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Périple en archéo-nutrition : Weston Price et les caries perdues

Ah, Weston Price. Je crois que j’ai déjà assez radoté sur ce dentiste aventurier du siècle dernier (et même du 19ème).

weston-price

Voilà, une photo bien austère pour calmer.

En fait, voici ce que j’ai écrit à son sujet :

Et un peu partout sur le blog en fait…dès que ça touche aux caries, aux peuples isolés, aux vitamines liposolubles, et autres sujets récurrents.

Autant dire qu’il s’agit du marronnier du blog. Pas vu grand chose sur Gallica, donc l’exercice possible avec les Mellanby ne sera pas dupliqué.

D’autres articles sont disponibles en français, sur la toile, je vous invite à utiliser google pour ce faire.

Donc cet article n’en est pas un, il s’agit juste de promouvoir, pour la seconde fois la thèse de Francis MacKay. Non pas parce qu’elle mérite d’être diffusée (un simple partage sur Facebook suffit), mais tout simplement parce qu’elle est là. Je veux dire : disponible en html, au propre, en version à la fois épurée des oripeaux académiques (jury, sources…), et enrichie de quelques observations et liens utiles. Ce travail d’enrichissement à base de liens et d’illustrations sera fait en continu, au fur et à mesure des mois et des années qui passent.

Pas d’articles de références, difficile de faire mieux à défaut d’une traduction définitive du bouquin, j’enrichirais donc cette thèse à la méthode 2.0.

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En voilà déjà une mouture satisfaisante.

Ce fut un travail un peu fastidieux, même si le travail OCR a été utile, je pense avoir retapé manuellement la moitié de la thèse tellement le copier-coller a donné des horreurs impubliables !

Critique de la critique : en relisant cette thèse j’ai été réenchanté de lire un matériel écrit à une époque antédiluvienne bien que largement postérieure à celle de Price.

Le document n’est pas exempt de critiques : mise en page parfois loufoque, écriture de petits signes en marge du document, fautes d’orthographe, fautes grammaticales. J’ai peine à penser qu’il s’agisse de la thèse finale parfois. A moins que sa nationalité écossaise l’ait fait bénéficier d’une clémence du jury…je ne sais pas, si un lecteur peut aller consulter le document disponible à la faculté de médecine de Paris plutôt que celle dont j’ai la copie (de la Bibliothèque Nationale de France), je lui en serai très reconnaissant D’ailleurs tout un passage, pas très long a été perdu, comme blanchi…

Pour le contenu en lui-même, c’est un régal. A défaut de l’ouvrage massif de Price, on saura se contenter de cette thèse. Elle met le doigt sur les forces et les faiblesses de l’œuvre de Price, ce qui est très bien, n’ayant pas su les formuler moi-même – et de manière plus honnête que chez Quackwatch ou autre sceptique qui ne tient pas compte des forces de l’approche de Price –  je n’avais pas pour but de devenir une groupie du monsieur…!

A noter de particulièrement rafraichissant :

  • le rapprochement des travaux de Price, avec d’autres auteurs qui confirment les découvertes de Price assez précisément : les Mellanby évidemment, mais aussi Robert McCarrison, un contemporain de Price, qui visite l’Inde et décrit le peuple des Hunzas, à tendance végétarienne (j’ai bien dit tendance), et dont le caractère isolé est à rapprocher des peuples visités par Price, et présentent les mêmes signes de vitalité.
  • Le passage sur le beurre spécial de Price : on devine qu’il est produit à partir de lait de vaches ayant brouté de l’herbe de printemps au moment de la repousse, et riche en vitamine K1. Elle est convertie par la vache en K2. La K2 serait donc le fameux facteur X détecté par Price.
  • Je le répète ce n’est pas un auteur « paléo ». Les laitages et les produits céréaliers ont plus que leur place sous des formes de haute qualité : le blé frais et entier – et sans doute fermenté au levain pour réduire l’acide phytique – fait partie des protocoles de Price, qui contrairement aux Mellanby outrepasse leur soi-disant caractère anti-minéralisant.
  • Les peuples vivant près des côtes semblent plus robustes que les autres aux yeux de Price : faut-il y voir un effet de l’iode ? Ou des produits de la mer (plus gélatineux ?) ? Les oméga3 des poissons ? A prendre avec des pincettes, mais cela titille ma curiosité, et pourrait rejoindre les observations et études sur le(s) régime(s) méditerranéen(s) qu’il s’agisse des anciens crétois comme des anciens sardes des zones bleues.
  • Tout le laïus sur les régimes spéciaux pour enfanter à destination de la future mère et même du père. Les remarques sur la gestation et l’accouchement facilités qui rejoignent l’approche de Michel Odent sur le sujet.
  • L’approche dentaire reste la plus solide et étayée, davantage que les autres observations sur la santé et la robustesse des populations – même si ce n’est pas dénué d’intérêt, loin de là -.

Aussi, il faut prendre du recul par rapport à des choses datées et qui peuvent nous faire bondir : l’approche « raciale » (on parle même de « stock humain »), la dichotomie entre civilisés et primitifs que l’on peut interpréter de manière péjorative. On pourrait même y voir une ode au bon sauvage. La méthode de Price est critiquable, son vocabulaire parfois daté (son christianisme ressort de manière inattendue aussi bien pour l’athée actuel que les chrétiens). Pas de quoi y voir une ode au colonialisme, mais pas de quoi s’offusquer, se replacer dans le contexte d’époque…même le mot ivoire (à la place de dentine) est utilisé…O tempora o mores.

Périple en archéo-nutrition : le couple Mellanby

Il m’est revenu l’envie d’écrire, donc…me revoilà après un peu plus d’un an d’absence (réelle). Pour combien de temps…je ne sais pas !

Je désigne par archéo-nutrition les débuts timides de cette science où tout restait à découvrir, où les moyens étaient rudimentaires, mais la soif d’apprendre faisait des hommes et femmes scientifiques des aventuriers, au sens figuré comme au sens propre (surtout au regard de l’approche de Weston Price).

Évidemment, nous avons changé d’époque, la pratique de la science s’est mutée peu à peu en même temps que les nouvelles technologies, normalisant ce petit monde. Entre relecture par les pairs, circuit de publication, le rôle de la presse et des réseaux sociaux, les scientifiques semblent avoir perdu un peu de leur mystère, de leur aura.

Aujourd’hui je voulais en savoir plus sur les Mellanby. Edward, né en 1884, May Tweedy en 1882, tous deux sujets de la couronne britannique. Ils se sont mariés en 1914 au début d’une guerre mondiale. On attribue au premier la découverte de la vitamine D, notamment en travaillant sur des chiens en cage nourris pauvrement – du porridge – et à qui il administre de l’huile de foie de morue. Sa femme travaillera plus directement sur la nutrition et les caries.

 

C’est pas les Curie, mais c’est la classe quand même !

J’ai voulu voir ce qu’on disait d’eux à l’époque. Pas un point de vue encyclopédique daté du 21ème siècle, mais voir, tâter l’esprit de cette époque. Et comme je n’ai pas eu le courage d’affronter le web anglophone, j’ai voulu voir sur Gallica, des extraits de la presse francophone de ces années-là.

I. Edward Mellanby : entre huile de foie de morue et héliothérapie, scientifique défricheur, à la découverte en plusieurs temps de la vitamine D.

Un extrait de La Pédiatrie pratique : journal de clinique et de thérapeutique infantiles du 15 juillet 1923

 

Cliquer sur les images pour lire

J’apprécie ce tâtonnement, l’huile de morue semble faire effet donc, mais on doute que ça soit la vitamine A. On suspecte également que le soleil joue un rôle contre le rachitisme. Au bout du compte, on un corps actif, distinct de la vitamine A, qui semble avoir un rôle calcifiant. L’avitaminose A se nomme hikan au Japon, xéropthalmie ou kératomalacie en Europe et on parle plutôt de troubles oculaires graves, mais la vitamine A ne semble pas être ce principe antirachitique. On prescrit donc naturellement de l’héliothérapie, ainsi que de l’huile de foie de morue contenant ce fameux principe antirachitique qui ne porte pas encore de nom.

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Vertu de l’empirisme ou de la « sagesse nutritionnelle » qui précède la science. A noter la coquille hydrosoluble ou lieu de liposoluble. Source Gallica, perdue…je peux retrouver au besoin

Concernant la vitamine D, on a davantage de détail dans la Revue générale des sciences pures et appliquées de 1926 (pages 262 à 270,  Les points de vue récents sur les problèmes des vitamines). Étrangement le bêta-carotène est encore indistinct de la vitamine A (puisque produite par les végétaux), mais la vitamine D a bien été identifiée entre temps, soit trois ans après le précédent document. La vitamine E est également invoquée, étant synthétisée par les végétaux. Edward Mellanby d’ailleurs n’était pas convaincu que la vitamine A fut antirachitique. Ce document présente pas à pas ce tâtonnement de la découverte de la vitamine D, depuis les travaux de ses prédécesseurs McCollum, Osborne et Mendel qui liaient déjà matières grasses et croissance des animaux.

De manière désuète (mais charmante !), on y lie la vitamine D et le cholestérol, ce qui est largement reconnu depuis, cholestérol nommé cholestérine (et le phytostérol, est nommé phytostérine). Le document est un peu plus technique que celui de la Pédiatrie Pratique, je trouve ces deux fascinants. Les termes y sont parfois datés, mais la science (la biologie, la physiologie et la science du métabolisme) progresse à pas de géant en quelques années. On parle bien des célèbres années folles (Roaring Twenties) qui s’achèveront par le désastre financier de 1929.

Pour finir, une note aventurière – en tout cas géographique ! – qui fera le lien avec sa femme, dans la Revue Médicale Française de Juillet 1920 :

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Deux remarques me viennent instantanément :

  • L’Île Lewis sera par la suite visitée par Weston Price, qui connaissant bien les travaux des Mellanby, et ayant sans doute pour intuition qu’un mode de vie – dont la nutrition, bien sûr – qui protège du rachitisme, protège également des caries : on parle bien de tissus fortement consommateurs de calcium.
  • L’allaitement, encore aujourd’hui source de confusion : tantôt tenue coupable des caries chez le nourrisson, tantôt célébrée, semble ici être tenue protectrice du rachitisme. A-t-on seulement procédé à une étude comparative de la qualité du lait des femmes allaitantes pour lier par exemple carences – en vitamines A, D, K2, calcium, phosphore – et survenue des caries chez le nourrisson. Il va de soi que la femme ne peut pas donner plus que ce qu’elle a, et Weston Price a déjà noté dans les tribus traditionnelles immunisées à la carie dentaire les régimes alimentaires spéciaux que recevait la femme avant, pendant et après la procréation. Sur cette étude de 2014, l’allaitement n’est par exemple pas tenu responsable des caries.

Pour le lait de la vache, on sait qu’il dépend de plusieurs facteurs dont la nutrition des ruminants, avant tout. Pourquoi cela ne serait-il pas le cas chez l’être humain ? A ce propos j’ai trouvé ce petit document Études / publiées par des Pères de la Compagnie de Jésus (Note de Sylvain : une époque plus religieuse sans doute…), de janvier 1925 tout de même. On pourrait creuser davantage, retrouver l’étude en question, mais il est révélateur du fait que parfois on semble réinventer le fil à couper le beurre…et c’est en ça que l’archéo-nutrition m’amuse. On sait déjà que l’alimentation industrielle ne date pas du 20ème siècle – souvenez-vous, la margarine -, mais même l’alimentation en provenance des animaux était déjà altérée.

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En 1925 on avait, en quelque sorte déjà tout compris…

II. May Mellanby, soigneur des dents par la nutrition, approfondit les découvertes de son mari

May Mellanby, fière femme de science est déjà plus dans l’application directe des découvertes. Son mari découvre les vertus pratiques de l’huile de foie de morue ? Elle voudra aller plus loin dans le sujet et couvrir le champ de la nutrition et des caries plutôt que celui de la biochimie pure par une carrière dédiée aux expérimentations cliniques.

Malheureusement, son approche qui m’intéresse logiquement plus que celle d’Edward m’est difficilement accessible. Tout n’est pas disponible sous le manteau par internet. Pour les parisiens, disposant d’une carte de bibliothèque il doit être possible de consulter ces trésors. Même Amazon ne dispose que de Diet and the teeth : an experimental study sans avoir la certitude qu’il s’agisse des deux parties.

On peut, toutefois, trouver un pdf de Nutrition and Disease (1934), écrit par Sir Edward Mellanby (anobli donc ?), certes, mais valorisant les travaux de sa femme avant tout.

J’invoque donc Gallica à nouveau, pour savoir ce qui se disait en France sur ses travaux, ici dans L’Homme libre, journal quotidien du matin, du 29 avril 1931 :

 

On remarquera à quel point il est difficile de séparer de manière bien évidente l’apport de May et celui de Edward. Je pense qu’il faut vraiment les voir comme un couple, même si je suppose qu’à l’époque, il était plus facile pour Edward, en tant qu’homme de revoir les lauriers. On y note la présence d’une autre femme ayant travaillé avec May Tweedy Mellanby, C. Lee Pattison.

Avec May Mellanby, toutefois on quitte la simple question des os, pour se pencher sur celles des dents. Et en tant que tissu fortement calcifié, les dents sont aussi sensibles à l’apport en vitamine D. C’est dans ce cadre-là qu’elle peut conclure, chez les chiens dans un premier temps, puis chez les humains que la vitamine D protège de la carie dentaire. Et lutte…contre cette carie, non pas en produisant de l’émail, mais de la dentine secondaire qui vient s’ajouter à la dent.

Des éléments anticalcifiants sont détectés dans les céréales (à degrés divers selon le type de céréales). On ne lui donne pas encore de noms mais je suspecte très vite l’acide phytique, surtout que le germe de blé en contient plus que les autres parties du blé. L’acide phytique est reconnu comme se fixant aux minéraux et empêchant d’être digérés dans l’intestin. Mais la vitamine D administrée semble contrecarrer cet effet.

Le mot inhabituel pour qualifier ce principe déminéralisant…toxamine me pousse à aller chercher plus loin. Effectivement, il s’agit bien de l’acide phytique. – boulangerie.net un lien du lobby encore 😀 – Il semblerait que le pain complet contienne également de la phytase, une enzyme qui désactive l’acide phytique pour dire simplement les choses. Ce qui expliquerait pourquoi les pains davantage fermentés, au levain par exemple (pour que la phytase fasse effet dans le temps) sont préférables au pain à la levure, ou même à des tas de produits farineux (farine blanche ou complète d’ailleurs) du commerce sont déminéralisants comme cela avait été constaté par May Mellanby et dans les mêmes proportions que le contenu dans cette fameuse toxamine.

A l’heure actuelle, le rôle des farineux, ou plutôt des sucres en général dans la flore buccale est reconnu, avec en ligne de mire le Streptococcus Mutans qui vient causer la carie. Je suis surpris que l’on ne retienne du couple Mellanby que la simple découverte de la vitamine D et son rôle dans le rachitisme, leurs découvertes – déminéralisation par excès d’acide phytique ou carence de vitamine D –  dans le domaine des caries semble soit minorées, soit classées dans un classeur « vieille science démodée et isolée, NOUS ON SAIT que c’est surtout la bactérie qui est en cause ». Légèrement frustrant. D’autant que l’on comprend mieux le rôle calcifiant de la vitamine D en relation avec la vitamine A, et surtout la K2, découverte bien après et qui par bien des aspects affine et complète notre vision du métabolisme du calcium dans le sang puis dans les tissus qui en ont besoin – os, cartilages, dents -.

Sur le travail de Weston Price qui parachève celui des Mellanby évoqué plus haut, en découvrant un autre principe actif, voisin des vitamines liposolubles déjà découvertes (A et D), dont il semble presqu’établi qu’il s’agit de la vitamine K sous sa (ses) forme K2. Il sera longtemps surnommé activateur (ou facteur) X. Mais il s’agira d’un tout autre article, pas forcément sur ce modèle d’ailleurs. Mais petit bonus archéo-nutrition que j’ai eu du mal à intégrer dans la trame de l’article, toujours dans le document Études, publiées par la Compagnie des Pères de Jésus :

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Cette vitamine X, bien que le X me fasse penser à Price, ne serait-elle pas, tout simplement l’acide folique -vitamine B9 ? Toutefois, le document date de 1925, et il est admis que l’acide folique a été découvert pendant la seconde guerre mondiale soit plus de 10 ans plus tard. Les travaux précurseurs (merci Wikipédia) de Lucy Wills datent du début des années 30. Il est indiqué années 20 pour l’anémie macrocytaire. Et là, difficile d’en savoir plus sur le moment. La vitamine K2 a bien quelques vertus sur la fertilité, je ne m’avancerais pas non plus, cela ne doit pas être le seul micronutriment dans ce cas. Cela dit, comme l’ostéocalcine influe sur les taux de testostérone dont le métabolisme (décarboxylation), dépend de la K2…mais enfin tout ça est pure conjecture…et bien complexe aussi. Prudence.

Les actus digérées #13

Bonjour ! Encore une semaine à se demander si on aura du matériel pour les actus digérées du week-end… et au final on a ce qu’il faut. Entre interrogations sur la science, lait cru, vitamine D, néolithique et bains japonais, bonne lecture.

Ici cet article de Dean Burnett s’applique à démonter l’affirmation comme quoi tout scientifique serait un puits de science. Rien de plus faux, chaque scientifique étant sur son domaine de prédilection, il se spécialise. Il est ainsi toujours malaisé de croire un scientifique sur la base de ses titres.

D’un autre côté que penser d’un type comme Brian Peskin, pas un scientifique au sens universitaire du terme ? Sa meilleure description est donnée chez Julot des Dogmes de la Nutrition.

Brian Peskin est un original, mais il est à bien des égards emblématique de l’état de la science. Il pourrait même être un modèle pour son futur. Le « professeur », s’il a une bonne formation scientifique, n’est ni docteur, ni médecin, ni chercheur au sens habituel. Néanmoins, il a des théories et des recommandations qui sont basées sur la recherche scientifique la plus incontestable. Ce drôle de passeur épluche les revues scientifiques. Il élimine les articles dans lesquelles il discerne un biais ou un défaut de rigueur. Il se trouve qu’ils sont bien plus nombreux qu’on ne pourrait le croire : dans les revues médicales les plus prestigieuses, on trouve des procédures manquant de rigueur (par exemple on sélectionne soigneusement les sujets au préalable), un manque de maîtrise des outils statistiques (en particulier en ce qui concerne les résultats « significatifs »), et des résumés qui ne traduisent pas fidèlement le contenu de l’étude. Eh ouais.

Peskin n’est pas un spécialiste au sens disciplinaire. C’est un « honnête homme » d’aujourd’hui, appliquant son travail et son sens critique aux savoirs existants. Il en fait émerger ce qu’il appelle des « résultats de la vraie vie », donnant force à l’idée que nous savons en fait plus que nous ne croyions si nous pouvons faire des synthèses au sein de l’immensité de la recherche et de la science d’aujourd’hui.

Un twitt ici qui m’amuse assez. Je ne sais pas si Dominique Dupagne sous-estime la différence entre lait industriel et lait à l’ancienne. Pour ma part, je ne goûte que très peu à la modalité vivante (soit-disant) des aliments.

Pas emballé par cette histoire d’enzymes, vouées à être détruites… disons dénaturées dans l’estomac, merci à nos sucs gastriques. On fabrique nos propres enzymes.

Il existe certaines affirmations sur le net glanées à droite et à gauche qui expriment l’idée que certaines enzymes sont intactes au sortir de l’estomac. Je suis sceptique. Peut-être que Véronique Richez-Lerouge a quelques éléments en contradiction avec la sagesse conventionnelle ?

OK pour la flore du lait, des laitages crus qui finissent par rejoindre l’intestin. Il est probable que le lait cru contienne une population bactérienne qui se nourrit du lactose rendant donc ce lait plus digeste que le lait pasteurisé, pour une certaine catégorie de personnes : Le lait cru ne contient pas de lactase…

Pour ce qui est de la différence entre laitages à l’herbe et laitages aux céréales, la différence par contre est significative, j’en discutais ici, il n’y a pas si longtemps. L’homogénéisation des graisses est aussi problématique.

Ma position a donc légèrement évolué, depuis que j’ai écrit cette série d’articles, inspirée par la vague WAPF et le livre de Ron Schmid, The untold story of milk.
Que faut-il penser du lait I
Que faut-il penser du lait II

Que faut-il penser du lait III
Que faut-il penser du lait IV

En attendant d’acheter, lire et commenter le livre de Véronique Richez-Lerouge, La vache qui pleure, on pourra, en français également lire Le lait, la vache et le citadin de Pierre-Olivier Fanica qui raconte l’histoire du lait en France. On sera tenté de penser qu’il était préférable par le passé de boire du lait fermier plutôt que du lait des villes…il est probable que dans ce cas particulier la pasteurisation n’a apporté que des bienfaits, mais parle-t-on du même aliment ? Mmh…

lait_vache_citadin

Beurre ou margarine ? Les margarines étaient souvent avec des acides gras trans : à éviter. Avec des acides gras interestérifiés : à éviter. Celles avec des émulsifiants…à éviter sans doute aussi…

La vitamine D pendant la grossesse : il semblerait que cela soit bénéfique.

La vitamine D et le cancer de la prostate : ne le prévient pas mais semble atténuer son agressivité.

Un article passionnant de la BBC. Il confirme que les chasseurs-cueilleurs ont des taux de caries, certes non nuls contrairement à la légende urbaine, mais toujours inférieurs aux tribus d’agriculteurs qui les ont suivis.

En fait, les dents pourries sont devenues un problème que très récemment – il y a à peu près 10 000 ans – à l’aube de la période néolithique, quand nos ancêtres ont commencé à cultiver. Une pratique dentaire assez sophistiquée est apparue peu après.

néolithique

Toutefois : attention à ne pas sauter sur une quelconque conclusion trop tôt !

Un sympathique dessin. Pour ceux qui veulent creuser le sujet, je conseille les films ou manga Thermae Romae. Pour ma part je suis assez friand de bains thermoludiques, je file assez souvent aux pieds des Pyrénées pour alterner le chaud (caldarium, hammam, sauna) et le froid (frigidarium). Je ressors toujours revigoré après deux heures de bains. Surtout si je finis par le frigidarium, un bain à 15°C.

Bonne semaine à tous, préparez-vous à affronter le lundi, il est de retour dès demain !

return of monday

« Le pouvoir naturel de réparation des dents »…

C’est sous ce titre un brin provocateur que l’Inserm a communiqué les résultats d’une étude récente dans la revue Stem Cells :

Essential roles of dopamine and serotonin in tooth repair: functional interplay between odontogenic stem cells and platelets Anne Baudry1,2*, Aurélie Alleaume-Butaux1,2*, Sasha Dimitrova-Nakov1,2*, Michel Goldberg1,2, Benoît Schneider1,2, Jean-Marie Launay3,4,5** & Odile Kellermann1,2** 1 INSERM UMR-S 1124, Cellules souches, Signalisation et Prions, 75006 Paris, France. 2 Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, UMR-S 1124, 75006 Paris, France. 3 AP-HP, Service de Biochimie, Hôpital Lariboisière, 75010 Paris, France 4 INSERM U942, Hôpital Lariboisière, 75010 Paris, France 5 Pharma Research Department, F. Hoffmann-La-Roche Ltd., CH-4070 Basel, Switzerland Stem Cells, 7 avril 2015 Doi: 10.1002/stem.2037

Le communiqué étant disponible ici, ou également en pdf :

Les chercheurs de l’Inserm et de l’université Paris Descartes viennent de franchir un pas dans la recherche sur les cellules souches et la réparation dentaire. Ils sont parvenus à isoler des lignées de cellules souches dentaires et à décrire le mécanisme naturel par lequel elles parviennent à réparer des lésions de la dent. Cette découverte fondamentale permettra d’initier des stratégies thérapeutiques inédites mobilisant les cellules souches résidentes de la dent afin d’amplifier leur pouvoir naturel de réparation.

Le site Santé-Log reprend à son compte la nouvelle, sans doute historique, en précisant d’un laconique « Jusque-là on en savait peu sur ce processus« .

Modélisation 3D d’une dent.La pulpe dentaire est en jaune. ©Inserm/ Chappard, Daniel

Modélisation 3D d’une dent. La pulpe dentaire est en jaune. ©Inserm/ Chappard, Daniel

Historique, cette étude, pourquoi ? Parce qu’elle rejoint les lubies des époux Mellanby, du docteur Price, dont les études ont été plus ou moins ignorées…et donc classées sans suite. Il y a un peu plus d’un an j’écrivais cet article. Les sceptiques seront juste satisfaits d’une étude publiée dans les règles de l’art, tandis que les naturopathes éclairés ne seront pas surpris…ce qui me fait dire qu’il y a moyen de faire fonctionner son cerveau et séparer le bon grain de l’ivraie en naturopathie, y compris en l’absence d’études cliniques randomisées en double aveugle publiée dans une revue qui a pignon sur rue et évaluée par les pairs.

On attend d’en savoir plus sur les implications de ces deux neurotransmetteurs, la sérotonine et la dopamine. Cela pourrait expliquer le lien direct entre caries et stress, mais également stress et niveaux de dopamine…sans trop m’aventurer, je crois que le stress épuise les niveaux de dopamine…attendons de voir…quoiqu’il en soit il parait nécessaire d’être bien dans ses baskets, et gérer son stress.

© Inserm / Odile Kellermann, Anne Baudry

© Inserm / Odile Kellermann, Anne Baudry

On piaffe d’impatience sur les méthodes qui vont émerger et qui à coup sûr, et qui remplaceront les amalgames de mercure, les composites, les couronnes…aussi on peut se poser la question de la pertinence de la dévitalisation chez dechairetdelait, ou même sur ce blog créé par un dentiste, ou encore celui de Michel Raynaud au look très 1997. Un scandale à venir sur un acte qui n’est peut-être pas si anodin. A titre personnel, je me tâte à aller voir un dentiste holistique pour voir ce que je peux faire avec mes composites.

En revanche, toujours pas de vitamine liposolubles, A, D ou K2, ni de références au métabolisme du calcium et du phosphore, mais l’article met en évidence le phénomène plus en amont qui régit l’utilisation de ces micronutriments. Je suis juste content, à l’heure actuelle, qu’il y ait une confirmation par un institut scientifique reconnu d’un phénomène de réversibilité des caries, même si précisément l’émail perdu ne se reconstitue pas. Ce que croit Ramiel Nagel, mais je ne suis pas convaincu. En principe il s’agirait d’une repousse de dentine secondaire ou même tertiaire, cela reste à déterminer.

Les commentaires de certains, sur cet article :

« Zob » (la délicatesse du pseudo), « Magicienne », « Cindy », « Dentist » ou bien « Franz Villefort » tout en ironie d’ignorance (la plus savoureuse),

ou encore les dentistes de Eugenol, comme ici par exemple., qui ne manquent pas de jouer les indignés, en évitant de se poser les bonnes questions, de faire des recherches, ou de remettre en question leur enseignement conventionnel

…me font encore plus rire.

Clair et Lipide : 1 - Sceptiques de supermarché : 0

Clair et Lipide : 1 – Sceptiques de supermarché : 0

J’en conclue quelque part que la science, en tout cas officielle ne fait qu’anoblir certaines découvertes empiriques connues de certains praticiens en marge, et/ou en rupture partielle sur le champ conventionnel de leur discipline. Sur un autre sujet, on pourra se demander le pourquoi du comment de la publication simultanée de plusieurs ouvrages* sur le sujet des intestins**. Au-delà des intestins, une masse toujours plus importante de connaissances liant maladies mentales ou tout simplement l’humeur(s), santé digestive et microbiote, on pourra se référer à Paul Whiteley qui tient un très bon blog sur le sujet. Là aussi la simple évocation de guérir d’une maladie mentale en suivant un protocole alimentaire (au hasard : GAPS !) suffisait il y a quelques années à déclencher des rires incontrôlables et à vous mettre dans la case des illuminés. Dorénavant ces connaissances percolent…infusent aussi bien dans le grand public (merci Arte qui se fend de plusieurs documentaires régulièrement) que parmi les scientifiques : même le Lancet admet qu’un régime alimentaire adapté fait partie d’une thérapie globale en psychiatrie. Il est certes, toujours plus rassurant de voir des docteurs (phd’s) s’exprimer sur le sujet, mais que de temps perdu…

Aussi, tenir un blog indépendant sur plusieurs années a ceci de rafraichissant : quand de nouvelles données scientifiques apparaissent, cela permet de faire son mea culpa, de confirmer ses réflexions ou de nuancer ses prises de positions. Prévoir du pop corn me parait salutaire.

* The Good Gut par Justin Sonnenburg et Erica Sonnenburg
** Le charme discret de l’intestin par Giulia Enders

the good gut charme intestin

A la quête de…oh et puis zut !

Tout d’abord bonne année…et bonne santé. C’est un peu pour cette dernière que je blogue, et je sais à quel point elle est précieuse pour chacun d’entre nous, avoir la santé n’est décidément pas un luxe 🙂

Je voulais revenir brièvement sur un sujet dont l’article a eu pas mal de succès, si je m’intéresse au nombre de commentaires (dans les faits c’est cet article là qui est le plus visité, à vrai dire la majorité du temps le nombre de hits pour cet article dépasse la somme de tout les autres, vive google).

J’ai donc fini la bouteille de Green Pasture. Deux ans. Une supplémentation « douce » on pourrait croire. Mais j’ai gardé un arrière-goût en bouche assez désagréable : la fermentation c’est aussi l’oxydation absolue des oméga-3, autrement dit, si le contenu en vitamines liposolubles est sympathique, on ne restera jamais convaincu par cette huile hyper rance, et surtout quels sont ses effets sur l’organisme ?

J’ai donc opté cet hiver pour l’huile suivante, de chez Garden of life, qui semble-t-il garde ses propriétés fraîches, si je puis dire, d’un foie non fermenté, et ayant gardé son caractère non désodorisé, bien qu’étant vendue avec une saveur naturelle de menthe-citron, pas franchement horrible, bien qu’étrange, décalée même. Le goût originel ne transparait donc pas.

On notera, ô miracle, une tentative de transparence en ce qui concerne le contenu en vitamines, ainsi qu’en oméga3 à longue chaîne :

garden of life2013-11-18 10.52.48

Pour l’anecdote : oui le papier-bulle avec de grosses bulles, c’est génial.

Cliquer pour acheter de l’huile de foie de morue Garden of Life

Ah, joie, on a la quantité en IU et non pas en IU/g, unité de mesure pas vraiment aux normes (la fameuse notice de Cooper a déménagé et est disponible ici) et qui aura eu le mérite de me mener à la confusion totale. Oui c’est possible de convertir, de faire des tables de trois mais enfin, quand tout le monde parle en IU, on fait l’effort de s’adapter !

Il y a deux déceptions. Ouais, en bon perfectionniste je suis déçu. La quantité journalière de vitamine D ne correspond qu’à deux fois les apports conseillé de l’AFSSA. Et c’est donc 10 à 20 fois inférieur aux apports conseillés par les scientifiques (les indépendants hein). Rien de neuf, c’est la raison pour laquelle je pressentais qu’il me fallait une supplémentation en vitamine D.

La seconde déception, c’est que je me suis amusé à faire une recherche google sur Ray Peat et l’huile de foie de morue pour savoir ce qu’il en pensait. Et là c’est le drame. On y apprend grosso modo que l’huile de poisson est déjà oxydée quand elle vous parvient. J’avais déjà constaté ça pour l’huile de colza, aucune raison de dédouaner l’huile de poisson. Et même si on atteint pas le niveau d’oxydation de l’huile de Green Pasture, l’article est suffisamment éloquent quant aux implications de cette huile sur la santé (système immunitaire notamment). Suffisamment en tout cas pour que ma bienveillance de base se transforme en méfiance.

Je n’ai pas envie d’invoquer un joker inuit. Hein, vous savez le poisson pourri…leur huile n’était certainement pas fraiche. On pourrait même se méfier des poissons sur les étals. Ray Peat (notoirement réputé pour être anti-polyinsaturés) note que l’huile de poisson pourrait même s’oxyder avant d’atteindre le flux sanguin.

Aussi je trouve curieux la présence d’alpha-tocophérol dans…les ingrédients. Donc c’est de la vitamine E ajoutée, pour faire simple. Vitamine qui joue le rôle d’antioxydant, in vitro, in vivo. Garden of life chercherait à préserver leur huile de foie de morue de l’oxydation ? Cela me semble assez léger, à voir avec la teneur, non précisée. Il aurait été presque plus utile de combiner une huile riche en graisse saturée (huile de palme rouge ?) avec l’huile de foie de morue pour la protéger de la méchante oxydation, voilà une idée à exploiter, dommage pour l’empreinte carbone d’une telle opération.

Plus je creuse, moins je suis certain de ce qu’il faut en penser. En conclusion, prudemment, tout de même :

bonne source de vitamine A (rétinol, bien plus bio-disponible que le bêta-carotène, si vous avez un foie surchargé, pensez-y)

vitamine D : correcte mais très probablement insuffisante.

oméga3 : c’est la grande question, la fraicheur du poisson revient toujours sur le tapis, les oméga3 oxydés ayant l’air d’être plus que contreproductifs. (et donc les poissons sur les étals…c’est pas pareil parce qu’il y a la chair autour ? A voir, ou plutôt j’attends un commentaire qui saura me répondre 🙂 Il me semble bien que la consommation de poissons est positive)

– En conséquence de quoi, paradoxalement je conseillerais plutôt l’huile à une personne en bonne santé cherchant à se supplémenter – surtout en vitamine A ! -, plutôt qu’à celles ayant une santé défaillante (à voir chez les immunodéprimés par exemple, et les autres maux relevés par Ray Peat). Les plus costauds d’entre nous pourront – pourraient ! – encaisser les dégâts des oméga3 oxydés (voire prévenir l’oxydation ?), si la dose reste respectée.

– Au final…à prendre avec des pincettes. Moi-même, je ne sais même pas ce que je vais faire. Je me contente de regarder la bouteille, bouteille fort jolie au demeurant.

En bonus, une note d’humour : la sagesse des gaulois, le poisson source de dispute source : Indiansamourai.com

frais poisson

Sous la cavité et la carie, le scepticisme

Les caries c’est toujours un succès, aucun scrupule donc, à écrire un nouvel article sur ce sujet. Allons-y gaiement.

La science évolue, comme vous le savez, c’est fait de chercheurs bossant en laboratoires (surtout), et de journalistes qui tiennent à apporter leur grain de sel histoire d’apporter leur pierre vulgarisatrice quand c’est possible. Parfois en déformant les résultats de la recherche, ce qui donne lieu régulièrement à des articles de mauvaise qualité, avec un titre bien racoleur – « Une noix par jour pour devenir centenaire » –

Depuis il y a eu l’avènement internet, les blogs, les forums, c’est le grand public plus ou moins averti qui a pu s’approprier le(s) sujet(s), en y apportant un éclairage sympathique. Ou pas, car en donnant la parole à tout le monde, on a certes plus de vifs débats, mais également une quantité phénoménale de déchets, à base d’expérience personnelle qui sert de thèse pour toute l’humanité, ainsi un certain Alain (cf Dur à Avaler) peut-il écrire en toute bonne foi pour étayer ses dires :

Je suis affirmatif parce que j’ai modifié progressivement (pendant quelques années) mon mode alimentaire et j’ai été surpris des résultats mesurables que j’ai obtenu…

Ben voyons : « j’ai trouvé mon mode alimentaire optimal et qui me convienne au mieux » = voici ce que tout le monde devrait faire, car c’est sûr ça va marcher ? Allons, allons, un peu plus de pudeur et un peu moins de certitude absolue…

A l’inverse, nous avons une partie du public, visible surtout dans la sphère anglosaxonne : les sceptiques. A priori, je serais tenté d’être dans leur côté, démonter la mauvaise science (debunking bad science), est un exercice sain, qui permet de faire la part des choses entre la science et la pseudoscience. Mais il ne faut pas abuser de toute chose, trop de scepticisme c’est également un poison. La science avance aussi parce que les chercheurs ont une forme de foi. Devenir 100% sceptique c’est ne plus croire en rien, or les chercheurs et la plupart des gens ont besoin de croire en certaines pistes (par exemple : le rôle de tel minéral dans la santé) afin de les rejeter ou de trouver…autre chose en chemin. Le scepticisme c’est l’inertie, on doute de tout, on ne fait plus rien, et on se contente de sniper les gens qui tentent de trouver des solutions. Comme dans un jeu vidéo, activité purement passive.

Le sniper de wikipedia

Le sniper de wikipedia

Ainsi, le scepticisme sur internet, est devenu le passe-temps favori de certains adolescents (ou pas mais c’est tout comme dans la mentalité) qui ont une forte culture scientifique, et qui vont donc se faire plaisir à écrire des articles pour se faire mousser auprès des potes, ou se trouver une nouvelle virilité en étant irrespectueux et détestable à souhait, après tout internet permet de dire ce qu’on ne se permettrait pas en face à face.

Par exemple, la bombe pigmatique de Eugene McCarthy trouve écho par exemple chez Skeptophilia. Chacun se fera son avis entre l’article patient, raisonné, et savamment construit, étayé, sourcé et argumenté du très courtois généticien américain, et l’avis lapidaire, agressif du blogueur skeptophilique. Et puis si le rasoir d’Occam (instrument favori des sceptiques, tiens tiens) ne devait pas s’appliquer, les faits relevés par Macroevolution sont vérifiables et écrasant de par leur nombre…et c’est autant de questions nouvelles qui resteraient en suspens. Pour un peu je dirais que les sceptiques manquent d’amour. Mais le fait de dire ça est le meilleur moyen de passer sous leurs fourches caudines…

Bon, revenons au sujet, les caries. Sur Facebook, via Stephen Guyenet, j’ai suivi l’activité d’un groupe  « I fucking hate pseudoscience » qui donne le ton : on va détruire toute la pseudoscience. Et tant pis s’il y a un peu d’authentique science qu’on aurait sous-estimé dans le lot : Tuez les tous, Dieu reconnaitra les siens. Dit différemment, c’est comme jeter le bébé avec l’eau du bain. Si vous parcourez le groupe, on peut même y trouver un article sensé détruire le régime GAPS. Le régime et ses résultats peuvent être contestés mais à l’heure où on redécouvre l’importance de la flore bactérienne dans la santé et l’humeur…mais c’est tellement plus urgent et défoulant de tirer à boulets rouges en faisant fi des articles scientifiques qui ne vont pas dans son sens. Un vrai besoin impérieux. Et puis sur les caries on trouvera ceci ou encore cet article paru dans un blog de dentiste.

Les caries du wikipedia germain

Les caries du wikipedia germain

Donc, je peux comprendre tout le scepticisme autour de cette question des caries. De là à rejeter les travaux des Mellanby, Edward étant à l’origine de la découverte de la vitamine D ? Il aurait donc fait des études sur les caries en pure perte, et par amour charlatanesque de la pseudoscience ? Je ne voulais pas faire dans l’argument d’autorité, mais n’est-ce pas un peu prématuré de rejeter leurs travaux ? Quant à Weston Price (autrefois président de l’American Dental Association !), il n’a pas l’aura des Mellanby, quand bien même toute son œuvre est fascinante, surtout lorsque l’on connait l’histoire de l’activateur X devenue la vitamine K2 grâce au travail de Chris Masterjohn, histoire racontée avec brio par Kate Rhéaume-Bleue.

Voici quelques précisions supplémentaires :

– la supplémentation en vitamine D peut être inutile et ne pas donner de résultats tangibles si les niveaux de vitamine A et de vitamine K2 sont bas. C’est pour ça que l’article du dentiste tombe un peu à plat, il a l’air d’être satisfait d’avoir remis à leur place les apprentis-sorciers vaudou guérisseurs des caries, des écrouelles et redresseurs de sexes tordus, mais sous silence triumvirat des vitamines liposolubles qui constitue le cœur du débat. Il est commode d’en faire l’impasse. Mais notons que l’auteur reconnait que certaines micro-caries sont réversibles.

– effectivement on ne guérit pas des caries, le terme est sans doute mal choisi. Mea culpa si ça n’était pas évident, l’émail ne repousse jamais, par contre, quand on parle de reminéraliser une carie, c’est une couche de dentine secondaire qui peut combler la cavité. On peut ainsi parler de soigner plutôt que de guérir.

– je ne sais pas ce qui se passe si l’émail vient à manquer au point que la dent se fracture en deux, ou si la dentine primaire a entièrement disparu sous les assauts répétés des bactéries. Probable que la situation soit critique avant d’en arriver là…et les solutions « non-naturelles » des dentistes peuvent être obligatoires, hé oui.

– la prévention est importante…bien sûr. Pas la peine d’attendre que le mal soit fait pour correctement s’alimenter.

– le mécanisme acido-basique est en concurrence avec l’équilibre des vitamines A, D, K2. Je n’ai aucune idée concernant du mécanisme qui serait prédominant sur l’autre. Je ne m’aventurerais pas à avoir une alimentation acide et enrichie en vitamines liposolubles. Même pas pour le sport, même pas pour la science.

Pour résumer : le scepticisme c’est très bien, mais point trop n’en faut. Si je devais me référer à une métaphore footballistique, le sceptique est le gardien de but, il ne doit rien laisser passer. Il est essentiel pour ne pas perdre. D’un autre côté, pour gagner une équipe a besoin de marquer des buts et le sceptique est inutile dans cette perspective, il peut freiner l’enthousiasme de la recherche. La science (et l’humanité) a besoin de chercheurs et de résultats réellement positifs, pas seulement de résultats négatifs rejetés si je puis dire. Et ce d’autant plus dans le domaine thérapeutique, où l’on doit composer avec l’humain et la guérison/soin…je peux comprendre pourquoi le scepticisme a le vent en poupe tant on voit les conneries pseudoscientifiques new-age prendre de l’ampleur, mais une frange irréfléchie et peu curieuse de certains faits et études existantes semble prospérer. Malheureusement être sceptique par principe, goût ou personnalité n’est pas une condition suffisante pour avoir raison automatiquement sur tous les sujets…parfois on peut-être ignorant, malgré tout le vernis et la culture scientifiques issus des études ou de sa formation. Le reconnaitre est un grand pas vers les vraies qualités scientifiques, ce qui inclue d’observer et de se taire. Parfois. Et après on peut éventuellement reprendre les joutes…

Cariefication

Bon, j’avoue, le jeu de mots est pas terrible, mais suite au commentaire d’un dentiste (sans doute via le forum Eugenol) je tenais à mettre en garde, à propos de cette série d’articles sur les caries : Guérir les caries, elles sont réversibles et Comment j’ai guéri la carie de mon fils

La carie de wikipedia !

Si vous avez une carie, je vous encourage avant tout…à aller voir un dentiste. La méthode qui consiste à prendre soin de ses dents par la nutrition ne peut pas faire l’économie d’un dentiste. Tout simplement parce que le scepticisme a deux sens : peut-être il est possible que certaines cavités légères puissent se régénérer, peut-être pas. Bref, si vous avez quelques inquiétudes, peut-être allez voir un dentiste compréhensif, ou un dentiste holistique. Je ne recommande pas l’auto-médication, je dis juste qu’il existe peut-être une réalité plus nuancée. Lisez ces articles, mais prenez-les comme des éléments de réflexion pour votre santé dentaire, car mieux vaut prévenir que guérir, dans tout les cas. Si la carie est déclarée, ne faites pas l’impasse sur la visite chez le dentiste. Même si la perspective d’un amalgame, d’un plombage, d’une couronne, ou d’un implant n’est pas géniale (lire l’ouvrage de Ramiel Nagel sur ce point), c’est sans doute bien mieux que de laisser les dégâts s’installer, surtout si la pulpe est atteinte.

Je ne suis pas responsable de vos dents si vous n’allez pas voir un dentiste !

Que cela soit dit !

A titre personnel : après m’avoir prescrit des antibiotiques (suspicion de carie, les bactéries se régalent), je suis retourné voir mon dentiste plusieurs mois plus tard, il n’a constaté aucune carie, en dehors des emplacements de mes amalgames en place depuis quelques années. Ouf ! Je note qu’avant mon changement d’alimentation j’avais souvent mal à la gencive, en mangeant des aliments très chauds ou très froids, et parfois mâcher une viande très dure me faisait très mal (ça lançait comme on dit). Ce n’est désormais plus le cas ! Cela ne m’a pas incité à ne pas voir mon dentiste, bien au contraire.

Autrement, il y a quelques semaines, Martine nous donnait une des raisons de la santé dentaire des africains, une brosse à dents naturelle.

Yves Patte écrit pour NéoSanté, et voici un excellent article à lire d’urgence, sur l’importance de la vitamine D dans la robustesse des dents.

Science Nordic mêle son grain de sel et pense que la salive peut jouer un rôle bénéfique car elle contient du calcium et du phosphore…les deux minéraux essentiels des dents. Voici ce qu’en pense le professeur Tveit.

“Caries damage starts before the visible cavities develop, and our teeth can heal this on their own.”

She explains how most of such dental damage is taken care of before we notice any problem. Saliva is our salvation on that count.

“Saliva contains calcium and phosphate, which cleanse and heal out teeth.”

La salive…était relevé par un commentaire de l’article How I healed my child’s cavity de Sarah (Healthy Home Economist), avec une description de la salive provenant de l’ADA.org (y a pas plus officiel aux USA) :

« Saliva is like a bloodstream to the mouth. As does blood, saliva helps build and maintain the health of the soft and hard tissues. Saliva removes waste products and provides disease-fighting substances throughout the mouth, offering first line protection against microbial invasion or overgrowth that might lead to disease. The chemical nature of saliva has evolved in humans along with the oral flora and the teeth. Saliva is derived from blood and, as such, can be used diagnostically to detect diseases. ”

Serait-ce le chaînon manquant ? C’est intéressant en tout cas. On dirait que la salive et le sang sont très proches et que celle-ci joue un rôle analogue.

De même sur wikipedia (la version française, une source pas très souvent fiable cela dit), je note :

Dommages visibles : initialement tache blanche (pas toujours très visible). Une tache marron (plus ou moins foncée) signe une carie ancienne, reminéralisée, qui n’est plus active.

Mais, mais, je pensais que ce n’était pas possible ?

Quoiqu’il en soit : faites votre propre opinion. Et…allez-voir un dentiste si vous avez mal aux dents !

Oh my cod ! – A la quête d’une huile de foie de morue de qualité

(cod = morue en anglais)

Tout d’abord…bonne année à tous 🙂

Je ne pourrais plus autant remplir le blog comme en 2011, mais je vais essayer de privilégier la qualité 🙂 Je profite de cet article pour revenir sur la série des caries d’octobre 2011.

Dans notre monde actuel, maintenir des relations sociales, c’est aussi faire des compromis alimentaires…un peu trop d’alcool, trop d’apéritifs salés, de desserts généreux… Cet été, on va dire que je me suis un peu trop compromis, au point qu’une vieille carie s’est réveillée. Je l’ai donc traitée à la manière de Ramiel Nagel ou Weston Price.

Donc c’était bien joli que de tenir un blog sur l’alimentation, mais encore une fois, fallait-il mettre en pratique ce que je dis ! Ce fut chose (re)faite dès septembre 2011. Aux grands maux les grands remèdes, cure d’huile de foie de morue, spiruline, et gelée royale, on bannit les céréales et la plupart des glucides transformés. La douleur au niveau de la gencive est partie au bout d’une semaine, et depuis plus rien. Devrais-je aller voir le dentiste ? Peut-être…mais on va dire que ses horaires n’étaient pas trop compatibles avec les miens, et je ne voulais pas à nouveau subir un charcutage en règle de mes dents. Imprudent ? Sans doute, mais du temps a coulé depuis…et mes dents me laissent tranquille. Voilà qui explique ma série d’articles.

J’ai repris du poil de la diète (allez-y, y a pas de copyright). Je suppose que ma carie s’est guérie toute seule ? Grâce à l’huile de foie de morue…possible. A vrai dire, j’ai repris aussi une alimentation saine. Sans doute, cela m’a permis de guérir plus vite, je ne le saurais jamais. Je m’en remets au savoir empirique de Weston Price sur le coup. Que pensait-il ? Que les vitamines liposolubles, les fameux activateurs étaient d’une importance capitale pour la dentition, surtout les vitamines A et D. Qu’il a identifié un activateur X comme étant la substance la plus fortifiante pour le corps. Quelques dizaines d’années plus tard, un certain Christ Masterjohn publie un article clé en 2008 : la vitamine K2 serait le fameux activateur X.

Je suis assez surpris par la liste des aliments qui contiennent le plus de cette vitamine K2 : du natto loin devant, du pâté de foie d’oie, les fromages sont en première position. C’est surtout la présence du natto qui est…surprenante. C’est le seul aliment végétal de la liste. Comme il est suggéré par ailleurs, la fermentation joue un grand rôle dans la synthèse de cette vitamine. On tient peut-être là une des explications de la santé des japonais, bon, je ne m’aventurerais pas trop, c’est un domaine spéculatif, mais pourquoi pas, étant donné l’attention que portait Weston Price à cet activateur liposoluble. Aussi, les fromages en contiennent beaucoup, Sarah de The Healthy Home Economist nous apprend que c’est le Gouda qui en contient le plus, même sur du Gouda pasteurisé obtenu à partir de vaches « mal nourries ». Notre mimolette française est…techniquement du Gouda ! En effet, elle est faite dans la région de Lille, qui était la capitale des Flandres, et donc culturellement quasi-identique aux Pays-Bas. La couleur jaune vive est aussi un des indicateurs permettant de mesurer la qualité du beurre mais aussi du fromage, je l’ai encore vu ce matin au supermarché, en comparant le Bethmale au lait cru avec le Bethmale au lait pasteurisé. Et donc, la couleur orange, indicateur d’une grande richesse en vitamine K2 ? Pourquoi pas…

Revenons à nos moutons. La vitamine K2, comme le suggère l’article de Chris Masterjohn, agit de concert avec les vitamines A et D. Une des meilleures sources de vitamine A et D est l’huile de foie de morue. La supplémentation en vitamine D est hélas un passage obligé pour les urbains des climats tempérés occidentaux : en effet la pollution atmosphérique empêche en grande partie la synthèse de cette vitamine (bon, j’ai pris le premier article sur google, mais c’est bel et bien quelque chose de communément admis). Etant donné que je ne goutte que très peu au foie cru d’animal ou autres abats crus et riches en vitamine , et que je vis 90% de mon temps en ville, je dois être naturellement en carence. Chose essentielle à savoir, la supplémentation en vitamine D empêche d’être en surdose de vitamine A – et probablement vice-versa, mais l’hypervitaminose D est plus difficile à atteindre, de fait…), ce qui est plutôt rassurant, vu qu’il est très aisé d’être en hypervitaminose A. Les deux vitamines ont de nombreuses interactions…

Donc, il me fallait faire avec les moyens de bord. Croyez-le ou non, je pense qu’en bouteille c’est mieux. Je n’ai pas confiance aux capsules molles. En fait je n’en sais rien, si ça se trouve, c’est pareil, mais vu la position dans laquelle j’étais, je cherchais à optimiser le produit recherché. J’ai donc vadrouillé en pharmacie, j’ai trouvé un seul produit correspondant à mes attentes, de l’huile de foie de morue de marque Cooper, à 9.60€ la bouteille de 150ml. Je n’ai pas trouvé de photo sur le net, donc je me suis servi de mon smartphone pour vous présenter le produit (notez les belles couleurs de ma nappe) :

huile de foie de morue cooperPour la petite anecdote, la notice présente ici, stipule quelque chose qui m’a fait sourire :

Tous les besoins en vitamines sont couverts par une alimentation équilibrée et diversifiée avec les aliments de base traditionnelle (fruits, légumes, viandes, œufs, poissons, céréales, produits laitiers).

Je doute un peu de cette assertion, il suffit de se balader quelques minutes sur lanutrition.fr pour se rendre compte que les carences en vitamine D sont très fréquentes, à cause de l’urbanisation, la pollution, et la sédentarisation. Aussi une bonne partie des gens présentent une carence en vitamine A, car évitant les produits animaux en contenant, et on sait que le gens ayant un métabolisme perturbé ne convertissent que très peu les caroténoïdes (précurseurs de la vitamine A) en vitamine A. De manière générale, je trouve l’AFSSAPS (organisation française) très, trop, sûre d’elle. C’est le défaut récurrent d’un organisme qui prétend par une sorte de raisonnement circulaire qu’en suivant un régime équilibré, on ne peut avoir des carences. Le problème c’est qu’un tas de gens suivant leurs recommandations (très succinctes d’ailleurs), peuvent se retrouver en carence de certains micronutriments. En fait c’est exactement le cas des gens qui peuvent manger théoriquement équilibré, mais qui ne prennent pas assez de cholécalciférol (aka vitamine D3, la plus intéressante) par le biais du soleil…

Cela dit, j’ai quelques doutes : vu les méthodes de fabrication de l’huile de foie de morue, est-ce que ce produit est de qualité maximale ? Un indice dans la composition du produit :

Huile de foie de morue ……………………………………………………………………………………………….. q.s.p. 100 ml

Teneur en vitamine A comprise entre 600 et 2 500 UI/g

Teneur en vitamine D comprise entre 60 et 250 UI/g.

Bon…mon esprit de scientifique s’est éteint avec l’âge…je ne doute pas du dosage présenté. Je pense juste que je suis trop rouillé pour faire la conversion : d’un côté on a un volume, celui de la bouteille, du contenu en huile de foie de morue (150 ml), de l’autre, on a le dosage, non pas en UI, qui est l’unité standard, mais en UI/g. Du coup, sans faire de calculs passablement trop compliqués pour moi, je ne saurais dire si le produit de Cooper supplémente efficacement en ces deux vitamines !

Un autre doute subsiste et me vient d’une remarque du bouquin de Ramiel Nagel :

Toutes les huiles de foie de morue ne sont pas égales. Les huiles de foie de morue achetées dans les magasins d’aliments de santé n’ont pas toutes leurs vitamines D naturelles intactes. La production commerciale d’huile de foie de morue fait intervenir un raffinage alcalin, un blanchiment (NdT : décoloration ?), une hivernisation (NdT : winterization ?) qui élimine les graisses saturées, la désodorisation qui élimine les pesticides mais aussi les vitamines A et D. Lors de ces processus, les vitamines D liposolubles sont complètement détruites, tandis que les vitamines A le sont quasi-intégralement.

Oh my cod ! Ce n’est pas vraiment rassurant. Est-ce que Cooper utilise ces mêmes techniques ? A moins de faire du journalisme d’investigation très poussé, je ne le saurais jamais. Ma carie n’est plus (RIP), mais je ne sais pas si c’est exactement dû à la teneur en vitamines A et D de ce produit. J’ai toutefois noté un changement intéressant au niveau de mon métabolisme : quand je fais des écarts alimentaires (on va dire « sociaux »), mon corps se venge dès le lendemain, il me le fait payer. Ca prend souvent la forme d’une peau qui rougit au niveau du visage, mais aussi et surtout d’une reprise assez virulente d’acné -intoxication, allergie, inflammation ?-. Depuis quelques mois, je ne constate plus ça. Peut-être est-ce le contenu en oméga-3, j’en doute, vu que je faisais déjà un effort auparavant. Je pense plutôt que la vitamine D ne doit pas être complètement détruite et que le produit de Cooper n’est pas si mauvais…mais comment en être certain, encore une fois ? Je précise que c’est ma première supplémentation en vitamine D.

Notons par ailleurs qu’internet donne d’autres marques d’huile de foie de morue en bouteille, comme celle de De Bardo, par exemple.

Le salut vient peut-être de la marque Green Pasture. Celle-ci est citée par le docteur Nagel. Il s’agit sans doute de l’huile de foie de morue la plus saine au monde, et fermentée de surcroit, ce qui permet d’obtenir une concentration en vitamine encore plus grande. Il y a un large choix de produits, en voici un au hasard :

huile de foie de morue fermentéeEt après ? Ben ça coûte un rein. Ou même deux. La marque y est abondamment vantée dans Cure Tooth Decay, avec insistance d’ailleurs. Bon, ok, un peu trop. C’est une caractéristique américaine je pense, c’est une volonté marquée, et sans hypocrisie, de vendre leurs produits. Personnellement, ça ne me choque pas, mais en tant que français dopé à une culture catholique qui considère l’argent et les affaires comme quelque chose d’un peu sale, l’honnêteté de Ramiel Nagel peut en scandaliser plus d’un. Et le business affirmé qui tourne autour des vitamines liposolubles, de l’activateur X est…particulier, il n’y a pas le vernis sobre propre aux produits de la parapharmacie française.

Toutefois, Green Pasture, est une marque qui revendique de manière assumée l’héritage de Weston A. Price. Aussi, je crois que leurs produits sont d’une qualité exceptionnelle. J’ai pris une bouteille d’huile de foie de morue fermentée 237 ml (on est loin des 150 ml de Cooper…), avec le goût cannelle. Je suspecte que les produits où l’on a enlevé les saveurs (si particulières…il est vrai !) ont fait l’objet d’un processus supplémentaire, alors méfiance. J’ai également pris du ghee (« Butter Oil ») provenant de vaches fréquentant les pâturages, et ne se nourrissant que d’herbe. Cela me revient à 125 $ frais de port inclus. Etant donné que je me donne pour objectif de ne plus prendre de vitamines artificielles, ce qui soulagera en contrepartie mon porte-monnaie, je peux tenir 1 an environ avec ces deux produits. Je ferai un compte-rendu, un feedback comme on dit, quand j’aurai testé les produits sur quelques mois.

Une ombre au tableau, toutefois. La préférence du fermenté pour une huile, à fortiori celle du foie de morue,  pose un problème c’est celui l’oxydation. Vu que c’est quasiment des graisses polyinsaturées, je crains qu’elles soient oxydées (ou rances). L’oxydation des graisses est un facteur important dans le déclenchement des maladies cardio-vasculaires, que les graisses s’oxydent au fur et à mesure dans le sang…ou qu’elles le soient au préalables ! A propos, c’est pas les inuits qui se nourrissaient de poissons pourris ?

La suite de la quête…c’est ici !

Comment j’ai guéri la carie de mon fils !

mise à jour du 23 juillet 2012 : lire mise en garde !

Dernier article de la trilogie des caries, second du site The Healthy Home Economist.

Vous pouvez retrouver l’article original ici

Si vous demandez à la plupart des gens si oui ou non une carie peut guérir, la réponse serait probablement, dans 99% des cas, que c’est impossible.

Même les dentistes conventionnels seraient d’accord avec cette réponse. Demander à un dentiste de base pendant un nettoyage de routine si vous pouvez guérir une carie de votre propre chef, et il vous regardera probablement comme si vous étiez fou (je l’ai vécu moi-même).

soigner une carie

En contraste saisissant avec cette « sagesse »  conventionnelle, le Docteur Weston A. Price a écrit sur de nombreux cas dans sa pratique en tant que dentiste, dans les années 20 et 30, où des caries guérissaient sans forage ni plombage. Il a découvert à travers ses recherches que les caries sont causées par des déficiences nutritionnelles, et quand celles-ci sont corrigées, la carie guérit.

Si vous pensez à ce sujet, en étant ouvert d’esprit, et laissant vos idées préconçues sur les caries de côté, est-ce que cela n’est pas du bon sens ? Est-ce que le corps ne devrait pas être capable de guérir une carie, tout comme il guérit d’une fracture osseuse, ou d’une plaie sur votre bras ? Pourquoi les dents seraient-elles différentes d’une fracture du poignet après tout ?

Ayant lu l’ouvrage monumental Nutrition et Dégénérescence Physique du docteur Price, il y a quelques années, je suis de l’école qui pense que les caries peuvent en effet être guéries avec une alimentation appropriée pendant quelques temps. Mais croire en quelque chose, intellectuellement parlant, et savoir que cela fonctionne de sa propre expérience sont deux choses très différentes, n’est-ce pas ?

Pour cette raison, je suis très enthousiaste de vous raconter une histoire récente à propos de mes enfants. Vous voyez, mon aîné a récemment développé une carie sur l’incisive latérale supérieure sur la droite. Elle était derrière la dent à droite, sur la gencive. Mon mari l’a remarquée lors d’une soirée, quand il essayait de voir s’il se brossait correctement les dents (il est bien trop âgé pour se faire brosser par Maman ou Papa)

Il y avait un trou définitif dans la dent, et pas vraiment un petit. Mon mari m’a appelé pour y jeter un coup d’oeil et j’étais alarmée de voir ce trou, j’ai utilisé une sonde dentaire avec des dents en caoutchouc pour me rendre compte de la profondeur. La pointe de la sonde dentaire s’établissait loin dans le trou. Pas de doute, c’était bien une carie, et nous étions d’accord tout les deux que nous avions besoin de la remplir assez vite. Notre raisonnement était que les incisives sont des dents très proéminentes et que la possibilité que l’approche nutritionnelle ne fonctionnerait pas assez vite pour sauver la dent était une grande préoccupation pour nous, surtout étant donné que l’on ne pourrait vraisemblablement pas contrôler de près l’alimentation de notre pré-adolescent  pour assurer une réussite rapide.

J’ai de suite appelé le dentiste et obtenu un rendez-vous. Entre-temps, j’ai insisté sur le fait que mon fils prend 3 capsules de beurre liquide tout les matins, en même temps qu’une cuillère à café d’huile de foie de morue fermentée. J’ai toujours été assez stricte sur la dose quotidienne d’huile de foie de morue avant l’école, mais un peu laxiste sur le beurre clarifié pour être parfaitement honnête.

Plus jamais. Avec ce gros trou sur l’arrière de son incisive, je savais qu’il avait besoin de les prendre ensemble. Le docteur Price a découvert que les caries se guérissaient plus rapidement quand ces deux huiles thérapeutiques et nourrissantes étaient prises ensemble.

Le rendez-vous avec le dentiste était dans quelques semaines, j’ai donc continué avec les capsules de beurre clarifié tout les jours. J’ai aussi dit à mon fils qu’il avait vraiment besoin de revenir vers son petit-déj fait de tranches de toast chaque matin avec du beurre cru et du miel au lieu du tahini et du miel qui était ce qu’il prenait depuis quelques mois.

Il allait bien avec ça, vu qu’il apprécie le beurre cru et avait changé sa routine d’en prendre tout les matins comme il le faisait d’habitude. Est-ce que ce simple changement dans le petit-déjeuner avait un impact sur le développement de sa carie ?

Sans doute.

Je n’ai rien changé d’autre. Il n’a pas changé sa consommation en céréales, et il mangeait toujours du sucre raffiné à l’école (c’était Pâques, c’était donc inévitable). Il est presqu’un ado, après tout. Essayez d’éliminer les céréales et les sucres de leur alimentation, et vous allez avoir une rébellion. Les enfant ont besoin d’apprendre certaines choses par eux-mêmes.

J’ai su que vous ne pouviez protéger vos enfants de tout ça et les élever dans une bulle, vous pouvez seulement leur apprendre à être sage et ils apprendront la modération par eux-mêmes avec le temps.

Entre parenthèses, j’étais contente de voir que récemment, lors d’une fête après la Journée de la Poésie qu’il évitait les grandes bouteilles de soda et barres Hershey qui ont été remis par la suite (non, je ne plaisante pas).

J’étais très fier de lui. Il savait que manger ces trucs lui donnerait  certainement quelques boutons, et le rendrait mal fichu toute la matinée, et le jour suivant aussi sans doute. Nous, les mamans, devons célébrer ces petites victoires tout le long, n’est-ce pas ?

Quoiqu’il en soit, revenons à l’histoire de la carie.

Comme il s’est avéré, le jour avant son rendez-vous, les réceptionnistes ont appelé pour dire que le rendez-vous avait besoin d’être reporté, vu que le dentiste avait du sortir de la ville de manière inattendue, pour raisons familiales. Cela a repoussé le rendez-vous pour quelques semaines de plus, mais pendant tout ce temps, nous avions continué avec les 3 capsules de beurre clarifié avec une cuillère à café d’huile de foie de morue fermenté après un petit déjeuner de 2 tranches de beurre cru et de toasts au miel.

Le dernier week-end, j’ai décidé de jeter un coup d’oeil à cette carie, pour voir si elle s’est empirée. Cela faisait un mois que mon mari l’avait découverte, et il était un peu préoccupée, étant donné que c’était une des dents de devant. J’ai pris une lampe de poche, et pointait sa tête en arrière, et j’ai regardé, regardé, et REGARDÉ !

AUCUNE CARIE !

C’est tout à fait vrai. Il n’y avait plus de carie du tout. Elle a été complètement remplie, et était aussi régulière que celle qui suit. Je l’ai dit à mon mari qui l’a regardé aussi tôt. Il était ravi de voir que ce trou était parti.

J’ai pris la sonde et appuyé autour, histoire d’être sûre et de confirmer ce que mes yeux me disaient, la carie s’était guérie d’elle-même.

Je l’emmènerais tout de même chez le dentiste pour faire un bilan, mais il n’y avait aucun doute qu’il y ait encore quelque chose qui n’aille pas avec cette carie.

La meilleure nouvelle dans tout ça, est que j’ai changé très peu de choses pour guérir sa carie. Il a continué son alimentation de base, en mangeant à la maison, avec les relâchements habituels à l’école et les jours de jeux. Nous avons juste ajouté du beurre clarifié avec son huile de foie de morue fermentée quotidienne, et il a remplacé son du tahini par du beurre cru sur ses toasts le matin.

C’est tout !

J’espère que vous trouverez cette histoire encourageante ! Les travaux du docteur Price fonctionnent réellement dans la pratique !

La conclusion du dentiste après avoir examiné mon fils

Cette brève mise à jour, a été ajoutée depuis la date initiale de l’article. J’ai effectivement amené mon fils chez le dentiste pour un bilan complet, et il n’y avait de carie nulle part dans sa bouche. Un trou y était, il s’est en allé depuis. La nutrition peut en effet guérir les caries !

Où acheter de l’huile de foie de morue fermentée et du beurre clarifié

Voici où vous pouvez en trouver (en anglais)

Cliquer pour regarder mes vidéos (en anglais aussi), comment faire du beurre clarifié, si vous n’êtes pas dans la capacité d’en acheter où vous vivez.

Sarah, TheHealthyHomeEconomist.com

Les céréales complètes causent les caries ?

Voici la traduction d’un article, toujours sur le thème des caries : il provient de Sarah, du site The Healthy Home Economist.

Article original disponible, cliquez.

Je réalise que le titre de cet article est plutôt choquant. J’étais aussi choquée, quand j’ai entendu cette information de Ramiel Nagel, auteur de Cure Tooth Decay (Guérir les caries dentaires), dans une conversation décontractée au détour d’un couloir à la Conférence Sagesse et Traditions de 2010.

Comment les céréales complètes peuvent-elles être la cause des caries ? N’est-ce pas le pain blanc, après tout, une des causes communes des caries parce qu’il est pauvre nutritivement parlant, tout comme le sucre blanc déguisé en nourriture ? N’est-ce pas la farine blanche, un des « aliments qui prend la place de tous les autres dans commerce moderne » tel que relevé par le Dr Weston A. Price dans son ouvrage révolutionnaire, Nutrition et Dégénérescence Physique ?

Dr. Price lui-même, recommandait de consommer les grains entiers (le son et le germe), tout comme d’autres experts dans le domaine de la santé depuis ce temps-là. L’analyse scientifique des céréales complètes indique un plus fort contenu en minéraux et autres éléments nutritifs que dans les céréales raffinées.

En se basant seulement sur l’analyse scientifique, il apparaît clairement que le pain blanc doit être évité, dans le but de trouver des aliments nutritivement denses, ainsi que le retour à une santé éclatante. La santé et l’état des dents et de la bouche est une fenêtre sur le corps signifiant que les problèmes de ces régions-là sont le révélateur de problèmes se déroulant ailleurs. Notez le fort lien entre les maladies parodontales et les maladies cardiovasculaires et des AVC.

Mais, pourrait-il y avoir autre chose qui se passe ici, quelque chose que rate une aveugle recommandation en faveur des céréales complètes ?

Le fait est que, je connais un certain nombre de personnes qui mangent une alimentation à base de céréales complètes incluant de l’huile de foie de morue, ne mangent jamais de pain blanc, et même vont plus loin en faisant leur propre pain de blé complet avec de la farine fraiche, et ont toujours des problèmes de caries dans leur famille.

Creusons au-delà des murs stériles des laboratoires, et voyons quel autre élément pourrait être de la partie…

Les sociétés traditionnelles n’utilisaient typiquement pas de céréales complètes

tamisage farineL’argument contre les tiges de céréales complètes de l’affirmation de Rami suggérant que les sociétés traditionnelles n’utilisaient pas le grain entier. Rami a étudié ce problème en profondeur et a confirmé que la pratique d’éliminer le son se faisait traditionnellement dans les Alpes en France avec le seigle, en Afrique avec le blé et le maïs, et au Tibet avec l’orge.

Pourquoi ces cultures éliminaient le son ? Apparemment, la pratique se maintenait parce que le son est chargé en toxines végétales comme les lectines qui ne peuvent pas être éliminées facilement par la germination, le levain, le trempage ou même la cuisson.

Le quinoa, le sarrasin ou l’amaranthe semblent être des exceptions à cette règle. Le riz se classe quelque part au milieu, vu que les cultures mangeant du riz traditionnel éliminaient typiquement une partie ou l’intégralité du son avant la cuisson.

Ceci est accompli en pilant le riz, ce qu’on appelle par la même occasion le riz partiellement moulu (ndt : ou riz concassé ?). J’ai écrit à ce propos il y a quelques temps dans un article nommé Comment ? Le riz blanc, meilleur que le brun ?

Une fois le son enlevé…quoi d’autre ensuite ?

Rami va plus loin, en suggérant que les céréales entières doivent être fermentées dès le départ, pour réduire significativement l’acide phytique. L’acide phytique est une autre grosse raison pourquoi les céréales causent les caries en tant qu’anti-nutriment puissant qui bloque très efficacement l’absorption des minéraux dans les intestins. L’acide phytique provoque du rachitisme sévère lorsqu’il est administré à des chiens comme l’a découvert et étudié le chercheur Edward Mellanby.

Les recherches de Rami indiquent aussi que faire germer les grains ne réduit significativement pas assez d’acide phytique pour les rendre sûres pour la consommation.

De plus, Rami m’a dit que tremper des grains complets ou germés dans du babeurre, du lait caillé, du yahourt ou du kéfir ne semble pas réduire significativement le contenu en acide phytique. Toutefois il disait que les tremper réduirait leur contenu en phytate mais que la meilleure méthode pour y parvenir serait une eau plate filtrée à laquelle on ajoute du lactosérum liquide (prévoir substitut au jus de citron ou de vinaigre de cidre de pomme pour un trempage sans produits laitiers)

 Que pouvez-vous faire une fois en possession de cette information ?

Je respecte énormément les travaux de Rami Nagel, et je pense que ce qu’il découvre à propos des caries dentaires, de leur guérison et des problèmes de gencives en général est réellement innovant. Par conséquent, j’ai l’intention de préparer les céréales chez moi, en me basant sur notre conversation qui est résumée dans ce message. Voici ce que je prévois de faire :

  • Bien que je prépare habituellement mes céréales fraîchement moulues en les trempant dans du yahourt ou du kéfir, je vais immédiatement modifier cette approche en faisant tremper à la place avec de l’eau filtrée ainsi que du lactosérum liquide. La règle d’or pour le trempage est une tasse d’eau filtrée ainsi qu’une cuillère à soupe de lactosérum liquide par tasse de farine bien mixés ensemble, couverts et laissé toute la nuit sur le plan de travail
  • Je commencerai par tamiser la farine pour éliminer la plupart du son avant trempage
  • Je tamiserai et ensuite tremperai ma farine germée avant de la cuisine vu que faire germer seul ne semble pas réduire suffisamment le contenu en acide phytique
  • J’ai déjà changé il y a quelques années en passant du riz brun vers le riz blanc basmati, donc pas de changements à faire de ce côté-là

Quels changements, du coup, allez-vous mettre en place pour la préparation des grains ? Vous pouvez partager vos idées.

Sarah, The Healthy Home Economist