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Les actus digérées #14

Bonjour 🙂 Après quelques mois de pause, voici un nouveau numéro des actus digérées.

Mon article chouchou de ces deux derniers mois :

Je traduis directement le résumé dit abstract via google translate qui s’est vraiment amélioré et y apporte tout de même quelques menus changements :

L’objectif de cet article est d’explorer de meilleures stratégies pour optimiser la solidité des os et réduire le risque de fracture, et dans le même temps la diminution du risque de maladies cardiovasculaires. La majorité des Américains ne consomment pas l’apport nutritionnel recommandé actuellement pour le calcium et le risque dune ‘ostéoporose au cours dela vie est d’environ 50%. Toutefois, les suppléments traditionnels mononutriments de calcium peuvent ne pas être l’idéal. Nous avons examiné de manière exhaustive et systématique en revue la littérature scientifique afin de déterminer la valeur optimale des stratégies alimentaires et des suppléments nutritionnels pour la santé du squelette à long terme et la santé cardiovasculaire.

Pour résumer, les étapes suivantes peuvent être utiles pour la construction des os solides tout en maintenant les artères douces et souples:

(1) le calcium est mieux obtenu à partir de sources alimentaires plutôt que des suppléments;
(2) veiller à ce que l’apport suffisant de protéines animales soit couplée à l’apport en calcium à raison de 1000 mg / jour;
(3) maintenir les niveaux de vitamine D dans dans une fourchette normale
(4) augmenter la consommation de fruits et légumes à alcaliniser le système et promouvoir la santé des os;
(5) l’augmentation concomitante de la consommation de potassium tout en réduisant la consommation de sodium;
(6) envisager d’augmenter la consommation d’aliments riches en vitamines K1 et K2;
(7) envisager d’inclure des os dans l’alimentation; ils sont une riche source de calcium hydroxyapatite et de nombreux autres éléments nutritifs nécessaires à la construction des os.

Cet article est rafraichissant car s’il ne nie pas l’utilité de la vitamine D, il la minore, parce que la vitamine D aide à fabriquer certaines protéines qui vont métaboliser correctement le calcium dans les artères et dans les os (protéine gla matricielle et ostéocalcine), et c’est le rôle de la vitamine K – surtout K2 – que de les activer…autrement dit, la vitamine D seule n’est rien. Mais pas inutile non plus, loin de là…

On serait tenté de dire qu’il faille manger des os (via un bouillon par exemple ?) pour source ultime de calcium, et certains produits laitiers très fermentés comme le fromage, non pas pour le calcium en soi, mais pour ses vitamines qui vont aider à son utilisation.

Ah oui j’oubliais, l’article est complet 🙂

Richard Nikoley part de la base que l’obésité est moins prégnante en France qu’aux USA, et surtout que les diètes sans gluten ne prennent pas comme là-bas. Mais le blé américain, disons la farine, est fortifiée, enrichie en fer. Ceci ne semble pas sans conséquences.

J’aime bien le passage sur les carnivores qui mangent toute la carcasse, intestins (riches en manganèse) et abats (riches en cuivre) compris. Ces deux minéraux semblent contrecarrer les effets du fer trouvé dans la viande muscle. C’est une analyse supplémentaire à ajouter au profil en acides aminés qui diffère selon les parties de l’animal.

La fortification en fer sur les céréales causerait ainsi en cascade via l’oxydation, un déséquilibre minéral. Mieux vaut notre pain que celui des américains ? C’est une hypothèse, très séduisante, mais pas la seule.

Ici un article de Affordance, un des meilleurs blogueurs (sinon le…) sur les sciences de l’information, de la technologie, des réseaux, et quelque part d’anticipation en surveillant les transformations du monde numérique.

Ici il donne son point de vue sur la relecture des articles scientifiques par les pairs, comme quoi, il ne faut pas sacraliser la littérature scientifique expertisée collectivement.

Non bien sûr je sais bien que ça ne compte pas. Mais bon 2400 articles en un peu plus de 10 ans de blog, ça fait quand même 240 articles par an, 20 articles par mois. Depuis 10 ans. Alors bien sûr – inutile de nier je vous connais – vous allez me dire : « Ouiiii mais quand même le regard de ses pairs, l’évaluation par ses pairs c’est important pour vérifier que tu racontes pas n’importe quoi. C’est pour ça, pour vérifier que les chercheurs ne racontent pas n’importe quoi qu’on a inventé l’évaluation par les pairs d’ailleurs, et que les revues scientifiques sont tellement importantes. » Donc vous allez me dire ça et moi je vais vous répondre en un mot comme en cent : B-U-L-L-S-H-I-T. Total Bullshit. Hashtag Total Bullshit même.

Bien sûr que l’évaluation par les pairs c’est important. Sauf que même à l’époque où je publiais encore régulièrement dans des revues soumises à l’évaluation par les pairs (et en l’occurrence « soumises » n’est pas un vain mot), ladite évaluation de mes pairs se résumait 9 fois sur 10 à m’indiquer :a/ que je n’avais pas ou insuffisamment cité les travaux de tel ou tel mandarin (ou de l’évaluateur lui-même …)

  • a/ que je n’avais pas ou insuffisamment cité les travaux de tel ou tel mandarin (ou de l’évaluateur lui-même …)
  • b/ que c’était très intéressant mais que le terme « jargon 1 » prenait insuffisamment en compte les travaux se rapportant au terme « Jargon 2 ». Jamais, je dis bien jamais aucun débat scientifique, aucune idée neuve, aucune confrontation d’idée, juste une relecture tiédasse
  • c/ que ce serait mieux si je changeais cette virgule par un point-virgule

Mais nonobstant, c’est vrai que la vraie évaluation par les pairs c’est important. Sauf que JAMAIS AUCUN CHERCHEUR NE S’AMUSERA A PUBLIER DES CONNERIES juste pour voir si ses pairs s’en rendront compte ou pas. Parce que d’abord en général les chercheurs sont plutôt des gens instruits, relativement compétents, et relativement soucieux de contribuer à l’avancée des connaissances. Et aussi parce que SI TU PUBLIES UN ARTICLE AVEC DES CONNERIES SCIENTIFIQUES OU DES METHODOLOGIES FOIREUSES ben tu te fais immédiatement aligner et ta carrière est finie.

Le reste de l’article est à l’avenant et assez rafraichissant.

Deux articles sur le cancer et l’alimentation. L’hypothèse de Warburg peut se résumer grossièrement à affamer le cancer en le privant de sa source d’énergie, le glucose. C’est la référence ultime des pratiquants du jeûne, et évidemment des adeptes de la diète cétogène. Toutefois, pensez à lire l’article (assez phénoménal, on est loin de la presse française) du New York Times en entier, voire sur plusieurs jours tant il est long. Puis celui de Richard Nikoley, qui reprend l’idée d’une étude : Les scientifiques surpris de découvrir que les acides aminés, pas le sucre, fournissent les blocs de construction pour les cellules tumorales.

Même stimuler l’autophagie (dont j’ai pu parler en bien par le passé), n’est pas une si brillante idée. Assez contre-intuitif.

Et là, tout le petit monde Low Carb de s’affoler.

Et pourtant l’article du New York Times avait prévenu :

Le cancer est un ennemi incroyablement résistant. On a pu constater que bloquer une filière métabolique ralentissait et arrêtait la croissance tumorale dans bien des cas, mais les tumeurs tendent à trouver un autre chemin. « Vous bloquez le glucose, ils utilisent la glutamine » dit Dang, en référence à une autre source d’énergie primaire utilisée par les cancers. « Vous bloquez le glucose et la glutamine, ils pourraient être capables d’utiliser les acides gras. Nous ne savons pas encore.

Bon…de quoi rester prudent. On se construit des mythes sur lesquels croire, et patatras. Le mythe tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée.

Surtout qu’on m’annonce derrière l’oreille, ou plutôt la prostate, cette étude :

Aussi disponible sur Science Daily pour plus de précisions. On n’en est pas encore à l’étude vérifiée par les pires, mais ça ne saurait tarder. Comme il s’agit d’une étude a priori épidémiologique j’ai encore peur que les gens qui mangent le plus d’acides gras saturés soient aussi ceux qui font le plus n’importe quoi tant dans l’alimentation…

…que dans le mode de vie…Le mécanisme semble encore obscur à base de lipoprotéines, même les statines auraient un effet positif ! ET quand on parle de statines, on s’intéresse naturellement aux maladies cardiovasculaires.

Du coup une énième méta-analyse sur la viande rouge et les risques de maladies cardiovasculaires. Rien trouvé de probant cette fois-ci. Donc risque de mourir d’un cancer de la prostate mais pas de crise cardiaque, j’ai bon ?

Source : openfoodfacts.fr

Source : openfoodfacts.fr

Ces fruits emballés sont une constante ridicule de notre époque. Je ne sais pas où sont les cerveaux des gens qui markettent ces fruits…

Bonne semaine à tous !

Les actus digérées #2

Une petite semaine d’actus nutritionnelles et scientifiques, en voici un résumé très personnel, et un nouveau tag pour l’occasion sur cette série d’articles où je vise la régularité.

sciporn

Le compte SciencePorn entre deux dessins amusants et geeks relaient une information scientifique intéressante. Ici il s’agit d’un article de l’Université de Cambridge publié récemment, en voici le résumé :

Plus nous sommes gros, plus notre corps semble produire une protéine qui inhibe notre capacité à brûler de la graisse, suggère une nouvelle étude. Ces découvertes peuvent avoir des implications pour le traitement de l’obésité et d’autres maladies métaboliques

Intéressant, parce que cela rejoint mes critiques sur l’équilibre calorique et le besoin de créer un déficit pour mincir. Je ne remets pas en question la validité des lois de la thermodynamique, mais dans la pratique, des hormones œuvrent en arrière-plan, le microbiote semble prendre part à cette symphonie, bref…le corps a – parfois – des mécanismes inventifs qui rendent plus difficile la perte de poids. On peut arguer d’un manque de volonté ou de difficultés psychiques. Bien sûr…cela fera l’objet d’un prochain article.

Une chouette étude qui a le mérite de replacer un peu les choses : les édulcorants artificiels ne sont pas magiques, et peuvent avoir les mêmes effets que le sucre au point de vue perte de poids, mais la suppression de ce dernier réduit les graisses intra-hépatiques…Quand on connait les dommages d’une stéatose non alcoolique du foie sur l’organisme, on se dit que l’usage des édulcorants artificiels en remplacement du sucre, peut constituer un premier pas vers la guérisons de maladies métaboliques. Mais pour la perte de poids il faudra être plus sévère…

Dominique Dupagne relaie un article du New York Times, sur les mensonges de Coca Cola, en liaison avec le sucre, toujours. Attention aux conflits d’intérêt.

Je relaie sur twitter, mais merci à Benjamin de Naturacoach d’avoir levé ce lièvre. On savait que les acides gras trans, bah c’est pas bien. Un doute subsistait sur les acides gras trans laitiers comme l’acide vaccénique, et bien, c’est pas folichon sur les profils lipidiques. L’étude en question semble exemplaire, à savoir d’intervention et randomisée en double aveugle,  Un élément à charge contre les laitages, ne signifiant pas qu’on doive les éliminer mais les restreindre, en fonction du contexte individuel. Un aliment n’est pas qu’un micronutriment isolé, et concernant les graisses laitières, ça n’est pas très clair

Oh, la vie est dure pour les partisans d’un régime pauvres en glucides et riches en acides gras saturés. La consommation de gras saturés passe mieux si les glucides sont réduits drastiquement, ce qui ne semble pas trop le cas dans cette étude.

ou alors…

…Il faudrait consommer beaucoup de vitamine C et d’un certain type d’acide animé, la L-Arginine. A noter que la vitamine C a le vent en poupe, suite à une étude récente qui a démontré que des méga-doses de vitamine C tuaient le cancer colo-rectal.

Je ne commenterais pas le rapport du CIRC de l’OMS sur le lien cancer colorectal, tout le monde l’a fait. Mais cette étude suggère que le problème se situe plutôt dans les viandes transformées plutôt que la simple viande rouge en se basant sur des études existantes.

Pour finir, une émission de France Culture sur la viande que l’on peut retrouver sur les applications de podcasts habituelles. Le scientifique de l’INRA de Toulouse suggère de ne pas manger la viande seule, mais avec plein de fruits et légumes riches en antioxydants au cours du repas, en conseillant par exemple une épice comme le curcuma, des aliments riches en vitamine E, ou même, un peu de vin rouge (avec modération, hein ?), riche en resvératrol. Variez 🙂 On va finir par penser que le problème n’est pas la viande, mais la pauvreté nutritionnelle des aliments qui l’accompagnent…finalement ce qui est complexe peut être simple !

Bon weekend !

Un acide animé de mauvaises intentions

Il est une théorie séduisante, celle de la restriction calorique. La littérature scientifique est assez consensuelle là-dessus, elle est confirmée par l’anthropologie (les Blue Zones !), personne ne remet vraiment en question le rôle de la restriction calorique dans le vieillissement, le stress oxydatif, le cancer ou l’apparition de maladies cardiovasculaires entre autres maladies de civilisation. Je conseille la lecture de cet article, en anglais.

La restriction calorique peut-être implémentée par un contrôle permanent (et social) à la manière des anciens crétois ou des habitants de Okinawa : difficilement concevable pour nous qui tenons à manger ad libitum. Selon la légende, ou tout simplement les observations glanées ci et là, on sait qu’ils expérimentent momentanément la faim. Un autre outil permettant de simuler la restriction calorique est le jeûne (intermittent ou non).

En s’intéressant au cœur des mécanismes de la restriction calorique, la piste la plus intéressante est celle de la méthionine, un acide aminé essentiel. Si les protéines sont des maisons complètes (de la cabane au manoir), les peptides sont des murs, et les acides aminés des briques ou des parpaings.

methionine

Cet acide aminé est un nouveau coupable idéal. Loin de moi l’idée de relayer une nouvelle théorie du tout.

L’une des théories en vigueur, était de présenter le sucre comme l’élément-clé. En fait, dès que l’on est en présence d’une population qui fonctionne majoritairement sur des glucides comme apport énergétique rend la chose caduque, tout simplement parce que cela ne dit rien sur l’utilisation propre du carburant par l’homme. En gros, vous êtes sensibles à l’insuline, après une repas normalement riche en amidon ou glucose les muscles récupèrent au mieux du glycogène – ou dans le foie – et le surplus est vite transformé en triglycérides.

Pourtant il y a la pratique de la diète cétogène pour lutter contre le cancer et avec succès : on présume qu’on affame le cancer en le privant de son carburant favori, le sucre. C’est opérationnel, semble-t-il. Mais la diète cétogène est à double tranchant : si vous vous en écartez en réintroduisant des glucides, vous risquez de vous prendre une augmentation de la glycémie dans les dents, non pas parce que le sucre c’est pas bon, tout simplement parce qu’une diète de ce type engendre une forme physiologique de résistance à l’insuline qui est parfaitement normale. C’est une option viable, à condition de ne pas être trop tenté par les glucides.

Oui bien, de l’autre côté du spectre, semble-t-il les végans ont un certain succès dans la lutte contre le cancer et le facteur incriminant serait donc la méthionine. Il y a un point commun avec la diète cétogène : si vous avez jeté un œil sur cette alimentation (l’avatar le plus connu étant la diète de Kwasniewski), vous ne devez pas seulement restreindre les glucides, mais également les protéines. Trop de protéines éloigne de la cétose qui est l’état recherché.

D’autres études signalent qu’en fait ce n’est pas le facteur glucide qui est discriminant, ce sont les protéines via la restriction protéique (elle même via la restriction en méthionine). C’est le cas sur ce forum qui en recense quelques-unes, ou tout simplement chez les rats par exemple. Plus intéressant sans doute, le trop plein de méthionine modulerait (en mal) une diète cétogène.

Pour les mécanismes je ne peux que vous encourager à voir cette vidéo du docteur grégaire Greger :

Ah.

Et si c’était ça en fait l’important…la méthionine ? Et si Campbell avait eu raison sur la finalité en ayant eu tort sur le chemin parcouru (cf les critiques très valables sur sa méthodologie) ? Et si le problème n’était ni les graisses saturées, ni les glucides, ni le fer des viandes rouges, ni le cholestérol, mais…la méthionine ?

Après tout c’est relativement cohérent avec les données anthropologiques dont on dispose. Quand les glucides tendent à s’effacer c’est le gras (même animal) qui prend la relève et les protéines sont gardées relativement constantes.

La méthionine, il en faut, ni trop, ni trop peu. Je constate qu’apparemment, cet acide aminé est lié à l’homocystéine, meilleur marqueur de maladies cardiovasculaires que cholestérol et que la vitamine B12 est utilisée par le corps pour convertir l’homocystéine en…méthionine. Dans ma tête, les végans ont souvent trop d’homocystéine. L’optimalité serait donc une sorte de régime végétalien supplémenté en viande comme le souligne malicieusement ce tweet reçu cette semaine.

veganmeatBlague à part, je sens déjà venir les critiques : le % des protéines animales diffèrent. Parce que les effets de la méthionine peuvent être contrecarrés avec des protéines végétales. La glycine, un autre acide aminé semble être un antagoniste de la méthionine. Vous voyez où je veux en venir ? Il est possible d’augmenter son quota de méthionine à condition de se supplémenter en glycine. Et bingo, cela fait le lien avec les découvertes de Ray Peat sur la gélatine. La gélatine a mauvaise presse parce que son aminogramme serait incomplet, elle est très riche en glycine. Or dans notre monde d’abondance protéique c’est plutôt un avantage pour rééquilibrer le ratio glycine/méthionine. Les os, les tendons, ont ainsi un ratio très favorable.

Ceci a des implications énormes sur la manière optimale de concevoir le régime paléo par exemple. Si pour vous le régime paléo c’est l’excuse pour se faire un beefsteak bien saignant tout les jours, c’est râpé. Plus que jamais il est important de manger toute la bête et pas seulement la viande muscle. Les abats. Mais aussi les os (même les grands singes mâchent les os selon Craig Stanford). Et devinez ce qui est populaire, en paléo-wapf land ? Le bouillon d’os, qui outre ses vertus réparatrices pour les intestins offre énormément de glycine. Je ne sais pas si c’est optimal de baser son alimentation sur les produits animaux, mais si vous le faites par goût, mangez toute la bête : les os, la peau, le gras, les abats, la cervelle. Astuce : ne pas limiter la réflexion des aliments complets aux produits végétaux. Si vous faites un régime paléo et que vous n’envisagiez pas cette optique là, peut-être serait-il sage d’opter pour une version quasi-végétarienne (ou flexitarienne). Ou en tout cas limiter la prise de protéines animales si vous ne consommiez que de la viande classique. Pour information il semblerait que même à Okinawa on mangeait tout du porc pour les fêtes, même s’ils étaient loin d’en manger tout les jours

Pour les ratios glycine/méthionine, voici un fichier excel (anglais) pour ceux qui aiment tâter du tableur : pour la méthionine et la glycine les valeurs sont en milligramme/gramme de protéine.

On a une masse de données scientifiques, et anthropologiques, des scientifiques guidés par un agenda, des facteurs confondants à la pelle, des données contradictoires, et pour une fois, j’ai la sensation que je (on) mets le doigt sur quelque chose de cohérent. Comment concilier la bonne santé robuste (cancers virtuellement inexistants) des peuples chasseurs qui se nourrissent majoritairement de produits animaux très très gras avec les quasi-végétariens des Blue Zones ? La régulation de la méthionine, soit par une consommation totale faible, soit plus forte mais compensée par la glycine (protéines végétales ou animales). Et éventuellement accompagné d’une restriction calorique.

Tout le monde aurait raison, mais pas de n’importe quelle manière !

T.C. Campbell : ce sont bien les protéines animales qui sont en cause. Mais dans le cadre d’une consommation d’abondance centrée sur la viande-muscle déconnectée des autres types de viandes et produits de l’animal, en occident c’est visible, il n’y en a plus que pour le blanc de poulet et le steak haché, je caricature à peine, sans doute dans la Chine qui s’enrichissait et prenait des habitudes occidentales était-ce la même chose. Il s’est fourvoyé sur le cholestérol, à sa décharge, ça n’est pas le seul.

Les paléos : ok, c’était pas le cholestérol, pas le gras, même pas saturé. Et cette histoire de fer, ça pourrait bien n’être qu’une conséquence du syndrome métabolique. Et normalement il faut manger TOUTE la bête.

Les cétogéniques : la restriction de glucide est utile, mais in fine il y a aussi restriction de protéines et méthionine, pour ne pas perdre la cétose.

Les végétariens zélotes à la Greger : c’est le véganisme via restriction en méthionine qui fonctionne.

Les bluezonards (Okinawa, Avdentistes, Crète, etc.) : c’est la restriction calorique à dominance végétarienne qui fonctionne.

On ne saurait résumer à une histoire d’acide aminé. Néanmoins, avec la B12, la méthionine, la glycine, l’homocystéine, et si on y ajoute un apport équilibré en graisses polyinsaturées, en fibres, en micronutriments, une flore intestinale équilibrée, en tenant des comptes des synergies, des effets antagonistes ou des habitudes (jeûne), ou du mode de vie global, on peut avoir une idée de ce que peut-être une alimentation optimale. Nul ne doute qu’elle puisse prendre plusieurs formes. Le grand puzzle des alimentations viables, en quelque sorte.

Pour cet article, il est issu d’une réflexion suite d’une longue relation e-épistolaire, merci donc à ce lecteur du blog !

édit du 19 décembre 2014 : Julien Venesson a écrit un article analogue, en tout cas abordant le même sujet, avec des études complémentaires, allant dans le même sens, tout comme dans son bouquin sur la nutrition Paléo : c’est ici http://www.julienvenesson.fr/la-science-devoile-le-secret-de-la-longevite/

A noter que le L devant glycine est inutile, c’est le seul acide aminé dit achiral, c’est à dire que son reflet sur un miroir est exactement la même molécule, la structure en trois dimensions est identique.