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Périple en archéo-nutrition : Weston Price et les caries perdues

Ah, Weston Price. Je crois que j’ai déjà assez radoté sur ce dentiste aventurier du siècle dernier (et même du 19ème).

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Voilà, une photo bien austère pour calmer.

En fait, voici ce que j’ai écrit à son sujet :

Et un peu partout sur le blog en fait…dès que ça touche aux caries, aux peuples isolés, aux vitamines liposolubles, et autres sujets récurrents.

Autant dire qu’il s’agit du marronnier du blog. Pas vu grand chose sur Gallica, donc l’exercice possible avec les Mellanby ne sera pas dupliqué.

D’autres articles sont disponibles en français, sur la toile, je vous invite à utiliser google pour ce faire.

Donc cet article n’en est pas un, il s’agit juste de promouvoir, pour la seconde fois la thèse de Francis MacKay. Non pas parce qu’elle mérite d’être diffusée (un simple partage sur Facebook suffit), mais tout simplement parce qu’elle est là. Je veux dire : disponible en html, au propre, en version à la fois épurée des oripeaux académiques (jury, sources…), et enrichie de quelques observations et liens utiles. Ce travail d’enrichissement à base de liens et d’illustrations sera fait en continu, au fur et à mesure des mois et des années qui passent.

Pas d’articles de références, difficile de faire mieux à défaut d’une traduction définitive du bouquin, j’enrichirais donc cette thèse à la méthode 2.0.

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En voilà déjà une mouture satisfaisante.

Ce fut un travail un peu fastidieux, même si le travail OCR a été utile, je pense avoir retapé manuellement la moitié de la thèse tellement le copier-coller a donné des horreurs impubliables !

Critique de la critique : en relisant cette thèse j’ai été réenchanté de lire un matériel écrit à une époque antédiluvienne bien que largement postérieure à celle de Price.

Le document n’est pas exempt de critiques : mise en page parfois loufoque, écriture de petits signes en marge du document, fautes d’orthographe, fautes grammaticales. J’ai peine à penser qu’il s’agisse de la thèse finale parfois. A moins que sa nationalité écossaise l’ait fait bénéficier d’une clémence du jury…je ne sais pas, si un lecteur peut aller consulter le document disponible à la faculté de médecine de Paris plutôt que celle dont j’ai la copie (de la Bibliothèque Nationale de France), je lui en serai très reconnaissant D’ailleurs tout un passage, pas très long a été perdu, comme blanchi…

Pour le contenu en lui-même, c’est un régal. A défaut de l’ouvrage massif de Price, on saura se contenter de cette thèse. Elle met le doigt sur les forces et les faiblesses de l’œuvre de Price, ce qui est très bien, n’ayant pas su les formuler moi-même – et de manière plus honnête que chez Quackwatch ou autre sceptique qui ne tient pas compte des forces de l’approche de Price –  je n’avais pas pour but de devenir une groupie du monsieur…!

A noter de particulièrement rafraichissant :

  • le rapprochement des travaux de Price, avec d’autres auteurs qui confirment les découvertes de Price assez précisément : les Mellanby évidemment, mais aussi Robert McCarrison, un contemporain de Price, qui visite l’Inde et décrit le peuple des Hunzas, à tendance végétarienne (j’ai bien dit tendance), et dont le caractère isolé est à rapprocher des peuples visités par Price, et présentent les mêmes signes de vitalité.
  • Le passage sur le beurre spécial de Price : on devine qu’il est produit à partir de lait de vaches ayant brouté de l’herbe de printemps au moment de la repousse, et riche en vitamine K1. Elle est convertie par la vache en K2. La K2 serait donc le fameux facteur X détecté par Price.
  • Je le répète ce n’est pas un auteur « paléo ». Les laitages et les produits céréaliers ont plus que leur place sous des formes de haute qualité : le blé frais et entier – et sans doute fermenté au levain pour réduire l’acide phytique – fait partie des protocoles de Price, qui contrairement aux Mellanby outrepasse leur soi-disant caractère anti-minéralisant.
  • Les peuples vivant près des côtes semblent plus robustes que les autres aux yeux de Price : faut-il y voir un effet de l’iode ? Ou des produits de la mer (plus gélatineux ?) ? Les oméga3 des poissons ? A prendre avec des pincettes, mais cela titille ma curiosité, et pourrait rejoindre les observations et études sur le(s) régime(s) méditerranéen(s) qu’il s’agisse des anciens crétois comme des anciens sardes des zones bleues.
  • Tout le laïus sur les régimes spéciaux pour enfanter à destination de la future mère et même du père. Les remarques sur la gestation et l’accouchement facilités qui rejoignent l’approche de Michel Odent sur le sujet.
  • L’approche dentaire reste la plus solide et étayée, davantage que les autres observations sur la santé et la robustesse des populations – même si ce n’est pas dénué d’intérêt, loin de là -.

Aussi, il faut prendre du recul par rapport à des choses datées et qui peuvent nous faire bondir : l’approche « raciale » (on parle même de « stock humain »), la dichotomie entre civilisés et primitifs que l’on peut interpréter de manière péjorative. On pourrait même y voir une ode au bon sauvage. La méthode de Price est critiquable, son vocabulaire parfois daté (son christianisme ressort de manière inattendue aussi bien pour l’athée actuel que les chrétiens). Pas de quoi y voir une ode au colonialisme, mais pas de quoi s’offusquer, se replacer dans le contexte d’époque…même le mot ivoire (à la place de dentine) est utilisé…O tempora o mores.

Périple en archéo-nutrition : le couple Mellanby

Il m’est revenu l’envie d’écrire, donc…me revoilà après un peu plus d’un an d’absence (réelle). Pour combien de temps…je ne sais pas !

Je désigne par archéo-nutrition les débuts timides de cette science où tout restait à découvrir, où les moyens étaient rudimentaires, mais la soif d’apprendre faisait des hommes et femmes scientifiques des aventuriers, au sens figuré comme au sens propre (surtout au regard de l’approche de Weston Price).

Évidemment, nous avons changé d’époque, la pratique de la science s’est mutée peu à peu en même temps que les nouvelles technologies, normalisant ce petit monde. Entre relecture par les pairs, circuit de publication, le rôle de la presse et des réseaux sociaux, les scientifiques semblent avoir perdu un peu de leur mystère, de leur aura.

Aujourd’hui je voulais en savoir plus sur les Mellanby. Edward, né en 1884, May Tweedy en 1882, tous deux sujets de la couronne britannique. Ils se sont mariés en 1914 au début d’une guerre mondiale. On attribue au premier la découverte de la vitamine D, notamment en travaillant sur des chiens en cage nourris pauvrement – du porridge – et à qui il administre de l’huile de foie de morue. Sa femme travaillera plus directement sur la nutrition et les caries.

 

C’est pas les Curie, mais c’est la classe quand même !

J’ai voulu voir ce qu’on disait d’eux à l’époque. Pas un point de vue encyclopédique daté du 21ème siècle, mais voir, tâter l’esprit de cette époque. Et comme je n’ai pas eu le courage d’affronter le web anglophone, j’ai voulu voir sur Gallica, des extraits de la presse francophone de ces années-là.

I. Edward Mellanby : entre huile de foie de morue et héliothérapie, scientifique défricheur, à la découverte en plusieurs temps de la vitamine D.

Un extrait de La Pédiatrie pratique : journal de clinique et de thérapeutique infantiles du 15 juillet 1923

 

Cliquer sur les images pour lire

J’apprécie ce tâtonnement, l’huile de morue semble faire effet donc, mais on doute que ça soit la vitamine A. On suspecte également que le soleil joue un rôle contre le rachitisme. Au bout du compte, on un corps actif, distinct de la vitamine A, qui semble avoir un rôle calcifiant. L’avitaminose A se nomme hikan au Japon, xéropthalmie ou kératomalacie en Europe et on parle plutôt de troubles oculaires graves, mais la vitamine A ne semble pas être ce principe antirachitique. On prescrit donc naturellement de l’héliothérapie, ainsi que de l’huile de foie de morue contenant ce fameux principe antirachitique qui ne porte pas encore de nom.

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Vertu de l’empirisme ou de la « sagesse nutritionnelle » qui précède la science. A noter la coquille hydrosoluble ou lieu de liposoluble. Source Gallica, perdue…je peux retrouver au besoin

Concernant la vitamine D, on a davantage de détail dans la Revue générale des sciences pures et appliquées de 1926 (pages 262 à 270,  Les points de vue récents sur les problèmes des vitamines). Étrangement le bêta-carotène est encore indistinct de la vitamine A (puisque produite par les végétaux), mais la vitamine D a bien été identifiée entre temps, soit trois ans après le précédent document. La vitamine E est également invoquée, étant synthétisée par les végétaux. Edward Mellanby d’ailleurs n’était pas convaincu que la vitamine A fut antirachitique. Ce document présente pas à pas ce tâtonnement de la découverte de la vitamine D, depuis les travaux de ses prédécesseurs McCollum, Osborne et Mendel qui liaient déjà matières grasses et croissance des animaux.

De manière désuète (mais charmante !), on y lie la vitamine D et le cholestérol, ce qui est largement reconnu depuis, cholestérol nommé cholestérine (et le phytostérol, est nommé phytostérine). Le document est un peu plus technique que celui de la Pédiatrie Pratique, je trouve ces deux fascinants. Les termes y sont parfois datés, mais la science (la biologie, la physiologie et la science du métabolisme) progresse à pas de géant en quelques années. On parle bien des célèbres années folles (Roaring Twenties) qui s’achèveront par le désastre financier de 1929.

Pour finir, une note aventurière – en tout cas géographique ! – qui fera le lien avec sa femme, dans la Revue Médicale Française de Juillet 1920 :

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Deux remarques me viennent instantanément :

  • L’Île Lewis sera par la suite visitée par Weston Price, qui connaissant bien les travaux des Mellanby, et ayant sans doute pour intuition qu’un mode de vie – dont la nutrition, bien sûr – qui protège du rachitisme, protège également des caries : on parle bien de tissus fortement consommateurs de calcium.
  • L’allaitement, encore aujourd’hui source de confusion : tantôt tenue coupable des caries chez le nourrisson, tantôt célébrée, semble ici être tenue protectrice du rachitisme. A-t-on seulement procédé à une étude comparative de la qualité du lait des femmes allaitantes pour lier par exemple carences – en vitamines A, D, K2, calcium, phosphore – et survenue des caries chez le nourrisson. Il va de soi que la femme ne peut pas donner plus que ce qu’elle a, et Weston Price a déjà noté dans les tribus traditionnelles immunisées à la carie dentaire les régimes alimentaires spéciaux que recevait la femme avant, pendant et après la procréation. Sur cette étude de 2014, l’allaitement n’est par exemple pas tenu responsable des caries.

Pour le lait de la vache, on sait qu’il dépend de plusieurs facteurs dont la nutrition des ruminants, avant tout. Pourquoi cela ne serait-il pas le cas chez l’être humain ? A ce propos j’ai trouvé ce petit document Études / publiées par des Pères de la Compagnie de Jésus (Note de Sylvain : une époque plus religieuse sans doute…), de janvier 1925 tout de même. On pourrait creuser davantage, retrouver l’étude en question, mais il est révélateur du fait que parfois on semble réinventer le fil à couper le beurre…et c’est en ça que l’archéo-nutrition m’amuse. On sait déjà que l’alimentation industrielle ne date pas du 20ème siècle – souvenez-vous, la margarine -, mais même l’alimentation en provenance des animaux était déjà altérée.

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En 1925 on avait, en quelque sorte déjà tout compris…

II. May Mellanby, soigneur des dents par la nutrition, approfondit les découvertes de son mari

May Mellanby, fière femme de science est déjà plus dans l’application directe des découvertes. Son mari découvre les vertus pratiques de l’huile de foie de morue ? Elle voudra aller plus loin dans le sujet et couvrir le champ de la nutrition et des caries plutôt que celui de la biochimie pure par une carrière dédiée aux expérimentations cliniques.

Malheureusement, son approche qui m’intéresse logiquement plus que celle d’Edward m’est difficilement accessible. Tout n’est pas disponible sous le manteau par internet. Pour les parisiens, disposant d’une carte de bibliothèque il doit être possible de consulter ces trésors. Même Amazon ne dispose que de Diet and the teeth : an experimental study sans avoir la certitude qu’il s’agisse des deux parties.

On peut, toutefois, trouver un pdf de Nutrition and Disease (1934), écrit par Sir Edward Mellanby (anobli donc ?), certes, mais valorisant les travaux de sa femme avant tout.

J’invoque donc Gallica à nouveau, pour savoir ce qui se disait en France sur ses travaux, ici dans L’Homme libre, journal quotidien du matin, du 29 avril 1931 :

 

On remarquera à quel point il est difficile de séparer de manière bien évidente l’apport de May et celui de Edward. Je pense qu’il faut vraiment les voir comme un couple, même si je suppose qu’à l’époque, il était plus facile pour Edward, en tant qu’homme de revoir les lauriers. On y note la présence d’une autre femme ayant travaillé avec May Tweedy Mellanby, C. Lee Pattison.

Avec May Mellanby, toutefois on quitte la simple question des os, pour se pencher sur celles des dents. Et en tant que tissu fortement calcifié, les dents sont aussi sensibles à l’apport en vitamine D. C’est dans ce cadre-là qu’elle peut conclure, chez les chiens dans un premier temps, puis chez les humains que la vitamine D protège de la carie dentaire. Et lutte…contre cette carie, non pas en produisant de l’émail, mais de la dentine secondaire qui vient s’ajouter à la dent.

Des éléments anticalcifiants sont détectés dans les céréales (à degrés divers selon le type de céréales). On ne lui donne pas encore de noms mais je suspecte très vite l’acide phytique, surtout que le germe de blé en contient plus que les autres parties du blé. L’acide phytique est reconnu comme se fixant aux minéraux et empêchant d’être digérés dans l’intestin. Mais la vitamine D administrée semble contrecarrer cet effet.

Le mot inhabituel pour qualifier ce principe déminéralisant…toxamine me pousse à aller chercher plus loin. Effectivement, il s’agit bien de l’acide phytique. – boulangerie.net un lien du lobby encore 😀 – Il semblerait que le pain complet contienne également de la phytase, une enzyme qui désactive l’acide phytique pour dire simplement les choses. Ce qui expliquerait pourquoi les pains davantage fermentés, au levain par exemple (pour que la phytase fasse effet dans le temps) sont préférables au pain à la levure, ou même à des tas de produits farineux (farine blanche ou complète d’ailleurs) du commerce sont déminéralisants comme cela avait été constaté par May Mellanby et dans les mêmes proportions que le contenu dans cette fameuse toxamine.

A l’heure actuelle, le rôle des farineux, ou plutôt des sucres en général dans la flore buccale est reconnu, avec en ligne de mire le Streptococcus Mutans qui vient causer la carie. Je suis surpris que l’on ne retienne du couple Mellanby que la simple découverte de la vitamine D et son rôle dans le rachitisme, leurs découvertes – déminéralisation par excès d’acide phytique ou carence de vitamine D –  dans le domaine des caries semble soit minorées, soit classées dans un classeur « vieille science démodée et isolée, NOUS ON SAIT que c’est surtout la bactérie qui est en cause ». Légèrement frustrant. D’autant que l’on comprend mieux le rôle calcifiant de la vitamine D en relation avec la vitamine A, et surtout la K2, découverte bien après et qui par bien des aspects affine et complète notre vision du métabolisme du calcium dans le sang puis dans les tissus qui en ont besoin – os, cartilages, dents -.

Sur le travail de Weston Price qui parachève celui des Mellanby évoqué plus haut, en découvrant un autre principe actif, voisin des vitamines liposolubles déjà découvertes (A et D), dont il semble presqu’établi qu’il s’agit de la vitamine K sous sa (ses) forme K2. Il sera longtemps surnommé activateur (ou facteur) X. Mais il s’agira d’un tout autre article, pas forcément sur ce modèle d’ailleurs. Mais petit bonus archéo-nutrition que j’ai eu du mal à intégrer dans la trame de l’article, toujours dans le document Études, publiées par la Compagnie des Pères de Jésus :

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Cette vitamine X, bien que le X me fasse penser à Price, ne serait-elle pas, tout simplement l’acide folique -vitamine B9 ? Toutefois, le document date de 1925, et il est admis que l’acide folique a été découvert pendant la seconde guerre mondiale soit plus de 10 ans plus tard. Les travaux précurseurs (merci Wikipédia) de Lucy Wills datent du début des années 30. Il est indiqué années 20 pour l’anémie macrocytaire. Et là, difficile d’en savoir plus sur le moment. La vitamine K2 a bien quelques vertus sur la fertilité, je ne m’avancerais pas non plus, cela ne doit pas être le seul micronutriment dans ce cas. Cela dit, comme l’ostéocalcine influe sur les taux de testostérone dont le métabolisme (décarboxylation), dépend de la K2…mais enfin tout ça est pure conjecture…et bien complexe aussi. Prudence.

Métro, Boulot…Bonheur !

Et un livre pour la plage !

Sabrina Debusquat tient solidement le blog Ça se saurait* depuis quelques années maintenant, en suivant une ligne de conduite fidèle à son personnage : une approche concrète de la santé doublé d’une certaine philosophie de la vie.

A première vue, le ton pourrait intéresser davantage les lectrices que les lecteurs,  il est vrai que culturellement, les hommes s’intéressent peu à la cosmétologie et aux produits de beauté. Par contre la santé, l’alimentation, tout le monde est concerné, à moins que vous ne soyez un de ces adolescents qui peuvent encore enquiller kebabs sur pizzas, et burgers sur chips en encaissant cette junk food comme une lettre à la poste. Sabrina, aussi n’hésite pas à sortir des chemins battus des blogs habituels.

Et ceci, notamment par la parution d’un livre auto-édité qui a le bonheur en une centaine de pages de résumer bien des aspects de son blog, sans que cela ne soit le but initial.

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Aussi il est possible d’acheter directement sur son site les versions électroniques selon l’usage que vous préférez.

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Sabrina écrit bien, la lecture du livre en est ainsi facilitée : on appréciera son humour, et sa tendance à l’auto-dérision, tout comme ses messages clairs, qui incitent à prendre soin de soi. Mais ce n’est pas non plus un livre de développement personnel en promettant la lune – tout en prenant du recul par rapport à certaines émotions, à certaines relations toxiques qui nous font tant de mal. Le très philosophe Don Miguel Ruiz est pas loin…bingo.

De ce point de vue, le ton est juste : Sabrina ne juge pas, et n’offre pas un cadre de nouvelles résolutions impossibles à tenir, tout comme elle ne vend pas de prêt à penser, ni d’idéologie « totale » clé en main. Son livre vous suggèrera d’ouvrir quelques fenêtres pour aérer votre vie. A condition de prendre la peine d’ouvrir une de ces fenêtres.

Malgré quelques passages plus ou moins convenus (sur la frénésie de consommation par exemple), c’est un livre très rafraichissant, et le sens critique dont Sabrina fait preuve fait plaisir à voir, tout en explorant des pistes d’amélioration de soi : en une dizaine de chapitres, vous ressortirez plus léger, et même allez mettre en application quelques-unes des astuces égrénées tout le long. Pour ma part ça sera les suggestions d’étirement du chapitre consacré, le 8ème, celui qui m’a le plus parlé et touché, sans doute pour des raisons personnelles : « Étirez-vous pour garder un corps agréable à vivre »**

Bonne lecture !

* anciennement Bio Pas Cher
** La méthode Mézières, citée est apparentée au rolfing que j’aborde ici ; je sais bien qu’il y a quelques zététiciens lecteurs qui sont prêts à descendre ce type de kinésithérapie en flammes à coup d’argumentum ad anecdotum, placebo et autres « PSEUDOSCIENCE §§§§ » « JE DEMANDE LES PREUVES VALIDÉES PAR LES PAIRS », mais tout comme le oil-pulling pour rétablir un microbiote buccal sain, ça a fonctionné chez moi au moment où j’en avais le plus besoin. Ça se saurait si ça marchait hein…

Certains des bénéfices du soleil ne sont pas liés à la vitamine D

Un lecteur au pseudo (prénom ?) de Bruce m’envoie la traduction de cet article très intéressant du Daily Mail.

COMMENT LE SOLEIL RÉDUIT L’HYPERTENSION ET VOUS REND PLUS MINCE

LES NOUVELLES RECHERCHES RÉVÈLENT QUE DES BÉNÉFICES NE SONT PAS LIÉS A LA VITAMINE D

 

  • MÊME COMPTE TENU DES RISQUES DE CANCER DE LA PEAU, LES CHERCHEURS DISENT QUE LE SOLEIL EST BON POUR LA SANTÉ
  • LES RECHERCHES INDIQUENT QU’IL NOUS PROTÈGE D’UN LARGE SPECTRE DE CAUSES DE MALADIES
  • SPÉCIFIQUEMENT, L’EXPOSITION AU SOLEIL INCITE NOS CORPS A PRODUIRE DE L’OXYDE NITRIQUE QUI PROTÈGE NOTRE SYSTÈME CARDIOVASCULAIRE

Par John Naish pour le Daily Mail

Les beaux jours arrivant, notre humeur s’allège et nous voilà saisi par l’envie de goûter aux rayons du soleil. Mais on continue de nous dire : les risques de cancer de la peau rendent cela potentiellement mortel.

Aujourd’hui cependant, les chercheurs découvrent les aspects positifs du bain de soleil. Même compte tenu des risques de cancer de la peau, ils disent qu’une bonne dose de soleil nous fait statistiquement vivre plus longtemps, en meilleure santé et plus heureux.

Les dernière recherches indiquent que la lumière du soleil nous protège d’un large spectre d’affections mortelles ou invalidantes comme l’obésité, l’infarctus, les attaques, l’asthme, divers scléroses et dégénérescences.

Le soleil a aussi montré qu’il stimulait la libido et l’humeur générale.

Ce n’est pas seulement une question de vitamine D, vitamine que notre peau fabrique à partir de la lumière du soleil. Cette vitamine D nous aide à construire des dents et des os sains et pourrait nous protéger du cancer de l’intestin.

Les nouvelles recherches indiquent que les rayons du soleil sont bénéfiques à bien d’autres titres.

Les chercheurs pensent que l’exposition au soleil incite notre corps à produire de l’oxyde nitrique, une substance chimique qui aide à protéger notre système cardiovasculaire et de la sérotonine, neurotransmetteur du bien-être.

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Le manque de soleil : aussi mauvais que fumer

Une piste majeure concernant les bénéfices du soleil est apparue lors d’une étude portant sur près de 30000 femmes suédoises pratiquant le bain de soleil et suivies pendant 20 ans.

En mars des chercheurs du mondialement connu Karolinska Institut en ont conclu que fuir le soleil était aussi néfaste que de fumer. L’étude, dans le Journal of Internal Medecine a trouvé que 1,5 pour cent des femmes qui rapportent avoir eu une haute exposition aux rayons UV (par le bain de soleil quotidien) sont mortes durant les deux décennies de l’étude contre 3 pour cent pour les femmes déclarant éviter les bains de soleil.

Les personnes pratiquant le bain de soleil, voient de façon significative leurs risques de mortalité par maladie cardiovasculaire diminuer.

Dr Pelle Lindqvist, l’épidémiologiste qui a dirigé l’étude dit que cette dernière a aussi mis en évidence ceci : les non-fumeurs qui ont évité de s’exposer au soleil ont eu une espérance de vie comparable à celle du groupe des fumeurs s’exposant au soleil. Ceci indique qu’éviter le soleil est un facteur de risque mortel d’ampleur comparable au tabagisme.

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Les personnes âgées en ont d’avantage besoin

Dr Richard Weller, maître de conférence en Dermatologie à l’Université d’Édimbourg l’an passé publiait un rapport dans le journal MATURITAS avertissant les personnes âgées qu’elles avaient besoin de davantage de soleil. «Les conseils de santé concernant l’exposition au soleil doivent être réétudiés » exhorta t il.

La population des gens âgés est particulièrement en manque de soleil, en témoigne de faibles taux sanguin de vitamine D et le manque d’activités de plein air.

Il ajoute qu’il y a une réduction des maladies cardiovasculaires et de mortalité toutes causes confondues en augmentant l’exposition au soleil.

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Il y a deux ans, l’équipe du Dr Weller a établit que l’exposition au soleil pouvait diminuer la pression sanguine et amoindrir les risques d’infarctus et d’attaque. Ce bénéfice n’est pas dû à la vitamine D. Il est dû au fait que lorsque notre peau est exposée au soleil, l’oxyde nitrique libéré dans nos vaisseaux abaisse à son tour la pression sanguine en rendant les vaisseaux plus dilatés.

Dr Weller a dit à Good Health (Note de Clair et Lipide : sans doute le site néozélandais de suppléments naturels)  : « Il apparaît aussi que la lumière du soleil affecte la manière dont nos gènes s’expriment. »

L’an passé des chercheurs de l’Université de Cambridge montrèrent que l’expression de 28 pour cent de notre matériel génétique variait d’une saison à l’autre.

Le soleil réduit l’inflammation

Les chercheurs de Cambridge rapportent dans le journal Nature que l’hiver nous augmentons l’activité des gènes de l’inflammation du système immunitaire afin de combattre les agents infectieux alors que l’été nous augmentons l’activité des gènes anti-inflammatoire. L’inflammation chronique est liée aux épidémies modernes d’attaques cardiaques, diabètes et cancers. Une telle inflammation résulte du fait que notre système immunitaire combat les agents infectieux. Mais ceci a un coût et les dommages aux tissus causés par une inflammation sur du long terme causent à son tour des maladies.

Les chercheurs de Cambridge indiquent que le soleil pourrait permettre à notre corps de contrer la réponse inflammatoire.

« Au même titre que l’oxyde nitrique et l’expression des gènes, je pense qu’il y a d’autres facteurs à découvrir. » déclare Dr Weller.

Il y a une corrélation entre plus de soleil et moins de maladies aussi diverses que la sclérose en plaques ou encore l’athérosclérose (quand les artères sont obturées par des substances graisseuses nommées athérome).

Cependant, le lien causal doit être trouvé.

Pourrait stopper la prise de gras

Les chercheurs sont en train de découvrir que le soleil peut même nous aider à rester mince et en bonne santé, selon les études des universités de Southampton et Édimbourg qui ont maintenu des souris sous un régime riche en graisses en les exposant à la lumière UV. Les résultats montre que les radiations UV suppriment le développement de l’obésité et les symptômes du diabète de type 2.

Ces bénéfices sont indépendants de la vitamine D rapportent les chercheurs dans le journal DIABETES en 2014. Ils pensent que les effets sont encore le résultat de l’oxyde nitrique dont la libération est accrue sous l’action du soleil. L’idée est que sans oxyde nitrique, l’insuline ne fonctionne pas convenablement laissant s’installer le diabète.

D’autres chercheurs, indiquent qu’être exposé abondamment à la lumière du soleil peut réduire les risques d’attaque.

Les épidémiologistes ont utilisé les données d’un satellite météo pour déterminer combien la lumière du soleil affectait individuellement une population de plus de 16000 personnes vivant à travers les États Unis, sur une période de 15 ans.

Nous tendons tous à nous sentir plus heureux quand il fait soleil et ce n’est pas seulement une question de moral. La recherche montre que la longueur d’onde principale de la lumière émise par le soleil stimule des récepteurs de notre rétine qui régule notre horloge interne qui à son tour régule les niveaux de mélatonine, l’hormone du sommeil que notre corps produit.

Les études dans un rapport de l’Université Suédoise de Uppsala le mois dernier dans le journal PLOS one montre qu’une perturbation des niveaux de mélatonine est corrélée à la dépression et aux maladies d’Alzheimer et Parkinson.

Peut améliorer la vue chez l’enfant

Le manque de soleil peut aussi avoir des effets physiques chez l’enfant.

Une étude par The Australian Research Council’s Centre Of Excellence In Vision Science en 2009 a trouvé que ceux qui passaient plus de temps en intérieur connaissaient de façon significative un accroissement de l’incidence de la myopie. Les chercheurs pensent que le neurotransmetteur dopamine est responsable de cela.

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Elle est connu pour inhiber la croissance excessive du globe oculaire qui cause la myopie. La lumière du soleil provoque une libération accrue de dopamine par la rétine.

Le soleil accroît la libido masculine selon l’étude australienne réalisé sur 2 299 hommes en 2010.

Des experts en hormone de l’Université de Gratz ont découvert que le taux de testostérone chez les hommes connaissait un pic au mois d’août, tombait pendant l’hiver atteignant son plus bas  niveau en mars.

Pourrait nous aider à vivre plus longtemps

Ces bénéfices pourraient-ils l’emporter sur les risques de développer un cancer de la peau ?

The Official NHS GUIDANCE dit que non : « Il n’y a pas de façon de bronzer dépourvue de risque pour la santé. » statut-il.

Il ajoute que nous devrions rester à l’ombre entre 11h et 15 h, nous couvrir de vêtements appropriés, porter des lunettes et utiliser de la crème solaire indice 15 au minimum.

Dr Weller reconnaît que les personnes vivant sous les climats les plus ensoleillées ont davantage de cancer de la peau car les radiations du soleil font muter l’ADN et génèrent des radicaux libres qui peuvent causer le développement du cancer.

Mais il rétorque que nous nous avons aucune preuve que le soleil raccourcit la vie.

En fait, les épidémiologistes suggèrent que les gens davantage exposés au soleil tendent à vivre plus longtemps même si ces populations sont d’avantage sujettes au cancer de la peau. Dr Weller est soutenu par Martin Feelisch, professeur de Médecine Expérimentale à l’Université de Southampton qui au aussi étudié le rôle du soleil sur notre santé. En particulier les effets du soleil qui stimulent la libération d’oxyde nitrique pour protéger notre système cardiovasculaire en abaissant la pression sanguine.

Pr Feelisch prévient qu’éviter le soleil ou l’usage excessif d’écran total pourrait constituer un nouveau risque de maladie cardiaque et davantage de personnes meurt de maladies cardiaques que de cancer de la peau.  « Nous pensons que les conseils de santé publiques dominés par les considérations concernant le cancer de la peau doivent être révisés avec attention. » rétorque-t-il.

«  Il est temps de regarder la balance des risques entre cancer de la peau et maladie cardiovasculaire. »

Ceci dit il ne recommande pas de passer trop d’heures à bronzer.

En attendant, Dr Lindqvist, l’auteur de la nouvelle étude déclare : «  Nous connaissons dans notre population 3 grands facteurs d’hygiène de vie qui menacent notre santé : tabagisme, surpoids et inactivité. Nous savons désormais qu’il en existe un quatrième : bannir l’exposition au soleil. »

Quand utiliser l’écran solaire.

Nous devrions être plus mesurés dans notre utilisation de l’écran solaire, celui ci bloquant les effets positifs du soleil. Si vous l’utilisez afin de passer votre temps au soleil ce n’est pas la bonne manière. Cependant, si vous vous trouvez coincé sur un bateau, contraint d’être exposé au soleil, il est probablement meilleur de mettre de la crème.

Fort de cette nouvelle appréciation scientifique, un équilibre devra être trouvé afin de pouvoir profiter sainement des bienfaits du soleil.

Le bien manger sur Netflix, Cooked

Qu’est-ce que Cooked ?

C’est cuit en anglais, ou parfois cuisiné, avec cette petite ambigüité qui résumerait malencontreusement la cuisine à la cuisson(1).

Cooked* est également un ouvrage du très célèbre Michael Pollan, paru en 2014, et que je n’ai toujours pas lu. Hélas…mais je corrige illico cette erreur.

Un an plus tard, quelques pontes de Netflix ont du aligner quelques pépètes. Michael est convaincu, et tourne ainsi quelques documentaires inspirés de son livre. Cette mini-série est ainsi disponible depuis Février 2016. Au niveau qualitatif, on se situe dans la même veine que Chef’s Table. Le petit côté scientifique en plus. On voyage encore plus…Maroc, USA, Inde, Amérique du sud, et même dans le bush australien ou subsistent quelques sociétés traditionnelles…

Quatre épisodes sont au menu, sur la thématique des 4 éléments :

1 : Le feu

Probablement le plus controversé, mettant à l’honneur, le barbecue. Cuisson et viande, un mélange ne plaisant pas aux crudivores. Peu importe, de l’explication de la réaction de Maillard, à l’intervention de Richard Wrangham (même, si je dois admettre que sa théorie a du plomb dans l’aile, notre cerveau ayant grossi avant l’avènement du feu). L’aspect sociétal de la cuisson de la viande est bien mis en valeur, l’anecdote d’un afro-américain est évocatrice : dès qu’il a été capable de cuire la viande on l’a considéré comme étant un adulte, même très jeune. On y voit même une végétarienne prenant plaisir à manger du porc de barbecue, porc par ailleurs élevé sur pâturage semble-t-il. Peu commun aux USA, mais les choses changent peu à peu.

vege-cooked

2 : L’eau

Le second épisode s’intéresse plus particulièrement à une technique de cuisson particulière, celles faisant appel à l’eau. Boullir, mijoter, tous ces plats qui prennent du temps…on y aborde également la transformation de la société, les femmes délaissant le rôle qui leur était dévolue par le passé, et la hausse des plats transformés. D’ailleurs on visite une usine de plats préparés en Inde, tout en constatant l’obésité grandissante. Michael Pollan n’interdit aucun aliment : si vous voulez manger une glace, préparez-là vous-même. Clair et concis, notre rapport à la nourriture a été bouleversé, nous sommes infiniment assistés et cette médaille a un revers ! C’est peut-être l’épisode le plus « cuisinier » de tous :

La saveur des plats mijotés dépend des réactions qui se produisent quand les ingrédients sont mélangés dans une substance liquide chaude. On bâtit la saveur du plat en puisant les arômes les plus riches et les plus profonds des ingrédients les plus humbles. Pour ces plats, le temps est essentiel. Dans un liquide qui mijote doucement les légumes et la viande échangent des molécules et des arômes, ce qui crée un résultat nouveau, souvent bien meilleur que les simples ingrédients de départ. L’eau véhicule la saveur tout comme la chaleur et permet de faire valoir les épices et autres assaisonnements présents. Avec suffisamment de temps, l’eau décompose les fibres les plus dures, végétales ou animales et les transforme en un liquide savoureux et nourrissant. Et la saveur nous indique instantanément où nous sommes dans la monde, d’un point de vue culinaire.

3 : L’air

Il y a en fait deux documentaires sur la fermentation. Celui-ci s’intéresse à la levée de la farine, grâce au levain, et à la fabrication du pain. Au Maroc, il existe encore des boulangers qui cuisent la farine des gens qui la leur confie. Ce sont les trous dans le pain qui font la saveur de celui-ci, un peu comme dans l’emmental d’ailleurs. D’autres problématiques sont soulevées quant à l’agriculture. La problématique du gluten est d’ailleurs minimisée : la nature des blés a peut-être changé, mais il faut reconnaitre que le pain à la levure est moins digeste que le pain au levain, et c’est celui-là qui donne ses lettres de noblesses à la boulangerie. Michael Pollan, bien documenté, rappelle les grandes heures de l’industrialisation de la farine et de sa fortification :

L’industrialisation n’est pas mauvaise en soi. Cela peut-être bien fait ou mal. Mais dans la volonté de faire baisser les prix, on en oublie pourquoi les choses étaient faites aussi méticuleusement avant. Dans le cas du pain, on a oublié l’importance d’une fermentation lente au levain. Le pain au levain n’est pas une catégorie de pain. C’était la façon traditionnelle de faire tous les pains de l’histoire jusqu’à il y a environ 100 ans. Le levain c’est la vraie recette du pain. On sent la différence, cela fait une heure qu’il repose et il a bien gonflé (NdeC&L : on le voit en train de travailler la pâte)

4 : La terre

La sacralisation de la fermentation se poursuit dans ce dernier épisode. Tout d’abord c’est la possibilité d’obtenir de l’alcool depuis des féculents. Au Pérou, ils arrivent ainsi à obtenir une sorte de bière à partir du manioc. Comment font-ils dès lors ? Ils mâchent la farine de manioc, et se servent de la ptyaline, une enzyme de la salive pour casser les sucres complexes en sucres simples. Ensuite la fermentation éthylique peut avoir lieu (merci saccharomyces cerevisiae). Cette pratique est connue également dans d’autres coins de la planète, comme le relève Patrick McGovern dans Uncorking The Past. Pour la bière et l’amidon des céréales, nous avons innové avec le maltage, nul besoin de mâcher. Nous aurions même inventé la bière avant de faire du pain. On y apprend également que les graines de cacao donnant ensuite du chocolat sont également fermentés. La partie fromagère, sur le « St Nectaire américain » est fabuleux : le contenant en bois dans lequel on y fait fermenter le lait joue un rôle non anecdotique…je n’en dis pas plus, après tout, je suis là pour donner envie, pas pour résumer 🙂

cooked

L’image officielle sur Netflix

S’il y a un lien directeur c’est bien Michael Pollan. Tour à tour pédagogue, invité, cuisinier, il met toujours la main à la pâte et cuisine toujours lui-même, seul ou accompagné, devant nous, téléspectateurs. Tout comme Chef’s Table, les moyens sont énorme, la réalisation est au poil, ce n’est pas un bête documentaire de plus, on se couche moins bête après l’avoir visionné.


(1) Articles sur le même sujet :
La planète des singes et des cuisiniers, 1 : sur le sophisme crudivore, voire végan, ou comment caler l’alimentation humaine sur l’alimentation des primates apparentés est un sophisme.
La planète des singes et des cuisiniers, 2 : La cuisson, moteur de l’humanité, en pré-digérant les aliments, nous donnons plus d’énergie au cerveau et devenons plus intelligents. Plus humains, moins chimpanzé.
La planète des singes et des cuisiniers, 3 : A propos des autres préparations ancestrales des aliments. Essentiellement centré sur la fermentation au sens large.
Entre fermentation et crudités, l’énigme du melon et du jambon : un article plus récent mettant Ni cru ni cuit, le livre de Marie-Claire Frédéric à l’honneur, ainsi qu’un pinaillage sur une coutume culinaire.

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La viande éthique…sur France Inter

Avez-vous écouté France Inter ces derniers temps ?

Non ?

Alors vous pouvez encore écouter cette émission. Sur PC comme sur smartphone, il est encore possible de l’écouter, jusqu’en 2019 !

Le verdict : je ne coupe pas à l’envie de faire des leçons de journalisme, mais l’émission sent bon la naphtaline, ou tout au moins la culture radiophonique qui ne dépasse pas les années 90 : internet n’existe pas, ou si peu, et on doit écouter des vieilles sommités comme Deleuze ou Raymond Devos, que j’aime bien. Mais dans un débat qui est neuf en France, il aurait été pertinent de citer des sources plus récentes, dans les deux sens.

Les deux sens ? Décevant il n’y a pas vraiment de dialectique, l’émission est conduite pour conclure non à la problématique, un des animateurs donnant le change, mais étant tellement timoré que c’en est scandaleux. Les guillemets sont là pour indiquer que l’expression est inappropriée. De fait le carnivorisme éthique n’existe pas. Déjà parce que je réfute le carnivorisme pour parler de l’homme. L’homme est un omnivore, pas un carnivore. Je réfute également le néologisme carnisme qui est foncièrement malhonnête et n’est pas l’exact symétrique de végétalisme ou végétarisme. Hormis certains peuples isolés et certains originaux viandards à la santé incertaine, « les partisans du carnisme » mangent aussi des légumes, des fruits, et parfois même très peu de viande selon les goûts et habitudes de chacun, mais un peu quand même. Que je sache les végétaliens ne mangent pas un peu de viande perdue au milieu d’une tonne de légumes.* S’il y a une seule bouchée de viande mangée de manière intentionnelle, on perd de facto le titre de végétalien, ou végan.

Gloire à ceux qui imposent les termes sans concertation ni démocratie. Vive la novlangue.

Aussi, quand on parle de carnivore éthique d’omnivore éthique, pourquoi ne pas avoir contacté la Fédération des omnivores responsables, trop moderne ? Pas crédible pour deux sous ? La page est un peu en sommeil, mais à l’heure des internets, des réseaux, du 2.0, pourquoi citer Devos (au demeurant toujours amusant), plutôt que de donner la parole à quelqu’un qui a un point de vue dissonant ? Comme par exemple celui de Mickey Z, sur la manière dont les vegans mentent pour servir leur cause ? Mickey Z n’est d’ailleurs pas devenu omnivore mais inflige une claque cinglante aux dévots de son mouvement. Que tous en prennent de la graine.

mickey-z

(texte disponible, plus bas…dans les commentaires)

Ou alors voir d’autres sons de cloche, dans des pays expérimentant le véganisme depuis plus longtemps qu’en France, aux US, ou des ex-vegans changent de philosophie et de régime alimentaire, comme Tovar Cerulli, se découvrant une passion pour la chasse ?

tovarAussi, l’émission ne se concentre que sur l’abattage, ce qui est dommage, car cela restreint le sujet. D’accord, l’émission fait moins de 40 minutes, mais comme je disais, on se perd en route avec des extraits de Devos et Deleuze. Aussi, ayant été avertis sur leur page Facebook grâce à Dali – suite à l’émission avec Michel Onfray déclarant « Si je pense je deviens végétarien », de la possibilité de l’omnivorisme éthique, sur l’abattage, les deux clans sont irréconciliables, mais notons l’existence d’alternatives aux abattoirs dans leurs formes les plus cruelles et :

abattoir ferme

Le passage sur le droit des animaux est léger…grosso modo les animaux devraient avoir des droits car ils nous ressemblent. Sans préciser lesquels. Les modalités d’application, un exemple ? Plus facile de se laisser emporter par les émotions que la raison…mmh…

Aussi, je disais les choses changent, aux US, il est de rigueur de revenir sur sa période vegane. Et d’embrasser une nouvelle philosophie, que France Inter avec 10 ans de retard ne pourra pas faire du journalisme digne de ce nom.

ethical meat

Le livre de Meredith Leigh, ex végétarienne

Voilà ce qu’est l’omnivorisme éthique. On peut être contre, continuer à trouver ça illégitime et cruel, mais à l’instar de Tovar Cerulli – ou Lierre Keith – cela donne un visage et un vécu digne d’être écouté. Pour les arguments on pourra les piocher chez eux, quitte à les déboulonner au besoin. Mais certainement pas faire comme s’ils n’existaient pas, leurs arguments étant inexistants. Ce que fait France Inter en ignorant superbement Dali (qui s’est pourtant démenée sur la page Facebook de France Culture, voisine de France Inter) et la Fédération des omnivores responsables. Ou encore la page francophone du Mythe Végétarien. Travail de recherche documentaire, zéro, on préfère faire de la culture surannée, plutôt que d’enrichir le débat. Pauvre Devos, pas certain qu’il aurait aimé être instrumentalisé de son vivant.

*Oui la terminaison est en ien pour végétalien et en istes pour carnistes, pourtant ce sont deux -ismes.

 

Les actus digérées #14

Bonjour 🙂 Après quelques mois de pause, voici un nouveau numéro des actus digérées.

Mon article chouchou de ces deux derniers mois :

Je traduis directement le résumé dit abstract via google translate qui s’est vraiment amélioré et y apporte tout de même quelques menus changements :

L’objectif de cet article est d’explorer de meilleures stratégies pour optimiser la solidité des os et réduire le risque de fracture, et dans le même temps la diminution du risque de maladies cardiovasculaires. La majorité des Américains ne consomment pas l’apport nutritionnel recommandé actuellement pour le calcium et le risque dune ‘ostéoporose au cours dela vie est d’environ 50%. Toutefois, les suppléments traditionnels mononutriments de calcium peuvent ne pas être l’idéal. Nous avons examiné de manière exhaustive et systématique en revue la littérature scientifique afin de déterminer la valeur optimale des stratégies alimentaires et des suppléments nutritionnels pour la santé du squelette à long terme et la santé cardiovasculaire.

Pour résumer, les étapes suivantes peuvent être utiles pour la construction des os solides tout en maintenant les artères douces et souples:

(1) le calcium est mieux obtenu à partir de sources alimentaires plutôt que des suppléments;
(2) veiller à ce que l’apport suffisant de protéines animales soit couplée à l’apport en calcium à raison de 1000 mg / jour;
(3) maintenir les niveaux de vitamine D dans dans une fourchette normale
(4) augmenter la consommation de fruits et légumes à alcaliniser le système et promouvoir la santé des os;
(5) l’augmentation concomitante de la consommation de potassium tout en réduisant la consommation de sodium;
(6) envisager d’augmenter la consommation d’aliments riches en vitamines K1 et K2;
(7) envisager d’inclure des os dans l’alimentation; ils sont une riche source de calcium hydroxyapatite et de nombreux autres éléments nutritifs nécessaires à la construction des os.

Cet article est rafraichissant car s’il ne nie pas l’utilité de la vitamine D, il la minore, parce que la vitamine D aide à fabriquer certaines protéines qui vont métaboliser correctement le calcium dans les artères et dans les os (protéine gla matricielle et ostéocalcine), et c’est le rôle de la vitamine K – surtout K2 – que de les activer…autrement dit, la vitamine D seule n’est rien. Mais pas inutile non plus, loin de là…

On serait tenté de dire qu’il faille manger des os (via un bouillon par exemple ?) pour source ultime de calcium, et certains produits laitiers très fermentés comme le fromage, non pas pour le calcium en soi, mais pour ses vitamines qui vont aider à son utilisation.

Ah oui j’oubliais, l’article est complet 🙂

Richard Nikoley part de la base que l’obésité est moins prégnante en France qu’aux USA, et surtout que les diètes sans gluten ne prennent pas comme là-bas. Mais le blé américain, disons la farine, est fortifiée, enrichie en fer. Ceci ne semble pas sans conséquences.

J’aime bien le passage sur les carnivores qui mangent toute la carcasse, intestins (riches en manganèse) et abats (riches en cuivre) compris. Ces deux minéraux semblent contrecarrer les effets du fer trouvé dans la viande muscle. C’est une analyse supplémentaire à ajouter au profil en acides aminés qui diffère selon les parties de l’animal.

La fortification en fer sur les céréales causerait ainsi en cascade via l’oxydation, un déséquilibre minéral. Mieux vaut notre pain que celui des américains ? C’est une hypothèse, très séduisante, mais pas la seule.

Ici un article de Affordance, un des meilleurs blogueurs (sinon le…) sur les sciences de l’information, de la technologie, des réseaux, et quelque part d’anticipation en surveillant les transformations du monde numérique.

Ici il donne son point de vue sur la relecture des articles scientifiques par les pairs, comme quoi, il ne faut pas sacraliser la littérature scientifique expertisée collectivement.

Non bien sûr je sais bien que ça ne compte pas. Mais bon 2400 articles en un peu plus de 10 ans de blog, ça fait quand même 240 articles par an, 20 articles par mois. Depuis 10 ans. Alors bien sûr – inutile de nier je vous connais – vous allez me dire : « Ouiiii mais quand même le regard de ses pairs, l’évaluation par ses pairs c’est important pour vérifier que tu racontes pas n’importe quoi. C’est pour ça, pour vérifier que les chercheurs ne racontent pas n’importe quoi qu’on a inventé l’évaluation par les pairs d’ailleurs, et que les revues scientifiques sont tellement importantes. » Donc vous allez me dire ça et moi je vais vous répondre en un mot comme en cent : B-U-L-L-S-H-I-T. Total Bullshit. Hashtag Total Bullshit même.

Bien sûr que l’évaluation par les pairs c’est important. Sauf que même à l’époque où je publiais encore régulièrement dans des revues soumises à l’évaluation par les pairs (et en l’occurrence « soumises » n’est pas un vain mot), ladite évaluation de mes pairs se résumait 9 fois sur 10 à m’indiquer :a/ que je n’avais pas ou insuffisamment cité les travaux de tel ou tel mandarin (ou de l’évaluateur lui-même …)

  • a/ que je n’avais pas ou insuffisamment cité les travaux de tel ou tel mandarin (ou de l’évaluateur lui-même …)
  • b/ que c’était très intéressant mais que le terme « jargon 1 » prenait insuffisamment en compte les travaux se rapportant au terme « Jargon 2 ». Jamais, je dis bien jamais aucun débat scientifique, aucune idée neuve, aucune confrontation d’idée, juste une relecture tiédasse
  • c/ que ce serait mieux si je changeais cette virgule par un point-virgule

Mais nonobstant, c’est vrai que la vraie évaluation par les pairs c’est important. Sauf que JAMAIS AUCUN CHERCHEUR NE S’AMUSERA A PUBLIER DES CONNERIES juste pour voir si ses pairs s’en rendront compte ou pas. Parce que d’abord en général les chercheurs sont plutôt des gens instruits, relativement compétents, et relativement soucieux de contribuer à l’avancée des connaissances. Et aussi parce que SI TU PUBLIES UN ARTICLE AVEC DES CONNERIES SCIENTIFIQUES OU DES METHODOLOGIES FOIREUSES ben tu te fais immédiatement aligner et ta carrière est finie.

Le reste de l’article est à l’avenant et assez rafraichissant.

Deux articles sur le cancer et l’alimentation. L’hypothèse de Warburg peut se résumer grossièrement à affamer le cancer en le privant de sa source d’énergie, le glucose. C’est la référence ultime des pratiquants du jeûne, et évidemment des adeptes de la diète cétogène. Toutefois, pensez à lire l’article (assez phénoménal, on est loin de la presse française) du New York Times en entier, voire sur plusieurs jours tant il est long. Puis celui de Richard Nikoley, qui reprend l’idée d’une étude : Les scientifiques surpris de découvrir que les acides aminés, pas le sucre, fournissent les blocs de construction pour les cellules tumorales.

Même stimuler l’autophagie (dont j’ai pu parler en bien par le passé), n’est pas une si brillante idée. Assez contre-intuitif.

Et là, tout le petit monde Low Carb de s’affoler.

Et pourtant l’article du New York Times avait prévenu :

Le cancer est un ennemi incroyablement résistant. On a pu constater que bloquer une filière métabolique ralentissait et arrêtait la croissance tumorale dans bien des cas, mais les tumeurs tendent à trouver un autre chemin. « Vous bloquez le glucose, ils utilisent la glutamine » dit Dang, en référence à une autre source d’énergie primaire utilisée par les cancers. « Vous bloquez le glucose et la glutamine, ils pourraient être capables d’utiliser les acides gras. Nous ne savons pas encore.

Bon…de quoi rester prudent. On se construit des mythes sur lesquels croire, et patatras. Le mythe tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée.

Surtout qu’on m’annonce derrière l’oreille, ou plutôt la prostate, cette étude :

Aussi disponible sur Science Daily pour plus de précisions. On n’en est pas encore à l’étude vérifiée par les pires, mais ça ne saurait tarder. Comme il s’agit d’une étude a priori épidémiologique j’ai encore peur que les gens qui mangent le plus d’acides gras saturés soient aussi ceux qui font le plus n’importe quoi tant dans l’alimentation…

…que dans le mode de vie…Le mécanisme semble encore obscur à base de lipoprotéines, même les statines auraient un effet positif ! ET quand on parle de statines, on s’intéresse naturellement aux maladies cardiovasculaires.

Du coup une énième méta-analyse sur la viande rouge et les risques de maladies cardiovasculaires. Rien trouvé de probant cette fois-ci. Donc risque de mourir d’un cancer de la prostate mais pas de crise cardiaque, j’ai bon ?

Source : openfoodfacts.fr

Source : openfoodfacts.fr

Ces fruits emballés sont une constante ridicule de notre époque. Je ne sais pas où sont les cerveaux des gens qui markettent ces fruits…

Bonne semaine à tous !