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Vie et communication végétale

Voilà quelques temps je cherchais des bouquins sur l’intelligence en dehors de l’humanité. Mes premières recherches m’ont amené à lire l’excellent Jeremy Narby dans L’intelligence dans la nature : En quête du savoir. Une lecture fascinante qui amène cet anthropologue à la réputation souffreteuse  à côtoyer des sociétés amérindiennes (son anecdote avec la boisson hallucinogène ayahuasca est « célèbre »), des scientifiques du monde entier, y compris de France. Sa démarche est plutôt honnête, et à travers une série d’exemples, évite l’écueil habituel de l’anthropomorphisme. Nous n’avons pas inventé le calcul rationnel, ni même la capacité à faire de l’abstraction. Oui nous sommes des êtres hautement technologiques, mais d’autres espèces animales et végétales font preuve d’autant d’intelligence que nous, ou plutôt à minima, font preuve d’une intelligence que nous croyions réservée à l’homme.

Narby cite abondamment l’étude de Anthony Trewavas qui s’interroge sur l’intelligence végétale. Ou plus récemment, et ô joie disponible, sur la notion de mémoire chez les végétaux. Si l’on veut poursuivre le sujet, de manière synthétique, je n’ai pas trouvé mieux et récent que Stephen Harrod Buhner, son Plant Intelligence and the Imaginal Realm: Beyond the Doors of Perception into the Dreaming of Earth. Si l’anglais vous rebute, une session de rattrapage est disponible grâce au Langages secrets de la nature de Jean-Marie Pelt.

pelt-langagesJe ne suis pas très familier avec tous les exemples cités dans ces ouvrages. Sauf bien sûr avec l’aspect chimique, les composants que l’on retrouve dans nos assiettes. La défense des végétaux, s’ils produisent antioxydants à gogo, phytates, salicylates, polyphénols, saponines – pas tous cités, certes, et sans y consacrer énormément de lignes – et j’en passe, tout comme certains poisons plus violents, ça n’est pas par plaisir d’épater la galerie, mais bien de décourager les agresseurs, et de maximiser les chances de survie et de dispersion des gênes, faute de pouvoir se déplacer (encore que…).

On retiendra essentiellement que la vision végétative et passive des plantes est complètement dépassée (le bouquin de Jean-Marie Pelt date de 1996 tout de même). Sous une écriture de poète, Jean-Marie Pelt change notre perception de la vie végétale. Les plantes interagissent avec leur environnement, et leur apparente immobilité n’est que le reflet de notre méconnaissance. Même en 2013, on a appris par exemple l’existence de réseaux de communication via les champignons – qui ne font pas partie du règne végétal, eux – et que certains arbres faisaient office de hub central via les réseaux mycorhiziens. Utile par exemple pour prévenir des attaques des ravageurs, car elles ont bien sûr, elles ressentent bien des choses dès lors qu’elles sont attaquées par exemple par des insectes. Sans être darwinien, les végétaux ont évolué, et si le règne végétal est distinct du règne animal depuis un bail (1,6 milliards d’années !), il n’y a pas de sens à décréter que l’un est supérieur à l’autre (sauf si vous préférez votre sœur à votre cousine…, oups je divague). Alors, le cri de la carotte, l’argument des idiots omnivores ? Selon Jean-Marie Pelt à propos des expérimentations de Cleve Backster :

cri de la carottecarotte2Source - Jean-Marie Pelt : les langages secrets de la natureSource – Jean-Marie Pelt : les langages secrets de la nature

Mmh, si l’omnivore moyen acculturé, à la sensibilité inexistante, bête comme ses pieds et qui se repait de saucisses arrosées d’une piquette de rouge ne sait que dalle sur ces recherches et expérimentations, il ne sait donc pas qu’il met le doigt sur un argument bien trop souvent raillé. Pourtant, cette aspect de la biologie – étude du vivant – est passionnant. Les chamanes, fins connaisseurs de leur environnement naturel leur attribuent une âme, au même titre que les animaux. Je n’y ai pas trouvé d’argument ultime pour mettre au même niveau les sentiences animales et les sentiences végétales : toutes les plantes ne sauraient être égales, si l’on reconnait instinctivement une certaine sagesse aux arbres – surtout les arbres centenaires – on méprise aussi un peu l’herbe commune que l’on foule. De même que la douleur de l’insecte n’atteint probablement pas celle du mammifère. Instinctivement, nous faisons tous ce type de classement, peut-être erroné d’ailleurs. Pour la même raison, on a sous-estimé le degré d’intelligence et de sentience des végétaux.

Pas vraiment d’argument qui cloue le bec instantanément (désolé amis carnivores) en prouvant de manière irrévocable que nos douleurs sont les mêmes. Il n’a pas été prouvé que les végétaux souffraient autant que nous. Ils sont néanmoins autant porteur de vie (et d’âmes, selon les chamanes, libre à vous d’être croyants ou pas 🙂 ) que nous.

En revanche (désolé amis végétariens), le cri de la carotte n’est peut-être pas tant une idiotie que ça, même si le beauf qui l’a invoqué devant vous était bel et bien stupide, comme quoi il faut bien distinguer le message du messager. Il y a toutefois un faisceau d’indices très convergents qui indique que la vie chez les végétaux n’est pas un vain mot. Peut-être est-il bon d’arrêter de railler le concept, et plutôt sage de trouver les bons arguments : « ils sont pas pareils que nous » ne saurait être suffisant, en plus d’être un argument très glissant – le premier qui cite le mot continuum a perdu -…objectivement, la science de l’intelligence des plantes continue à avancer et est très surprenante, je ne mettrais pas ma main à couper là-dessus, des découvertes remettent en cause nos conceptions jour après jour, autant rester ouvert d’esprit.

Pour le reste…fay ce que vouldra, en tout âme et conscience bien entendu, c’est non négociable.idefix-arbresEn tout cas, Idéfix n’aime pas qu’on s’attaque aux arbres.

The Fat Of The Land par Vilhjalmur Stefansson – ebook (epub, azw3, mobi)

Vilhjalmur Stefansson, canadien de son état malgré son patronyme qui fleure bon la Scandinavie a principalement consacré sa vie à l’étude des peuples nordiques, indiens d’Amérique du Nord, ou habitant l’Arctique comme les Inuits. C’était un explorateur à l’ancienne, allant jusqu’à vivre avec ces tribus réchappées de l’ère paléolithique. On lui doit près d’une dizaine d’ouvrages : en 1912 parait My life with the eskimos (disponible aussi à l’achat dans une versions récente), soit une trentaine d’années avant le Kablouna de l’explorateur français Gontran de Poncins. A noter que ce dernier ne dispose pas d’une page wikipedia en français. Ce qui est un peu chagrineux : nul n’est prophète dans son pays, certes, mais ce manque de curiosité est un peu symptomatique.

Vilhjalmur le classieux (source Wikimedia)

Pour ce qui nous intéresse, c’est un surtout le volet alimentaire : du cru, du frais, du pourri, du sec…de la viande, beaucoup de viande. Caribous pour les indiens, poissons et mammifères marins pour les inuits. Parfois quelques végétaux, comme certaines baies utilisées pour la confection du pemmican : la page du wiki anglais est plus copieuse, n’hésitez pas à y jeter un oeil. Les inuits ont aussi accès à des végétaux selon les saisons, mais cela semble dépendre du peuple et de sa localisation, les seuls produits à base de végétaux au sens large apportés par de Poncins lors de son excursion était son thé et ses biscuits, nulle part mention de fruits ou de plantes durant toute une année complète.

Comment dans ces conditions, ces peuples ont pu survivre ? Cette question les explorateurs de l’époque, en contact avec les scientifiques (de l’époque, ça va de soi) : ainsi, certains d’entre nous, végétariens dans l’âme tremblent à l’idée que leurs intestins puissent encaisser une diète 100% carnée, un vieux document comme The Influence of an Exclusive Meat Diet on the Flora of the Human Colon par John Cutler. Torrey et Elisabeth Montu montre que ça n’est pas si terrible que ça.

D’autres interrogations ont fusé à l’époque, c’est pourquoi en 1946 Vilhjalmur Stefansson sort Not By Bread Alone chez MacMillan puis une dizaine d’années plus tard, une édition augmentée nommée The Fat Of The Land. Ce bouquin disponible sur internet en version pdf avait le mérite de proposer une version accessible, tant l’ouvrage est rare, ou disponible à un tarif d’escroc qui a vite fait de décourager les âmes les plus courageuses.

Cliquez pour une version ebook

The Fat Of The Land : epub, mobi et azw3

Honnêtement, je n’aime pas lire en pdf, qui plus est, sur mon écran de PC. J’ai donc, comme deux ans auparavant avec l’ouvrage de Weston Price, pris le taureau par les cornes, et confectionné* une version ebook spécialement pour les liseuses, aux formats suivants : epub, mobi et azw3. Même les possesseurs de tablettes apprécieront le travail effectué sur la mise en forme et la correction d’artefacts du à la numérisation aléatoire du livre. Même si le matériau d’origine est imparfait et laisse certaines incompréhensions dont un mot absent que je n’ai pu décrypter remplacé par une balise interrogatoire. Pour les possesseurs exclusifs de PC, je ne saurais conseiller le plug-in EPUBReader sous Firefox : il est possible d’ouvrir depuis l’explorateur en sélectionnant le fichier epub dézippé.

Pensez à me contacter si vous constatez des erreurs, des fautes d’orthographes ou de mise en page, ou un fichier qui ne fonctionnerait pas ! J’y ai passé énormément de temps à le lire, je ne suis pas certain que je vais m’y remettre aussi tôt sur ma liseuse !

Théoriquement, ce document n’est pas libre de droit. Evidemment si je venais à recevoir un courrier de l’éditeur MacMillan, je retirerais aussitôt les fichiers. Mais soyons sérieux quelques minutes : l’ouvrage commence à dater et semble tombé dans l’oubli, et aucune réédition en vue depuis celle des années cinquante.

* J’ai retravaillé sous Sigil, même si je regrette que ce logiciel libre ne soit plus mis à jour, contrairement à Calibre (qui m’a permit la conversion vers les formats azw3 et mobi) qui dispose depuis quelques mois d’un éditeur d’epub. Seulement, je n’aime pas ouvrir une usine à gaz pour me concentrer uniquement sur bouquin. De toute façon, l’éditeur de Calibre sera amené à évoluer avec les nouvelles versions de l’epub, avec davantage de possibilités. Pour ce qui est d’un texte basique avec quelques images, et un peu de mise en forme, un Sigil en l’état actuel, reste une solution viable.

Notons que ça m’a pris plus d’un an, tant le pdf initial était décourageant de prime, avec toutes les corrections nécessaires. J’ai plusieurs fois changé de méthode, la bonne est…celle que j’ai adoptée il y a une semaine et qui m’a permis d’accélérer la mise en œuvre de l’ebook. Pour les amateurs, préférez l’éditeur…au format html, et copier paragraphe après paragraphe…

Le collagène – un article de Eric Müller

Je suis en vacances, et je m’étais promis de ne pas fréquenter les réseaux sociaux. Mais cet article relayé par Nathalie vaut le détour. Bonne lecture !

plaisiretnourriture

Il y a peu d’informations en français sur le collagène. Voici la dernière « Lettre de la Nutrithérapie » datée du 22 aout 2014. Je l’ai simplement copiée-collée ci-après.

Voir l’article original 2 490 mots de plus

Soigner la parole, soigner l’esprit

Feu Paul Watzlawick (1921-2007)  était un homme fascinant, terriblement cultivé, qui a souvent pris la plume pour vulgariser ses travaux ainsi que ceux de ses collègues, Bateson par exemple.

C’est le fer de lance de l’école de Palo Alto, son meilleur ambassadeur pour être plus précis. C’est une école de psychologie à but thérapeutique, un peu méconnue, se démarquant de l’ancêtre Freud sur plusieurs points : les interactions entre individus sont plus analysées que le psychisme profond d’iceux. De même parmi les enseignements de cette école, les thérapies cognitives courtes sont préférables à de longues séances de psychanalyse dédiées à trouver en vain l’ultrasolution et qui vous épuisent plus que le problème initial en soi et qui résoudrait en même temps tout les maux de l’humanité  : opération réussie, patient décédé sonne comme une blague mais démontre l’absurdité du jusqu’au-boutisme.

Le néophyte se dirigera vers des ouvrages de vulgarisation, justement écrits à destination du grand public comme Faites-vous même votre propre malheur, ou Comment réussir à échouer – trouver l’ultrasolution

palo alto

2 best sellers de l’école de Palo Alto

Ce sont des livres assez courts et qui introduisent le lecteur à la vision qu’a Paul Watzlawick de la psyché humaine, des relations, et peut-être même, de la vie. C’est une vision assez humoristique, plutôt absurde, les titres sont d’ailleurs assez évocateurs.

Toutefois, j’ai une préférence pour Le langage du changement, véritable bijou qui résume bien la pensée Palo Altienne et qui aborde la notion de double-contrainte, ainsi que celle de des injonctions paradoxales, impossibles à respecter et pouvant créer à terme certaines confusions mentales ou psychopathologies (cf. Vers une théorie de la schyzophrénie, Bateson, paru en 1956) :

  • Sois spontané ! – la plus célèbre.
  • Il est interdit d’interdire ! – tiré de mai 68, car Watzlawick était non seulement cultivé, mais également francophile !
Peut-être le meilleur ?

Peut-être le meilleur ?

Le point de départ est que les thérapeutes doivent avoir un langage : la parole peut-être thérapeutique, salvatrice pour le patient, encore faut-il le savoir, et comment l’utiliser à bon escient. On y apprend quelques rudiments sur les différences entre les deux hémisphères du cerveau, selon lui, ce n’est pas avec le cerveau gauche dit « rationaliste » que l’on peut se débarrasser d’un problème ou vivre sereinement avec mais avec le cerveau droit, plus branché en mode « artistique »* : trop de logique tue la logique, et une solution logique ne saurait être la bonne. En revanche « Prêcher le faux pour obtenir le vrai » pourrait être un proverbe qui résume son approche. Un peu à la manière de l’homéopathie, il suggère de prescrire le symptôme, de combattre le mal…par le mal en quelque sorte. Il donne un exemple lumineux, celui de John Hunter, auteur d’un Traité des Maladies Vénériennes au 18ème siècle, disponible sur Google Books :

Un gentilhomme me confia avoir perdu ses pouvoirs sexuels (…). Après plus d’une heure de consultation, je tirais de son cas les constatations suivantes : d’une part, il avait à des moments inopportuns de fortes érections, ce qui prouvait qu’il était bel et bien en possession de ses pouvoirs naturels, que ces érections étaient accompagnées de désir, ce qui à son tour, est ce que nature requiert, mais que malgré cela, il demeurait une certaine insuffisance que je supposai provenir de son état d’esprit. Je lui demandai alors s’il réagissait de la même manière avec toutes les femmes. Sa réponse fut négative : avec certaines femmes il parvenait à jouir normalement. Cette remarque me permit de circonscrire la source du mal plus étroitement. Il s’avérait donc qu’une seule femme était responsable de faire naitre cette incapacité, et qu’à son tour l’incapacité était due au désir trop vif du monsieur de mener son entreprise à bien. Comme cette situation provenait exclusivement de son attitude mentale résultant d’une circonstance particulière, il fallait faire appel au cerveau pour réussir la cure. Je lui dis, par conséquent, qu’il guérirait s’il lui était possible de se fier entièrement à sa propre volonté de continence. Après que je lui eus expliqué ce que j’entendais par cela, il m’assura de se sentir parfaitement capable de contrôler ses actes et ses décisions. Je lui dis donc que, s’il avait vraiment confiance en lui-même, il devait s’allonger auprès de cette femme tout en se promettant de s’abstenir de tout rapport avec elle six nuits durant, quels que fussent sa puissance ou ses désirs, et de m’informer du résultat obtenu, ce qu’il convint de faire. Une quinzaine de jours plus tard, il vint me dire que la nouvelle démarche avait produit une telle transformation en lui que non seulement la puissance était revenue, mais que lorsqu’il se couchait tout les soirs, l’angoisse n’était plus celle de son impuissance, mais au contraire celle de se trouver possédé d’un désir si violent qu’il risquait de s’en trouver fortement incommodé, ce qui en fait s’était produit, et qu’à présent il était prêt à réduire la durée de temps convenue au préalable. Le « maléfice » une fois rompu, esprit et virilité marchaient de pair, l’esprit ne revenant plus jamais à son état premier.

On comprend dès lors son amour pour l’humour absurde développé par exemple dans Faites vous-même votre propre malheur. Sans tomber dans les affres de l’humour-thérapie, les thérapies courtes inspirées de Palo Alto désarçonnent le patient pour son bien, à l’aide d’outils qui ont fait leurs preuves. Par exemple quand le patient est atteint de panique, le thérapeute prend le contrepied, en posant des questions absurdes hors-propos du type « Quand avez-vous passé le bac ? » ou « Qu’avez-vous mangé ce matin » en étant sérieux et pressant, histoire de détourner l’attention.

Aussi il est intéressant de noter qu’il explique de manière scientifique les pouvoirs de certains gourous, chamans : nulle trace de magie nulle part, juste des outils, ces éléments de langage dont certains sont connus depuis très longtemps ont bel et bien des propriétés thérapeutiques, curatives. Et ça n’est pas ésotérique que de l’affirmer, c’est comme ça qu’il semble que l’on fonctionne.

* c’est une vision bien entendu réductrice, j’admets, pour aller plus vite.

Fibres, un consensus non mérité ?

Il est, comme ça, quelques opinions qui peuvent choquer votre entourage, si par exemple, vous clamez utiliser de l’huile de palme au quotidien pour cuire votre viande quotidienne, tout en précisant que c’est pour votre santé que vous le faites : un joli strike qui permet de cibler plusieurs types de vierges effarouchées (végéta*iens, crudivores, bobos-bios, et écolos à la petite semaine). Vous pouvez compléter avec quelques saillies bienvenues sur les féculents que vous évitez, les repas que vous sautez (sous forme de jeûne intermittent), les graisses que vous avalez sans prendre de poids…tout autant de mythes déconstruits, dès que l’on penche un peu vers les apports de la science ces dernières années (il suffit de suivre par exemple les blogs paléo américains, ou assimilés). Attention à ne pas trop froisser vos amis, cela serait dommage. Dur, dur la vie de contrarien…

Il est un sujet qu’on pourrait rajouter à cette liste des mythes nutritionnels : les fibres, pilier du régime méditerranéen via les céréales complètes, les légumes, légumineuses, et fruits, et qui font largement consensus. Je me suis intéressé au sujet suite à quelques interrogations et faits :

  • si elles étaient si bonnes, pourquoi on les limite (et avec un certain succès ?) aux patients atteints de certaines colopathies ?
  • les fibres n’ont pas empêché mon paternel de souffrir de constipation, puis de colite ulcéreuse (ou rectocolite hémorragique)
  • l’étude de certains peuples primitifs qui mangeaient peu de fibres (peu, pas zéro), mais ne souffraient pas automatiquement des maladies chroniques inflammatoires de l’intestin.

J’ai donc voulu voir du côté contrarien une source fiable. J’ai donc acheté via Amazon, la version Kindle de Fiber Menace, noter qu’en francophonie, newsoftomorrow en avait parlé il y a 2 mois de cela. L’auteur, Konstantin Monastyrsky, ukrainien d’origine semble être assez iconoclaste, peut-être un lointain cousin (idéologique j’entends) de Petro Dobromylskyj, avec qui il partage ce goût du contrarianisme. Un livre que j’ai eu du mal à lire (vu les sujets abordés) et à digérer…il possède son propre site.

fiberOk. J’ai l’habitude des idées bizarres, mais tout de même, il va pas un peu loin, non seulement, en détruisant le mythes des bonnes fibres, et même en renversant l’opinion que les gens ont des fibres, elles seraient susceptibles de causer les maux qu’elles sont censées corriger, apaiser ou même guérir ? Allons bon, ce livre serait manifestement une vaste blague ?

Bon je vais essayer de résumer les points essentiels de l’ouvrage. Il commence par une introduction de bon aloi sur le prêtre presbytérien Sylvester Graham a qui l’on doit plusieurs types de produits « alimentaires » à son nom (farine notamment, les céréales Golden Grahams je ne suis franchement pas certain !). Ce prêtre prêchait un régime végétarien riche en fibres. Il est mort seul à 57 ans, avec une personalité irritable, chose que Konstantin attribue à son régime, pauvre en protéine, et rendant la glycémie instable. Pourquoi pas, il le prétend, il ne le démontre pas. S’ensuit quelques lignes sur Harvey Kellog, un homme brillant (médecin, chirurgien, entrepreneur, écrivain), un homme qui a promu ses céréales pour lutter contre la masturbation. Cela place le décor : il a envie d’en découdre contre les fibres et marginalement, contre l’Amérique pudibonde.

Sa thèse est assez simple : les fibres, loin de guérir les maux intestinaux (et digestifs par domino), les causent. Mmh…oui c’est cela. Voyons ses principaux arguments :

  • les fibres accélèrent le transit, de sorte qu’il a lieu en 24h (au lieu de 72h)
  • les fibres fermentent dans le colon, étirant les parois de ce dernier, causant ballonnement excessif (et des gaz, bien sûr), et l’acidité excessive favorise l’inflammation intestinale.
  • les fibres font grossir le volume des selles, et les rendent massives, ce qui cause des dommages sur les parois intestinales et rectales, et moult saignements.
  • A terme donc, avec ces dommages, sont susceptibles d’apparaître, syndrome de l’intestin irritable, maladies inflammatoires de l’intestin, maladie de Crohn, polype précancéreux, et enfin, le cancer.

Pour le premier argument, la première chose que vous vous demandez, c’est que c’est plutôt efficace contre la constipation, non ? Hé bien non, vous n’avez pas besoin d’accélérer le transit (la motilité) pour contrecarrer la constipation. Si vous avez besoins des fibres pour aller à la selle, c’est qu’en substance, vous souffrez d’une constipation latente. Mais le dessin complet de sa thèse ne se limite pas à ces explications.

Le facteur hydrique est aussi mis en cause : Konstantin règle ses comptes avec un autre mythe, celui des 8 verres d’eau par jour (Jérémy de Dur à Avaler a aussi traité le sujet brillamment le mois dernier). L’occasion de tacler les régimes Atkins et South Beach, qui préconisent de boire autant d’eau. En fait…il apporte un éclairage nouveau sur le sort du brave Robert Atkins qui est mort obèse (ou « gonflé », selon les versions) et d’une ultime crise cardiaque. Pour lui, rien à voir avec les graisses saturées, il s’agirait d’un déséquilibre électrolytique : une surhydratation conduit à des déséquilibre en minéraux (il se réfère très souvent au Merck Manual, un guide de référence sur internet, par exemple pour le potassium). Selon Konstantin Monastirsky, boire de l’eau n’est pas un moyen de rendre les selles correctement humides, c’est même le contraire : c’est le potassium qui donne l’humidité correcte aux selles. Et boire trop d’eau…draine le potassium. Donc, donc double combo si vous buvez trop en plus de consommer trop de fibres : les selles sont sèches, volumineuses…ce qu’il ne faut absolument pas…! Buvez selon votre soif, ne cherchez pas à remplir l’estomac d’eau, ce qui à son tour, risque de vous assoiffer, et entretenir un cercle vicieux.. Dans le même ordre d’idée, l’exercice physique abdominal pour mieux forcer est contreproductif, peut conduire à un symptôme particulier, le megacolon. Et cela fait pourtant partie de la batterie de recommandations officielles aux USA pour une bonne santé intestinale.

Evidemment, il ne reste pas sur ses explications et donnent les moyens de passer d’une alimentation riche en fibres à une alimentation pauvre en fibres, en prévenant : la transition ne sera pas évidente, surtout pour les personnes qui souffrent de constipation latente. On comprend donc pourquoi de nombreuses personnes restent sur le carreau en tentant un régime Atkins : moins de fibres (en fait, celles des céréales en moins, j’y reviens), et le système digestif d’en bas, fonctionne moins bien : étant habitué à des selles volumineuses, le péristaltisme se fait moins bien, il est trop discret, trop « subtil », et les sujets (re)découvrent la constipation en l’attribuant au manque de fibre du régime. Perdu !

bananesCette transition devra être progressive, devra être pauvre en glucides (quand je vous dit que c’est un cousin de Petro !) et surtout porter une attention particulière aux bactéries : il identifie la dysbiose intestinale, qu’il nomme dysbactériose, comme étant une des causes aggravantes aux troubles intestinaux, conscient que les fibres ne sont pas seules à l’origine de toutes. Il donne quelques pistes pour le potassium qui donne la texture humide aux fèces :  jus de concombre frais, ou des tomates (sans la peau !), suppositoires de glycérine pour lubrifier les passages (canal anal, et du colon au rectum) et provoquer les mouvements adéquats qui mènent à la toilette.

Evidemment, ce livre souffre de quelques approximations : bien qu’il fasse la distinction entre les différentes fibres (solubles, insolubles…), il les met au final toutes dans le même sac. Il identifie la production d’acides gras à chaînes courtes comme l’acide butyrique, ou acide propionique comme négatifs : j’avais vaguement abordé le sujet lors d’un article sur le régime Dukan, ces acides gras étant très bénéfiques aux cellules du colon. Selon Konstantin Monastirsky, les fibres en excès, produisent un excès des ces acides gras (avec en plus, lors de la fermentation, formation d’éthanol, et évidemment ballonnement), qui à terme aseptiserait le milieu intestinal et à terme serait une des causes de la dysbiose. On aurait donc aimé avoir le nombre de grammes de fibres quotidien à ne pas dépasser dans son alimentation, la limite autorisée…peine perdue. De même à la lecture d’un tableau, on comprend qu’il vise surtout les fibres des céréales (et notamment complètes, contenant le son, voire céréales transformées comme les All-Bran), car bien plus nombreuses, en %. Je vous ai copié le dit tableau : on voit bien que quelques aliments sont largement au dessus des autres. Il s’emmêle les pinceaux, quelque part, car il promeut un régime low carb, comme étant la contrepartie positive d’un régime low fiber, alors que lui-même prenait l’exemple japonais, friand de riz blanc. Avec les pommes de terres, les patates douces, le riz, il est des féculents pauvres en fibres.

Aussi, il aborde vaguement le régime méditerranéen : il l’enterre sans autre forme de procès. Un peu rapide : son analyse étant bonne et les fibres mauvaises, le régime méditerranéen étant riche en fibres, il est donc surestimé. Un peu rapide, et raisonnement limite circulaire, non, monsieur Monastirsky ? C’est, il me semble, un des rares régimes suivis scientifiquement, et qui a fait ses preuves. J’aurais aimé qu’il l’égratigne vraiment, histoire de bousculer un peu ce consensus mou…on restera sur notre faim. D’autant qu’il dispose de certaines statistiques peu courantes, comme les taux de cancers colorectaux légèrement plus élevés en France qu’aux USA, chose qu’il attribue à notre goût immodéré pour…le pain (commun à tout le monde méditerranéen). Les quelques références à son site (www.fibermenace.com ; ce qui pourrait être un résumé de sa thèse (Gut Sense) est disponible ) embêtent sérieusement, et donnent l’impression d’être dans une épicerie…on s’en passerait, cela entache sa crédibilité, un peu comme l’ouvrage de Ramiel Nagel sur la santé dentaire. C’est dommage, car son analyse est étayée par de nombreuses études – en fin de chapitre-, j’en cite deux emblématiques, quand même, sur le sujet le plus grave :

““Adopting a diet that is low in fat and high in fiber, fruits, and vegetables does not influence the risk of recurrence of colorectal adenomas.”

Harvard

Cette étude est disponible ici. Et elle est loin d’être isolée, il en cite certaines où c’est la relation existe, mais en sens inverse : les diètes riches en fibres qui promeuvent le cancer du colon. Tout comme il existe les études affirmant l’inverse, mais elles sont…plus communes, banales je dirais : elles rejoignent juste le consensus, le mainstream habituel.

A mon niveau j’ai du mal à trancher, oui son analyse est séduisante, oui les fibres sont démythifiées et démystifiées* aussi,mais elle souffre de nombreux défauts, et n’a pas de caractère explicatif pour les peuples primitifs à la santé sans égal, et dont la consommation de fibres est élevée. Ou tout simplement nos célèbres crétois, enfin jusque dans les années 80, ils ont fini par prendre le pli de l’occidentalisation depuis. C’est le défaut de toute analyse unidirectionnelle, les contre-exemples sont bien trop importants…je recommande toutefois la lecture de ce livre, qui reste malgré tout passionnant et instructif, si l’on excepte quelques redondances. Et il est plein d’humour pince-sans-rire.

Concrètement, ça ne devrait pas changer grand chose aux partisans du régime paléo : les fibres des légumes et des fruits ne semblent pas peser lourd dans la balance, pas autant que celles des céréales. Quelque part, on évite cette menace fibreuse. D’ailleurs il ne prône pas une alimentation no fiber, juste low fiber. Donc un peu de chou, de carottes, de salade l’été, de blettes…ça devrait passer sans problèmes. Ne pas abuser sur les amandes, par contre, si j’en crois le tableau. Pour les paléo high carb, si leurs produits se dirigent préférablement vers les tubercules, le miel, les châtaignes, toute sorte de fruits, le contenu en fibres est loin d’être nul tout de même. Pour autant, on n’atteint jamais les scores que l’on peut atteindre avec les céréales complètes, riches en son. C’était pas Dukan qui promouvait le son de blé pour éviter la constipation ? C’est une idée de génie à la con…

*Si vous avez une âme de contrarien assumée, OUI vous pourrez affirmer haut et fort que vous évitez la consommation de fibres…

A propos de mes textes

Il y a eu SOTT.net qui ne s’est pas privé de publier sans mon accord ce texte-ci sur la santé des enfants, celui-là sur la pire erreur de l’humanité.

Puis, aujourd’hui je vois un site à l’allure encore plus mystique qui reprend mon article sur le régime GAPS.

Soyons clairs, je ne vois aucun problème à ce qu’on reprenne tout où partie de mes articles (je ne suis pas trop sensible à la propriété intellectuelle…) : seulement, me prévenir, et mettre mon blog en lien, serait la moindre des choses, d’accord messieurs et mesdames 🙂 Pure courtoisie, honnêteté, vieux vestige de néthiquette (un truc qui a disparu dans les années 2000…), que sais-je…encore…

Gérer la dissonance cognitive en nutrition

Je planche à l’heure actuelle sur un sujet qui me donne du fil à retordre. Non pas qu’il soit compliqué en soit, mais…j’ai du mal à conclure. En clair, j’ai peut-être du mal à avoir un avis. Cela ne m’empêchera pourtant pas de palabrer dessus et de confronter les différentes thèses. C’était dans cet esprit que j’ai commencé mon blog, mais parfois l’esprit s’encrasse et devient fainéant, acquiert des automatismes de pensées, parfois en opposition avec les faits reconnus.

Gérer la dissonance cognitive, c’est en premier lieu garder l’esprit ouvert et hostile au moindre dogmatisme. C’est donc garder la tête froide face à des nouvelles données en contradiction avec ce que l’on pense habituellement, c’est aussi avoir un esprit critique, ou parfois sceptique. C’est aussi la possibilité de faire une synthèse qui englobe un peu l’ensemble des connaissances dont vous disposez. Dans tout les cas il va falloir accepter, hélas que bien des gens, y compris des chercheurs réputés, ne soient pas d’accord avec vous. Deux personnalités au pedigree scientifique reconnu peuvent aussi être en profond désaccord.

Idéfix semble vague perturbé…

Un bel exemple de dissonance cognitive qui m’a concerné, il y a quelques jours : Denise Minger (oui encore elle) publie sur son blog un long et superbe article documenté sur les fruits sauvages. Sur mon article Paléopportunisme, je tenais un certain discours sur les fruits. Bon bah, quelques mois plus tard, je dois réviser mon avis : oui certains fruits sauvages peuvent-être énormes, juteux, sucrés tout ce que vous voulez. Même l’argument de la saisonnalité semble faux. Bon, hé bien, je m’incline. Si les fruits domestiqués diffèrent si peu des fruits sauvages, alors ils ne posent probablement pas de problème. Ou en tout cas, ça reste à démontrer. La conclusion de Denise sur le contexte actuel de la santé individuelle est intéressant. En soi, les fruits ne sont pas mauvais, mais si l’on souffre de troubles métaboliques, par exemple, peut-être qu’ils ne seraient pas indiqués. Ou peut-être c’est le sucre raffiné, et uniquement lui qui, dans le cadre d’une alimentation pauvre en micro-nutriments qui serait problématique ? Cela semble plus raisonnable.

Quoiqu’il en soit, si vous, à votre niveau individuel apercevez des symptômes particuliers quand vous mangez des fruits, peut-être que vous êtes relativement intolérant au sucre, et ce, malgré les fibres, vitamines et minéraux. Et donc peut-être que vous devez les limiter. On peut distinguer des tendances générales en nutrition, mais ce qui compte au final, c’est moi, c’est vous, c’est l’individu qui importe. Comment réagissez-vous face à tel ou tel aliment ? Si je vous dis que les asiatiques mangent très souvent du riz, et pas qu’un peu et se portent comme un charme, mais que chez vous le riz vous fait atteindre des sommets d’hyperglycémie, que ferez-vous ? Bien, vous vous adapterez à votre corps et vos besoins, et ferez attention à l’IG de vos repas. Bien se connaître, se tester est primordial. Parfois en dépit des études scientifiques…

 Alors, bien sûr, cela n’est guère évident. Imaginez donc Madame Michu lisant le quotidien 10 Minutes en prenant le bus le matin :

« Le Docteur Goldblum est un médecin nutritionniste reconnu et auteur de nombreux ouvrages, nous l’avons interviewé pour vous :

– Que faut-il éviter dans l’alimentation ?

– Les graisses saturées, et privilégier toutes sortes de glucides. Les graisses saturées vous font augmenter le cholestérol et vous bouchent les artères »

Madame Michu, revenue du travail le soir, tape sur google graisses saturées et tombe sur des avis contraires, parfois très à propos comme une méta-analyse de qualité.

Que va-t-elle retenir ? L’avis du docteur Goldblum, je vous le donne en mille. Après tout, il est diplômé, il sait ce qu’il dit, et ce n’est pas un blogueur inconnu sur Internet. Cela s’apparente à un argument d’autorité.

Ce que je veux dire c’est que la question de la nocivité des graisses saturées peut se discuter, il est probable qu’un excès d’acide palmitique ne soit pas bon (surtout dans une aliment à base de junk food). Car de tout les acides gras saturés, c’est celui qui semble poser un souci, la plupart (surtout à chaînes courtes ou moyennes) semblent au fil du temps trouver grâce auprès des nutritionnistes. Et les triglycérides formés de palmitate sont ceux qui se stockent le plus facilement. D’un autre côté, le corps fabrique son propre palmitate via la néolipogénèse…serait-il masochiste à ce point ?

De même, si l’on suit la plupart des sites généralistes de nutrition (lanutrition.fr, à tout hasard), parfois les infos se contredisent entre elles, en plus de foisonner, c’est une vraie jungle. Difficile de séparer le bon grain de l’ivraie. La science nutritionnelle peut se comparer à la science économique : elles sont jeunes toutes les deux, et plus complexes qu’il n’y parait. On y rencontre dans les deux cas des mouvements idéologiques (que cela soit végan ou paléolithique ou méditerranéen…), et une relative incapacité à se nourrir, sans jeu de mots, des apports des uns et des autres.

Pour qui s’intéresse à la nutrition un peu plus que Madame Michu, on doit donc gérer la dissonance cognitive. Ou tout simplement, comment se constituer un avis avec deux (voire plus) sons de cloche différents, voire à l’opposé. Cela veut dire accepter les thèses avec lesquelles on n’est pas familier pour mieux les appréhender. On doit aussi un peu, se rebeller contre les recommandations officielles. Paul Scheffer dans une interview accordée sur lanutrition.fr appelle ainsi à développer son esprit critique en dépit des formations de diététicien. Patricia Chairopoulos dans un excellent article sur le dernier Science et Avenir tente d’y voir plus clair derrière le « manger 5 fruits et légumes par jour » et le consensus apparent n’est…qu’apparent. Il est ainsi sain de creuser un peu plus la question et de ne pas s’arrêter à ce que l’on croit être des évidences.

Mais parfois, deux excellentes analyses se contredisent. Cela donne lieu à une bataille, d’arguments, de chiffres et d’études sans merci, tout aussi convaincants les uns que les autres. Et au delà de la polémique, le simple consommateur averti, qui tient à sa santé (le plus important !) est perdu. Parce qu’au bout du compte, il faut bien se nourrir, choisir judicieusement ses aliments !

Jusque là, j’ai pu me faire un avis. Jusqu’à m’intéresser au lait et aux produits laitiers que j’aborderai d’ici quelques temps. C’est simple, tout m’incite à ne pas avoir d’avis tranché et à rester prudent. Je vais faire ce que je peux pour dégager un semblant de synthèse…!

Le gras, c’est vraiment la vie !

« Le gras, c’est la vie » disait Karadoc dans un épisode de Kaamelott.

Hé bien, au delà de la boutade évidente d’un personnage bon vivant, il n’avait pas réellement tort. Si l’on excepte nos régimes riches en glucides depuis la seconde guerre mondiale, l’être humain devait trouver son énergie dans les lipides et dans une moindre mesure les protéines. Revenons dans la période préhistorique.

mammouth

Les nouvelles lignes directrices de l’USDA en nutrition. -> Evitez les viandes grasses -> Mangez vos légumes -> faites quotidiennement de l’exercice

Ce dessin humoristique résume bien en quoi nos ancêtres devaient se battre pour trouver de l’énergie. Vu que les plantes en recèlent peu (et surtout pas de glucides, même les fruits de l’époque, non sélectionnés et domestiqués par l’homme étaient pauvre en sucre), il fallait bien alimenter la machine. Il semblerait donc que ça soit les graisses animales qui furent privilégiées. Pas la viande, sans doute maigre comme tout les gibiers ou les viandes provenant de la chasse. Mais tout les morceaux de l’animal devaient être mangés, y compris les morceaux gras : abats, os (moëlle), cervelle. C’était ça, où la survie de la tribu était menacée ! Pas de céréales (pas encore domestiquées et sans doute immangeables), pas de pomme de terre avant – 8000 avant Jésus-Christ. Etant donné que nous avons quitté le paléolithique depuis peu (- 10 000 ans environ), notre corps n’a que peu évolué, nous sommes génétiquement plus proches des chasseurs-cueilleurs tel Cro-Magnon, malgré quelques changements locaux marginaux. C’est la leçon que nous apprend Demain, Tous Gros de Pierre Weill. Les recommandations nutritionnistes actuelles ignorent totalement l’aspect évolutionniste et historique de l’alimentation humaine. Il faut dire que les pâtes, le riz, le sucre ont pris tellement d’importance dans nos menus. Probablement à tort !

Point de vue scientifique, on sait que le corps peut fonctionner sans (trop) de glucides. Il faut du glycogène pour les muscles ? Pas de soucis, le glucagon, l’autre hormone du pancréas, fait l’inverse de l’insuline et va, en gros, transformer les lipides en glucose, de sorte que personne n’est en hypoglycémie et que les muscles soient alimentés. La cétose, le mécanisme par lequel l’organisme va puiser dans les lipides plutôt que dans les glucides est le fonctionnement normal, et je dirais ancestral de l’organisme. Mais les esprits actuels, même scientifiques, prétendent que la cétose est dangereux pour l’organisme. En la confondant probablement et habilement avec l’acidocétose des diabétiques (effectivement dangereuse). Mais alors, comment ont-ils fait nos ancêtres sans source régulière de glucides* ?

* il y a eu quelques sources de glucides, saisonnières probablement, comme du miel (riche en glucose et fructose), ou même les châtaignes en automne. Mais ça devait rester ponctuel, et sans doute profitaient-ils de ces rares moments pour stocker un petit peu de gras pour l’hiver à venir.