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« Le pouvoir naturel de réparation des dents »…

C’est sous ce titre un brin provocateur que l’Inserm a communiqué les résultats d’une étude récente dans la revue Stem Cells :

Essential roles of dopamine and serotonin in tooth repair: functional interplay between odontogenic stem cells and platelets Anne Baudry1,2*, Aurélie Alleaume-Butaux1,2*, Sasha Dimitrova-Nakov1,2*, Michel Goldberg1,2, Benoît Schneider1,2, Jean-Marie Launay3,4,5** & Odile Kellermann1,2** 1 INSERM UMR-S 1124, Cellules souches, Signalisation et Prions, 75006 Paris, France. 2 Université Paris Descartes, Sorbonne Paris Cité, UMR-S 1124, 75006 Paris, France. 3 AP-HP, Service de Biochimie, Hôpital Lariboisière, 75010 Paris, France 4 INSERM U942, Hôpital Lariboisière, 75010 Paris, France 5 Pharma Research Department, F. Hoffmann-La-Roche Ltd., CH-4070 Basel, Switzerland Stem Cells, 7 avril 2015 Doi: 10.1002/stem.2037

Le communiqué étant disponible ici, ou également en pdf :

Les chercheurs de l’Inserm et de l’université Paris Descartes viennent de franchir un pas dans la recherche sur les cellules souches et la réparation dentaire. Ils sont parvenus à isoler des lignées de cellules souches dentaires et à décrire le mécanisme naturel par lequel elles parviennent à réparer des lésions de la dent. Cette découverte fondamentale permettra d’initier des stratégies thérapeutiques inédites mobilisant les cellules souches résidentes de la dent afin d’amplifier leur pouvoir naturel de réparation.

Le site Santé-Log reprend à son compte la nouvelle, sans doute historique, en précisant d’un laconique « Jusque-là on en savait peu sur ce processus« .

Modélisation 3D d’une dent.La pulpe dentaire est en jaune. ©Inserm/ Chappard, Daniel

Modélisation 3D d’une dent. La pulpe dentaire est en jaune. ©Inserm/ Chappard, Daniel

Historique, cette étude, pourquoi ? Parce qu’elle rejoint les lubies des époux Mellanby, du docteur Price, dont les études ont été plus ou moins ignorées…et donc classées sans suite. Il y a un peu plus d’un an j’écrivais cet article. Les sceptiques seront juste satisfaits d’une étude publiée dans les règles de l’art, tandis que les naturopathes éclairés ne seront pas surpris…ce qui me fait dire qu’il y a moyen de faire fonctionner son cerveau et séparer le bon grain de l’ivraie en naturopathie, y compris en l’absence d’études cliniques randomisées en double aveugle publiée dans une revue qui a pignon sur rue et évaluée par les pairs.

On attend d’en savoir plus sur les implications de ces deux neurotransmetteurs, la sérotonine et la dopamine. Cela pourrait expliquer le lien direct entre caries et stress, mais également stress et niveaux de dopamine…sans trop m’aventurer, je crois que le stress épuise les niveaux de dopamine…attendons de voir…quoiqu’il en soit il parait nécessaire d’être bien dans ses baskets, et gérer son stress.

© Inserm / Odile Kellermann, Anne Baudry

© Inserm / Odile Kellermann, Anne Baudry

On piaffe d’impatience sur les méthodes qui vont émerger et qui à coup sûr, et qui remplaceront les amalgames de mercure, les composites, les couronnes…aussi on peut se poser la question de la pertinence de la dévitalisation chez dechairetdelait, ou même sur ce blog créé par un dentiste, ou encore celui de Michel Raynaud au look très 1997. Un scandale à venir sur un acte qui n’est peut-être pas si anodin. A titre personnel, je me tâte à aller voir un dentiste holistique pour voir ce que je peux faire avec mes composites.

En revanche, toujours pas de vitamine liposolubles, A, D ou K2, ni de références au métabolisme du calcium et du phosphore, mais l’article met en évidence le phénomène plus en amont qui régit l’utilisation de ces micronutriments. Je suis juste content, à l’heure actuelle, qu’il y ait une confirmation par un institut scientifique reconnu d’un phénomène de réversibilité des caries, même si précisément l’émail perdu ne se reconstitue pas. Ce que croit Ramiel Nagel, mais je ne suis pas convaincu. En principe il s’agirait d’une repousse de dentine secondaire ou même tertiaire, cela reste à déterminer.

Les commentaires de certains, sur cet article :

« Zob » (la délicatesse du pseudo), « Magicienne », « Cindy », « Dentist » ou bien « Franz Villefort » tout en ironie d’ignorance (la plus savoureuse),

ou encore les dentistes de Eugenol, comme ici par exemple., qui ne manquent pas de jouer les indignés, en évitant de se poser les bonnes questions, de faire des recherches, ou de remettre en question leur enseignement conventionnel

…me font encore plus rire.

Clair et Lipide : 1 - Sceptiques de supermarché : 0

Clair et Lipide : 1 – Sceptiques de supermarché : 0

J’en conclue quelque part que la science, en tout cas officielle ne fait qu’anoblir certaines découvertes empiriques connues de certains praticiens en marge, et/ou en rupture partielle sur le champ conventionnel de leur discipline. Sur un autre sujet, on pourra se demander le pourquoi du comment de la publication simultanée de plusieurs ouvrages* sur le sujet des intestins**. Au-delà des intestins, une masse toujours plus importante de connaissances liant maladies mentales ou tout simplement l’humeur(s), santé digestive et microbiote, on pourra se référer à Paul Whiteley qui tient un très bon blog sur le sujet. Là aussi la simple évocation de guérir d’une maladie mentale en suivant un protocole alimentaire (au hasard : GAPS !) suffisait il y a quelques années à déclencher des rires incontrôlables et à vous mettre dans la case des illuminés. Dorénavant ces connaissances percolent…infusent aussi bien dans le grand public (merci Arte qui se fend de plusieurs documentaires régulièrement) que parmi les scientifiques : même le Lancet admet qu’un régime alimentaire adapté fait partie d’une thérapie globale en psychiatrie. Il est certes, toujours plus rassurant de voir des docteurs (phd’s) s’exprimer sur le sujet, mais que de temps perdu…

Aussi, tenir un blog indépendant sur plusieurs années a ceci de rafraichissant : quand de nouvelles données scientifiques apparaissent, cela permet de faire son mea culpa, de confirmer ses réflexions ou de nuancer ses prises de positions. Prévoir du pop corn me parait salutaire.

* The Good Gut par Justin Sonnenburg et Erica Sonnenburg
** Le charme discret de l’intestin par Giulia Enders

the good gut charme intestin