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La viande éthique…sur France Inter

Avez-vous écouté France Inter ces derniers temps ?

Non ?

Alors vous pouvez encore écouter cette émission. Sur PC comme sur smartphone, il est encore possible de l’écouter, jusqu’en 2019 !

Le verdict : je ne coupe pas à l’envie de faire des leçons de journalisme, mais l’émission sent bon la naphtaline, ou tout au moins la culture radiophonique qui ne dépasse pas les années 90 : internet n’existe pas, ou si peu, et on doit écouter des vieilles sommités comme Deleuze ou Raymond Devos, que j’aime bien. Mais dans un débat qui est neuf en France, il aurait été pertinent de citer des sources plus récentes, dans les deux sens.

Les deux sens ? Décevant il n’y a pas vraiment de dialectique, l’émission est conduite pour conclure non à la problématique, un des animateurs donnant le change, mais étant tellement timoré que c’en est scandaleux. Les guillemets sont là pour indiquer que l’expression est inappropriée. De fait le carnivorisme éthique n’existe pas. Déjà parce que je réfute le carnivorisme pour parler de l’homme. L’homme est un omnivore, pas un carnivore. Je réfute également le néologisme carnisme qui est foncièrement malhonnête et n’est pas l’exact symétrique de végétalisme ou végétarisme. Hormis certains peuples isolés et certains originaux viandards à la santé incertaine, « les partisans du carnisme » mangent aussi des légumes, des fruits, et parfois même très peu de viande selon les goûts et habitudes de chacun, mais un peu quand même. Que je sache les végétaliens ne mangent pas un peu de viande perdue au milieu d’une tonne de légumes.* S’il y a une seule bouchée de viande mangée de manière intentionnelle, on perd de facto le titre de végétalien, ou végan.

Gloire à ceux qui imposent les termes sans concertation ni démocratie. Vive la novlangue.

Aussi, quand on parle de carnivore éthique d’omnivore éthique, pourquoi ne pas avoir contacté la Fédération des omnivores responsables, trop moderne ? Pas crédible pour deux sous ? La page est un peu en sommeil, mais à l’heure des internets, des réseaux, du 2.0, pourquoi citer Devos (au demeurant toujours amusant), plutôt que de donner la parole à quelqu’un qui a un point de vue dissonant ? Comme par exemple celui de Mickey Z, sur la manière dont les vegans mentent pour servir leur cause ? Mickey Z n’est d’ailleurs pas devenu omnivore mais inflige une claque cinglante aux dévots de son mouvement. Que tous en prennent de la graine.

mickey-z

(texte disponible, plus bas…dans les commentaires)

Ou alors voir d’autres sons de cloche, dans des pays expérimentant le véganisme depuis plus longtemps qu’en France, aux US, ou des ex-vegans changent de philosophie et de régime alimentaire, comme Tovar Cerulli, se découvrant une passion pour la chasse ?

tovarAussi, l’émission ne se concentre que sur l’abattage, ce qui est dommage, car cela restreint le sujet. D’accord, l’émission fait moins de 40 minutes, mais comme je disais, on se perd en route avec des extraits de Devos et Deleuze. Aussi, ayant été avertis sur leur page Facebook grâce à Dali – suite à l’émission avec Michel Onfray déclarant « Si je pense je deviens végétarien », de la possibilité de l’omnivorisme éthique, sur l’abattage, les deux clans sont irréconciliables, mais notons l’existence d’alternatives aux abattoirs dans leurs formes les plus cruelles et :

abattoir ferme

Le passage sur le droit des animaux est léger…grosso modo les animaux devraient avoir des droits car ils nous ressemblent. Sans préciser lesquels. Les modalités d’application, un exemple ? Plus facile de se laisser emporter par les émotions que la raison…mmh…

Aussi, je disais les choses changent, aux US, il est de rigueur de revenir sur sa période vegane. Et d’embrasser une nouvelle philosophie, que France Inter avec 10 ans de retard ne pourra pas faire du journalisme digne de ce nom.

ethical meat

Le livre de Meredith Leigh, ex végétarienne

Voilà ce qu’est l’omnivorisme éthique. On peut être contre, continuer à trouver ça illégitime et cruel, mais à l’instar de Tovar Cerulli – ou Lierre Keith – cela donne un visage et un vécu digne d’être écouté. Pour les arguments on pourra les piocher chez eux, quitte à les déboulonner au besoin. Mais certainement pas faire comme s’ils n’existaient pas, leurs arguments étant inexistants. Ce que fait France Inter en ignorant superbement Dali (qui s’est pourtant démenée sur la page Facebook de France Culture, voisine de France Inter) et la Fédération des omnivores responsables. Travail de recherche documentaire, zéro, on préfère faire de la culture surannée, plutôt que d’enrichir le débat. Pauvre Devos, pas certain qu’il aurait aimé être instrumentalisé de son vivant.

*Oui la terminaison est en ien pour végétalien et en istes pour carnistes, pourtant ce sont deux -ismes.

 

La supériorité sans appel de l’élevage sur pâturage

Cet article est une version améliorée et corrigée déjà parue sur la page de la Fédération des Omnivores Responsables. Je me concentre sur les aspects nutritionnels de l’élevage, plutôt que les aspects écologiques et environnementaux pour lesquels je suis moins à l’aise.

Cliquer pour lire la première version de l'article !

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L’élevage sur pâturages l’emporte sur de nombreux points vis-à-vis des méthodes d’élevage concentrationnaires, que l’on nomme outre-atlantique les CAFO (Concentrated Animal Feeding Operation). Ils sont plus écologiques pour l’environnement, pour cela on regardera la vidéo TED de Allan Savory (1), ou lire le blog de Sheldon Frith (2).

Le bien-être animal n’est pas non plus oublié, avec une nourriture adaptée, les besoins en médicaments et antibiotiques se font moins sentir : non seulement les animaux paissent et passent du temps dehors, mais ils se nourrissent de la manière qui est la plus adaptée à leur corps : en meilleure forme, ils tombent tout simplement moins malades.

De nombreux gastronomes vous affirmeront également que les viandes, laitages ou œufs issus de ces méthodes d’élevage procurent un plaisir gustatif plus prononcé : outre les conditions de maturation ou le persillage, la viande est tout simplement meilleure. Idem pour les laitages, qui n’a pas remarqué qu’un fromage fermier de Savoie, comme l’abondance, au lait cru exhalait des arômes plus profonds, jusqu’à transmettre un fumet d’herbe discret mais néanmoins présent ?

Par AnselmiJuan — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Par AnselmiJuan — Travail personnel, CC BY-SA 3.0

Toutes les viandes ne se valent pas, loin de là ! Tous les laitages non plus. Il est reconnu que les qualités gustatives rejoignent les qualités nutritionnelles. Le cas des oméga3 est très bien documenté et connu : le rapport oméga3/oméga6 des aliments d’origine animale est bien plus élevé si les animaux ont été plus nourris à l’herbe et au foin sec, plutôt qu’aux céréales (3) ou au soja. Le profil en acide gras est ainsi plus sain, et permet de bénéficier des apports en oméga3 à longue chaîne (EPA et DHA) qui nourrissent le cerveau et protègent le cœur.

Les vitamines, liposolubles comme hydrosolubles sont à l’honneur : la viande de bovin de pâturage  a pour elle davantage de  (3) :

  • Vitamine E
  • Bêta-carotène – techniquement un antioxydant mais aussi pro-vitamine A),
  • Thiamine (vitamine B1)
  • Riboflavine (vitamine B2)

Concernant la la richesse en minéraux, l’écart est plutôt faible, mais significatif, tant pour les viandes que pour les laitages. Mais cet écart est systématiquement en faveur de l’alimentation traditionnelle. En ce qui concerne la viande de bovin , on notera qu’elle est plus riche en calcium, magnésium, et potassium que son homologue aux céréales (4).

Pour de la viande sur pâturage de qualité, on regardera auprès du Bœuf d’Herbe si vous avez un grand congélateur, sinon connaitre un éleveur à l’ancienne comme la GAEC Villemin. Autre astuce, les viandes du label Bleu Blanc Cœur. Autrement, à vous de vous débrouiller !

Si l’on s’intéresse à un produit consommé par les végétariens, les œufs, on sait aujourd’hui qu’un œuf provenant d’une poule gambadant librement en extérieur et consommant ce qu’elle trouve par elle-même est supérieur à un œuf de poule nourrie aux céréales, même si celles-ci proviennent de la ferme, y compris même si ces poules vivent aussi en extérieur. Il contient (5) :

  • 2 fois plus d’oméga3,
  • deux tiers de vitamine A (rétinol) en plus,
  • 3 fois fois plus de vitamine E,
  • 7 fois plus de bêta-carotène
  • 50% d’acide folique (vitamine B9) en plus,
  • 70% de vitamine B12 en plus,
  • 4 à 6 fois plus de vitamine D
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Le résultat est direct et sans appel, le jaune, le plus nourrissant, est plus orangé, signe d’une plus grande densité nutritionnelle. Ces œufs sont largement plus intéressants à consommer que leurs équivalents de l’agriculture conventionnelle et intensive. Les œufs des poules de mamie plus intéressants que ceux du commerce ? Sans aucune hésitation, oui !

Aussi, je voudrais finir cet article sur une vitamine liposoluble sous-estimée : il s’agit de la vitamine K2 (6). D’abord apparentée à la vitamine K1, elles sont en fait similaires au niveau de la structure moléculaire, mais remplissent des fonctions tout à fait différentes*. La vitamine K1 se trouve dans les légumes verts, y compris l’herbe, et assure la coagulation (K pour Koagulation) du sang. La vitamine K2 se trouve dans certains aliments fermentés,ou certains produits animaux comme les laitages ou le foie en quantité variable, selon l’animal et son alimentation. Cette vitamine agit en synergie avec les vitamines A et D : si cette dernière fixe le calcium sur les os et les dents, la vitamine K2 chasse efficacement le calcium du sang vers les tissus où il sera déposé pour un meilleur usage. La vitamine K2 a ainsi une action protectrice contre les maladies cardiovasculaires en empêchant le calcium de se déposer sur les artères ce qui est confirmé par des études cliniques.

Il existe un lien entre les deux formes de vitamine K : les animaux comme les ruminants convertissent la K1 en K2 à partir de l’herbe fraiche des alpages au printemps et en été : à ce moment, les laitages sont au top nutritivement parlant, ils sont ce que l’animal consomme, des aliments frais, sains et qui lui sont destinés de par sa nature : de l’herbe grasse et fraiche pour les ruminants de par leur qualité d’herbivore par exemple. Parmi les laitages de qualité en France on se reportera à Bernard Gaborit, qui propose aussi bien du lait cru que du beurre ou du fromage, en faisant confiance à la race jersiaise qui donne en outre un meilleur lait que la très productive Holstein, même si certains parlent de croiser les deux, afin d’obtenir la qualité de la première avec le rendement de la seconde…

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Les fromages issus du lait tiré en été sont plus riches en tout, y compris en cette vitamine. Cette vitamine se stocke néanmoins très peu dans les corps des animaux néanmoins, à l’exception de certains foies (d’oie notamment) ou certaines glandes, salivaires par exemple, ou le cerveau. Les aliments fermentés, végétaux ou animaux, sont de meilleures sources de vitamine K2. Les fromages issus de laitages d’été bénéficient ainsi d’un double apport en vitamine K2 : la partie assurée par la vache ou la chèvre qui broute l’herbe, et la partie issue de la fermentation qui assure aussi au fromage ses qualités organoleptiques uniques.

A-t-on là une des caractéristiques protectrices de l’alimentation à la Française, malgré de nombreuses graisses saturées ? La K2, un cadeau ? Sans aucun doute ! Et c’est sans doute vrai pour une grande partie de la méditerranée ou les laitages, de chèvres ou brebis, qui, bien que consommés avec modération, apportent néanmoins leur part de densité nutritionnelle, par exemple en cette vitamine rare mais vitale. Entre autres, bien sûr, car on ne saurait résumer la santé à un seul nutriment, ni même à la seule alimentation. C’est tout le mode de vie qui compte.

*Dans les faits, la vitamine K1 se substitue un tout petit peu à la K2 et vice-versa.

Post-Scriptum :  la réalité entre animaux élevés sur pâtures et CAFO façon ferme des mille vaches, je suis conscient que ce sont deux extrêmes et que la réalité vacille entre ces deux types d’élevage, que les éleveurs nourrissant aux céréales peuvent aussi donner des compléments alimentaires à leurs animaux. Même si cela sonne dans ma tête comme donner des béquilles à vie à quelqu’un qui pourrait s’en sortir en faisant de la rééducation. Ce n’est jamais ni tout blanc ni tout noir. Il n’empêche, nos fermiers, du moins en France, sont contents d’écrire sur les  « Nourris aux céréales de la ferme ». Ouais mais justement, c’est ça le problème, ou une partie de celui-ci.

– –

Sources :

(1) http://www.ted.com/talks/allan_savory_how_to_green_the_world_s_deserts_and_reverse_climate_change?language=fr

(2) http://sheldonfrith.com/2016/02/06/holistic-management-comparison-pictures-infographic/

(3) Effects of winter stocker growth rate and finishing system on: III. Tissue proximate, fatty acid, vitamin, and cholesterol content.
Duckett SK1, Neel JP, Fontenot JP, Clapham WM. résumé et version pdf

(4) Effect of Production Systems on Performance, Body Composition and Lipid and Mineral Profiles of Soft Tissue in Cattle1,2
J. E. Williams3, D. G. Wagner, L. E. Walters, G. W. Horn, G. R. Waller4, P. L. Sims5 and J. J. Guenther, résumé, et pdf

(5) http://www.motherearthnews.com/real-food/free-range-eggs-zmaz07onzgoe.aspx et les résultats ici (La source est ce qu’elle est, mais les résultats sont cohérents par rapport à d’autres études, et n’ont rien de si surprenants, tout compte fait.)

(6) Affirmations basés sur plusieurs lectures, dont Chris Masterjohn, K2 The Missing Nutrient for Bone and Health, Vitamin K2 and the Calcium Paradox: How a Little-Known Vitamin Could Save Your Life, ou encore ceci en français, ou mon auto-source 🙂

Les actus digérées #7

Les actus digérées du weekend paraissent un dimanche cette fois-ci !

Les 4 règles que vous ne trouverez pas dans dans le Manifeste pour réhabiliter les vrais aliments (In Defense of Food), et deux que vous trouverez aussi :

  • Règle 1 : Vous n’avez pas besoin de cuisiner à partir de 0 pour cuisiner sainement.

Pourquoi se priver d’aliments comme le thon en boîte par exemple ?

  • Règle 2 : OUI, les nutriments comptent.

Michael Pollan critique, avec raison, le nutritionnisme ambiant. Mais il est intéressant de connaitre les principes généraux pour suivre une alimentation qui nourrisse.

  • Règle 3 : Ne mangez pas toute la junk food que vous voulez…oui même si vous la cuisinez vous-même.

De toute façon vous aurez à l’éliminer.

  • Règle 4 : Adoptez les améliorations faites depuis que que votre arrière-grand-mère cuisinait.

Un principe qui est devenu populaire avec Pollan à travers les années : ne pas manger ce que votre grand-mère n’aurait pas reconnu comme un aliment. Cette perspective intervient à tout niveau de transformation alimentaire (y compris la fortification), et le temps que Pollan a passé avec une communauté Hadza en Tanzanie.

Sont cités par exemple la pasteurisation du lait, la fortification du sel en iode (risque pour la thyroïde), la déficience en niacine avant la fortification de la levure, et la fortification en acide folique des céréales reconnu comme ayant réduit d’un tiers les anomalies du tube neural.

(Note de moi-même : c’est la règle la plus sujette à discussion)

  • Règle 5 (Une règle sur laquelle on est d’accord) : Il ne s’agit pas d’être pauvre en graisses ou de chasser un « mauvais » nutriment.

Dans un certain sens, être obsédé par un nutriment seul, au lieu de regarder l’alimentation entière dans le contexte de votre alimentation est contreproductif.

  • Règle 6 (Une règle sur laquelle on est d’accord) : Il n’y a pas un seul aliment dont la consommation ou l’évitement répondra à vos prières alimentaires.

Un simple nutriment ou nourriture n’est pas un remède magique. C’est la combinaison des aliments qui est l’élément déterminant le plus important de la santé », un des points forts du Manifeste pour réhabiliter les vrais aliments par le docteur Joan Sabaté.

Cette fois-ci un article en français, très complémentaire au précédent : il met (entre autres) des mots sur ce que j’ai du mal à exprimer contre la sur-transformation des aliments et des industriels qui jouent aux chimistes dans cet article nommé Tristes Protides. Tout peut paraitre anodin de la consommation de whey au Soylent Green, j’ai déjà vu des gens rationnels (voire rationalistes) s’intéresser à ça. Triste je disais. Décomposer et recomposer n’est pas égal à retrouver nos aliments. Et le goût, bordel, la tradition (avec la voix de Jean-Pierre Coffe).

Ok accepter les transformations, mais des travailleurs dans l’alimentaire continuent de souffrir tout de même.

Un très bon billet de Pierre Barthélémy sur son blog Passeur de Sciences. Une étude de plus qui confirme les bienfaits thérapeutiques du froid. Ou tout simplement les bienfaits de tout ce qui peut nous sortir de notre confort quotidien.

C’est en partie la « thèse » du docteur Lee Goldman : trop de confort ne serait pas bon, du point de vue évolutionniste.

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(et un livre de plus dans la pile pour les lecteurs en anglais, je ne l’ai pas encore lu)

Le sucre pire que les graisses saturées ? On relance la machine avec une nouvelle étude. Pas pour ceux qui ont décidé d’éviter le nutritionnisme, d’un autre côté, des gens, dans le monde continuent de parler des graisses saturées comme le diable.

A l’heure ou les funestes propagandistes à peine cachés de DataGueule (je fournis pas de lien, débrouillez-vous) pérorent sur la consommation de viande à coup de design 2.0 et d’affirmations simplistes, des gens s’interrogent sur l’impact de la consommation de viande, et c’est loin d’être aussi simple. De Simon Fairlie à Joel Salatin, aussi bien que Allan Savory ou encore les décriés scientifiques de l’Inra (OGM je crie ton nom…), la quasi-intégralité des permaculteurs à l’exception de ceux qui envisagent des écosystèmes sans animaux pour préserver la pureté végétale de leurs aliments.

Un article publié en milieu de semaine sur la vitamine A. On parle de la B12 et du fer, mais la vitamine A, on n’y pense jamais ! Injustice corrigée !

L’image amusante de la semaine 🙂 je vais essayer d’en intégrer une tant que possible.

Les actus digérées #2

Une petite semaine d’actus nutritionnelles et scientifiques, en voici un résumé très personnel, et un nouveau tag pour l’occasion sur cette série d’articles où je vise la régularité.

sciporn

Le compte SciencePorn entre deux dessins amusants et geeks relaient une information scientifique intéressante. Ici il s’agit d’un article de l’Université de Cambridge publié récemment, en voici le résumé :

Plus nous sommes gros, plus notre corps semble produire une protéine qui inhibe notre capacité à brûler de la graisse, suggère une nouvelle étude. Ces découvertes peuvent avoir des implications pour le traitement de l’obésité et d’autres maladies métaboliques

Intéressant, parce que cela rejoint mes critiques sur l’équilibre calorique et le besoin de créer un déficit pour mincir. Je ne remets pas en question la validité des lois de la thermodynamique, mais dans la pratique, des hormones œuvrent en arrière-plan, le microbiote semble prendre part à cette symphonie, bref…le corps a – parfois – des mécanismes inventifs qui rendent plus difficile la perte de poids. On peut arguer d’un manque de volonté ou de difficultés psychiques. Bien sûr…cela fera l’objet d’un prochain article.

Une chouette étude qui a le mérite de replacer un peu les choses : les édulcorants artificiels ne sont pas magiques, et peuvent avoir les mêmes effets que le sucre au point de vue perte de poids, mais la suppression de ce dernier réduit les graisses intra-hépatiques…Quand on connait les dommages d’une stéatose non alcoolique du foie sur l’organisme, on se dit que l’usage des édulcorants artificiels en remplacement du sucre, peut constituer un premier pas vers la guérisons de maladies métaboliques. Mais pour la perte de poids il faudra être plus sévère…

Dominique Dupagne relaie un article du New York Times, sur les mensonges de Coca Cola, en liaison avec le sucre, toujours. Attention aux conflits d’intérêt.

Je relaie sur twitter, mais merci à Benjamin de Naturacoach d’avoir levé ce lièvre. On savait que les acides gras trans, bah c’est pas bien. Un doute subsistait sur les acides gras trans laitiers comme l’acide vaccénique, et bien, c’est pas folichon sur les profils lipidiques. L’étude en question semble exemplaire, à savoir d’intervention et randomisée en double aveugle,  Un élément à charge contre les laitages, ne signifiant pas qu’on doive les éliminer mais les restreindre, en fonction du contexte individuel. Un aliment n’est pas qu’un micronutriment isolé, et concernant les graisses laitières, ça n’est pas très clair

Oh, la vie est dure pour les partisans d’un régime pauvres en glucides et riches en acides gras saturés. La consommation de gras saturés passe mieux si les glucides sont réduits drastiquement, ce qui ne semble pas trop le cas dans cette étude.

ou alors…

…Il faudrait consommer beaucoup de vitamine C et d’un certain type d’acide animé, la L-Arginine. A noter que la vitamine C a le vent en poupe, suite à une étude récente qui a démontré que des méga-doses de vitamine C tuaient le cancer colo-rectal.

Je ne commenterais pas le rapport du CIRC de l’OMS sur le lien cancer colorectal, tout le monde l’a fait. Mais cette étude suggère que le problème se situe plutôt dans les viandes transformées plutôt que la simple viande rouge en se basant sur des études existantes.

Pour finir, une émission de France Culture sur la viande que l’on peut retrouver sur les applications de podcasts habituelles. Le scientifique de l’INRA de Toulouse suggère de ne pas manger la viande seule, mais avec plein de fruits et légumes riches en antioxydants au cours du repas, en conseillant par exemple une épice comme le curcuma, des aliments riches en vitamine E, ou même, un peu de vin rouge (avec modération, hein ?), riche en resvératrol. Variez 🙂 On va finir par penser que le problème n’est pas la viande, mais la pauvreté nutritionnelle des aliments qui l’accompagnent…finalement ce qui est complexe peut être simple !

Bon weekend !

Mangeurs de livres : à la chasse !

Note : cet article est paru initalement le 23 Novembre 2011 sous le titre Brèves et futures lectures, et édité le 31 Janvier 2016 pour l’ajout de l’ouvrage de Marylène Pathou-Mathis.

Mon planning actuel ne me laisse hélas que peu de temps pour écrire, je profite quand même d’une pause entre midi et deux. Je reste fasciné par les alimentations sauvages, notamment celles qui font un pied de nez aux nutritionnistes occidentaux. Par esprit de contradiction sans doute, et beaucoup de curiosité.

Gontran de Poncins

Kablouna de Gontran de Poncins

Cet ouvrage est celui d’un aristocrate français venu vivre chez les Inuits. Bon, je sais déjà un certain nombre de choses sur eux, notamment que leur diète ancestrale ne comportait pas de glucides, qu’ils ignoraient les caries, le cancer, et toutes les autres maladies de civilisation. Que leur énergie provient en grande partie des acides gras…animaux. Saturés et polyinsaturés (dont un excellent apport en oméga-3). Bon, visiblement, ce temps appartient au passé, mais il faut absolument garder en mémoire que leur alimentation a été autre chose que l’adoption de l’alimentation occidentale à base de sucre raffiné. Bon, ce livre ne doit pas uniquement parler de nutrition non plus, donc je garde l’esprit ouvert sur tout les aspects de ce récit.

Ortega y Gasset

Méditations sur la chasse : José Ortega y Gasset

Bon là clairement, c’est un ouvrage très controversé (un peu comme Good Calories, Good Calories de Gary Taubes). L’auteur est clairement de droite, conservatrice qui plus est. En lisant ce livre, je dois donc m’attendre clairement à signer un pacte avec le diable ! Je dois avouer qu’étant bien urbain depuis toujours, j’ai gardé un a priori négatif sur la chasse. Probablement incompréhension, coupure avec le milieu rural, envie d’une société plus « hygiéniste », que sais-je…et puis pas envie de faire du mal aux animaux.

Cela le fait brièvement penser à l’ouvrage de Lierre Keith (The Vegetarian Myth), d’où j’ai tiré ce tableau sur les différences entre homme, chien et mouton, au niveau du système digestif :

hommouton-newBon, cela ne clôt pas le débat, mais c’est assez imparable ! J’arrête là, on va croire que je suis un homme cruel qui va à la chasse tout les jours et qui crache son venin sur le végétarianisme ! Loin de là, je me méfie juste de tout dogme alimentaire (même concernant les glucides, faudra que je fasse une mise au point). Cela étant, les végétaliens survivent sans souci sans protéines animales, je suppose que cela concernait le fait qu’elles renferment la vitamine B12, et là effectivement, impossible de s’en passer. Mais comme d’habitude, on peut se supplémenter, bien que cela soit curieux d’être obligé de se supplémenter sans quoi on a de biens graves ennuis de santé…

Mangeurs de viande par Marylène Pathou-Mathis

Mangeurs de viande par Marylène Pathou-Mathis

Marylène Pathou-Mathis, directrice de recherche au CNRS et paléontologue, que l’on peut écouter ici par exemple, réunit les faits et preuves de notre consommation de viande, tant d’un point de vue culturel que nutritionnel. Elle s’attarde par exemple sur l’évolution de notre comportement de chasseur, surtout via les armes que nous utilisons. Il semble y avoir un avant et un après l’invention de l’arc.

On pourra poursuivre cette lecture par la lecture du spécialiste Craig Stanford, qui n’hésite pas à se référer à la période où nous n’étions pas encore des hommes dans The Hunting Apes.

hunting apes

Meat Eating and the origins of human behavior

Ce livre a été commenté dans cet article, Omnivorisme Contrarié.

On peut aussi lire Meat Eating and Human Evolution, plus proche de la période couverte par Marylène Pathou-Mathis :

craig-human

Globalement il est difficile que nous n’ayons jamais chassé les animaux. La théorie paléo-véganne a du mal à s’appuyer sur les faits, aussi bien en termes d’impact(s) physiologique(s) qu’écologique(s). Bien ou pas, cela ne nous renseigne pas sur la nécessité actuelle de continuer à manger des animaux. C’est un autre débat sur lequel la science ne peut donner son avis, et qui concerne l’éthique.