineuses que me jeter à corps perdu dans ces machins.

S’il faut être obscurantiste, anti-progrès, je le serais, je laisserais les early adopters se jeter sur ces produits. Au-delà de la nutrition, c’est tout un problème d’ordre moral, voire spirituel : on souffre d’être déconnecté de la terre, de nos traditions, de ne plus reconnaître les aliments (les vrais), de plus savoir, vouloir ou pouvoir les cuisiner, on n’ose plus voir les choses telles qu’elles sont, au point de préférer les cochonneries aux aliments sains. Et ça empire, si l’on regarde du côté des viandes, nous avons des jeunes accro aux steak hachés ou aux poissons panés, et qui tiquent si on proposent une viande un peu moins high tech.

Des poissons panés, merci wikipedia ®

Des poissons panés, merci wikipedia ®

Des briques uniformes, du parpaing alimentaire, bien tristounet tout ça. Ces nouveaux comportements alimentaires, plus si nouveaux d’ailleurs, sont propres aux milieux urbains, et ce qui est dit dans cet article, « La viande ou la bête » est édifiant, on mange en conséquence moins d’abats (et j’imagine moins d’os ou de cartilages), car tout ce qui nous rappelle la bête, la nature (même morte, même cuite) est évité, voire rejeté. Pas étonnant que le végétarisme puisse prospérer en milieu urbain. Encore qu’aux USA, ou le végétarisme est plus implanté qu’en France, il a plutôt des liens avec la religion protestante…ou l’adventisme, devrais-je dire, voir l’histoire de Harvey Kellog et son frère Will Keith à l’origine…des céréales Corn Flakes, mais aussi du beurre de cacahouète : comme par hasard pas les derniers à transformer douteusement les aliments.

Le symbole final de tout ça, c’est la réalité qui rattrape la fiction, un seul produit alimentaire pour les gouverner tous, vous en aviez rêvé, Rob Rhinehart l’a fait pour vous. Et il semblerait que nutritionnellement ça soit pourtant correct. C’est peut-être parfait…mais honnêtement…à part résoudre le problème de la faim dans le monde, ça ne résoudra pas le problème moral (et re-spirituel) de la surabondance alimentaire dans nos pays riches. C’est mon avis, et donc très personnel, mais c’est inutile, si on ne s’investit pas en cuisine, si on abandonne notre destin alimentaire aux mains des industriels. Manger en pleine conscience selon les sages préceptes de Brian Wansink -il a popularisé le concept- me semble complètement antinomique aux solutions des ingénieurs-sorciers-nutritionnistes. Attention…au sens du nutritionnisme selon Pollan consistant à ne voir les aliments que sous l’aspect nutritionnel.

soylent_green.gif.displayReprendre en main sa santé, c’est être plus proche de la nature, avoir son potager, chasser ses proies, ou à minima, connaître les producteurs et leurs méthodes – difficile pour les parisiens, j’admets-. C’est s’investir, ce qui peut-être difficile parfois je conçois à cause des contraintes de la vie. Mais ce n’est certainement pas déléguer sa santé à autrui, ni donner un blanc-seing à l’industrie. Je n’ai pas un avis original, pour le coup, oui. Mais quand on s’embarque dans des solutions usinées, on connaît les avantages sur le moment, et les inconvénients bien plus tard par exemple hier l’hydrogénation des graisses par exemple, ou les scandales actuels des édulcorants, le sucralose est désormais épinglé, en attendant l’aspartam, et sans doute dans le futur les OGM -malgré l’étude douteuse de Séralini -. Là, en l’occurrence, je suis instinctivement effrayé par ces nouveaux procédés, soit-disant sans danger.

Effectivement, je n’ai pas d’argument concret à opposer sur la qualité alimentaire, n’étant pas biochimiste. J’ai juste l’intuition que la science (nutritionnelle) avance par cycles et que l’on ne saura que bien plus tard ce qui n’allait pas avec ces nouvelles méthodes, avant que l’on puisse, éventuellement rectifier le tir. Je n’ai pas envie de tenter le diable, oui en quelque sorte, je suis craintif, il y a une part d’irrationnel. La technologie, l’alimentation et la santé, ça se marie très mal, si vous voulez mon avis. Ok pas contre la technologie en soi, mais quand ça doit passer par mes entrailles, laissez-moi mon libre-choix…

Post-Scriptum : Coïncidence des faits, De Chair et de Lait, publie aujourd’hui cet article sur un sujet assez proche, à savoir, l’industrie agro-alimentaire qui joue aux apprentis sorciers et tord les aliments dans tout les sens pour mieux nous faire avaler des couleuvres…bon après je suis un omnivore revendiqué, donc je n’adhère pas aux propos végés, mais le blog est très bien fait, très bien sourcé. Une bonne pioche.

Continuer à suivre vos flux RSS (sans Google Reader)

Voilà quelques années que je me sers des flux RSS, tant au niveau personnel que professionnel. Cela me permet (entre autres) d’avoir à ouvrir les sites sous surveillance, de me concentrer sur un sujet en particulier, de n’ouvrir que les articles qui m’intéressent en lisant leur titre. Ou encore de retrouver rapidement un article lu il y a quelques temps grâce à un mot-clé. Je gagne en productivité, c’est évident.

J’ai donc commencé par Netvibes au niveau perso, puis FeedReader au niveau pro, vu que la politique de mon employeur étant de refuser l’accès à Netvibes. Qui ne fait pas que les flux RSS, rien qu’avec les widgets, on pouvait se connecter sous Facebook en outrepassant le proxy, ahem…FeedReader est un logiciel, donc les flux RSS sont stockés sur le disque dur. Pas d’utilisation nomade, mais impeccable pour moi au travail. En revanche j’étais frustré, car je voulais quand même garder un accès partout à mes flux, de manière synchronisée. Et là j’ai adopté Google Reader, le leader.

J’y ai découvert un outil très puissant, bien plus que Netvibes. Largement meilleur même.  Eclipsant, à mon sens la totalité des lecteurs de flux RSS qu’ils soient en ligne ou non. Comme mobylette et frigo, Google Reader est devenu synonyme de lecteurs de flux RSS, bon peut-être pas, mais il ne laissait au final que des miettes aux concurrents. Et puis la nouvelle qui fit grincer tant de dents, tomba comme un couperet le 13 mars 2013 sur le blog officiel.

alternatives google reader

😥 Google Reader à jamais dans nos coeurs 😥

C’est simple, c’est comme si vous étiez chouchoutés par des parents en or, jusqu’à une tardive vingtaine, et puis sans raison, ils vous disent, que vous deviez gagner votre vie et qu’ils vous expulsent dans quelques mois. Une vraie douche froide.

Après plusieurs essais, étant conservateur dans mes usages, je vais me reporter sur InoReader ou Feedly. Pour devenir totalement indépendant des déboires ou autres décisions arbitraires des sociétés qui hébergent ces outils, TinyTinyRSS semble plus adapté : Feedly ou InoReader peuvent aussi se faire la malle, à ce sujet, sauvegardez une copie du fichier OPML, on se sait jamais.

deux outils très proches de Google Reader, bien qu’indubitablement moins complet, l’essentiel à mes yeux y est. Je n’ai pas tranché entre les deux, je me donne un temps de réflexion pour déterminer à la longue lequel est le plus user-friendly comme on dit. Un bon point pour InoReader, l’import des flux a fonctionné, mais pas sous Feedly. Pourtant je trouve Feedly plus réactif. Wait & See, on verra à l’usage.

Pour un comparatif léger des outils existants, je vous conseille cet article de l’Oeil au Carré.

Pour une analyse plus approfondie et une revue d’un très large échantillon des outils, il existe ce diaporama ultime de Serge Courrier (cliquer sur l’image :

Serge Courrier
edit : le slideshare faisait planter mon navigateur avec moult ralentissements, j’ai donc mis un lien vers le diaporama.

Nutrition & Physical Degeneration en ebook

Pour ceux qui comme moi, aimeraient bien se trimballer en permanence avec soi l’œuvre de Weston A. Price, disponible en html ici mais regrettent le volume imposant de la version papier, j’ai pris quelques heures de mon temps libre pour confectionner une version pour tablettes et liseuses aux petits oignons. Un peu comme le fait la Team Alexandriz, à la différence que l’ouvrage ci-présent est tombé dans le domaine public (et comme non publié en France, il est libre de droits).

Weston PriceTélécharger Nutrition And Physical Degeneration

Notes :

Ce travail a été réalisé à l’aide de l’éditeur gratuit et open source Sigil, ainsi que du logiciel calibre tout aussi gratuit et open source pour la conversion aux formats spécifiques aux kindle.

Sont joints les formats .epub, .azw3 et .mobi. (ainsi que PDF !) Le .epub conviendra à la plupart des liseuses et tablettes. Les .azw3 et .mobi sont réservés aux liseuses kindle d’Amazon. Le .azw3 bénéficie d’une mise en page plus agréable, mais peut-être ne fonctionne-t-il pas sur les anciennes liseuses kindle (jusqu’aux versions 3), aussi il vous reste le rustique .mobi.

Des erreurs peuvent se glisser ci et là, ne pas hésiter à m’en faire part. Il est possible qu’il y ait notamment certains retours à la ligne abusifs par rapport à la version originale ou la version en ligne : en fait je n’ai pas vérifié soigneusement les paragraphes un par un, investissement trop long, pour un retour très faible.

Ce travail a peut-être été déjà effectué par ailleurs. Il me semble n’avoir rien vu. C’est de l’autoformation sur la production d’ebooks, notamment sur Sigil qui est très bien 🙂

Ombres Blanches – l’anti-Amazon

Je feuillette régulièrement l’hebdomadaire La Voix du Midi, complément idéal à La Depêche du Midi pour savoir ce qui se fait en matière culturelle dans ma région, et plus précisément sur Toulouse. Je suis resté bloqué sur une interview (n°6931 du 2 au 8 août 2012) qui m’a choquée, celle de Christian Thorel, alias M. Ombres Blanches, du nom de la librairie qui a pignon sur rue à Toulouse.

Christian Thorel, livre et indépendant :

L’anti-Amazon, c’est lui. « Oubliez Amazon, préservez votre indépendance »  est-il même affiché entre les rayons comme un doigt accusateur hugolien tourné vers le géant de l’Internet, accusé de concurrence déloyale[…] Nous avons intégré la pensée du « aller chercher le client là où il est ». Et la demande pour des librairies indépendantes est en centre-ville dans une culture urbaine et patrimoniale.

Amazon, la librairie du diable

Bon, le monsieur a ses raisons : le métier est devenu difficile par les temps qui courent, exigeant tant sur la qualité du travail, que sur la quantité. La crise immobilière passe par là, et donc, les propriétaires demandent de plus en plus des loyers exhorbitants, au point de faire fermer une institution toulousaine, la librairie Castéla. C’est regrettable, le bâtiment reste inoccupé, et laissera sans doute la place à un type d’établissements plus modernes, comprendre une boutique de téléphonie, ou une parfumerie.

J’ai toujours été un flâneur, un amoureux des livres, et ce très tôt dans l’adolescence. Parcourir des kilométrages de rayons de bouquins, à la recherche de la moindre pépite imprimée, revenir sans cesse dans ces boîtes à trésor que sont (étaient ?) les librairies ont toujours été une sorte de passion, foi de bibliophile. C’était toujours une occasion de sortir en ville, même sans le sou, je finissais par trouver mon bonheur, à moindre coût. J’ai toujours eu une joie  sincère à voir mes étagères gonfler avec l’âge, pas par désir d’accumulation, mais parce que je sais que cela a de la valeur, culturellement parlant, à défaut de valeur monétaire. Et peut-être traumatisé par les autodafés à la Fahrenheit 451.

J’ai connu Amazon au début des années 2000, 2001 sans doute. J’y ai vu là, très tôt, un puissant outil. L’ergonomie était efficace, le moteur de recherche idem, et le catalogue monstrueux. Il s’est encore enrichi, avec l’ajout de la marketplace, qui permet aux libraires indépendants, ou simples particuliers de vendre ou revendre les livres (ou autres objets culturels). Ce nouveau mastodonte né, j’ai partiellement changé mes habitudes. Je flâne toujours autant, et si le livre que je cherche ne se trouve dans aucune de mes boutiques habituelles, au pire, il y a Amazon.

Puis, est venu l’ebook. Pardon, le livre électronique. Fabriquant de liseuses électroniques (les divers Kindle), Amazon a investi le secteur. C’est peut-être à l’heure actuelle, l’acteur qui propose le plus de livres électroniques. Là encore, suite à l’acquisition d’une liseuse de Sony, puis d’un Kindle 4, mes habitudes ont changé : selon le type de livres, je privilégierais l’ebook, ou la version papier, ou les deux. Il m’arrive de lire de la littérature de gare : parfait, inutile de gaspiller du papier pour ça. Pour certains romans de la catégorie supérieure, l’usage du bon pavé se fait ressentir (est-ce psychologique, je n’en sais rien).

Où je veux en venir ? Pester contre Amazon est inutile. Je suis un amoureux du livre, et cela ne m’empêche pas de fréquenter les librairies en plus de me servir d’Amazon. Les usages ne s’excluent pas totalement, ils sont compatibles, au moins en grande partie. Un ebook qui m’a plu, s’est plusieurs fois transformé en livre acheté. Un livre de « ma liste à lire » présent en boutique, je ne l’achèterais pas par Amazon. Amazon me met au courant des sorties, quotidiennement, alors que je ne peux pas aller tout les jours, ni même toutes les semaines en boutique. Amazon, c’est aussi des libraires indépendants qui trouvent un revenu d’appoint grâce à la marketplace, même si Amazon se sert au passage, c’est un fabuleux service, une idée de génie, avec le recul. Le moteur de recherche est excellent, j’ai ainsi appris qu’il existe une critique française et assez ancienne de l’œuvre de Weston A. Price . Bon…indisponible. Qu’à cela ne tienne, j’ai le numéro ASIN, et je le trouverais un jour peut-être aux détours d’une librairie ancienne. Et je n’aborde même pas la littérature mondiale, enfin accessible facilement, et là…oh zut, c’est vraiment le pied, pour qui sait lire en anglais, d’autant qu’aux US, par exemple, pas de prix du livre unique, les prix sont très attrayants, y compris en ebooks, alors que la France est assez à la traîne, proposant encore des prix d’escrocs, pour des ebooks imparfaits (faute absentes de la version papier, mise en page à la peine).

Tout ça pour dire, que dans l’absolu, ce n’est pas l’intermédiaire qu’il faut chérir, et pourtant je suis sentimental, ça a une certaine valeur, mais, l’important c’est l’objet culturel, et la connaissance qu’il transporte avec lui, le livre. Des mauvais libraires – ceux qui ne savent pas conseiller convenablement les clients – peuvent disparaître, Amazon fait la même chose en mieux. Ne restera que ceux qui ont un vrai savoir-faire, contenteront les clients, apporteront de la valeur ajoutée (séances dédicaces de l’auteur par exemple), et même un peu d’humain, parce qu’avouons-le, Amazon manque de chaleur,  quand bien même il remplit à merveille les fonctions auquel il est destiné.

Ombres Blanches, une librairie labyrinthesque, à l’aspect soviétoïde à l’intérieur, mais heureusement bien achalandée

Il n’empêche que le point de vue de M. Thorel me semble bien caricatural, binaire, celui de la vieille garde. Autant je comprendrais un certain garde-fou contre une utilisation hégémonique de Amazon, autant il convient de pondérer son avis. Les usages sont complémentaires. Je n’ai jamais acheté autant de bouquins que depuis qu’Amazon existe. Acheter sur Amazon m’incite aussi à aller voir en ville. C’est un catalyseur de culture, selon ma humble expérience. Si  vous n’avez pas soif de culture, Amazon ne vous apportera rien, bien évidemment. Mais les libraires traditionnels non plus. Ombres Blanches n’est pas fermé à internet, loin de là. Je songe même à commander chez eux tant que possible, cela favorise le maintien d’une activité sur le centre de Toulouse. Mais à l’heure où des comparateurs de prix existent, est-ce bien raisonnable de surpayer un livre pour permettre à un libraire de gagner sa croûte ? De temps en temps, oui, tout le temps serait utopique. Par contre, inutile d’essayer de me croiser dans la librairie physique : trop de couloirs, c’est labyrinthesque au possible, et cela m’évoque plus la maison des fous (Astérix, les 12 travaux) ou Brazil, qu’une librairie humaine. Dommage.

J’invite M. Thorel à repenser son argumentaire anti-Amazon, en tant que lecteur averti, ni vraiment décérébré ni vraiment acculturé, j’ai souvent trouvé mon compte avec le géant américain. Je pense que s’il n’avait pas été là, j’aurais acheté moins d’ouvrages. Et peut-être pas plus en librairie physique. Ce n’est pas parce qu’Amazon gagne, que les librairies physiques y perdent automatiquement…par contre, il faudrait peut-être redonner le goût de la lecture, c’est un boulot davantage en amont.

News et lecteurs d’ebooks

Le rythme de publication des articles subit la saison estivale. J’ai effectivement grand mal à écrire à un rythme régulier. Toutefois je tenais à faire part d’un nouvel objet…je devrais dire gadget, dont je viens de faire l’acquisition.

Il s’agit d’un e-reader, ou en français, d’une liseuse électronique.

Je me promenais voici de cela quelques jours aux alentours de midi et demi en ville, ma flânerie m’amena à rentrer dans un de ces temples de la consommation électronique. Darty. Je me suis affairé au rayon des tablettes, mais c’est un objet un peu différent qui attira mon attention. Le e-reader PRS-300 de Sony était à 65 € (170 € sur amazon.fr et 149 € sur le site même de Darty), une vraie affaire !

Exactement, de quoi donc s’agit-il ? Certainement pas d’une tablette type Ipad. Un e-reader ne sert qu’à lire des livres électroniques. Soit des fichiers de type .epub, .mobi par exemple. Et l’on se rend compte que la lecture est bien plus aisée que sur ces tablettes type Ipad ou sur les écrans LCD. En effet : ces liseuses utilisent une technologie nommée E-ink, soit une encre électronique. Et franchement c’est bluffant.

Les e-readers peuvent également lire les pdf. Et ça, c’est très pratique pour moi qui en crée quelques-uns tant au niveau professionnel, qu’au niveau personnel, tenez, par exemple sur ce blog. Je dois dire que cela m’évite d’imprimer à tout va les pdf. Les arbres me disent merci 🙂

Les premières générations d’e-readers, comme celui-là, commencent à être accessibles. Je ne recommande pas l’achat à tout prix, mais soyez vigilants, une belle offre comme celle dont j’ai profité peut apparaitre n’importe quand. Il faut juste privilégier pour une fois, les magasins physiques, qui peuvent faire du déstockage, aux magasins virtuels. Préferer les marques connues (Sony, bookeen, par exemple). Et évidemment, ne pas être pressé.

Je travaille actuellement sur l’adaptation pdf d’un livre assez court. En fait un petit trésor de la nutrition. Je publie ça dès lundi 😉

De l’art du pdf et mise à jour des traductions

Je viens de finaliser une version plus propre de mes traductions, elles sont disponibles au format pdf, et épurées des quelques fautes d’orthographe qui trainaient çà et là.

Pour les textes introduisant Nutrition et Dégénérescence Physique de Weston Price, on les trouvera ici.

L’interview de Ronald Krauss sur le cholestérol, c’est par là.

Et enfin la critique du Rapport Campbell par Denise Minger, qui atteint raisonnablement la trentaine de pages.

En fait, je pense que c’est plus intéressant de lire de longs documents en pdf (par exemple sur les tablettes ou liseuses), et de surcroit, cela me permet de mieux corriger mes fautes, orthographiques ou typographiques.

Le besoin est venu, quand étant obligé d’utiliser le format pdf au travail, j’ai constaté la principale lacune de l’export pdf depuis word 2000 (c’est la version à laquelle j’ai accès) : l’export ne conserve pas les liens, que ça soit les liens externes vers d’autres sites internet, ou les liens internes (signets).

la suite bureautique Open OfficePour contourner ce problème, j’ai téléchargé et installé la suite Open Office, concurrente de Microsoft Office. Le logiciel similaire à Word, une fois passé la phase d’adaptation – et malgré quelques défauts, comme le vocabulaire restreint, visible lors de la correction orthographique  – fonctionne très bien, et l’outil d’export vers le format pdf conserve les liens. C’est donc vers cet outil que je me suis tourné pour éditer mes fichiers pdf.

Voilà, donc dorénavant, je publierai les traductions en pdf et en html, pour donner le choix du format. Excusez-moi toutefois, les pages html n’ont pas été corrigées, il subsiste donc encore de nombreuses coquilles absentes des fichiers pdf.