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Les actus digérées #2

Une petite semaine d’actus nutritionnelles et scientifiques, en voici un résumé très personnel, et un nouveau tag pour l’occasion sur cette série d’articles où je vise la régularité.

sciporn

Le compte SciencePorn entre deux dessins amusants et geeks relaient une information scientifique intéressante. Ici il s’agit d’un article de l’Université de Cambridge publié récemment, en voici le résumé :

Plus nous sommes gros, plus notre corps semble produire une protéine qui inhibe notre capacité à brûler de la graisse, suggère une nouvelle étude. Ces découvertes peuvent avoir des implications pour le traitement de l’obésité et d’autres maladies métaboliques

Intéressant, parce que cela rejoint mes critiques sur l’équilibre calorique et le besoin de créer un déficit pour mincir. Je ne remets pas en question la validité des lois de la thermodynamique, mais dans la pratique, des hormones œuvrent en arrière-plan, le microbiote semble prendre part à cette symphonie, bref…le corps a – parfois – des mécanismes inventifs qui rendent plus difficile la perte de poids. On peut arguer d’un manque de volonté ou de difficultés psychiques. Bien sûr…cela fera l’objet d’un prochain article.

Une chouette étude qui a le mérite de replacer un peu les choses : les édulcorants artificiels ne sont pas magiques, et peuvent avoir les mêmes effets que le sucre au point de vue perte de poids, mais la suppression de ce dernier réduit les graisses intra-hépatiques…Quand on connait les dommages d’une stéatose non alcoolique du foie sur l’organisme, on se dit que l’usage des édulcorants artificiels en remplacement du sucre, peut constituer un premier pas vers la guérisons de maladies métaboliques. Mais pour la perte de poids il faudra être plus sévère…

Dominique Dupagne relaie un article du New York Times, sur les mensonges de Coca Cola, en liaison avec le sucre, toujours. Attention aux conflits d’intérêt.

Je relaie sur twitter, mais merci à Benjamin de Naturacoach d’avoir levé ce lièvre. On savait que les acides gras trans, bah c’est pas bien. Un doute subsistait sur les acides gras trans laitiers comme l’acide vaccénique, et bien, c’est pas folichon sur les profils lipidiques. L’étude en question semble exemplaire, à savoir d’intervention et randomisée en double aveugle,  Un élément à charge contre les laitages, ne signifiant pas qu’on doive les éliminer mais les restreindre, en fonction du contexte individuel. Un aliment n’est pas qu’un micronutriment isolé, et concernant les graisses laitières, ça n’est pas très clair

Oh, la vie est dure pour les partisans d’un régime pauvres en glucides et riches en acides gras saturés. La consommation de gras saturés passe mieux si les glucides sont réduits drastiquement, ce qui ne semble pas trop le cas dans cette étude.

ou alors…

…Il faudrait consommer beaucoup de vitamine C et d’un certain type d’acide animé, la L-Arginine. A noter que la vitamine C a le vent en poupe, suite à une étude récente qui a démontré que des méga-doses de vitamine C tuaient le cancer colo-rectal.

Je ne commenterais pas le rapport du CIRC de l’OMS sur le lien cancer colorectal, tout le monde l’a fait. Mais cette étude suggère que le problème se situe plutôt dans les viandes transformées plutôt que la simple viande rouge en se basant sur des études existantes.

Pour finir, une émission de France Culture sur la viande que l’on peut retrouver sur les applications de podcasts habituelles. Le scientifique de l’INRA de Toulouse suggère de ne pas manger la viande seule, mais avec plein de fruits et légumes riches en antioxydants au cours du repas, en conseillant par exemple une épice comme le curcuma, des aliments riches en vitamine E, ou même, un peu de vin rouge (avec modération, hein ?), riche en resvératrol. Variez 🙂 On va finir par penser que le problème n’est pas la viande, mais la pauvreté nutritionnelle des aliments qui l’accompagnent…finalement ce qui est complexe peut être simple !

Bon weekend !

Les actus digérées #1

Digérer : selon le Larousse

  • Transformer de la nourriture, des aliments dans les voies digestives, les assimiler normalement : Je digère mal les graisses.
  • Familier. Assimiler des connaissances, les intérioriser par un effort personnel : Il n’a pas digéré ses lectures.
  • Familier. Supporter, endurer, avaler quelque chose, s’y résigner : Je n’ai toujours pas digéré cet affront.

De manière individuelle, je remonte la pente, après une séparation, en vue d’un divorce. Déménagement, paperasse, ennuis divers, paperasse encore, vagues à l’âme soudains, improductivité. Heureusement, je ne m’en sors pas trop mal, étant aidé par ma nouvelle compagne, qui se reconnaitra.

De manière collective, nous digérons les attentats, ainsi que la nouvelle situation politique, qui n’en doutons pas, fera dégringoler la France dans les tréfonds des pays démocratiques. Lorsqu’ils sont venus chercher les musulmans, je n’ai rien dit, je n’étais pas musulman. Il faut se référer à cette page de la Quadrature du Net pour se rendre compte que le pays…va mal, et adopte les mauvais outils. Comme par hasard.

Je souhaite relayer les tweets et retweets de la semaine, j’expérimente une nouvelle forme d’articles en résumé de la semaine, réaction à tiède on va dire, en ayant eu le temps d’évacuer les réflexions soudaines pas forcément de bon aloi qui surgissent

…mais en n’attendant pas trop, sinon, on perd le fil de l’actu. Le format des réseaux sociaux (Facebook ou Twitter) est très bien pour communiquer des liens et des petites pensées, mais dès qu’il s’agit de mettre en forme un texte structuré, le blog retrouve ses lettres de noblesses. Pas de révolution ici, seulement mes thèmes favoris.

Article bien vu de Sabrina, pour qui la vérité semble protéiforme. Cela rejoint mon ressenti sur la zone léonine. La vérité à laquelle on accède, est trop parcellaire, pour se fonder une opinion valable en tout temps tout lieu. Comme je l’ai déjà dit, les gens qui ont trouvé leur régime et qui s’empressent de faire du prêche pour le leur en indiquant que c’est le seul, l’unique qui vous fera recouvrer la santé, renversera le réchauffement climatique, annihilera la pollution, rendra les humains plus humains…

Il est nécessaire de préserver une certaine souplesse d’esprit. On connait tous un végan du net qui vient asséner sans relâche ses vérités partielles sur la base d’études souvent épidémiologiques, et soigneusement sélectionnées ou mal interprétées. De même on a tous en tête un défenseur de mauvaise foi des régime pauvres en glucides ne jurant que par eux, ne concevant pas d’alternative fonctionnant véritablement : « Couvrez cette étude que je ne saurais voir ! ». Ca marche sur moi, ça marchera forcément sur vous ! En fait, rien de plus faux.

Le Washington Post relaie une étude relayée par la revue Cell sur la personnalisation de l’alimentation en fonction de la réponse glycémique. Voilà qui est singulièrement intéressant. Je ne peux m’empêcher, de penser au tweet précédent, il n’y a pas une seule alimentation pour tous. Je repense également à cet article sur le typage métabolique ou régime métabolique personnalisé. Ou encore au dernier article de Denise Minger, qui après être allée chercher des noises aux végans défie la communauté des gens du camp d’en face (les lipidophiles ?). Elle présente un concept intéressant, la carbose…équivalent glucidique de la cétose. Un seul article dans une série à venir, la dissonance cognitive est évitée si on pense en léonin.

Sur ce sujet toujours, j’étais en discussion avec une lectrice sur facebook, nous avons discuté de la médecine ayurvedique, de l’endobiogénie, de choses que ne connais que très mal. Mais l’idée d’une médecine empirique aboutissant aux mêmes conclusions que la médecine « occidentale » par d’autres biais, et le cumul des siècles passés au sein d’une même civilisation…ne me choque pas.

Un graphique de Stephan Guyenet que j’aime beaucoup. Stupeur, une corrélation très forte entre consommation de sucre (ajouté) et obésité jusqu’en 2000, puis sans raison, corrélation inverse…les statistiques sont à manipuler avec précaution. Quelques pistes pour comprendre le phénomène :

  • l’obésité commence à partir d’un seuil, quand l’IMC (malgré ses défauts) est supérieure ou égale à 30. On ne sait rien sur l’évolution du simple surpoids. L’obésité pourrait aussi être en recul tandis que le pourcentage des personnes baisse : il suffirait que de plus en plus de gens deviennent en surpoids.
  • C’est l’évolution du sucre, on imagine donc, la consommation de saccharose. Cela ne nous dit rien sur l’évolution totale de glucides hors sucre.
  • La progression des aliments sans sucre aux USA (sugar-free), mais bourré d’additifs ou d’édulcorants qui pousse à la surconsommation calorique globale. Et si en plus les additifs altèrent le microbiote, celui-ci assure moins bien son rôle sur la satiété. Voir tweet suivant.
  • J’ai abandonné l’idée que le sucre est le grand satan…aussi j’ai cru voir passer un article sur l’extraction du sucre blanc, au-delà de la molécule de saccharose il y aurait encore des saloperies non répertoriées dans l’étiquette, à la manière des huiles végétales extraites à base de solvant, comme je ne retrouve rien, on va dire affirmation non sourcée…en suspens.
  • L’idée d’une Amérique divisée en deux : celle qui continue à grossir à consommation de sucre constant, et une Amérique conscientisée (bobo ? Hipster ?) friande des nouveaux régimes ou d’une approche centrée sur les vrais aliments, à la Michael Pollan. Cette dernière consommerait plus de produits frais, et donc moins de sucre. Cela reste difficile à appréhender…

J’aime bien l’Inserm, surtout depuis son étude sur le pouvoir naturel de réparation des dents. Cette étude rejoint les remarques jointes au GROS cher aux docteurs Apfeldorfer et Zermati il y a une paire d’années, pour qui tout semble n’être que dans ta tête. Visiblement, c’est aussi un peu dans les intestins via le microbiote. Ainsi notre capacité à se restreindre ne dépend pas que de soi et d’une volonté qu’il suffirait d’utiliser (« il n’y a qu’à »), ou de travailler. En arrière-plan, les hormones font un boulot significatif.

Je maintiens qu’une approche psychologique doit être accompagnée d’un package nutritionnel de base, choisi ou non avec un médecin. Les plus avancés d’entre nous, qui savent le mieux écouter leur corps (et donc les objectifs du GROS) y arriveront à se nourrir de manière instinctive. Mais parfois suivre quelques conseils alimentaires à la lettre, sans discuter, et pour commencer, aide l’esprit à aller mieux…œuf ou poule, qui a commencé à déconner ? Aussi, on ne met pas tous ses œufs dans le même panier et on mène le combat sur plusieurs fronts…une stratégie plus payante.

On évolue, encore et toujours. A terme, et par extrapolation (les maladies cardiovasculaires ?) et ce malgré les restrictions actuelles de l’entreprise 23andme, on pourra avoir des recommandations nutritionnelles sur la base de la génétique. Bon, visiblement, certaines restrictions ont été levées, même si les questions d’éthiques semblent insolubles. Le futur de l’alimentation ne sera pas le Soleil Vert (ou Soylent Green) mais plutôt une alimentation « à la carte », ce qui rejoint les interrogations sur la personnalisation de la nutrition et le « typage métabolique ». Tout se recoupe et s’imbrique, c’est beau !

Ah, le gluten, le parfait sujet polémique, pour ruiner une soirée en famille (avec la consommation de viande, fromage avec présure…)

gluten parlé dreyfus

C’est à dire que depuis que les courants alternatifs pullulent sur le web, les gens se posent des questions, et peut-être les bonnes : est-ce que je me détruis pas la santé en me nourrissant mal ? Et là les suspects habituels affluent : sucre, gras, protéines, laitages, cuissons nocives…et le gluten. Feu Seignalet a fait des petits. Forcément le sujet est clivant, entre les gens méfiants (trop) et les pauvres crédules qui suivent les lubies alimentaires du moment. La réalité est que c’est le gluten, celui du blé moderne n’est ni diabolique, ni bénin, et tout le monde n’est pas égal face à cette protéine.

J’en étais resté à la conclusion suivante : une catégorie de glucides responsables des symptômes gastro-intestinaux lors de la consommation de blé – mais pas seulement dans le blé – nommés les FODMAPS (j’en discutais brièvement ici). Une autre étude récente, d’intervention semble balayer le rôle du gluten dans les pathologies gastro-intestinales en tout cas à court terme, chez les sportifs. L’article de Lanutrition.fr vient ajouter de l’eau à mon moulin sur le versant auto-immun en lien avec la perméabilité intestinalelien vers l’étude -. Rien de fondamentalement neuf, on continuera juste de se paume-visager quand des personnes bien intentionnées relaieront ad nauseam cette sempiternelle étude sur l’effet comparé des FODMAPS et du gluten sur le fonctionnement digestif, histoire d’enterrer à la hâte le gluten. En omettant le reste.

Et ensuite…quand des personnes vous disent, sincèrement qu’elles vont mieux en évitant le blé, le mieux est de les croire, et de cesser d’invoquer à tout va l’effet placebo, ou naïveté de la personne. Après tout, heureusement que l’on a encore le droit de manger ce que l’on veut.

J’ai l’impression de ressasser

Ô miel, doux miel, qu’es-tu devenu ?

Bon, j’aime le miel.

Les nouvelles ne sont jamais très bonnes dès qu’il s’agit de la production de miel, en France au moins. Selon cet article on compense notre consommation de miel par des importations.

J’avais l’impression que le miel, même cru, même provenant d’artisans chevronnés irréprochables, laissait un arrière-goût sucré un peu…fade. Oui voilà, je trouvais que le miel avait de moins en moins de goût. Sans doute leurs techniques pour augmenter leur production affadit leur miel ? Et dans le même temps l’usage des insecticides (les néonicotinoïdes) pour protéger la production, si j’en suis l’article, a fini par se retourner contre les producteurs. Le serpent se mord la queue, c’est la fin des haricots.

Double peine, moins de miel et de moins en moins bon. C’est une vrai tragédie, du point de vue du patrimoine culturel et culinaire, et encore, je suis poli.

Prend ça, méchant consommateur, tu voudrais pas consommer du miel goûtu d’une petite production équitable et soucieuse de l’environnement, du développement durable, de la répartition des richesses et de l’amour dans le monde comme un bobo en plus ?

Hé bien si. J’en ai un peu ras la casquette de consommer du miel qui n’a plus que le goût d’une vulgaire mélasse. J’en consommerais moins, mais du bon. Du miel avec la saveur de la fleur dont il est issue, bien présente, pas une saveur subtile…

Évidemment pas question de me transformer en autochtone népalais : la chasse au miel doit certes être une expérience fascinante et unique (appréciez donc ces photos magnifiques !), mais je crains de n’avoir aucune motivation pour m’y coller (encore des excuses !). Malheureusement je sèche, chacune de mes expériences à l’achat se soldant par une impression mitigée à la dégustation. Cela pourrait être mieux…on est loin de l’infâme miel de supermarché, mais je trouve toujours qu’il manque quelque chose.

La solution est venue de belle-maman qui, est tombée sur le bon produit, que j’ai été incapable de dénicher. Ce miel de thym de l’île de Crète vendu dans un magasin de Dourdan (Essonne, France) est vraiment délicieux. On sent le thym à chaque cuillerée, et on se dit enfin qu’on touche enfin du doigt à un miel un peu plus authentique.

miel pot

(photo alternative avec un éclairage bien sombre, mais un joli dessous de table)

Pour en profiter, voici les coordonnées du revendeur (ou plutôt distributeur, vous n’appelez pas directement le papy grec !) vivant dans le département de l’Orne en Basse-Normandie. Il semblerait, hélas, que son réseau commercial ne concerne que la moitié nord de la France, j’appuie quand même son initiative, pour ceux qui auraient la chance de se le procurer : Joël Trac : 06 07 31 63 23.

Oui les 3/4 du pot sont partis très rapidement, c’est un signe qui ne trompe pas !